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Stabiliser les pays en sortie de crise

« L’action de stabilisation s’inscrit dans de la cadre de l’approche globale de la gestion de crise. Elle contribue à la sortie de crise, notamment en rétablissant les conditions de viabilité minimales d’un Etat et en jetant les bases d’un retour à une vie démocratique par le lancement d’un processus civil de reconstruction ».

Afin de renforcer l’efficacité du dispositif français de réponse aux crises, le Centre de crise et de soutien s’est doté, en décembre 2014, d’une mission spécifiquement dédiée à l’accompagnement des processus de sortie de crise : la Mission pour la Stabilisation (MS).

Pour ce faire, la MS finance des projets et mobilise de l’expertise dans des délais très courts, permettant de soutenir les transitions politiques et/ou de poser les jalons des processus de reconstruction d’un pays ayant traversé une crise.

Dotée de procédures souples et accélérées adaptées à la volatilité de ces contextes d’intervention, elle déploie des actions à impact rapide favorisant la sortie de crise, répondant à un double objectif : accompagner l’Etat dans le redéploiement de ses fonctions de base et faire rapidement bénéficier les populations des « dividendes de la paix ».

Périmètre d’intervention sectoriel : trois axes stratégiques

1/ Rétablissement de la sécurité et des fonctions de base de l’Etat :

  • Appuyer le déminage, la réforme du secteur de la sécurité et le redéploiement des forces de sécurité
  • Soutenir les processus électoraux dans les pays en sortie de crise
  • Redéployer l’institution judiciaire par la formation des magistrats et le renforcement de la chaîne pénale
  • Relancer les finances publiques et la mobilisation des ressources domestiques
  • Accompagner les processus de Réforme de l’Etat (décentralisation, fonction publique, etc.)

Focus Moyen-Orient : permettre le retour des populations déplacées par la dépollution et la formation au déminage

En Irak, plus de 3 millions de personnes ont fui les atrocités perpétrées par Daech, cherchant refuge dans les régions sûres dans le reste du pays. A mesure que le terrain est repris à Daech, le retour de ces familles dans les villages libérés demeure entravé par la présence massive de mines et d’engins explosifs.

En 2016, le Centre de crise et de soutien a donc appuyé cinq projets d’aide au retour visant à la formation de démineurs, la cartographie et la dépollution de plusieurs villes et villages : à ce jour, plus d’une centaine d’hectares de terrain ont été nettoyés ainsi que des bâtiments publics et des dizaines de maisons individuelles. Plus de 800 engins explosifs et pièges ont été découverts et neutralisés. Plus de 4000 personnes ont pu bénéficier directement d’opérations de déminage et environ 50 000 personnes ont été informées des risques liés aux mines.

Sur les 70 démineurs formés en 2016 en Irak, l’une des équipes est constituée exclusivement de femmes Yézidies. Leur tâche consiste à repérer, identifier et détruire les engins explosifs polluant les villages, les infrastructures et la campagne avoisinante.

2/ Soutien à la réconciliation et renforcement de l’adhésion à la paix :

  • Accompagner les processus de réconciliation (conflits communautaires, agro-pastoraux)
  • Soutenir les processus de justice transitionnelle
  • Rétablir l’accès aux services sociaux de base (accès à l’énergie, eau, éducation, santé…)
  • Prévenir la radicalisation et lutter contre l’extrémisme violent

Focus projet : en RCA, l’initiative quartiers d’avenirs : des micro-projets de développement local au service de la réconciliation et de l’autonomisation

La République Centrafricaine a connu une crise politique, sécuritaire et humanitaire majeure en 2013-2014. Le processus de transition s’est achevé au début de l’année 2016, au terme de la tenue d’élections présidentielles et législatives qui ont rétabli l’ordre constitutionnel et démocratique. La situation sécuritaire reste cependant fragile, dans un contexte où la cohésion sociale a été fortement ébranlée par la crise.

Pour répondre à ce défi, la Mission pour la stabilisation finance l’Initiative « Quartiers d’avenir » lancée en 2015 par l’Ambassade de France à Bangui.

L’objectif de ce programme est double :

  • soutenir des micro-projets de développement ayant un impact direct sur l’amélioration des conditions de vie et la réconciliation : éducation, coopératives agricoles, santé, engagement des jeunes ;
  • aider les associations, petites et fragilisées par la crise, à innover pour prendre le relais des opérateurs de l’urgence et reconstruire le tissu économique et social au niveau local.

Pas moins d’une quarantaine de projets ont ainsi été soutenus dans le cadre de cette initiative sur la période 2015/2016.

3/ Renforcement de la société civile en tant qu’acteur de la vie démocratique

  • Protéger et soutenir les défenseurs des droits de l’Homme
  • Appuyer les acteurs des médias et le pluralisme
  • Soutenir les processus de démobilisation, désarmement, et réintégration des combattants
  • Accompagner la reprise du dialogue entre l’Etat et la société civile

Focus projet : Irak-Libye-Yemen-Médias (ILYM)

Médiateurs entre les autorités politiques et les populations, acteurs clés dans la diffusion de l’information, les journalistes jouent un rôle majeur dans l’animation du débat public. En zone de crise, ils sont souvent malmenés, menacés et otages des conflits partisans. Les protéger, les former et les aider à garantir la production d’une information libre et pluraliste est une nécessité.

En 2015 et 2016, la Mission pour la stabilisation a confié à Canal France International (CFI) la mise en œuvre d’un projet de renforcement des capacités d’un réseau de journalistes influents d’Irak, de Libye et du Yémen. Il s’agissait pour eux d’échanger sur les conditions d’exercice de leur profession dans leurs pays respectifs et de participer à plusieurs conférences, visites de médias à Paris et séminaires de réflexion animés par des confrères, des chercheurs et des spécialistes du monde arabe. L’objectif ? Aider ces journalistes à jouer pleinement leur rôle en matière de réconciliation nationale.

Périmètre d’intervention géographique

La MS intervient prioritairement dans les pays dont les crises - électorales, sécuritaires, institutionnelles, politiques, sanitaires, - affectent le bon fonctionnement de l’État. Ce soutien est assuré dès que les conditions sécuritaires le permettent et son désengagement s’apprécie au regard d’une série de critères : situation sur le terrain, tenue d’élections clôturant une période de transition

Des partenaires et opérateurs rompus aux terrains de crise

La MS travaille en étroite coordination avec l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de crise. Dans ce cadre, elle articule son action avec la réponse humanitaire d’urgence d’une part, et avec les programmes structurels de développement d’autre part. Ses partenaires sont variés : services de l’État, collectivités territoriales, organisations de la société civile, secteur privé, etc.

Mise à jour : octobre 2016

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