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Libération de Florence Cassez - Syrie - Mali - Diplomatie économique - UE - Voeux à la presse du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius (Paris, 24 janvier 2013)

Je vais remettre dès maintenant à M. Paris la médaille qui est destinée à Mme Corine Lesnes en lui demandant de lui transmettre mes félicitations. M. Hervouët a dit avec éloquence, sur ce point comme sur le reste, ce qu’il fallait dire. J’ajouterai qu’il est tout à fait significatif que le prix aille à une remarquable journaliste bien sûr, mais aussi à l’Internet. Est-ce la première fois ? Peut-être, sans doute et cela a une signification particulière.

Donc Monsieur Paris, je vous demande de transmettre à Mme Lesnes, nos félicitations à tous.

Monsieur le Président Hervouët,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Mon Cher Bernard,

Ma Chère Hélène,

Tout d’abord, bienvenue dans cette Maison. Il est vrai que la date a été changée comme vous l’avez noté parce qu’il aurait été difficile, me semble-t-il, de former ces voeux en mon absence. Et, comme le ministère des affaires étrangères implique tout de même un certain nombre de déplacements, je serais dans la situation de ne pas être là au moment où nous l’avions prévu. Je vous prie de bien vouloir m’excuser si cela vous occasionne quelques dérangements.

Je suis heureux de vous accueillir aujourd’hui pour une réunion qui ne sera pas bien longue puisque, comme vous l’avez souligné, le président de la République m’a demandé d’aller accueillir Mme Cassez, qui arrive aux alentours de 14 heures. Je devrai donc vous quitter pour l’accueillir ce qui, bien sûr, nous fait un très grand plaisir à tous.

Il y a toujours des voeux de début d’année, ils sont parfois exaucés, mais pas toujours. L’un des voeux que l’on pouvait formuler pour l’année 2013, c’était précisément le retour de Florence Cassez. Celui-là au moins sera exaucé. Je pense qu’il y a, dans de nombreuses familles en France, une grande joie à revoir notre compatriote et je veux tout simplement remercier toutes celles et tous ceux qui, au Mexique, en France et dans d’autres pays se sont mobilisés depuis très longtemps et souvent, pour la libération de Mme Cassez qui nous revient aujourd’hui.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis, nous sommes au début de l’année 2013. Vous avez formé des voeux dont le principal, si j’ai bien compris, à titre personnel, c’est que je sois encore là pour vous présenter mes voeux l’année prochaine. Comme vous l’avez remarqué, Monsieur Hervouët, puisque nous commençons à nous connaître, j’ai un certain goût du paradoxe, alors je dirais « pourquoi pas ? ».

Je voudrais d’abord commencer en rendant hommage, vous l’avez fait et vous avez eu raison de le faire, à vos collègues qui, tragiquement, ont disparu au cours de l’an dernier. Je regardais les chiffres, mais au-delà des chiffres qui sont impersonnels, il y a des hommes et des femmes. Ce sont 90 journalistes qui ont été tués dans l’année. Je pense qu’il faut avoir cela à l’esprit, c’est le cas pour vous bien sûr puisque c’est votre métier, mais je ne suis pas sûr que le public l’ait toujours présent à l’esprit. Il faut donc que nous nous mobilisions pour rappeler cela et pour faire en sorte - nous n’y arrivons pas toujours - que ces sacrifices soient les moins nombreux possibles.

Mesdames et Messieurs, lorsque je regarde ce qui nous attend pour l’année 2013, et quand je dis « nous » puisque nous sommes attelés à la même charrette, il y a les crises et il y a ces éléments de long terme qui sont dans les crises. L’un de mes prédécesseurs, l’un de ceux auquel vous avez fait allusion, me disait de faire attention car il y a tellement de crises que le risque c’est de ne s’occuper que de celles-ci et d’oublier le long terme. J’ai évidemment gardé ce conseil judicieux en tête. Mais il y a les crises. Et pour les crises de 2013, on ne peut pas dire qu’il y ait eu beaucoup de solutions par rapport à 2012.

Les grandes crises de 2012 sont toujours là. Il y a bien sûr la Syrie, un événement tragique, qui passe comme cela au second plan de l’actualité parce que d’autres crises prennent le relais. Mais il y a tous les jours des morts et des horreurs. Les derniers éléments d’information que nous avons montrent que les choses ne bougent pas. Tragiquement, il y a tous les jours sur le terrain parce qu’il y a des morts, mais pour la solution que nous espérons, c’est-à-dire la chute de M. Bachar Al-Assad et la venue au pouvoir de l’alternance, de la coalition, il n’y a pas de signe récent qui soit si positif que cela. Les discussions internationales qui ont lieu n’avancent pas non plus.

Lundi prochain, je recevrai à Paris, puisqu’ils ont souhaité que cela ait lieu dans notre capitale, la plupart des dirigeants de la Coalition nationale syrienne. Il y aura une cinquantaine de pays qui seront là, car nous voulons faire en sorte que toute une série de promesses qui ont été faites à la Coalition se réalisent, ce qui n’est pas encore le cas. Et la France continue à agir pour qu’une solution soit trouvée. Solution qui ne peut être que le remplacement de M. Bachar Al-Assad ainsi qu’une Syrie unie, qui respecte toutes ses communautés. Nous en sommes loin.

Il y avait aussi en 2012, le conflit israélo-palestinien. Nous allons voir comment sera composé le nouveau gouvernement israélien, les initiatives qu’il prendra ou qu’il ne prendra pas. Il y a aussi ce que fera ou ne fera pas la nouvelle administration américaine. Mais en tout cas, pour ce qui concerne la France et l’Europe, mais en tout cas la France, il y a la volonté de garder une pression forte pour trouver une solution à ce conflit qui reste tout de même, qu’on le veuille ou non, le père de beaucoup de conflits. L’une des choses qui m’ont frappé, comme vous peut-être, dans la campagne électorale israélienne, c’est que cette question n’était pas du tout au premier rang des préoccupations alors qu’il l’est objectivement pour nous tous et pour toute la région.

La Syrie, la Palestine, Israël, l’Iran. Au fur et à mesure que les Iraniens continuent, quoiqu’ils en disent, à renforcer leur arsenal, et que les négociations n’avancent pas, l’échéance se rapproche, une échéance qui peut être dramatique. Il n’y a pas mille solutions, la bonne solution, la seule bonne solution, c’est la négociation qui donne des résultats. Seulement voilà, les Iraniens ne bougent pas et la menace se rapproche. D’un côté les Iraniens maintiennent leur programme et de l’autre côté, la plupart des pays, dont les membres permanents du Conseil de sécurité, disent que l’armement nucléaire dans la main des Iraniens c’est inacceptable. Ce qui, en français, en anglais, en russe et en chinois, signifie qu’il ne peut pas être accepté. D’où notre stratégie : à la fois une pression très forte - traduite par les sanctions - et les négociations. Mais pour le moment, force est de constater que les résultats ne sont pas là. Et 2013 de ce point de vue a commencé sans nouvel élément.

Et puis, parmi les grandes crises, il y a cette crise qui était là, sous-jacente, mais qui a éclaté d’une façon encore plus tragique, c’est le Mali. Je ne vais pas revenir longuement sur ce qu’il faut bien appeler une guerre et il n’y a pas de guerre joyeuse. Mais vous connaissez les conditions dans lesquelles la France a dû intervenir très rapidement, faute de quoi il n’y aurait plus de Mali, ou plutôt, il y aurait un État terroriste au Mali qui menacerait tous ses voisins. J’ai été frappé, à la conférence d’Abidjan qui a eu lieu la semaine dernière, de voir que tous les chefs d’État et de gouvernement qui étaient là ont insisté, à la fois, pour remercier la France en des termes extrêmement forts, extrêmement émouvants que, personnellement, je n’ai jamais entendu prononcer ainsi. Mais ils ont dit aussi que si les terroristes avaient pris le contrôle du Mali, alors leurs pays étaient menacés. Et lorsque je dis leurs pays, je parle du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Burkina Faso.

Bref, ce n’est pas uniquement pour défendre les Maliens, même si c’est essentiel, c’est pour défendre l’ensemble de l’Afrique et aussi l’Europe. En effet, quand vous regardez la position géographique du Mali, vous passez un pays et vous êtes en Méditerranée.

J’ai été frappé par le soutien, extrêmement fort, des dirigeants de l’ensemble de ces pays et des populations. L’un de ces dirigeants me disait - et la comparaison m’a touché - que, quand les premiers Français sont arrivés à Bamako, c’était l’atmosphère de la libération de Paris.

Nous n’avons pas l’intention de rester durablement, qu’il n’y ait pas d’équivoque, mais la France pouvait faire barrage et nous l’avons fait. Petit à petit, nous progressons avec les Maliens. D’autres troupes de la MISMA arrivent, le plus vite est le mieux. D’autres concourent et nous avons comme objectif de repousser les terroristes et d’être relayés par les forces africaines auxquelles il revient en premier lieu de prendre cette responsabilité et d’assumer cette tâche.

N’oublions jamais que lorsque l’on parle du Mali, il n’y a pas seulement le volet militaire, sécuritaire, à avoir à l’esprit et qui est indispensable et inévitable. Il y a les deux autres volets qui sont importants, essentiels, si on veut trouver une solution durable. C’est le volet politique et le volet du développement.

Le volet politique je l’ai encore évoqué avec le Premier ministre malien, M. Diango Cissoko, que j’avais hier au téléphone. Les Nations unies, à bon droit, se sont exprimées de manière très claire. Il faut qu’il y ait une feuille de route. Je pense, d’après les indications qui nous ont été fournies, qu’avant la fin de la semaine le Conseil des ministres du Mali aura adopté cette feuille de route pour dire comment discuter, avec qui et comment avancer puisqu’il faudra arriver à des élections.

Et puis, il y a la dimension du développement car s’il n’y a pas de développement sans sécurité, l’inverse, à long terme, est également exact. Et c’est tout cela que la communauté internationale et l’Europe, et la France, et d’abord les Africains, et tous ceux qui veulent lutter contre le terrorisme - menace effrayante - doivent maintenant mener à bien.

La conférence des donateurs a lieu mardi prochain à Addis Abeba. D’autres nombreuses réunions auront lieu ensuite. Mais ce qui est important, c’est que, sur le terrain, les troupes arrivent vite, qu’elles respectent - c’est essentiel - le droit civil et militaire.

Des exactions, au-delà de leur caractère dramatique et inacceptable, ne feraient que faire rétroactivement le jeu des terroristes. Il faut que la feuille de route politique et l’action de développement soient menées à bien.

Tout cela est devant nous et cela demandera bien sûr beaucoup de travail dans cette maison avec, évidemment, toute une série de risques qu’il faut essayer d’éviter, de limiter. Des risques pour les populations, pour les pays voisins, pour nos compatriotes, pour les Européens et aussi pour les otages. Il faut donc avoir tout cela présent à l’esprit dans l’action.

Il y a un domaine, me semble-t-il même si cela passe souvent inaperçu, où 2012 a marqué un progrès important, c’est le domaine européen. Bernard Cazeneuve y a beaucoup et excellemment travaillé.

Lorsque l’on se retourne pour voir les avancées qui ont eu lieu depuis le mois de mai 2012 jusqu’à maintenant, en matière européenne, elles sont considérables : le sérieux budgétaire, la volonté de croissance et la taxe sur les transactions financières adoptée il y a deux jours. Il y a aussi la décision essentielle du président Mario Draghi de faire en sorte, dans certaines circonstances, que la Banque centrale européenne alimente sans limite les nécessités. Ce dont nous rêvions il y a quelques années lorsque Bernard Cazeneuve, moi-même et quelques autres passions pour de mauvais Européens.

L’Europe a progressé, elle a encore beaucoup de progrès à faire sur le plan de la supervision bancaire, sur le plan social, sur le plan environnemental. Il faut résoudre les questions financières qui ne sont jamais faciles. Il faut donner une autre dimension mais nous avons beaucoup avancé. Ce n’est pas toujours visible parce que l’Europe agit lentement, parce qu’il y a toujours des exceptions et puis parce que maintenant, sont lancés de nouveaux débats.

Je pense, par exemple, aux discours du Premier ministre David Cameron, qui, rend les Européens que nous sommes les uns et les autres résolus dans notre détermination, évidemment très interrogatifs. Nous pensons, nous Français, que c’est une bonne chose que la Grande-Bretagne fasse partie de l’Union européenne. Nous pensons qu’il y a des choses à changer dans l’Union européenne, mais nous pensons tout aussi fermement que l’Europe ne peut pas être un self-service. Que l’on ne peut pas, d’un côté, avoir les avantages de faire partie de l’Europe et, de l’autre côté, ne pas respecter des obligations. Et c’est le fond du sujet, nous aurons l’occasion d’en reparler.

Toutes ces crises étaient là en 2012 et, pour la plupart d’entre elles, elles sont là en 2013 et c’est l’une des tâches de cette maison que d’y faire face. Et mes collègues et amis ici présents, Bernard Cazeneuve que j’ai déjà cité, Pascal Canfin qui vous demande de l’excuser, Hélène Conway-Mouret et Yamina Benguigui, c’est pour nous l’une des tâches que nous menons jour après jour.

Et puis, il y a l’élément de long terme qui existe dans toute décision de court terme. Alors nous avons de très nombreux défis devant nous, et quand je dis « devant nous », c’est aussi devant vous. En effet, même si nos responsabilités sont différentes, nos horizons sont les mêmes.

Il y a cinq ou six grands défis que ce ministère, avec le gouvernement, doit essayer de relever.

Il y a un défi économique massif et c’est une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de faire de la diplomatie économique un axe central de l’action du ministère des affaires étrangères, car sans puissance économique le reste est évidemment secondaire ; un jour viendrait où, pour reprendre un jargon psychosociologique, on demanderait à la France « d’où parlez-vous ? » Pour ce ministère, qui s’occupe de toutes les crises et des sujets à long terme, il aurait été paradoxal qu’elle ne s’occupât point de la crise économique et de ce sujet -là. Des décisions ont donc été et seront prises, en liaison avec d’autres ministères, pour aller dans ce sens.

Il y a le défi écologique, non pas par effet de mode mais pour faire face, vous le savez tous, à la situation dans laquelle se trouve notre monde. Dans le discours d’investiture du président Obama, l’un des passages les plus remarquables et qui doit nous remplir d’espoir, c’est lorsqu’il a dit sa volonté - et c’est décisif - que les États-Unis s’engagent, afin d’affronter comme on doit le faire le changement climatique. La France est en avance sur ces terrains, mais elle veut agir pour l’Europe, avec l’Europe et pour l’ensemble du monde. C’est le sens de la candidature de la France pour accueillir la COP, la Conférence Climat 2015, et qui a quelque chance d’être retenue puisqu’on m’a dit que nous sommes seul candidat.

C’est très difficile, les précédentes expériences ne se sont pas soldées par de grands succès. Nous allons préparer cela, dès maintenant. La tâche sera menée bien sûr avec d’autres collègues mais ce sera sur cette maison, que pour l’essentiel reposera la charge.

Il y a le défi éducatif, culturel. On ne peut pas séparer les avancées économiques de notre rayonnement culturel, de notre rayonnement francophone, de notre rayonnement scientifique. C’est ce ministère qui en a la charge. Nous accueillons 300.000 étudiants étrangers. Nous dispensons l’enseignement français à 300.000 élèves à l’étranger. Nous enseignons le français à plus d’un million de personnes et la francophonie, Yamina le dirait mieux que moi, ce n’est pas une vieille lune, c’est un sujet absolument majeur parce qu’il se trouve que ceux qui parlent français, qui aujourd’hui sont 220 millions, seront 750 millions dans quelques années. Donc, c’est un instrument d’influence, à la fois pour la langue et pour nos valeurs, absolument décisif. Le défi éducatif, scientifique, de la recherche, nous allons le relever ensemble.

Il y a le défi démographique ; la France est bien placée de ce point de vue, mais l’Europe ne l’est pas. Les questions migratoires ne sont, et de loin, pas réglées. Il y a toute une série de positions à prendre et il faut, là aussi, que la France et le ministère des affaires étrangères soient au premier rang.

Il y a le défi sécuritaire ; on le vit, tristement, tragiquement et il ne sera pas réglé comme cela. Un livre blanc de la défense va bientôt être publié. Il faudra tenir compte des leçons de, entre guillemets, l’expérience malienne et de quelques autres.

Il y a la sécurité au quotidien. Mme Hélène Conway, qui est en charge des français de l’étranger, sait bien qu’il y a des décisions que nous avons déjà prises. Il y en a d’autres que nous allons prendre, en ce qui concerne les Français au Mali, au Niger, au Burkina Faso, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et ailleurs.

Et puis il y a le défi démocratique. La France par tradition, par histoire, est au premier rang. Nous avons à prendre position par rapport aux Printemps arabes, nous avons à dire partout notre vision du droit, nous avons à rappeler l’importance des droits de la personne humaine, le refus que les femmes soient piétinées. C’est cela la France. La France, ce n’est pas une chose ou une autre, c’est tout cela à la fois. Il faut que le ministère des affaires étrangères, qui suit les travaux au Conseil de sécurité des Nations unies, qui porte l’influence de la France, ait cela en permanence à l’esprit. C’est tout au moins la conception que j’en ai.

Pour mener à bien cette tâche, nous pouvons nous appuyer sur des professionnels excellents ; je leur fais confiance. C’est peut-être une des différences avec d’autres périodes. C’était un tort parce qu’ici nous avons des hommes et des femmes qui n’ont pas choisi ce métier par hasard, qui l’exercent ici ou à l’étranger, qui sont compétents, qui ont le sens du service public, qui aiment la France et qui la servent magnifiquement. Mes collègues, comme moi-même, nous appuyons sur ces professionnels.

Pour mener à bien toutes ces tâches dont j’ai parlé et beaucoup d’autres, il faut adapter, il faut renforcer et il faut se concerter. Nous allons adapter notre réseau diplomatique, qui est deuxième du monde mais qui n’est pas exactement en ligne avec l’évolution du monde. Ce n’est pas le réseau diplomatique des années 80 ou 50 qu’il faut mettre en place mais le réseau diplomatique du monde qui vient et cela veut dire probablement un peu moins de présence en Europe et beaucoup plus de présence dans les continents et les pays du futur. Il va falloir - et ce n’est pas facile - adapter aussi nos consulats, leur manière d’agir. Il va falloir adapter notre système de communication. Il va falloir adapter toute une série de choses et renforcer, en même temps, notre puissance économique, notre puissance culturelle et se concerter pour tout cela, parce qu’il faut bien sûr se concerter avec les agents, et se concerter avec la société civile, que ce soit en France ou à l’extérieur.

Cette maison doit avoir les portes de plus en plus grandes ouvertes, vis-à-vis des entreprises bien sûr, mais vis-à-vis de la société civile en général et bien sûr vis-à-vis de la presse.

Au fur et à mesure du temps, un certain nombre de décisions seront annoncées. Je préfère annoncer les choses lorsqu’elles se font plutôt que longtemps à l’avance et déplorer qu’elles ne se fassent point. C’est un ministère qui bouge, et qui bouge dans le bon sens.

Vous avez donc des ministres, je le crois, et en tout cas un ministre des affaires étrangères, à la fois heureux et, je peux en témoigner, extrêmement mobilisé. Heureux pourquoi ? Parce que la tâche est magnifique. Parce que nous travaillons dans un très bon esprit ensemble. Parce que le travail avec nos collègues du gouvernement se fait bien, avec le Premier ministre tout aussi bien, et est parfaitement fluide, efficace, et je pense sans une ombre avec le président de la République qui donne dans ce domaine comme dans d’autres les directives. Voilà pourquoi nous sommes heureux dans ce que nous faisons et très mobilisés parce que le travail ne manque pas. Nous allons les uns et les autres continuer nos tours du monde.

La France est un pays qui compte. Pas seulement parce qu’elle est une des seules à pouvoir agir comme elle le fait en ce moment au Mali - et vite -, mais parce que la France - comme on l’a dit beaucoup mieux avant moi - est plus grande qu’elle-même. Vous vous en rendez compte et nous nous en rendons compte lorsque la France parle et à condition qu’elle dise des choses pertinentes ; on l’entend, on l’écoute, on la respecte et on la suit. Quelle n’a pas été ma surprise l’autre jour, en consultant la deuxième page du Figaro - auquel je veux rendre hommage pour sa partie internationale - où un certain nombre de grands témoins étaient conviés à s’exprimer dans une semaine particulière. Un spécialiste américain des affaires internationales, M. Kagan, qui tenait des propos très critiques pour la politique américaine - je crois qu’il doit être Républicain -, disait que de toutes les manières, en matière diplomatique, quand on hésite, il faut regarder ce que fait la France. Je dois dire que j’ai découpé cet article car je pense qu’il n’y en aura jamais un aussi bon. Et il a vraiment fallu que je fasse preuve encore plus que par mon naturel de modestie lorsque mon collègue britannique, William Hague, m’a parlé d’une réunion du Foreign Office, avec le secrétaire du Foreign Office : « Nous discutions de ce qu’il fallait faire pour cette année, des évolutions de notre diplomatie ». Le secrétaire du Foreign Office aurait dit - d’après mon collègue ministre des affaires étrangères - que de toutes les manières, la meilleure diplomatie, c’est la française. Si les Américains commencent à dire qu’il faut suivre l’exemple de la France et que les Britanniques - mais il y a peut-être une arrière-pensée - disent qu’il faut suivre la diplomatie française, méfions-nous…

Le voeu que je formule, c’est que nous nous retrouvions l’année prochaine, et qu’un certain nombre des sujets que nous avons abordés, Cher Président, aient progressé et qu’il y ait un peu moins d’injustice, un peu moins de violence, un peu moins de stupidité, un peu moins de barbarie dans ce monde.

Et je veux formuler un souhait pour vous-mêmes, chacune et chacun de vous, qu’à la fois pour bien faire votre travail et aussi pour que nos relations soient les meilleures possibles, vous ayez dans votre vie personnelle tous les bonheurs, tout ce qui fait le prix de la vie - mis à part bien évidemment, les liaisons avec le Quai d’Orsay - l’amour, l’amitié, l’affection, la vie familiale. C’est tout cela que je vous souhaite, que je nous souhaite, en vous remerciant pour être venus ce matin, pour votre constante patience, pour votre objectivité et pour l’attachement que vous portez à la diplomatie.

Merci et très bonne année 2013.


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