Les membres de l’Assemblée ont évoqué les principaux sujets intéressant les Français établis hors de France, notamment la sécurité, les moyens alloués à l’Agence pour l’Enseignement français à l’étranger (AEFE), les crédits alloués à l’aide sociale, la gestion de la crise en Haïti et le recours aux services du Médiateur de la République pour les Français résidant hors de France.
LireLa population française inscrite au registre au 31/12/2009 s’élève à 1 469 629, soit une hausse de 3% par rapport à celle mesurée au 31/12/2008. Cette augmentation fait suite à une hausse importante en 2008 (7,6%) consécutive à la baisse post électorale de 2007. Aujourd’hui l’accroissement de la population des Français établis à l’étranger s’inscrit donc dans la tendance moyenne observée depuis de nombreuses années, à savoir une croissance annuelle moyenne stabilisée entre 3% et 4%.


Le volume de la population française établie à l’étranger s’est accru en 2009 de près de 43000 inscrits au registre mais de manière non uniforme selon les régions géographiques. On peut distinguer les profils suivants :
1. Les régions dont la population française inscrite au registre progresse de manière régulière mais modérée depuis plusieurs années : Europe occidentale, Amérique Centrale et du Sud, Afrique francophone
Le nombre d’inscrits en Europe occidentale augmente cette année de 3,4% (soit 23488 inscrits supplémentaires).
Les plus fortes hausses sont observées :
en Belgique : avec +6,6%cette année et après une hausse de plus de 11% l’an passé, 96596 Français résidents sont maintenant inscrits au Registre ce qui représente un accroissement de 15000 inscrits en 2 ans ; la Belgique représente toujours le 5ème plus grand pays en terme de taille de communauté française ;
en Espagne avec une augmentation de 5% (accroissement plus sensible à Barcelone que Madrid) qui lui permet de compter plus de 4000 inscrits supplémentaires (soit 86173 inscrits au 31/12/2009), conservant sa position de 6ème parmi les pays à plus large communauté Française ;
au Pays-Bas : avec une augmentation de 5,3% correspondant à 1125 inscrits supplémentaires, le pays compte maintenant 22407 inscrits ;
en Grèce : accroissement de 7,2% (hausse imputable au poste d’Athènes uniquement) soit plus de 10885 inscritsdans le pays ;
enfin en Turquie, la hausse constaté cette année de 5,9% fait suite à de précédentes hausses importantes qui permet de constater qu’en 4 ans ce pays a enregistré plus de 1500 inscriptions supplémentaires soit un développement de 38% de sa communauté inscrite.
Les effectifs d’inscrits des autres pays d’Europe occidentale ont une croissance plus modeste. La Suisse gagne 5521 Français supplémentaires avec un taux d’accroissement de 4%, elle demeure le 1er pays d’expatriation (en nombre de Français inscrits au registresoit 143870). L’Allemagne (avec ses 109468 inscrits) progresse de 2,5%, du seul fait de l’accroissement de la communauté de Francfort. Le Royaume-Uni, l’Italie et le Luxembourg voient leurs communautés respectives d’inscrits très stabilisées puisque ces pays n’enregistrent guère plus de 500 Français supplémentaires chacun sur l’année 2009.
L’Amérique Centrale et du Sud compte dans son ensemble 2714 inscriptions supplémentaires à l’an passé (+3,1%) soit 90694 Français inscrits. Les trois pays qui observent une augmentation notable de leurs inscrits sont le Brésil, le Chili et le Mexique (respectivement +4,5%, 3,9% et 4,4% soit 18578, 10139 et 16048 inscrits). Seule l’Argentine connaît une réduction de sa communauté inscrite auprès du consulat de Buenos Aires (-371 inscrits soit 2,4% de diminution).
L’Afrique francophone observe le même accroissement que l’Amérique Centrale et du Sud en 2009, soit 2746 inscrits supplémentaires. Quatre pays concourent principalement à cet augmentation : la Côte d’Ivoire, le Gabon, l’Ile Maurice et le Congo (qui comptabilisent respectivement 12153, 10994, 8598 et 4284 inscrits soit des progressions de 8,0%, 5,7%, 4,0% et 9,6%) alors que les deux pays à plus forte population française expatriée, Madagascar et le Sénégal enregistrent une stabilité de leurs inscrits (respectivement 19841 et 16817 inscrits au 31/12/2009).
2. Les régions dans lesquelles la population expatriée est en pleineexpansion : Asie-Océanie, Proche et Moyen-Orient, et Europe de l’Est enregistrent un taux de croissance annuel moyen supérieur à 5%
La région Asie-Océanie est la zone dans laquelle la population française connaît la plus forte expansion en 2009 (près de 7%) ; elle dépasse aujourd’hui les 100000 inscrits au registre. Tous les pays enregistrent un accroissement de leur communauté française installée excepté le Japon dont la diminution se révèle de 5,2% (soit 415 inscrits de moins que l’an passé). Les pays dont l’accroissement est le plus significatif sont d’abord la Chine et Singapour dont la hausse dépasse les 12%, ils comptent aujourd’hui respectivement 24953 et 6957 inscrits, puis la Thaïlande (+8,2% soit 8903 inscrits), l’Australie (+4,7% soit 16004 inscrits) et l’Inde (+4,2% soit 9030 inscrits).
La population inscrite au registre en Europe de l’Est augmente de 5,6% s’établissant à 27241 au 31/12/2009. Contre toute attente, ce n’est pas les trois pays ou l’expatriation française est la plus importante (Russie, Pologne et République Tchèque) qui participent à cette évolution puisque ceux-ci affichent une forte stabilité de leurs communautés(respectivement 5251, 5127 et 2516 inscrits). Ce sont des pays à communauté plus modeste qui enregistrent une expansion soutenue de leurs inscriptions tels que la Hongrie (+17% soit 2295 inscrits), la Roumanie (+12,7% soit 2799 inscrits), le Turkménistan (+140% soit 408 inscrits).
La région Proche et Moyen Orient présente un profil similaire à celui de la région Europe de l’Est. En effet l’augmentation de la population inscrite dans cette région de 4,7% (soit 127232 inscrits au 31/12/2009) résulte d’un fort accroissement des communautés de taille moyenne car les trois pays où la présence française est la plus importante (Israël, le Liban et Jérusalem) affichent une hausse modérée de leurs inscrits (respectivement +2,4%, +3,2% et +4,4%). Ces trois pays représentent néanmoins ¾ de la communauté française inscrite dans la zone avec respectivement 57941, 18807 et 17856 inscrits. Les pays où l’augmentation des inscrits est la plus prépondérante sont entre autres les Émirat arabes (+13,5% soit 11187 inscrits), l’Égypte (+7,8% soit 11187 inscrits), la Syrie (+6,1% soit 2955 inscrits),et le Qatar (+17,6% soit 2680 inscrits).
3. Les régions dans lesquelles l’expansion de la communauté française ralentit : Amérique du Nord, Afrique du Nord, Afrique non francophone
L’Amérique du Nord compte plus de 185000 ressortissants français inscrits au registre dont plus de 115000 aux États-Unis (2ème pays d’accueil des Français résidant à l’étranger) et près de 70000 au Canada (7ème pays). Si la taille de cette communauté n’a pas évolué depuis 2008, la répartition entre les deux pays qui composent cette zone est légèrement modifiée au bénéfice du Canada.
L’Afrique du Nord se caractérise encore cette année par une stabilité de la taille de sa communauté française. Néanmoins on constate des profils différents parmi les trois grands pays qui composent cette zone. Alors que le Maroc et la Tunisie voient leur nombre d’inscrits progresser de l’ordre de 6% ce qui établit leurs communautés respectives à 39044 et 19010 inscrits, l’Algérie enregistre pour la troisième année consécutive une baisse du nombre de français inscrits. Elle compte aujourd’hui 30 993 inscrits (soit 3725 de moins que l’an passé) ; en trois année ce pays aura vu sa communauté diminuer de 25%, équivalant à une baisse de plus de 10000 inscrits.
L’Afrique non francophone, plus petite zone géographique du réseau, fait apparaître une stabilité de ses inscrits au registre. Cette tendance est commune à la quasi totalité des pays qui la composent, pays dont la taille de la communauté française est limitée. L’Afrique du Sud qui représente 40% de la population totale inscrite dans la zone conserve la même population que l’an passé (6998 inscrits).
Évolution de la population française inscrite de 2004 à 2009
| Inscriptions | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 | 2009 | évol 08/07 | évol 09/08 |
| Afrique du Nord | 84049 | 91092 | 87280 | 90118 | 89789 | 3,3% | -0,4% |
| - dont part de double-nationaux | 70,2% | 69,7% | 67,6% | 66,5% | 64,7% | ||
| Afrique francophone | 102349 | 110657 | 100497 | 107150 | 109896 | 6,6% | 2,6% |
| - dont part de double-nationaux | 42,1% | 42,3% | 42,1% | 42,3% | 43,2% | ||
| Afrique non francophone | 14033 | 15916 | 15605 | 16602 | 16875 | 6,4% | 1,6% |
| - dont part de double-nationaux | 28,2% | 27,9% | 28,3% | 28,4% | 28,3% | ||
| Amerique Centrale-Sud | 79255 | 83823 | 80773 | 87980 | 90694 | 8,9% | 3,1% |
| - dont part de double-nationaux | 60,3% | 59,7% | 61,3% | 61,9% | 62,0% | ||
| Amerique du Nord | 166862 | 183638 | 175607 | 185151 | 185251 | 5,4% | 0,1% |
| - dont part de double-nationaux | 49,0% | 47,9% | 49,1% | 49,4% | 49,7% | ||
| Asie-Oceanie | 73531 | 86160 | 85238 | 94035 | 100540 | 10,3% | 6,9% |
| - dont part de double-nationaux | 24,7% | 23,9% | 22,8% | 22,6% | 22,4% | ||
| Europe de l’Est | 21757 | 25118 | 24463 | 25808 | 27220 | 5,5% | 5,5% |
| - dont part de double-nationaux | 37,8% | 36,4% | 37,3% | 37,3% | 37,0% | ||
| Europe Occidentale | 630039 | 672908 | 648701 | 698644 | 722132 | 7,7% | 3,4% |
| - dont part de double-nationaux | 38,5% | 37,1% | 36,7% | 36,3% | 35,9% | ||
| Proche et Moyen-Orient | 96653 | 104676 | 107923 | 121558 | 127232 | 12,6% | 4,7% |
| - dont part de double-nationaux | 79,7% | 78,7% | 79,3% | 77,9% | 75,8% | ||
| Monde | 1268528 | 1373988 | 1326087 | 1427046 | 1469629 | 7,6% | 3,0% |
| - dont part de double-nationaux | 45,8% | 44,7% | 44,8% | 44,5% | 44,0% |
Comme l’an passé, la progression de la population de Français double-nationaux, est plus faible que celle de la population totale(1,9%). La conséquence en est une légère baisse de la part des double-nationaux dans l’ensemble de la population totale inscrite au registre. Si ce phénomène est observé dans la majorité des régions, ce n’est toutefois pas le cas des régions américaines et d’Afrique francophone.
La proportion de double-nationaux varie fortement d’une région à l’autre. Moins d’un Français sur quatre établi en Asie-Océanie a une double nationalité, alors qu’ils sont plus des ¾ dans cette situation au Proche et Moyen-Orient. En Europe c’est un expatrié sur trois qui détient plusieurs nationalités, un sur deux en Amérique du Nord.
Quelques éléments d’interprétation de ces données
Les commentaires présentés chaque année dans le rapport à l’Assemblée des Français de l’Étranger restent toujours d’actualité. A l’aide d’un répertoire administratif, on cherche à observer une réalité socio-démographique, la population française établie hors de France. D’une façon générale, chaque fois que les évolutions mesurées dépassent un certain seuil, par exemple plus de 5% ou moins de 5% pour les pays où la taille de la population est importante, on peut être certain que le phénomène n’est pas seulement de nature socio-démographique, mais est surtout lié à des modifications du dispositif d’inscription ou à des facteurs extérieurs. Ainsi la rupture de série observée dès 2006 peut s’expliquer par la perspective, à l’époque, des élections présidentielles qui a vraisemblablement incité les Français à s’inscrire massivement. Ceci explique en partie la forte augmentation du nombre d’inscriptions constatée en 2006 et par conséquent le recul de ce nombre en 2007, conjugué à une hausse du nombre de radiations. Parallèlement, la mise en place de la nouvelle application Racine a eu lieu au cours de l’année 2007. Comme tout changement d’outil, un temps d’installation et d’adaptation est nécessaire pour que le système soit entièrement intégré dans le fonctionnement quotidien du poste. D’une façon générale, l’origine de cette statistique étant la procédure d’inscription, les variations annuelles ne peuvent être uniquement interprétées comme telles : il faut les replacer dans le trend des évolutions antérieures.
Ces précisions méthodologiques étant ré-affirmées, on peut noter que le taux de croissance moyen annuel cette dernière décennie (1999-2009) s’établit à 3,8%, il atteint 3,2% ces 5 dernières années.
En conclusion, il apparaît que la communauté française établie hors de France a augmenté fortement ces dernières décennies, en dix ans la population inscrites au registre s’est accrue de 40%. Cette augmentation se situe sur une tendance de l’ordre de 3-4% par an avec des « pics » occasionnels comme 2001 ou 2006.

On a vu que les variations de populations sont différentes d’une région à l’autre, certains pays ou zones connaissent une expansion plus importante de leur communauté (c’est le cas de l’Asie Océanie et du Moyen Orient). Cependant il est important de rappeler - comme le montre le graphe ci-dessus - que la moitié des Français inscrits au Registre sont installés en Europe, près de 20% en Amérique et 15% en Afrique. A l’heure actuelle l’Asie Océanie représente 7% de la population du registre, soit un peu moins de ce que compte le Proche et Moyen Orient (9%).
Enfin, on peut rappeler que l’inscription au registre mondial est vivement conseillée mais qu’elle n’est pas une obligation. De ce fait, et particulièrement en Europe et en Amérique du Nord, un certain nombre de nos compatriotes français expatriés ne se font pas connaître des services consulaires.