Inde : organiser des voyages de presse pour des journalistes spécialisés dans l’éducation et l’enseignement supérieur

Depuis trois ans, l’Ambassade de France en Inde organise chaque année un voyage de presse pour les journalistes indiens spécialisés dans l’éducation et l’enseignement supérieur. Chacun de ces voyages a permis d’emmener entre 4 et 6 journalistes à Paris et dans des grandes villes universitaires françaises.

Cette initiative part du constat que les grands médias indiens prêtent une attention particulière à l’enseignement supérieur, à l’image des familles indiennes de la classe moyenne préoccupées de l’éducation de leurs enfants :

  • La plupart des grands journaux et magazines indiens ont ainsi un supplément éducation (Education Times pour le Times of India, HT Education pour l’Hindustan Times, Aspire pour le groupe India Today) avec une vaste audience, porté par un "education editor" et une équipe de journalistes dédiés.
  • Ces voyages ont également été ouverts aux journalistes des grands groupes de presse régionaux correspondant aux zones de l’Inde où un vivier potentiel d’étudiants a été identifié : Bengale occidental, Kerala, Tamil Nadu.

L’objectif : promouvoir l’enseignement supérieur français

L’objectif est de fournir une information détaillée sur le système français d’enseignement supérieur et les opportunités qu’il offre aux étudiants étrangers. Pour des raisons historiques et linguistiques, la plupart des journalistes indiens ont en effet effectué une partie de leurs études en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Il s’agissait de les rendre familiers du système français avec lequel le système indien présente des similarités : existence de grandes écoles en parallèle des universités (Indian Institutes of Technology, Indian Institutes of Management, …), prestige associé aux études d’ingénieurs parfois complétées par un cursus de management.

Il s’agit aussi de mettre en valeur le système de bourses et les nombreux cursus en anglais existant en France – la plupart des étudiants indiens poursuivant leurs études en France le faisant en effet en anglais, avec un apprentissage du français pour leur vie quotidienne sur place.

Le nombre et la longueur des articles parus à la suite de ces voyages de presse (une quarantaine) ont aussi validé l’objectif initial de cette démarche : maximiser les retombées médiatiques pour un budget restreint. Pour un coût équivalent à trois missions et à la prise en charge des journalistes, l’ambassade n’aurait pu acheter qu’une vingtaine d’encarts courts dans la presse indienne - sachant que ceux-ci auraient été perçus comme des publicités avec une influence moindre que des articles auxquels les lecteurs prêtent davantage d’attention.

L’organisation des voyages : un travail d’équipes

L’organisation de ces voyages repose sur un travail étroit entre le service de coopération français et d’action culturel de l’ambassade (SCAC), le service de presse de l’ambassade et l’opérateur du MEAE, Campus France :

  • En liaison avec le MEAE, le SCAC identifie chaque année les établissements, les entretiens et les visites les plus adaptées pour le déplacement des journalistes. Il sélectionne également les zones de l’Inde où existent d’importants viviers d’étudiants afin que les médias correspondant soient approchés. Il est ensuite en relation suivie avec l’opérateur Campus France pour s’assurer du bon déroulement du voyage de presse.
  • En liaison avec le MEAE, le service de presse identifie les médias les plus indiqués pour le déplacement, notamment pour la presse régionale ; il approche ensuite les rédacteurs en chef qui, dans le système indien, prennent la décision d’envoyer un journaliste et le sélectionnent. Ces contacts permettent d’orienter ce choix en présentant les principaux axes du déplacement.
  • L’opérateur Campus France apporte un soutien organisationnel, gère la prise des rendez-vous, le déroulé du programme et l’accueil des journalistes.

Pour la réussite de ces voyages de presse : trois points importants

  • Identifier les liens avec l’Inde, qui permettent aux journalistes d’écrire des articles en phase avec leurs lecteurs (un "Indian nugget" selon l’expression d’un journaliste indien) : témoignage d’élèves indiens en France rencontrés sur place (grâce au suivi précis des étudiants réalisé par le secteur de coopération universitaire), explication sur les bourses disponibles pour les meilleurs étudiants indiens, visite de la maison de l’Inde à la cité universitaire, etc.
  • Envoyer un agent de l’ambassade pour accompagner les journalistes : à chacune des éditions de ce voyage de presse, l’ambassade a envoyé un agent, soit du secteur de coopération universitaire, soit du service de presse. C’est un élément essentiel pour assurer le suivi (certains articles peuvent paraître plusieurs semaines après le voyage de presse, à l’occasion d’un numéro spécial sur les études à l’étranger ou en réponse à des mesures restrictives prises par un autre pays vis-à-vis des étudiants étrangers). Il s’agit aussi de créer des liens personnels avec les journalistes et développer le réseau de l’ambassade.
  • Assurer le suivi des journalistes partis en France : le secteur de coopération universitaire et le service de presse veillent à ce que les journalistes, une fois rentrés de France, restent étroitement associés à la vie de l’ambassade ou du consulat général correspondant.

Un bilan très positif sur plusieurs plans

Le bilan a été très positif avec une quarantaine d’articles sur les trois années écoulées depuis le début de l’initiative. Ces articles sont le plus souvent longs, avec plusieurs articles de pleine page et plusieurs "unes" dans les principaux journaux indiens (Education Times du Times of India, HT Education notamment).

Cette action a participé au développement de la mobilité des étudiants indiens vers la France : +15% en 2014 par rapport à 2013.

Enfin, ces voyages de presse sont riches d’enseignements pour la politique de communication sur l’enseignement supérieur en France. Les questions posées par les journalistes indiens à l’occasion de ces voyages apportent un regard extérieur sur certaines caractéristiques du système français : générosité du dispositif social offert aux étudiants, traitement égal pour les étudiants français et les étudiants étrangers, frais de scolarité très bas dans les universités françaises (au point que certains journalistes ont demandé s’il ne s’agissait pas de formations au rabais, avant de comprendre la part très importante du financement prise en charge par les autorités françaises), interrogations sur le nombre d’institutions se revendiquant de la Sorbonne, principale "marque" connue en Inde pour l’enseignement supérieur français, etc.

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