Éducation

Une institution en mouvement

À la fin du XIXe siècle, l’école primaire pour tous se distinguait nettement d’un enseignement secondaire réservé aux couches aisées. L’allongement progressif de la scolarité obligatoire (de 6 à 13 ans en 1882, à 14 ans en 1936 et à 16 ans en 1959) a introduit une continuité entre les deux premiers niveaux d’enseignement : l’école primaire et le collège, qui s’ouvre à tous en 1975. Cette ouverture démocratique est, naturellement, allée de pair avec un accroissement de l’hétérogénéité sociale des élèves accueillis au collège.

Ensuite, la plupart des élèves entrent au lycée. C’est ici que l’écart entre réussite et échec scolaires se creuse, ici que se concentrent les problèmes majeurs d’orientation : les différentes filières, qui conduisent aux différents baccalauréats, ne sont pas considérées en France de même dignité ; les passages de l’une à l’autre sont rares et elles ont tendance à reproduire les hiérarchies sociales.

Si les établissements scolaires des zones d’éducation prioritaire créées en 1981 sont dotés par l’État de moyens particuliers, si une attention plus grande est désormais portée aux parcours individuels, cela ne suffit pas à contrarier les effets des ségrégations sociales et géographiques. Il reste donc beaucoup à faire pour assurer, par l’école, le principe républicain d’égalité.

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Le lycée du Futuroscope à proximité de Poitiers (Vienne) © Didier Le Scour / La Documentation française

Sur un autre point, la manière d’administrer le monde scolaire, les choses évoluent plus rapidement : de nationale - mêmes programmes, mêmes examens et concours pour les élèves, mêmes statuts pour les enseignants - , la gestion administrative et financière glisse vers le local. Les responsables locaux de l’État que sont les chefs d’établissement et les cadres académiques (recteurs et inspecteurs d’académie) n’en sont plus seulement des échelons d’exécution. Ils ont aujourd’hui plus d’autonomie pour piloter des projets. Ils sont responsables de leurs choix budgétaires (mais responsables devant l’État des résultats qu’ils obtiennent). Depuis les lois de décentralisation de 1983, et à la satisfaction de tous, les collèges sont rattachés aux départements et les lycées aux régions ; en 2004, une nouvelle phase de décentralisation leur a donné la pleine propriété des locaux et transféré la gestion des personnels techniciens, ouvriers et de service. Les régions ont la responsabilité de la formation professionnelle continue. Aujourd’hui, les collectivités territoriales assurent 21 % de la dépense d’éducation. Dans le même souci de proximité, les parents d’élèves sont représentés dans les différentes instances consultatives à tous les niveaux, établissement, département, académie [1].

Le premier poste du budget de l’État

La France dépense plus que la moyenne des pays de l’OCDE pour son école : en 2005, la dépense intérieure d’éducation a correspondu à 6,9 % de la richesse nationale ; elle a été multipliée par deux depuis 1981 en raison de l’amélioration de l’encadrement dans le premier degré, du poids et du coût croissants des enseignements du second degré et de la revalorisation du statut des enseignants. C’est l’État qui prend en charge la part la plus importante du budget, à hauteur de 63 %.

La France participe aux évaluations internationales des acquis des élèves, notamment le programme international de suivi des acquis des élèves de quinze ans de l’OCDE en compréhension de l’écrit, culture mathématique et culture scientifique (PISA). Selon la dernière enquête PISA, par niveau d’enseignement, elle se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines.


Source : Ouvrage France 2008

[1] L’académie est l’échelon administratif de base de l’Éducation nationale. C’est sur elle que repose la mise en œuvre de la politique éducative du gouvernement. La France est découpée en trente académies. Chacune est dirigée par un recteur, désigné par le président de la République et choisi traditionnellement parmi les professeurs d’université.

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