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La très grande majorité des Français sont des urbains. Ils étaient 43 millions à vivre en ville en 1999, ils sont près de 50 millions aujourd’hui. Le phénomène marquant, comme dans de nombreux autres pays européens à densité comparable, c’est une périurbanisation croissante de la population et l’étalement des villes. Les classes moyennes quittent en effet les centres-villes devenus trop coûteux et ne souhaitent pas résider dans les quartiers d’habitat social. Elles préfèrent s’installer à plus grande distance des centres, généralement dans des zones pavillonnaires ou dans des zones rurales où elles peuvent trouver un cadre de vie satisfaisant à des tarifs abordables. On estime que 10 millions d’habitants vivent dans des couronnes périurbaines (contre 7 il y a une quinzaine d’années).

Le Val-Maubuée à Marne-la-Vallée à l’est de Paris
© Yves Soulabaille - Jean-Paul Houdry / La Documentation française
De ces mutations urbaines, il résulte une dissociation toujours plus nette entre l’habitat, les lieux de travail, et les services. Le cadre de vie français n’est plus du tout celui des villages, des bourgs et des quartiers où habitat, services et emplois se conjuguaient. Alors que l’emploi reste relativement concentré, le desserrement de l’habitat induit des déplacements plus importants, avec les coûts et toutes les nuisances sur l’environnement que l’on sait. Désormais les territoires, avec des disparités sociales grandissantes, se spécialisent : aux centres les activités à haute valeur ajoutée et les populations aisées ; aux périphéries proches les concentrations de travailleurs précaires et de chômeurs ; aux périphéries élargies les classes moyennes, aspirant souvent à revenir vers les centres.
Qualitativement et quantitativement, pour son parc de logements, la France se place en tête des pays de l’Union européenne. Ce parc rassemble 30 millions de logements contre seulement 26 en 1985. Sur la même période, le nombre moyen de personnes par résidence principale est passé de 2,6 à 2,4, tandis que la surface moyenne de ces habitations augmentait. Plus d’espace par personne et moins de personnes par logement, ce sont là des signes évidents d’une amélioration générale.
Mais dans certains quartiers urbains, le logement atteint des coûts tels qu’il est désormais inaccessible aux classes moyennes et aux défavorisés. Certains immeubles particulièrement vétustes comportent encore des risques pour la santé de leurs habitants. Les bidonvilles, avec caravanes et baraquements, sont de retour dans certains endroits. Les occupations illégales, sous forme de squats, semblent également en augmentation. Aux 3 millions de personnes mal logées s’ajoutent les sans-abri, de plus en plus visibles dans les rues des villes. L’amélioration du sort des mal-logés et des sans-abri figure cependant en bonne place sur l’agenda politique actuel.
Source : Ouvrage France 2008