Le pouvoir des livres, entretien avec Daniel Pennac

Label France : Comment vous définiriez-vous ?
Daniel Pennac : Si en m’interrogeant vous imaginez interroger un intellectuel, vous vous trompez, je suis romancier. C’est-à-dire presque le contraire d’un intellectuel. La première obligation du romancier est, en effet, de poser ses valises conceptuelles et de faire en sorte que toute idée soit incarnée. Si vous pouvez résumer un roman par l’idée qui l’a fait naître, il est raté en tant que roman. C’est un essai dissimulé en roman, ce qui est une spécialité française. Céline, qui n’était pas à une provocation près, a tout de même dit quelque chose de très juste : « En matière de roman, il n’y a rien de plus vulgaire qu’une idée. » Je me définirais donc comme un raconteur d’histoires métaphorant.
LF : Comment voyez-vous l’avenir ?
Lorsque Benjamin Malaussène déclare à sa Julie : « Julie, je t’aimerai toujours


