Les 10 mots de la diplomatie

Longtemps langue de la diplomatie, la langue française a essaimé dans toute l’Europe et a laissé une trace durable dans le vocabulaire diplomatique de notre continent.

Le vocabulaire diplomatique est riche d’une mémoire millénaire, d’anecdotes et de chausse-trapes. Il a ses singularités, voire ses exotismes. A l’occasion de la semaine de la Francophonie, nous avons voulu vous faire partager certaines de ces curiosités qui sont aussi la marque du Ministère et participe du patrimoine de notre langue.

Le Chiffre

Le service du chiffre était l’unité chargée de transmettre et de recevoir la correspondance secrète. Il tirait son nom du chiffrement, opération consistant à protéger la confidentialité des correspondances par un code, un algorithme ou une clef de manière à les rendre illisibles par un tiers non autorisé.

Le terme chiffre est encore utilisé dès lors que l’on parle de cybersécurité et de protection de la confidentialité. On parle aussi encore de chiffreur même si cette spécialité s’est digitalisée avec l’évolution de l’informatique.

Gymnich

Contrairement aux apparences, ce mot ne définit pas une créature imaginaire ou une compétition de sorcellerie, mais une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Ces Gymnich tiennent leur nom du château où eut lieu la première de ces réunions, dans la commune allemande d’Erftstadt.

Nonce

Ce terme vient du latin « nuntius » (envoyé) et désigne le représentant diplomatique du Saint-Siège, archevêque titulaire accrédité comme ambassadeur permanent du Saint-Siège auprès d’un gouvernement étranger.

Non-papier

Note informelle qui ne comporte ni en-tête ni mention de son rédacteur ou signataire. Elle peut être d’usage interne ou destinée à être remise à des partenaires étrangers.

Le non-papier est traditionnellement rédigé en format papier pour qu’on n’en identifie pas l’auteur. S’il est envoyé par courriel (ce qui n’est pas recommandé), il ne devient pas un non-courriel.

A Bruxelles, les Français se sont aperçus qu’ils étaient quasiment les seuls à faire des non-papiers en français. Dommage quand on sait que le but du non-papier est que chacun puisse se l’approprier facilement en en oubliant l’origine !

Maroquin

Il s’agit d’un dossier de cuir qui renferme traditionnellement un accord signé par deux parties dans les langues de chacune. Dans un langage familier, le maroquin peut aussi se référer à un portefeuille ministériel.

Antici & Mertens

Antici
A Bruxelles, le groupe Antici rassemble différents conseillers chargés de travailler à la préparation d’une réunion appelée Coreper II. Dans cette instance, où siège l’ambassadeur de France auprès de l’Union européenne, il est question des sujets à caractère politique, commercial, économique ou institutionnel. Le mot “Antici” est une référence au Représentant Permanent adjoint italien Paolo Antici, qui a présidé la première réunion de ce groupe préparatoire en 1975.

Mertens

Le groupe Mertens est, lui, chargé de préparer le Coreper I, où les Représentants permanents adjoints abordent des matières plus techniques, telles que les transports, le marché intérieur ou la pêche. Mertens était le nom du diplomate belge qui en a eu l’initiative en 1993.

Ministre plénipotentiaire

Il s’agit du grade le plus élevé dans la hiérarchie du Quai d’Orsay. On choisit par exemple les futurs ambassadeurs parmi les ministres plénipotentiaires. La coutume voudrait qu’on l’appelle « Monsieur ou Madame la ministre ».

MoU


C’est un des très nombreux acronymes utilisés dans le langage diplomatique. MoU renvoie à Memorandum of Understanding ou protocole d’entente. Il s’agit d’un document décrivant un accord ou une convention bilatérale ou multilatérale entre différentes parties. Il est souvent employé lorsque les parties n’ont pas convenu d’un engagement juridique. Toutefois, il peut s’avérer ferme lui aussi.

Valise

La valise diplomatique est un privilège reconnu en droit international permettant aux gouvernements de correspondre avec leurs missions diplomatiques et consulaires et à ces missions de correspondre entre elles par des envois scellés qui ne peuvent être retenus ni ouverts par les autorités des pays traversés ou du pays de destination.
La valise revêt plus souvent l’apparence d’un sac postal que celle d’une mallette d’agent secret.

Mise à jour : mars 2016

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