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Clôture des Assises du tourisme - Discours de Laurent Fabius (19 juin 2014)

Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les acteurs et partenaires du tourisme,
Chers amis,

  • La France est un des plus beaux pays du monde ;
  • C’est un atout essentiel ;
  • Mais cela ne suffit plus.

Ces trois affirmations expliquent notre commune conviction que le tourisme, la filière du tourisme, cette « grande cause nationale » pour reprendre l’expression forte du Président de la République, constitue pour notre pays une ressource exceptionnelle. Cela explique la démarche des Assises du Tourisme engagée il y a plusieurs mois par la ministre Sylvia Pinel et menée à bien grâce à votre concours dans 9 ateliers. Assises que je conclus aujourd’hui avec l’annonce de plusieurs orientations et premières décisions.

Mesdames et Messieurs, alors que tout ou presque donne lieu dans ce monde complexe, instable, nouveau, à contestation, la beauté et l’attraction qu’exerce la France, elles, sont incontestées : une nature diverse et magnifique, des côtes somptueuses en métropole et outre-mer, un massif montagneux unique – même si les évolutions climatiques auront des incidences sur ces massifs - , des villes parmi les plus belles, 38 sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, une gastronomie classée au patrimoine immatériel de l’humanité, 8000 musées, 45000 monuments historiques classés ou inscrits, des événements de toute nature de portée mondiale et un art de vivre recherché : pour toutes ces raisons et bien d’autres, nous sommes, la France, depuis les années 1980, en tête des destinations touristiques. Encore faut-il préciser ce que signifie ce classement : il vise le nombre des touristes et malheureusement pas les recettes qu’ils procurent. De plus, l’attrait s’exerce surtout envers Paris et l’Ile de France ainsi que 2 ou 3 régions ; moins envers l’ensemble de notre pays, alors que tout notre territoire pourrait et devrait être concerné. J’y reviendrai.

Oui, l’attrait touristique de la France constitue un atout majeur en une époque où le nombre des touristes va s’accroître massivement. En 1950, 25 millions voyageaient à travers la planète. Aujourd’hui, un milliard. En 2030, deux milliards. Ce boom spectaculaire est lié à la fois à l’augmentation de la population, à l’émergence et à l’ouverture de nouveaux pays, à l’amélioration du pouvoir d’achat et de voyager de centaines de millions de personnes. Ces touristes vont générer pour les nations, les activités et les sites qui les accueilleront des dizaines de millions d’emplois, en général non-délocalisables, et des centaines de milliards de devises.

S’agissant de la France, nous avons accueilli en 2012 – nous attendons les chiffres pour 2013, ce qui prouve que notre outil statistique doit être encore amélioré, mais on me dit qu’ils sont globalement meilleurs – 83 millions de touristes étrangers, parmi lesquels une grande majorité, 69 millions, originaires de l’Union européenne, et 14 millions provenant de l’extérieur de l’UE, dont 3 millions d’Américains, et près d’1,5 millions de Chinois, origine en forte progression, tout comme les Brésiliens. Les autres principaux pays-sources sont l’Australie et le Canada, et environ 2 millions de touristes en provenance d’Afrique. Notre prochain objectif doit être 100 millions de touristes étrangers en France. S’agissant de nos compatriotes, environ 60% d’entre eux partent en vacances chaque année et la France est leur destination de choix dans plus de 80% des cas. Je résume : par le nombre de touristes étrangers, nous nous situons au 1er rang, mais seulement au 3ème pour les recettes, devancés par les Etats-Unis et l’Espagne. En termes d’emplois, les derniers chiffres disponibles indiquent que le tourisme est la première industrie au monde, représentant environ 12% du PIB mondial et plus de deux cents millions d’emplois. En France, ce secteur génère deux millions d’emplois directs et indirects et pèse plus de 7% de notre PIB. La restauration et l’hôtellerie comptent à elles seules pour 75% de ces emplois, avec un excédent de balance des paiements de 12 milliards d’euros, c’est-à-dire – c’est le ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur qui le souligne – est un des plus élevés de nos excédents.

Ces chiffres, ces résultats, nous pouvons dans l’ensemble en être fiers. Ils ont été obtenus grâce à l’action de tous ceux qui sont ici présents et de tous ceux que vous représentez. Au nom des pouvoirs publics, je veux commencer mon propos par vous remercier et vous féliciter pour la contribution que vous apportez à l’activité de notre pays.

Et pourtant, ces résultats, vous l’avez souligné tout au long des Assises, ne sont pas ou plus suffisants. Nous avons besoin, tous ensemble, secteurs privé et public réunis, tout le long de la « filière tourisme » car c’est ainsi qu’il faut agir, d’amplifier nos actions, parfois de les corriger et d’anticiper les évolutions à venir. D’une part, l’accroissement rapide de la demande nous impose d’agir – et d’agir vite – si nous voulons en capter une part significative. D’autre part, la nature et les souhaits de la clientèle évoluent : passage du tourisme de groupe au tourisme individuel, rajeunissement, exigences qualitatives accrues, place croissante du numérique dans l’ensemble de la filière… Enfin, la naissance d’autres pratiques, la concurrence d’autres destinations, qui s’attachent avec raison à la qualité du service et serrent au maximum leurs prix, est et sera de plus en plus rude, alors que de multiples sites à travers le monde deviennent accessibles et attrayants. Ces données – et bien d’autres – nous commandent d’agir avec lucidité et rapidité si nous voulons que la France saisisse pleinement la chance touristique qu’elle possède. C’est le sens de ces Assises. C’est aussi le sens de l’évolution récente de notre organisation ministérielle, avec le rattachement au Quai d’Orsay du commerce extérieur et de la promotion du tourisme. Mes collègues Arnaud Montebourg, Fleur Pellerin et Carole Delga se sont exprimés. Intervenant en conclusion de nos travaux et après en avoir discuté avec le Premier ministre, je pense que nous pouvons nous fixer un objectif à la fois simple et mobilisateur : le tourisme français doit avoir pour ambition d’être le premier au monde.

Mesdames et Messieurs, le travail réalisé au cours des derniers mois dans les ateliers des Assises a été utile. Il a permis d’échanger analyses et propositions, de creuser certaines pistes, d’en abandonner d’autres, d’en imaginer de nouvelles. Il convient maintenant de résumer une vision d’ensemble, et de prendre – j’y viens – de premières décisions afin de marier l’ambition à long terme et le concret.

1/ Ce qui ressort d’abord de tous ces travaux – commençons par l’évidence – c’est la nécessité de proposer aux touristes français et étrangers une offre de qualité et diversifiée.
Nous ne devons négliger aucune clientèle, à la fois le très haut de gamme, le tourisme de mémoire, le tourisme gastronomique et œnologique, le tourisme de plein air, le tourisme culturel, le tourisme religieux, le tourisme des grands événements et du shopping, bref l’ensemble de la gamme. Dans ce cadre, il apparaît que 5 pôles d’excellence doivent être constitués, visant à accroître la visibilité et la lisibilité de notre offre et à nous mobiliser autour de priorités partagées. Ces pôles sont : la gastronomie et l’œnotourisme, le sport et la montagne, l’écotourisme, les savoir-faire (comme l’artisanat et le luxe) et le tourisme urbain (y compris celui de la nuit). Il est prévu que le Programme investissement avenir puisse financer ces pôles à hauteur – dans un premier temps – de 15 M€. Cette première décision entrera en vigueur avant la fin de cette année.

En même temps, nous devons diversifier les destinations. Dans cet esprit la signature de « contrats de destination » sera poursuivie entre l’Etat, les collectivités locales et les partenaires. Des destinations phares sur l’ensemble de notre territoire, des « marques », seront encouragées au niveau national et international, singulièrement par Atout France qui favorisera la coordination nécessaire. Les « grands événements », qui sont indispensables et susceptibles de drainer des millions de visiteurs dans notre pays, seront mieux planifiés et coordonnés, mis en valeur, dans leur dimension touristique. Au niveau local, le gouvernement a décidé à travers la réforme territoriale, de clarifier le partage des compétences. Le millefeuille administratif nous empêche de rassembler nos forces, notamment financières, il nuit à notre compétitivité. Il ne serait pas bon de porter atteinte à toute une série d’initiatives locales et départementales mais nous avons décidé que c’est la Région qui doit jouer le rôle pilote, le rôle de chef de file, dans ce domaine.

2/ L’accueil des touristes, qu’ils soient français ou étrangers, est un autre aspect essentiel. Il en va avec les pays comme avec les individus : c’est le premier contact qui est souvent déterminant. L’attractivité se joue d’abord dans les aéroports, dans les gares, dans les restaurants et dans les hôtels. Nous devons améliorer « la chaîne de l’accueil », notamment à Paris, puisque notre capitale est une destination-phare, par où commencent beaucoup des déplacements en France ou vers la France. Et les touristes dépensent surtout au moment de leur arrivée et au moment de leur départ.

Pour cela, l’aéroport de Paris-Charles-De-Gaulle, qui accueille chaque année 62 millions de passagers sur les 90 millions transitant par Aéroports de Paris, améliorera son accueil. Le président d’ADP – que vous avez entendu – a pris ses résolutions. Des messages de bienvenue commencent à être disséminés dans les zones d’arrivée. Des affiches concernant les lieux symboliques de la France sont en train d’être déployées à destination des touristes au sein de l’aéroport. Une expérimentation est en cours pour installer des bornes interactives multilingues à la sortie des avions. Des écrans d’information seront installés au-dessus des tapis de livraison bagages, c’est un moment où nous avons un public captif. L’objectif est que les touristes qui arrivent se sentent immédiatement et concrètement accompagnés : qu’ils ressentent dès l’arrivée qu’ils ne sont pas des intrus mais les très bienvenus.
Dans le même esprit, la Gare du Nord, par laquelle arrivent de nombreux touristes et qui a déjà connu certaines améliorations, fera l’objet d’un programme spécial de rénovation, commençant en 2014. Les travaux dureront jusqu’en 2017. Ils concerneront d’abord le hall Eurostar. Une réorganisation de la circulation autour de la gare du Nord est à l’étude par la Ville de Paris. La Gare du Nord est la première gare d’Europe, elle doit pouvoir soutenir la comparaison avec Saint-Pancras à Londres.

Cette question des transports fait partie intégrante de la chaîne de l’accueil. On évoque depuis longtemps la nécessité de relier plus facilement l’aéroport de Roissy à la capitale. Les pouvoirs publics ont décidé que le plan de financement du Charles de Gaulle Express sera bouclé au plus tard en 2015, pour un début effectif de travaux en 2017. Un chef de projet sera nommé dès les prochaines semaines et un comité de suivi mis en place, afin de veiller au respect du calendrier. Il est essentiel que les touristes puissent bénéficier d’un moyen de transport sécurisé et prévisible, leur permettant de rejoindre la capitale en vingt minutes.

Dans le même esprit, j’ai demandé au Président de la Région Ile-de-France que la fréquence des trains directs entre Roissy et la Gare du Nord puisse être accrue sur la ligne du RER B, tôt le matin en particulier. Il y est favorable.

Transports toujours : l’utilisation des taxis vers ou depuis l’aéroport sera facilitée : au 1er janvier 2015, les taxis et bus bénéficieront d’une voie réservée sur l’autoroute A1 qui relie Roissy et Paris. A cette même date, en concertation avec les organisations concernées, un forfait taxi devra fonctionner pour le trajet aéroport/centre-ville.

La facilitation des visas fait aussi partie de la filière de l’accueil. La délivrance des visas de court séjour en 48 heures maximum depuis fin janvier 2014 est une réussite spectaculaire en Chine avec des progressions du nombre de visas délivrés de 30% à 250%. Elle requiert évidemment des moyens spécifiques. Elle sera étendue dans les douze mois à plusieurs pays du Golfe, à l’Afrique du Sud et à l’Inde sans que cela n’affecte, bien sûr, la qualité des contrôles. Nous avons pris aussi la décision que, lors d’une demande de visa individuelle de court séjour, l’exigence de présenter une réservation d’hôtel, source de désagréments pour tous, soit supprimée : cette mesure est applicable dès à présent partout où la législation ne nous l’interdit pas. De même, les touristes de plusieurs pays situés dans les régions où se trouvent nos départements et collectivités d’outre-mer seront désormais dispensés de visas pour s’y rendre en visite, par exemple pour ceux qui se rendent à la Réunion ou en Polynésie, dans le cadre de voyages organisés. Pour certains publics cible, comme les créateurs d’entreprise, le Passeport Talent (avec un titre de séjour valable 4 ans) rendra la France plus attractive et accessible : cette mesure sera soumise au Parlement cet automne dans le cadre de la loi immigration. La France proposera à l’Union Européenne de nouvelles exemptions de visas Schengen pour des Etats à fort potentiel économique et sans risque migratoire. Enfin, toujours en 2014, une campagne d’information sera lancée sur le système Parafe de contrôle automatisé et instantané des passeports, en particulier auprès des touristes européens. Air France a déjà commencé, en informant sa clientèle dans les avions. L’effort sera complété par celui d’Aéroports de Paris.

Sécurité et Signalétique. Une signalétique simple et commune aux gares, aéroports et stations de métro est nécessaire : il est prévu qu’elle soit identifiée et développée avant la fin 2014 par le STIF et par les responsables des différents sites. Dès 2014, les dispositifs de sécurité seront renforcés dans les lieux touristiques. Le plan sécurité touristes élaboré par mon collègue, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve prévoit une augmentation de 20% de l’effectif policier sur les principaux sites touristiques parisiens. Une brigade spécialisée de terrain a été créée pour renforcer la sécurité de la Gare du Nord et de ses abords ; une brigade spécialisée de terrain le sera aussi pour les Champs-Elysées. Les touristes seront mieux informés sur leur sécurité. Et j’ai demandé aux opérateurs téléphoniques d’étudier la possibilité de mettre en place un système d’information pour que, notamment, les touristes chinois reçoivent dès leur arrivée en France sur leur téléphone portable des informations en leur langue, leur permettant d’avoir un interlocuteur en cas de problème de sécurité. Alternativement, nous étudions la possibilité de leur envoyer un e-mail avant leur départ, avec les informations nécessaires. La logique est simple : un touriste mécontent, c’est un touriste qui ne reviendra pas.

Commerce. J’ai demandé à chaque ambassadeur un rapport sur le tourisme. Outre la propreté, revient souvent, mais ce sentiment est largement partagé, la critique de l’insuffisante flexibilité des horaires d’ouverture de nos commerces. Le touriste qui trouve porte close le dimanche ou à 19 heures n’attend pas le jeudi suivant. Il achète ou consomme ailleurs ou autrement. Et le développement du e-commerce exerce une pression supplémentaire. Sans préjudice des dispositions qui seront prises par voie législative à partir du rapport Bailly sur l’ouverture des commerces le dimanche et des compétences municipales concernant cette question, le gouvernement souhaite qu’à Paris, après concertation avec les partenaires concernés, certaines zones, comme le boulevard Haussmann, puissent être classées « zone touristique d’affluence exceptionnelle » afin d’y permettre l’ouverture de commerces le dimanche. La même souplesse est souhaitable dans les principales gares de France.

3/ Mesdames et messieurs, troisième domaine d’attention, le numérique, est et sera de plus en plus au cœur des activités touristiques. 80% des touristes consultent Internet avant de partir en voyage. La France, qui compte d’excellentes start-up et d’excellents professionnels dans ce secteur-clé, doit se situer en pointe dans le domaine du e-tourisme. Elle doit agir pour que l’outil numérique ne soit, si possible, pas un moyen de confiscation ou de rente, mais qu’il serve réellement à la fois les touristes et les professionnels. D’une façon générale, l’architecture de beaucoup de nos sites doit être améliorée. Le président d’ADP nous a annoncé que ADP offrira bientôt du wifi gratuit, notamment à Roissy. Le wifi devra être développé dans les établissements où il n’est pas encore disponible. Cette faculté devrait donner droit à une bonification au titre du classement hôtelier. L’orientation des touristes et leur mobilité à travers toute la France sera encouragée par le développement de services innovants en matière de géolocalisation : il est nécessaire que les grands acteurs du secteur s’engagent à ce sujet. Dans le même esprit, nous allons lancer un concours autour d’applications innovantes pour les smartphones, disponibles au 1er janvier 2015 et qui accompagneront les touristes au long de leur séjour : je pense notamment à des applications de traduction automatique ou de service d’urgence.

Enfin, une action d’ensemble sera menée afin de réduire la dépendance des acteurs à l’égard des grandes plateformes multinationales de distribution numérique. Avant la fin 2014, nous saisirons, avec le Ministre de l’Economie, l’Autorité de la concurrence, afin qu’elle rende un avis sur les moyens disponibles pour encadrer les pratiques et les relations entre les professionnels du secteur – je pense en particulier aux hôteliers – et les plateformes de réservation en ligne. Des programmes de fidélisation des clients seront encouragés afin de favoriser une alternative à la dépendance numérique envers les très grandes plateformes.

4/ Pour améliorer la qualité de l’accueil et du service, la formation des professionnels – quatrième domaine – doit être renforcée, pour être généralisée au-delà des institutions d’excellence dont je salue l’initiative. L’attractivité des métiers du tourisme a besoin d’être davantage encouragée. C’est la raison pour laquelle le tourisme a été identifié, conformément à la proposition du Ministre du Travail, comme un des trois secteurs stratégiques pour la mise en place de 100 000 formations prioritaires pour l’emploi prévues en 2014, grâce à l’appui de l’État, de Pôle emploi, des organismes paritaires et des Régions. Dans cette même logique, les conditions de travail doivent être améliorées partout où c’est nécessaire. Pour cela, les branches professionnelles doivent mettre en œuvre, dans le secteur touristique, les dispositions prévues par l’accord national interprofessionnel (ANI). Compte tenu des caractéristiques du secteur tourisme où 25% des emplois sont saisonniers, il sera indispensable à la fois de simplifier et d’adapter l’offre de formation, de favoriser l’alternance et de développer la formation permanente aussi pour les saisonniers. Les échanges à l’étranger – stages et alternance – seront également encouragés.

Parmi les insuffisances qu’on nous reproche, le manque de maîtrise des langues étrangères revient régulièrement. La pratique des langues étrangères sera encouragée notamment par une bonification du classement hôtelier pour les établissements dont le personnel sera formé. Un bac technologique Hôtellerie-Restauration sera créé pour la rentrée 2015, avec des compétences renforcées pour le « savoir-être » et la pratique des langues étrangères.

Plus généralement, une enveloppe financière consacrée à la promotion et à la communication autour des métiers du tourisme sera identifiée au sein du Fonds de Modernisation Restauration et Hôtellerie mis en place en 2011. Il existe un reste à liquider au sein de ce Fonds, constitué de contributions des professionnels du secteur : une partie pourra être utilisée pour mener des actions de communication et valoriser les métiers du tourisme. Je sais que cela correspond à une demande des professionnels.

5/ Mesdames et messieurs, tourisme, ce ne sont pas seulement des millionnaires étrangers séjournant dans des palaces, même si leur clientèle est la très bienvenue : une action ambitieuse doit être également menée pour rendre les vacances accessibles à un large public, aux ressources souvent modestes.

A cette fin, plusieurs dispositions seront prises. J’en citerai trois. Un fonds de 75 millions d’euros est dès maintenant utilisable, avec notamment la Caisse des Dépôts et l’Association nationale des chèques-vacances, pour rénover le patrimoine touristique accessible aux ménages à revenus modestes. Plus largement, à propos du financement des activités du tourisme, puisque des investissements sont indispensables, la Banque Public d’Investissement a décidé de développer au niveau national une offre tourisme spécialisée, avec une équipe identifiée à laquelle les professionnels pourront s’adresser et des outils de financement adaptés. Et j’ai appris que le Crédit Agricole souhaite, dans son domaine et à sa façon faire aussi un effort important pour le financement du tourisme. Enfin, un portail Internet sera mis en place au deuxième semestre 2014 par l’Agence nationale des chèques vacances, qui aidera les ménages modestes à préparer leur premier départ en vacances. Leur sera proposée une sélection d’offres abordables, à des tarifs préférentiels.

Mesdames et Messieurs, cet ensemble d’orientations et de premières décisions seront traduites rapidement dans les faits. Certaines sont applicables à partir d’aujourd’hui même. D’autres, qui dépendent également de l’exécutif, avant la fin de 2014. D’autres enfin sont de nature législative. Dans ce dernier cas, et afin d’aller vite, une ordonnance de simplification, comportant un volet tourisme, sera bouclée dans les semaines qui viennent et publiée avant la fin 2014. C’est une demande forte des professionnels. Elle simplifiera les normes dans des domaines clés pour le tourisme, comme la construction/urbanisme, la sécurité, l’accessibilité, et l’environnement.

La nouvelle organisation ministérielle récemment intervenue doit renforcer la reconnaissance et la place du tourisme et notamment faciliter les rapprochements entre opérateurs et services concernés. Une rubrique « tourisme en France » sera créée avant la fin 2014 sur le site internet du Quai d’Orsay – site qui est le plus consulté de France – mais aussi sur le site de chaque ambassade, de chaque consulat, de l’Institut Français et, si elles le veulent bien, du millier d’Alliances Françaises dans le monde. Les « années croisées » entre deux pays que nous pratiquons avec succès depuis pas mal d’années sur le plan culturel seront désormais systématiquement accompagnés d’un important volet « tourisme ». Les synergies seront développées entre Atout France - qui a un rôle central - la nouvelle Agence regroupant Ubifrance et l’AFII, nos ambassades et tous les services qui en relèvent.

Enfin, Mesdames et Messieurs, pour que ces Assises ne restent pas une circonstance isolée, sans suivi ni évaluation, j’installerai dès juillet à mes côtés avec les responsables compétents un Conseil de la Promotion du Tourisme chargé de définir, en concertation avec tous les partenaires publics et privés, un Plan Tourisme pour 2020 : un plan 20/20 pour 2020. J’ai demandé à Philippe FAURE, ambassadeur de France, ancien Secrétaire général du Quai d’Orsay et fin connaisseur du tourisme, d’en assurer l’animation à mes côtés. Je lui demande de me remettre un premier rapport d’ici la fin 2014. Enfin, nous organiserons chaque année avec vous tous une Conférence du Tourisme permettant de faire le point. La première Conférence annuelle aura lieu au second semestre 2015.

Mesdames et Messieurs,

le Président de la République, le Premier ministre, mes collègues ministres et moi-même, nous voulons avec vous agir pour donner au tourisme dans notre pays la place centrale qui lui revient. Cela demande des décisions : j’en ai cité une trentaine, certaines attendues depuis longtemps, d’autres plus nouvelles. Cela demande aussi un état d’esprit, des professionnels bien sûr, mais aussi de l’ensemble des Français : nous devons convaincre de la place centrale du tourisme dans notre économie et notre société. Nous devons conforter cette place en soulignant l’intérêt des métiers de la filière, métier qu’on n’exerce pas sans passion. Nous devons expliquer que les « services » ne sont nullement, quelle que soit leur étymologie latine, une « servilité », voire une « servitude », mais au contraire une « serviabilité », un enrichissement. Nous devons valoriser l’ouverture aux autres, l’accueil, l’hospitalité, car c’est ainsi que nous serons dignes du rang auquel nous aspirons.

Les médias, je l’espère, nous y aideront. J’ai demandé au Président de France-Télévisions ainsi qu’aux chaînes de l’audiovisuel extérieur français, de bien vouloir réfléchir à des émissions soulignant et récompensant le meilleur accueil, les meilleurs accueillants de France. Le Président de France Télévisions vient de m’informer officiellement – et je l’en remercie vivement – qu’il va lancer un « Challenge de l’accueil » dans le cadre de l’émission « Midi en France », qui a l’avantage d’être programmée tout au long de l’année et de concerner l’ensemble des régions françaises. Ce projet débutera en septembre. Nous pourrons ainsi, m’écrit-il, en particulier en nouant des partenariats avec la presse régionale, populariser la notion d’accueil, si importante pour le développement de notre pays.

C’est par cette démarche d’ensemble que nous atteindrons nos objectifs. Cette démarche ne sera pas seulement positive pour le tourisme mais pour l’image générale de notre pays. A ceux qui ont pu s’étonner que la promotion de ce secteur soit désormais rattachée au Quai d’Orsay, j’indique que ce n’est pas seulement par un goût personnel pour les activités qui sont les vôtres, mais par une certaine idée du rayonnement de la France. Le tourisme est en effet l’un de nos meilleurs ambassadeurs. Le touriste ne devrait-il pas être notre premier ambassadeur ? Et quel est le point commun entre les professionnels de ce secteur du tourisme, si diversifié, qu’on soit grand chef étoilé, responsable d’un hôtel de plein air, un agent de voyage ou guide de tourisme ? Le point commun, c’est d’être tous des ambassadeurs de France, auprès à la fois des touristes étrangers et des Français. C’est pourquoi il était naturel que je m’y investisse pleinement.

On dit souvent que là où il y a une volonté, il y a un chemin. Les Assises, et je vous en remercie profondément, ont montré que la volonté existe, les atouts et le chemin aussi. Je suis très confiant qu’avec vos tous la France puisse être le premier pays touristique au monde.


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