Le système éducatif français a été qualifié en 2003 par le Haut Conseil de l’évaluation de l’école de « performant et robuste ». Un nombre croissant d’élèves a été accueilli dans les collèges et les lycées depuis trois décennies et, si l’objectif d’amener 80 % d’une génération en classe terminale n’a pas été atteint, la proportion de ceux qui accèdent au niveau du baccalauréat a tout de même doublé en vingt-cinq ans. 62 % des jeunes obtiennent ce diplôme et environ la moitié d’une classe d’âge accède à l’enseignement supérieur. Des progrès importants ont donc été effectivement accomplis.

Un classe au lycée de Versailles ©
Samuel Bollendorff / L’oeil public / La Documentation française
Mais depuis une dizaine d’années, comme la plupart des systèmes éducatifs comparables, le système français éprouve des difficultés à améliorer ses résultats. En particulier, il ne parvient pas suffisamment à prévenir et à traiter les difficultés scolaires précoces qui touchent essentiellement les élèves issus des milieux défavorisés et engendrent encore trop de sorties de l’école sans qualification. Le taux d’accès d’une génération au niveau du baccalauréat stagne depuis 1995 et l’on assiste, depuis le début des années 2000, à une stabilisation, voire à une légère baisse de la scolarisation dans l’enseignement supérieur. Enfin, les questions de vie scolaire - absentéisme, incivilités et violences - mobilisent beaucoup certains établissements.
Les politiques scolaires visent toutes à mieux aider les élèves en difficulté, afin de réduire de façon significative les sorties sans qualification et de parvenir à l’obtention du baccalauréat par l’essentiel d’une génération. C’est à ces conditions que seront atteints les objectifs fixés en 2000 par les États européens à Lisbonne d’amener au moins 50 % d’une génération à un diplôme de l’enseignement supérieur.
La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école de 2005 va dans ce sens. Son objectif est, notamment, de garantir à tous les élèves l’acquisition d’un socle commun de connaissances et de compétences. Il est mis en place des dispositifs permettant de détecter, dès les premières années d’enseignement, les difficultés rencontrées par certains élèves. Des programmes personnalisés de réussite éducative sont instaurés à l’école et au collège et un accompagnement éducatif gratuit sera proposé, à terme, à tous les élèves après la classe. De même, la relance récente de l’éducation prioritaire autour des réseaux « ambition réussite » permet de concentrer les efforts sur les endroits qui connaissent le plus de difficultés.
Il s’agit aussi de faire en sorte que tous les jeunes puissent construire progressivement un projet personnel de formation et d’orientation pour préparer une entrée réussie dans la vie active. C’est dans ce cadre que le développement de l’autonomie des établissements scolaires prend toute son importance.
Source : Ouvrage France 2008