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Entretien de Harlem Désir, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, avec « Public sénat » (29 février 2016)

La France est la première puissance agricole d’Europe, le premier producteur, loin devant les autres pays, loin devant l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou les Pays-Bas.

Q - Monsieur le Ministre, ce matin, Manuel Valls a poussé les feux assez loin au niveau européen. Voulez-vous tordre le bras de l’Europe, est-ce bien cela si on comprend ce qu’a dit le Premier ministre ?

R - La France est la première puissance agricole d’Europe, le premier producteur, loin devant les autres pays, loin devant l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie ou les Pays-Bas. On parle souvent de la compétition avec d’autres, mais soyons fiers des résultats de l’agriculture française. La France est aussi le premier bénéficiaire de la politique agricole commune avec 9,5 milliards d’euros par an. La France bénéficie beaucoup du FEADER qui est le fonds européen pour l’agriculture et le développement rural, qui aide en particulier les jeunes agriculteurs, qui aide à l’adaptation de l’agriculture aux contraintes environnementales.

Mais, en même temps, il y a les crises et pour nous, l’échéance importante c’est maintenant le Conseil agriculture du 14 mars. Nous voulons que la Commission européenne fasse des propositions et reprennent celles que la France a remises, notamment lorsque le Premier ministre a reçu le commissaire européen à Paris, et lorsque nous avons transmis, avec Stéphane Le Foll, un mémorandum pour que la France, pour que l’Europe soit en mesure de venir en aide, non seulement aux agriculteurs français mais à tous les agriculteurs européens qui sont aujourd’hui touchés par les crises, dans le domaine du lait, de l’élevage et dans le domaine du porc.

Q - Mais il nous faut des alliés en Europe, selon vous, sur qui peut-on compter ? Les Allemands par exemple ou les Polonais ?

R - Je crois que l’on peut compter sur beaucoup de pays que vous avez cités. L’Allemagne en effet parce que la crise, notamment dans le domaine du lait, est une crise de surproduction. C’est une crise qui est aussi due à des débouchés qui sont moins importants que ce qui avait pu être anticipé, à cause de la crise des pays émergents comme la Chine et de l’embargo russe. Il n’y a pas que l’agriculture française qui est concernée. Ce que nous voulons maintenant, ce sont des mesures, des mesures très fortes. Nous en avions déjà obtenues au mois de septembre avec un plan d’aide de 500 millions d’euros pour l’élevage dont 62 millions d’euros pour la France. Nous voulons qu’il y ait à nouveau des mesures de stockage privé, c’est-à-dire des mesures qui fassent baisser l’offre sur le marché, des mesures de soutien, notamment sur le prix d’intervention dans le domaine du lait, des mesures de soutien aux exports, des mesures pour lever l’embargo sanitaire de la Russie.

Tout cela évidemment est de l’intérêt de l’agriculture française, mais nous pensons que c’est l’intérêt de l’ensemble de l’agriculture européenne et nous avons d’ailleurs été soutenus par beaucoup de pays européens.


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