Interventions à l’Assemblée Nationale et au Sénat
"a première modalité concerne bien évidemment notre aide bilatérale. Nous avons annoncé la reprise de cette aide de 150 millions d’euros qui avait été gelée par le précédent gouvernement dans des conditions parfaitement légitimes dans le cadre européen. Cette somme permettra de financer des projets qui avaient été stoppés du fait de l’arrêt du financement. Je pense notamment à une station de pompage à Bamako qui permettra à 100.000 habitants d’avoir accès à l’eau potable dans les prochains mois."
"Le premier élément de notre stratégie tient à notre aide bilatérale, gelée en 2012 et reprise depuis mi-février pour accompagner le retour des services publics. Un exemple : le courant est en train de revenir et il y a désormais six heures d’électricité par jour à Tombouctou. La Conférence de Bruxelles se fera sous coprésidence française et européenne : nous voulons catalyser les énergies au service du redressement du Mali. J’ai saisi la Banque mondiale la semaine dernière et je me rendrai à Bamako ce week-end car le développement passe par la mobilisation des forces vives du pays."
"Pour ce qui est de la peine de mort, vous savez que la France s’est engagée, à l’initiative de Laurent Fabius, dans une grande campagne pour obtenir l’abolition universelle de la peine de mort. En décembre dernier, nous avons déjà obtenu, devant l’Assemblée générale des Nations unies, le vote d’une résolution par une majorité inégalée. C’est le signe que ces idées avancent dans le monde, en partie grâce à l’action de la France."
"Je suis extrêmement attaché à l’inscription de notre politique nationale de développement dans le contexte européen, deux tiers de nos dons - il en va différemment des prêts - passant par le FED et donc l’Union européenne. Lors des débats parlementaires, nombre de députés ou de sénateurs considèrent souvent que c’est l’aide bilatérale qui compte mais je ne suis pas de cet avis car il est nécessaire de travailler ensemble, l’Union européenne constituant un gage d’efficacité. À nous de nous montrer influents à Bruxelles plutôt que de dissocier, en la matière, les drapeaux français et européen !"
"L’équation de la France au Mali est simple : pas de développement possible - et donc de lutte contre la pauvreté - sans sécurité, et pas de sécurité durable sans développement. C’est pourquoi nous sommes engagés sur les deux fronts à la fois, pour gagner l’intervention militaire et la paix. Cette stratégie de développement, avec Laurent Fabius, nous avons voulu qu’elle soit profondément européenne. C’est pour cela que l’ensemble des pays européens ont repris en même temps leur aide publique au développement, basée sur les mêmes critères de conditionnalité, notamment la feuille de route adoptée par le parlement malien fin janvier."
Mali - Débat à l’Assemblée nationale - Propos de Pascal Canfin (Paris, 27 février 2013)
"La stratégie française repose à ce stade sur quatre piliers. Le premier d’entre eux est la reprise de l’aide bilatérale : annoncée la semaine dernière, elle est désormais opérationnelle. L’Agence française de développement, de nouveau présente sur place, travaille en effet à la sélection des projets qui seront financés avec les 150 millions d’euros qui avaient été gelés après le coup d’État de mars 2012."
"J’étais à Bamako et à Mopti lundi et mardi dans le cadre de la reprise de l’action de l’Agence française de développement (AFD) au plan opérationnel. Elle n’avait jamais cessé totalement son activité, puisque le personnel malien était resté sur place, à la différence du personnel expatrié, parti pour des raisons de sécurité. Le nouveau directeur a pris ses fonctions lundi et un directeur adjoint est en cours de recrutement."
"Monsieur le Député, vous venez de le dire, j’étais au Mali lundi et mardi. Laissez-moi vous donner quelques exemples qui illustrent la situation sur place.
La situation sur place est la suivante. Il y a aujourd’hui trente minutes d’eau et d’électricité par jour à Kidal, trois heures d’électricité à Tombouctou. Les banques où était placée l’épargne des habitants ont été pillées par les groupes terroristes. Tout est donc à refaire."
"J’ai participé au sommet de Doha avec Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, et Delphine Batho, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. Nous avons pris une part active à ces négociations : la France avait la plus importante représentation ministérielle et une délégation de parlementaires était présente, dont le sénateur Ronan Dantec que je tiens à saluer particulièrement."
"L’intégralité des relations diplomatiques bilatérales relève donc du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, ainsi que de l’Élysée, et je suis quant à moi intégralement chargé des politiques de développement. Cette distinction me semble conforme à notre nouvelle vision partenariale de l’Afrique, l’un des continents importants de la mondialisation où d’autres acteurs sont ô combien présents, au premier rang desquels les Chinois, les Indiens, les Turcs, les Allemands, les Américains, les Brésiliens, les pays du Golfe. Après une période historique de transition, il importait donc de normaliser nos relations institutionnelles avec l’Afrique."
"Je me réjouis de pouvoir présenter la mission dans son ensemble car, en tant que ministre délégué chargé du développement, je me suis battu pour défendre l’ensemble de la mission, qui repose effectivement sur deux programmes budgétaires dépendants l’un du quai d’Orsay, l’autre du ministère des finances. Raisonner de façon globale en terme de missions et non pas de programmes budgétaires, est un des éléments de réponses aux critiques de la Cour des comptes sur le pilotage de notre politique."
"Ainsi, plutôt que d’une baisse de l’effort en faveur de la solidarité internationale, on peut parler d’une quasi-stabilité des crédits, puisque la diminution de 200 millions est compensée par 160 millions supplémentaires. De plus, nous avons récupéré 200 millions du FED, le Fonds européen de développement, qui n’avaient pas été décaissés. On peut donc considérer que la capacité d’engagement réelle est stable, voire qu’elle augmente. En tout cas, notre logique consiste à stabiliser l’effort en faveur de la solidarité internationale."
"Les marchés financés totalement ou partiellement par l’Agence française de développement (AFD) dans les États étrangers au titre de son aide-projet sont attribués, signés et exécutés sous la responsabilité exclusive des maîtrises d’ouvrage locales, bénéficiaires de ses concours, en application de la réglementation nationale. Il s’agit dans la très grande majorité des cas de la réglementation relative aux marchés publics."
"Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, je suis heureux d’avoir la possibilité aujourd’hui d’échanger avec vous. Je souhaite profiter de cette première audition devant votre commission - et devant une assemblée puisque le Sénat a la primeur de mon intervention devant une commission parlementaire - pour présenter les grandes lignes qui gouverneront mon action au service du développement."
"Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs les Députés, le gouvernement, en application de l’article 53 de la Constitution, vous soumet aujourd’hui, après l’avoir soumis au Sénat, qui l’a adopté à l’unanimité moins l’abstention d’un groupe, le projet de loi autorisant la ratification du traité d’amitié et de coopération qui a été signé entre la France et l’Afghanistan fin janvier 2012. Le Sénat, en votant ce texte la semaine dernière, a ainsi marqué la première étape du processus de ratification."






