Quelques enjeux d’actualité

La sécurité des agents et des postes

Le contexte d’insécurité croissante dans lequel opèrent un nombre accru de postes a conduit l’Inspection générale à mener en 2005 une enquête sur la sécurité des agents du Ministère en Afrique subsaharienne, région particulièrement exposée aux risques politique et criminel.

Le coût élevé pour les agents du logement dans des quartiers sécurisés, du recours au gardiennage, de l’acquisition d’équipements de protection et de liaisons radio et des frais d’assurance, sans parler du coût psychologique lié à un sentiment général de plus grande vulnérabilité, contraste avec la baisse, ces dernières années, des indemnités de résidence. A l’instar des mesures prises par nos grands partenaires, particulièrement le Royaume-Uni et les délégations de la Commission européenne, l’Inspection générale a recommandé, dans les pays les plus exposés, dont la liste devrait être régulièrement actualisée, un régime de congés aménagé, une sensibilisation dispensée par les services spécialisés, et la compensation, sous la forme d’une prime forfaitaire, des charges de sécurité pesant sur les agents.

L’Inspection générale a également recommandé, dans nombre d’ambassades visitées, la mise à jour des dispositifs de sécurité, traditionnellement axés sur un détachement de policiers ou gendarmes expatriés assurant une permanence 24 heures sur 24. La modernisation des systèmes de sécurité passive doit être poursuivie. Elle permettra de plus en plus de renoncer aux permanences de nuit d’ailleurs souvent peu efficaces. L’Inspection préconise en conséquence, sauf circonstances locales qui l’interdiraient, de réduire l’effectif des détachements de sécurité de 3 à 2 gardes expatriés, et lorsque c’est possible à un seul agent, chargé de la supervision d’une société de gardiennage recrutée sur place. A défaut d’être nécessairement expatrié, cet agent d’encadrement doit être un homme du métier, de nationalité française, en contact permanent avec l’officier de sécurité du poste et, par son entremise, avec le Haut fonctionnaire de défense (HFD) du Ministère. Cette formule - adoptée notamment par le Royaume-Uni - permet d’allier souplesse et réactivité.

Plus généralement, l’Inspection générale recommande que le Ministère se dote d’une stratégie globale de sécurité faisant toute sa place à la sécurité des agents et de l’ensemble des implantations, au-delà de l’accent mis traditionnellement sur les locaux des chancelleries diplomatiques et services du chiffre. La mise en place en 1959 d’un haut fonctionnaire de défense dans chaque Ministère répondait, dans un contexte de guerre froide, à un impératif de lutte contre l’espionnage. Les menaces se sont depuis lors considérablement diversifiées. Certains de nos partenaires occidentaux ont entrepris de s’y adapter : à moyen terme, la question est posée de la création, autour du service actuel du haut fonctionnaire de défense, d’une véritable « direction de la sécurité diplomatique » en charge du pilotage de la politique de sécurité du Ministère, à l’exemple du Département d’Etat, du Foreign Office ou du Ministère allemand des affaires étrangères.

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