Les rôles respectifs du président de la République et du Premier ministre se construisent donc dans les toutes premières années de la Ve République, notamment à la faveur de l’état de sidération dans lequel se trouve plongé l’ensemble du monde politique, au moins jusqu’à la signature au printemps 1962 des accords d’Évian qui établissent l’indépendance de l’Algérie. De Gaulle, ensuite, profitant de l’émotion provoquée par l’attentat du Petit-Clamart, organise un référendum, en usant d’une procédure contestable, pour modifier la constitution et faire élire, à l’avenir, le président au suffrage universel direct. Quelques semaines plus tard, après que l’Assemblée eut renversé le gouvernement Pompidou en signe d’hostilité à la réforme, il la dissout et remporte les élections législatives. Le scrutin de l’automne 1962 marque ainsi la naissance du « fait majoritaire ». Disposant désormais d’une majorité à sa main, de Gaulle conserve Pompidou à Matignon. Dès lors, la prééminence du Président n’est plus contestée. La réélection du général de Gaulle en 1965 sonne comme un nouvel assentiment des Français au régime.

Suffrage universel©MAEE - F de La Mure
À vrai dire, aucun de ses successeurs ne remettra en cause cet héritage institutionnel, pas même François Mitterrand, qui dénonça pourtant en son temps, dans un pamphlet célèbre, « le coup d’État permanent » (1964) que représentait selon lui le régime gaulliste. Jusqu’en 1986, tous mettent à profit leur élection au suffrage universel direct et la majorité parlementaire que leur offrent systématiquement les Français à l’occasion des élections législatives pour gouverner depuis l’Élysée. La politique étrangère et la défense font partie du « domaine réservé » du Président, selon l’expression forgée par Jaques Chaban-Delmas dès 1959. Le Premier ministre, qu’il choisit, doit se contenter de gérer « l’intendance » (Charles de Gaulle).
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Voter en France
Les principaux partis politiques français
Source : Ouvrage France 2008