Editorial
A-t-on jamais songé à ce que serait devenue l’aventure humaine sans eux ? Le dessin des paysages et des peuplements, le développement de l’agriculture et du commerce, les frontières des Etats et des nations, la diffusion des idées et des grandes religions auraient été sans aucun doute différents de ceux que nous connaissons aujourd’hui. Sans même parler de ce que nos rêves de grandeur, de conquête ou d’évasion, notre expérience du beau et de la liberté, notre sens de l’honneur et du dépassement de soi, leur doivent d’irremplaçable.
Les chevaux peuplent nos mythologies et nos légendes, de la Grèce antique à la Chine actuelle qui célèbre en 2002 l’année du Cheval, symbole de la libération de toutes les énergies. Ils continuent d’incarner l’alliance détonnante de la puissance et de la grâce, de la vitesse et de l’endurance, du dévouement et de l’indépendance. Ils n’ont cessé de fasciner les hommes et d’inspirer les artistes : les peintures rupestres des grottes de Lascaux, en France, les tableaux vibrants du peintre Géricault ou les sculptures vivantes de la frise du Parthénon d’Athènes, de Phidias, en portent témoignage.
Dans l’imaginaire romanesque ou populaire, enfin, peut-on imaginer ce que serait la figure du justicier sans son fier et complice destrier ? Zorro à pied et d’Artagnan à dos d’âne ?
Intervenue trois mille cinq cents ans avant l’ère chrétienne, soit trois millénaires après celle des espèces bovine, porcine et ovine, la domestication des équidés (âne et cheval) a pu être considérée par certains comme une conquête aussi importante pour le développement de la civilisation que celle du feu. Rares, en effet, sont les sociétés humaines où ils n’ont pas joué un rôle historique, économique ou culturel privilégié, jusqu’à occuper, encore de nos jours, une place centrale dans bon nombre de pays.
Cheval de guerre, de chasse ou de course, de trait ou de transport, de loisir ou de spectacle, le cheval accompagne l’homme dans ses principales activités de travail, de jeu ou de création, dans la vie quotidienne ou les circonstances les plus exceptionnelles.
En Occident, où la civilisation du cheval s’est éteinte il y a maintenant un siècle, dans une société urbanisée et postindustrielle comme la France, quelle place tiennent aujourd’hui les chevaux ? A travers la pérennité et la richesse de la tradition équestre, avec le rôle d’institutions comme les Haras nationaux ou l’école de Saumur, la vitalité de la création artistique, l’apparition de nouveaux usages sociaux du cheval, au service de la santé, de la sécurité ou de la médiation, les performances de ses équipes olympiques et la démocratisation de la pratique équestre, Label France vous propose de découvrir les nombreux visages de la France à cheval. Tous en selle !
La rédaction



