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La présence française à l’étranger

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Brève

Conférence ministérielle sur les communautés nationales établies à l’étranger (Paris, 17 juin 2013)

À l’initiative de la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Hélène Conway-Mouret, une conférence ministérielle sur les communautés nationales établies à l’étranger s’est tenue le 17 juin 2013 à Paris, au Centre de conférence ministériel du ministère des affaires étrangères, au 27 rue de la Convention.

Statistiques sur les Français résidant a l’étranger au 31 décembre 2012

Doc:Répartition par pays de la population française inscrite au registre au 31/12/2012 , 49.1 ko, 0x0Répartition par pays de la population française inscrite au registre au 31/12/2012 - (PDF, 49.1 ko)

Au 31 décembre 2012, 1 611 054 de nos compatriotes étaient inscrits au registre mondial des Français établis hors de France, soit une hausse de 1,1% par rapport à l’année précédente. Cette augmentation, bien inférieure à celle observée en 2011 (le nombre d’inscrits au registre avait alors progressé de 6%), est également inférieure à la tendance moyenne d’accroissement de la communauté française à l’étranger, à savoir une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 4% (croissance annuelle moyenne mesurée sur les cinq dernières années). La perspective des élections présidentielles et législatives de 2012 qui a vraisemblablement incité les Français à s’inscrire massivement, explique la forte croissance constatée en 2011 et l’atténuation de cette progression en 2012, du fait notamment de la hausse du nombre de radiations.

Évolution de la population française inscrite par région géographique

Le volume de la population française établie à l’étranger s’est accru en 2012 de près de 17000 inscrits au registre. Cette augmentation n’est cependant pas uniforme selon les régions géographiques. En comparant l’évolution par région géographique à l’évolution mondiale constatée en 2012, il convient de distinguer les 3 profils suivants :

- Les régions [1] où le nombre d’inscrits au registre progresse dans des proportions proches de celle constatée au niveau mondial, soit +1% en 2012. C’est le cas de la majorité des régions : Europe occidentale, Europe de l’Est, Amérique centrale et du Sud et Amérique du Nord, Afrique francophone et non francophone.

Le nombre d’inscrits en Europe occidentale augmente cette année de 1,1% (soit près de 8500 inscrits supplémentaires).

En volume, les plus fortes hausses sont observées :

  • en Suisse, où le nombre d’inscrits au registre s’accroît de 3 119 pour s’établir à 158 862 inscrits, soit une augmentation de 2% en 2012. La Suisse reste, comme en 2011, le premier pays en nombre de Français inscrits sur le registre ;
  • au Royaume-Uni, l’accroissement du nombre d’inscrits au registre est de 2,2%. Le nombre d’inscrits passe ainsi de 123 306 au 31 décembre 2011 à 126049 un an plus tard.
  • en Belgique, le nombre de personnes inscrites au registre augmente de 3,8%, soit un accroissement de 4 137 inscrits.

Avec des taux de croissance supérieurs à 5%, la Turquie, Malte, la Suède et le Luxembourg, connaissent les taux de croissance les plus importants de cette zone (respectivement 11,1%, 9,1%, 7,4% et 5,7%).

En Autriche, le nombre de Français inscrits au registre augmente de 3,3% (+267 inscrits). En Islande et à Chypre, il augmente de plus de 2% en 2012. Les communautés françaises établies en Espagne et en Irlande augmentent de 1,1%. La communauté française inscrite au registre augmente légèrement au Portugal et au Danemark (+0,9%).

Le nombre d’inscrits au registre en Allemagne et aux Pays-Bas diminue de plus de 3% pour s’établir à 110 881 et 23 149. Il diminue également en Italie et en Grèce (- 2,8%).

La population inscrite au registre en Europe de l’Est augmente de 0,5% en 2012 (+ 5,1% en 2011) et s’établit à 29 988 inscrits. En Pologne et en Russie, premiers pays de cette zone en nombre d’inscrits, le nombre de Français inscrits au registre croît respectivement de 2,1% et 0,2% en 2012.

L’Amérique du Nord compte 203 818 ressortissants français inscrits au registre dont environ 125 200 aux États-Unis (3ème pays d’accueil des Français résidant à l’étranger) et plus de 78 600 au Canada (7ème pays). En 2012, le nombre de Français inscrits au registre diminue de près de 1% au Canada et le nombre d’inscrits aux Etats-Unis augmente de 2%. Sur la zone géographique, alors que le nombre de Français inscrits au registre augmentait de 8,3% en 2011, sa croissance n’est plus de 0,9% en 2012.

L’Amérique centrale et du Sud enregistre dans son ensemble 300 inscriptions supplémentaires en 2012, soit une hausse de 0,3% (4,8% en 2011), pour une communauté de 97 425 Français inscrits. Les évolutions au sein de cette zone sont très contrastées : le Pérou enregistre une hausse de 12% de la communauté française inscrite au registre, alors que la Jamaïque connaît une baisse de près de 20% de la communauté française. Le Brésil, premier pays de cette zone en nombre d’inscrits, connaît une diminution du nombre de Français inscrits au registre de 0,5% : le nombre d’inscrits passe de 19 858 en 2011 à 19754 en 2012.

Le rythme de croissance de la communauté française inscrite au registre en Afrique francophone ralentit en 2012 (+ 0,4%) après une croissance de 3,9% en 2011. En Guinée, la communauté française s’accroît de 9,5%, en Côte d’Ivoire, de 4,2%, alors qu’à Madagascar, elle diminue de 5,3%. A Madagascar, 81% de la communauté est inscrite à Tananarive. Madagascar, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Gabon, qui regroupent 53% des Français inscrits dans cette zone, enregistrent un taux de croissance annuel moyen de 0,4% en 2012. Aux Comores, le nombre d’inscrits au registre croît de 8,4%.

L’Afrique non francophone, qui constitue la plus petite zone géographique du réseau avec 1,2% des Français inscrits dans le monde, connaît une augmentation du nombre d’inscrits au registre de 0,9% en 2012 (+ 6,6% en 2011). L’évolution des communautés des pays qui composent cette zone est hétérogène. Parmi les pays où l’on compte le plus grand nombre de Français, la communauté croît de 1,4% en Afrique du Sud tout comme au Nigéria et reste stable en Angola. L’augmentation du nombre de Français inscrits au registre au Kenya est importante (+ 5,4% en 2012).

- Les régions dans lesquelles la population expatriée connaît une expansion plus importante que celle constatée au niveau mondial en 2012  : l’Asie-Océanie et l’Afrique du Nord enregistrent des taux de croissance d’environ 3%.

L’Afrique du Nord se caractérise en 2012 par une croissance de 3,5% de la taille de la communauté française, avec ses 98 090 inscrits au registre (94 789 en 2011). Tandis que le Maroc et la Tunisie connaissent un accroissement du nombre d’inscrits de 3% (avec des communautés françaises de respectivement 45 269 et 22 221 inscrits), l’Algérie enregistre une augmentation du nombre de Français inscrits de 5.3%. En Libye, le nombre de Français inscrits au registre baisse de 37% (407 inscrits en 2011 et 256 en 2012).

La région Asie-Océanie a compté cette année plus de 3 200 inscrits supplémentaires (+ 2,8%) ; elle dépasse aujourd’hui les 120000 inscrits au registre. Dans cette région, quatre pays (Birmanie, Brunei, Fidji, Mongolie) ont des taux de croissance supérieurs ou proche de 10%. Ainsi, en Indonésie, le nombre de Français inscrits au registre croît de 9,6%, pour atteindre 3906 inscrits en 2012. La Chine, premier pays de la zone Asie-Océanie en nombre d’inscrits, a un taux d’accroissement du nombre d’inscrits au registre de 1,6% en 2012 (11,4% en 2011). L’Australie, avec un taux de croissance de 4,3%, compte 19104 inscrits au registre en 2012 (18323 en 2011).

- La région Proche et Moyen-Orient connaît une diminution de près de 1% du nombre de Français inscrits au registre

La région du Proche et du Moyen Orient connaît une diminution du nombre de Français inscrits au registre de 0,9% en 2012. L’évolution du nombre de Français inscrits au registre dans les différents pays de cette zone est assez hétérogène. La Syrie, le Yémen, l’Iran et Israël connaissent une baisse importante du nombre d’inscrits au registre en 2012 (-28,8%, -10,4%, - 7,5 et -6,7%). Israël reste cependant le plus grand pays en termes d’inscrits au registre de cette zone (40% de la population de la zone avec 54 886 inscrits). Parmi les plus forts accroissements, les Emirats Arabes Unis, Jérusalem et l’Irak ont des taux d’accroissement supérieurs à 8% en 2012 (8,2%, 10,9% et 46,8%). Le fort taux d’accroissement constaté en Irak s’explique notamment par la forte progression du nombre de Français inscrits à Erbil, qui passe de 48 en 2010 à 100 en 2011 et 178 en 2012.

Structure de la population française inscrite

Comme l’an passé, la progression des double-nationaux français (+ 0,3%) est moins importante que celle des expatriés inscrits au registre pris dans leur ensemble(+ 1,1%). Par conséquent, la part des double-nationaux (42,2%) tend à diminuer légèrement en 2012 parmi les Français de l’étranger inscrits au registre. Sur les 5 dernières années, cette proportion reste cependant stable.

La proportion de double-nationaux varie fortement d’une région à l’autre. Moins d’un Français sur quatre établi en Asie-Océanie possède une autre nationalité, alors qu’ils sont près des trois quarts dans cette situation au Proche et Moyen-Orient. En Europe occidentale, un expatrié sur trois détient plusieurs nationalités, un chiffre qui s’élève à près d’un sur deux en Amérique du Nord.

Les caractéristiques socio-démographiques de la communauté française établie à l’étranger sont stables par rapport à l’année précédente. Les moins de 18 ans représentent 26% des inscrits, les personnes âgées de 18 à 60 ans, 60%, et les plus de 60 ans représentent 14% des Français inscrits au registre.

Quelques éléments d’interprétation de ces données

Les commentaires présentés chaque année dans le rapport du Directeur des Français à l’étranger et de l’administration consulaire à l’Assemblée des Français de l’Étranger restent d’actualité. A travers un répertoire administratif, on cherche à observer une réalité socio-démographique, à savoir l’évolution et la structure de la population française établie hors de France. D’une façon générale, chaque fois que les évolutions mesurées dépassent un certain seuil, il est statistiquement certain que le phénomène n’est pas seulement de nature socio-démographique, mais lié en partie à des modifications du dispositif d’inscription ou à des facteurs extérieurs. Ainsi, la rupture de tendance observée en 2011 (+ 6% d’inscrits au registre) s’explique par la perspective, à l’époque, des élections présidentielles et législatives qui ont vraisemblablement incité les Français à s’inscrire massivement. Ceci explique en partie la forte augmentation du nombre d’inscriptions constatée en 2011 et par conséquent le recul de ce nombre en 2012, conjugué à une hausse du nombre de radiations. D’une façon générale, l’origine de cette statistique étant la procédure d’inscription, les variations annuelles ne peuvent être uniquement interprétées comme telles : il faut les replacer dans la tendance observée lors des évolutions antérieures.

En conclusion, il apparaît que la communauté française établie hors de France a augmenté fortement pendant la dernière décennie, la population inscrite au registre s’étant accrue de 60% depuis 2000, soit un taux de croissance moyen annuel de 4% par an, accompagné de "pics" occasionnels comme 2006 [2] ou 2011.

Les variations de populations sont différentes d’une région à l’autre. Certains pays ou zones connaissent une expansion plus importante de leur communauté (c’est le cas de l’Asie-Océanie et l’Afrique du Nord). Cependant il est important de rappeler – comme le montre le graphique ci-dessous - que la moitié des Français inscrits au Registre reste établie en Europe, près de 19% en Amérique et 15% en Afrique. A l’heure actuelle l’Asie-Océanie représente 7,5% de la population du registre, soit un peu moins de ce que compte le Proche et Moyen Orient (près de 9%).

Enfin, il convient de rappeler que l’inscription au registre mondial constitue une démarche vivement conseillée, mais non obligatoire. De ce fait, et particulièrement en Europe et en Amérique du Nord, un certain nombre de nos compatriotes expatriés ne se font pas connaître des services consulaires.

Mise à jour : janvier 2013

[1] Afrique du Nord : Algérie, Libye, Maroc, Tunisie

Afrique francophone : Bénin, Burkina, Burundi, Cameroun, Rép. Centrafrique, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Maurice, Mauritanie, Rép. Démo. du Congo, Rwanda, Sénégal, Tchad, Togo

Afrique non francophone : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Cap-Vert, Ethiopie, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée Equatoriale, Kenya, Mozambique, Namibie, Nigeria, Ouganda, Seychelles, Soudan, Soudan du Sud,Tanzanie, Zambie, Zimbabwe

Amérique centrale et du Sud : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Cuba, Rép. Dominicaine, Equateur, Guatemala, Haïti, Honduras, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, Sainte-Lucie, Salvador, Suriname, Trinité et Tobago, Uruguay, Venezuela

Amérique du Nord : Canada, Etats-Unis

Asie – Océanie : Afghanistan, Australie, Bangladesh, Birmanie, Brunei, Cambodge, Chine, Corée du Sud, Fidji, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Mongolie, Népal, Nouvelle-Zélande, Pakistan, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, Singapour, Sri Lanka, Taïwan, Thaïlande, Vanuatu, Vietnam

Europe de l’Est : Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Estonie, Géorgie, Hongrie, Kazakhstan, Kosovo, Lettonie, Lituanie, Macédoine, Moldavie, Monténégro, Ouzbékistan, Pologne, Roumanie, Russie, Slovaquie, Slovénie, Rép. Tchèque, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine, Yougoslavie

Europe occidentale : Allemagne, Andorre, Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Luxembourg, Malte, Monaco, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Saint-Siège, Suède, Suisse, Turquie

Proche et Moyen-Orient : Arabie Saoudite, Bahreïn, Egypte, Emirats Arabes Unis, Iran, Iraq, Israël, Jérusalem, Jordanie, Koweït, Liban, Oman, Qatar, Syrie, Yémen

[2] La rupture de tendance observée en 2006 (+ 8,3% d’inscrits au registre) s’explique notamment par la perspective des élections présidentielles qui, comme en 2011, a vraisemblablement incité les Français à s’inscrire massivement.

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