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Paris 2015/COP21 : Intervention de Laurent Fabius - 5ème session du comité de Paris (10 décembre 2015)

Intervention de Laurent Fabius, président de la COP21 - 5ème session du comité de Paris – jeudi 10 décembre 2015 – 21H
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Chers collègues et amis, bienvenue à notre séance du comité de Paris.

Nous avons tenu hier soir une séance importante de notre comité, au cours de laquelle chaque groupe, chaque partie a eu l’occasion d’exprimer ses réactions concernant le projet de texte que je vous avais soumis en début d’après-midi. Vos interventions ont été utiles, parce que elles ont permis de préciser le contenu de ce que sera, je l’espère, notre accord final.

A l’issue du comité de Paris d’hier soir, et conformément à la méthode qui avait été proposée, j’ai présidé une réunion en format « Indaba », afin de poursuivre de manière transparente et inclusive les consultations sur trois grandes questions transversales que sont la différenciation, les financements et l’ambition. En parallèle, notre collègue et ami Manuel Pulgar-Vidal, ainsi que les ministres facilitateurs ont mené d’autres consultations sur plusieurs sujets importants : les pertes et dommages, les mesures de coopération, le préambule et les forêts.

Parallèlement, la présidence française a recueilli, tout au long de la nuit dernière, les avis des groupes et des parties, dans le cadre d’une « permanence » assurée à ma demande par le représentant de la France auprès des Nations Unies, l’Ambassadeur François Delattre.

Cette nuit de travail a été longue et intense. Elle a représenté, je le sais, des efforts pour chacune et chacun de vous. Mais, je constate en ayant pris connaissance des travaux que cela a permis d’avancer. Je souhaite remercier les très nombreux ministres, chefs de délégation, négociateurs, pour leur implication. Je sais aussi qu’à la suite de ces réunions, vous avez poursuivi vos contacts afin de parvenir à des propositions de compromis, dont vous nous avez informés. Et je voudrais souligner que si nos discussions se déroulent depuis le début dans une ambiance constructive aux yeux de chacun, c’est d’abord à votre engagement que nous le devons.

Après cet important travail des derniers jours et toute une série de rencontres que j’ai menées aujourd’hui, je pense que nous pouvons franchir, à la veille même du terme prévu de notre conférence, une étape décisive en vue de notre accord final. C’est pourquoi je vous soumettrai dans quelques instants une nouvelle version du projet de texte, qui vous sera communiquée par le Secrétariat, en salle, au guichet des documents et sur le site internet de la CCNUCC.

Ce projet, vous le verrez, il prolonge la version qui vous a été soumise hier, et que vous avez acceptée comme base de nos travaux. Nous avons tenu compte, le plus fidèlement possible, des avis que vous aviez exprimés lors de notre comité de Paris d’hier soir, des discussions menées dans le cadre des réunions « indaba » de cette nuit, ainsi que des consultations tenues au même moment par les ministres facilitateurs.

Le texte procède à une série de choix. Nous les avons accomplis avec le Secrétariat et en liaison avec les facilitateurs dans un souci d’équilibre, d’impartialité, et en tentant de concilier au mieux les positions de chacun. Nous avons réalisé ces choix lorsqu’il nous est apparu qu’un compromis assez clair émergeait des discussions. Ce projet est donc plus court que le précédent et il tranche entre plusieurs options mais laisse entre crochets quelques points spécifiques, les plus complexes relatifs à la différenciation, aux finances ou à l’ambition, sur lesquels il n’y a pas d’autres solutions que d’avoir une discussion finale dans les heures à venir. Sur ces questions-là, il maintient des options ouvertes parce que je n’ai pas senti qu’il y avait encore un accord suffisant.

Je vous invite à examiner cette nouvelle version avec une perspective qui est celle de notre accord final. Nous sommes toutes et tous ici, des négociateurs expérimentés et des responsables politiques avertis, et nous savons que le compromis implique par nature, sinon il n’y a pas de compromis, de renoncer à ce qui serait l’idéal pour chacun afin d’atteindre ce qui est souhaitable pour tous. C’est précisément à ce travail, que nous sommes aujourd’hui confrontés. Nous voulons un accord. Nous sommes extrêmement proche du but. Nous devons donc faire preuve de la responsabilité nécessaire pour trouver, dans les heures qui viennent, un terrain d’entente universel. Il est temps de conclure.

C’est en ce sens, après avoir réfléchi à la situation, que je vous propose, pour aborder cette phase finale, la méthode suivante. A l’issue de cette réunion du comité de Paris, il sera nécessaire que vous disposiez d’un temps suffisant pour étudier le nouveau projet. Je propose que soit réservé une période de deux heures et demi à cet effet, en groupe ou selon les formes que vous souhaiterez. Puis, nous poursuivrons nos consultations dans un format voisin de celui que nous avons adopté la nuit dernière : je présiderai donc à partir de 23h30 une nouvelle réunion « Indaba » mais qui sera cette fois exclusivement orientée exclusivement vers la recherche de compromis – ce que j’appellerai une « Indaba des solutions ». En salle donc, ce ne sera pas des discours généraux, mais la présentation de formules de compromis sur les points qui restent ouverts dans le texte qui vous sera remis dans quelques instants. Ce qui importe désormais , c’est de trouver les convergences. En cas de difficulté sur un point, j’inviterai l’un de nos collègues facilitateurs à réunir dans un coin isolé de la salle ou dans une salle voisine les chefs de délégation intéressés, avec la mission de revenir en salle avec une solution dans un délai limité, entre 30 et 45 minutes. Ces formules de compromis seront alors présentées en format Indaba. Cette méthode de travail en appelle donc à votre responsabilité. Elle permettra, je l’espère, de répondre à l’exigence de résultats qui nous a été fixée par les chefs d’Etat et de gouvernement en ouverture de notre Conférence. Elle alliera la transparence nécessaire et l’efficacité qui, à ce stade, est particulièrement indispensable. Je vous rappelle par ailleurs que l’Ambassadeur François Delattre reste à votre disposition pendant toute la durée de nos travaux.

Sur la base des progrès accomplis sur l’ensemble du texte ce soir et cette nui, je pense être en mesure de présenter demain au comité de Paris ma proposition de texte final.

J’espère que cette organisation vous conviendra. Elle doit nous permettre d’accomplir dans les heures à venir les derniers mètres qui nous séparent de l’accord universel, juridiquement contraignant, ambitieux, équilibré, juste et durable que le monde attend. Nous le devons, et nous le pouvons. Et je pense, chers amis, que nous allons y arriver.

Avant de lever cette séance, j’ai le plaisir de vous faire savoir que tous les membres du groupe ouvert d’experts juridiques et linguistiques ont été désignés et que le groupe a ainsi pu commencer en début d’après-midi à travailler sur les articles 12, 13, 14, 16, 21, 23, 25 et 26 du projet d’accord.

Merci à tous.

Il n’y a pas d’objection, la séance est levée.

- Lire la nouvelle version du projet de texte sur le site internet de la CCNUCC


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