Mali : associer les acteurs locaux pour améliorer les conditions de vie des populations des régions du Nord

L’ambassade de France au Mali a conduit le programme de relance des services de base et de soutien à l’économie locale dans la région de Kidal, au Nord du Mali. Initié début 2014, ce programme constitue un outil d’intervention rapide dans les zones classées rouges à l’accès très restreint. Sa maîtrise d’ouvrage nationale associe largement les acteurs locaux. Il constitue une expérience destinée à alimenter les actions assurant le continuum sécurité - développement.

Le programme de financement de micro-projets, mené en 2014 mené par le service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’ambassade de France avec l’appui de la force militaire a porté sur un financement total de 1 167 000 €, financé pour 80 % sur fonds français et pour 20 % sur budget national. L’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT) a été le maître d’ouvrage de ce programme.

Financer des micro-projets proposés par les populations locales

Ciblant la région de Kidal, le choix est porté sur les quatre communes d’intervention d’Anefis, de Kidal, d’Aguel Hoc et de Tessalit. Cette région constitue l’axe principal de circulation de la force française Serval/Barkhane réunit les principales communes de la zone ouest de la région, la plus accessible et la plus peuplée.

Le président du conseil régional de Kidal et l’équipe civilo-militaire de la force Serval ont mené une vaste campagne d’identification et de collecte de projets, organisée par les équipes communales sur chaque site. Elle a permis de collecter plusieurs centaines de projets proposés par les populations qui ont été priorisées par les conseils communaux sur site.

Privilégier les secteurs de l’éducation, de l’hydraulique et les activités génératrices de revenus

Une première tranche a permis de financer la réalisation de 19 projets communaux visant la réhabilitation ou la réalisation d’infrastructures dans les secteurs de l’éducation et de l’hydraulique principalement. La maîtrise d’ouvrage a été déléguée à des entreprises locales et supervisées par des bureaux d’études locaux assurant le suivi des travaux.

Une seconde tranche a financé 81 projets individuels ou associatifs d’activités génératrices de revenus. Le Conseil régional de Kidal, maître d’ouvrage délégué, et les maires ont signé des conventions spécifiques pour chaque commune. Des ONG locales ont été en charge du suivi évaluation intermédiaire et de l’évaluation finale.

Mettre en œuvre des projets à impact rapide sans intermédiaire

Ce programme, à travers des modalités d’intervention souple, évite les intermédiaires et implique les acteurs locaux en s’appuyant au besoin sur la logistique d’une force militaire déployée sur le terrain. Il a permis de mettre en œuvre avec succès des projets à impact rapide sur l’amélioration des conditions de vie des populations, dans une zone où les menaces terroristes prévalent et où des opérations militaires sont en cours.

Ce programme démontre l’intérêt d’une approche consensuelle, permettant d’adosser des actions de développement au tissu social local en travaillant notamment avec les élus locaux et régionaux restés en poste dans les zones de crise. La main d’œuvre et les prestataires locaux ont été privilégiés afin de générer de l’emploi et des revenus locaux pour une appropriation maximale.

Et aujourd’hui ?

Cette méthodologie a été reprise par l’Agence française de Développement (AFD), pour un budget de 6 M€ entre 2015 et 2016.

En juin 2015, un accord de paix a été signé entre le gouvernement et les groupes armés, actant des progrès du processus de réconciliation nationale et ouvrant la voie à un nécessaire développement socioéconomique des régions du Nord Mali, facteur de paix et de stabilité.

Liens utiles

La semaine prochaine, notre réseau innove pour renforcer l’attractivité de la France en Indonésie

PLAN DU SITE