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Culture

Anselm Kiefer, du désastre à la célébration de la création (n°69 - 2007)


En 2007, le musée du Grand Palais, à Paris, a lancé " Monumenta ", une exposition qui accueille sous son immense verrière des œuvres de très grande dimension. L’artiste invité pour la première édition, l’Allemand Anselm Kiefer, est coutumier des grands formats. Dans la nef datant de 1900, il a exprimé son génie de l’espace avec des édifices de béton en ruine, grandioses et émouvants, et des " maisons " aux murs gris ondulés abritant ses peintures - au milieu desquelles la chorégraphe américaine Carolyn Carlson a dansé, un soir.

Né en 1945 dans le Bade-Wurtemberg, en Allemagne, Anselm Kiefer, formé notamment auprès de Joseph Beuys [1], est un grand nom de l’art contemporain de ce pays. Il est parti d’une interrogation sur l’art après l’Holocauste : " J’ai plongé dans l’Histoire et puisé dans les mythes pour exprimer mon émotion ", dit-il, explorant aussi les textes sacrés (Kabbale, Ancien Testament). Pétri de culture, grand voyageur, il mêle peinture, photographie, poésie, livres et sculptures dans une production prolifique, parfois proche du land art [2].

Depuis son installation à Barjac, dans le Gard (sud de la France), en 1994, son œuvre explore le cosmos et la nature. " J’aime beaucoup les fleurs, confie-t-il. J’en cultive énormément car elles sont pour moi le symbole même de la transformation, passant de la graine à l’éclosion puis à la mort. "


Monica Valby
Journaliste

 
 
 

[1] Artiste allemand majeur (1921-1986).

[2] Forme d’art apparue dans les années 60, dont les œuvres réalisées en plein air avec des matériaux naturels sont accessibles au regard de tous et soumises à l’érosion.

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