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Vie économique

Laurence Parisot, la patronne des patrons (n°61 - 2006)


La nomination, en juillet 2005, d’une femme, Laurence Parisot, à la tête du Medef, le Mouvement des entreprises de France, première organisation patronale du pays, a constitué une petite révolution.

Polyvalence et pragmatisme

Cette élection est le " symbole d’une modernité et d’une audace qu’on n’attendait pas forcément du patronat français ", a déclaré son prédécesseur, Ernest-Antoine Seillière. Et par son style déjà, Laurence Parisot affiche sa différence : tee-shirt et pantalon, cheveux courts, pas de maquillage, on est loin du " complet-cravate-cigare " du patron. Mais c’est surtout par son discours qu’elle innove. " Je me définis comme une libérale ", ose-t-elle affirmer, quand " en France ce mot est devenu un gros mot ", comme le chuchote un patron.
Mais Laurence Parisot veut " prouver que libéral ne veut pas dire antisocial " et, pour cela, " expliquer l’économie aux Français ". Son credo : " Quand l’entreprise gagne, tout le monde gagne. " Elle réclame plus de flexibilité du marché du travail et un allégement de la fiscalité. " La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? ", se risque-t-elle à demander. Ses recettes ? " Ce qui est bien, c’est ce qui marche. "


Illust:

Laurence Parisot (...), 9.2 ko, 165x136

Laurence Parisot en
discussion avec l’un de ses
principaux interlocuteurs
syndicaux, François Chérèque,
secrétaire général de
la CFDT.


Polyvalence et pragmatisme

La polyvalence est son principal atout : industries et tertiaire, province et Paris, intello et terre à terre, héritière et battante. Laurence Parisot, qui a grandi dans l’est de la France, est diplômée de droit et de Sciences-Po Paris. Optimum, l’entreprise qu’elle dirige - numéro un des portes de placard en France -, est un héritage de son grand-père. Et les instituts de sondage où elle a fait carrière - Louis Harris et l’ifop, dont elle est le P-DG depuis l’année 2000 - lui ont appris à analyser la réalité.
Les dossiers qui l’attendent sont chauds : le Medef, qui regroupe 750 000 entrepreneurs, doit compter avec les syndicats de travailleurs sur les sujets de la réforme du Code du travail, de l’assurance chômage, de la retraite, du pouvoir d’achat, etc. Mais Laurence Parisot a choisi la conciliation : deux mois après sa nomination, elle a entamé des rencontres avec les dirigeants syndicaux, leur proposant " d’établir ensemble un diagnostic de la situation ".
Pédagogie, dialogue, pragmatisme : Laurence Parisot semble avoir choisi ces vertus " féminines " pour contribuer à relancer l’économie française. Ah, et puis : elle a fait mettre des fleurs à l’entrée du siège du Medef...

- Pour en savoir plus : www.medef.fr

Nadia Khouri-Dagher
journaliste

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