Union européenne et monde

UE et Etats-Unis d’Amérique

La relation entre l’Union européenne et les Etats-Unis d’Amérique : un partenariat stratégique

Les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne sont chacun le premier partenaire commercial de l’autre. Sur le plan politique, forts d’un héritage commun, l’Union européenne et les États-Unis ont tout à gagner d’un partenariat global afin de faire avancer la stabilité dans le monde.

La relation entre l’Union européenne et les États-Unis s’appuie sur une structure bien établie depuis la mise en place du nouvel agenda transatlantique de 1995, qui prévoit un dialogue politique dense : un sommet par an, où l’Union est représentée en format troïka, des réunions ministérielles bisannuelles, des rencontres fréquentes au niveau des directeurs politiques et des hauts fonctionnaires, etc.

Le dernier sommet Union européenne - États-Unis a eu lieu à Vienne en juin 2006 et a permis notamment à l’Union d’aborder avec le président Bush le sujet sensible des prisonniers de Guantanamo et l’importance du respect des droits de l’homme dans la lutte contre le terrorisme.

Au-delà de ce dialogue institutionnalisé, l’Union européenne et les États-Unis discutent et se coordonnent en permanence sur les grandes problématiques mondiales.

Ainsi, sur l’Iran, les UE3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) et le secrétaire général du Conseil et haut représentant pour la PESC, M. Javier Solana, agissent en coordination étroite avec les États-Unis notamment.

En ce qui concerne le processus de paix au Proche-Orient, l’Union européenne et les États-Unis sont tous deux membres du quartet. Dans les Balkans, les deux partenaires mènent depuis une décennie une action complémentaire et oeuvrent ensemble à la stabilisation de la région. L’Union européenne et les États-Unis ont tous deux vigoureusement réagi aux fraudes constatées lors de la dernière élection présidentielle en Biélorussie et se coordonnent pour mettre en oeuvre des sanctions à l’encontre de son régime. Cet exemple illustre la coopération fructueuse et permanente entre les deux rives de l’Atlantique.

Un enjeu essentiel pour la diplomatie européenne est de trouver avec les Etats-Unis des modalités de coopération sans renoncer à faire entendre sa voix particulière lorsque ses convictions et ses valeurs le justifient.

La relation Etats-Unis - Union européenne : des intérêts communs

L’Union européenne et les Etats-Unis partagent un certain nombre d’intérêts et de valeurs communs, notamment la promotion de la paix et de la stabilité à l’échelle mondiale, la consolidation des conditions assurant à tous les pays un développement économique harmonieux, la promotion de systèmes commerciaux, financiers et monétaires stables ainsi que l’insertion économique et commerciale des pays en développement.

Les deux partenaires promeuvent la démocratie, l’importance du respect des droits de l’homme, l’économie de marché et sont liés par des problèmes communs de sécurité : terrorisme, prolifération nucléaire, crime organisé, trafic de drogues, etc.

Les contentieux commerciaux qui ont pu survenir au cours des dernières années n’ont pas remis en cause la vitalité de la relation économique et commerciale qu’entretiennent les deux premières puissances commerciales du monde. En effet, l’Europe et les États-Unis sont liés par la plus importante relation bilatérale au monde en matière de commerce et d’investissement, à tel point que les spécialistes parlent désormais d’« économie transatlantique ». L’économie transatlantique est à l’origine d’environ 14 millions d’emplois des deux côtés de l’Atlantique. L’UE et les États-Unis produisent ensemble 57 % du PNB (produit national brut) mondial et sont donc considérés comme la locomotive de l’économie mondiale avec 24 % des exportations mondiales, 31 % des importations mondiales et 62 % du stock des investissements directs.

Cette relation commerciale est très dynamique : les échanges de marchandises ont crû de 12,5 % en 2004 et de 8,9 % en 2005. L’Union européenne est la terre d’accueil privilégiée pour les investissements directs américains et aussi le premier investisseur aux Etats Unis. Le montant total des investissements des deux parties s’élève à environ 1 500 milliards d’euros. Un chiffre résume parfaitement l’intensité de ces relations économiques : l’équivalent de 1,7 milliards d’euros est échangé de part et d’autre de l’Atlantique chaque jour.

Les éléments de la coopération transatlantique

En mai 1990, les ministres des Affaires étrangères des États-Unis et des douze pays membres de la Communauté européenne se rencontraient pour la première fois. La même année, le 22 novembre 1990, la Communauté européenne et ses États membres adoptaient la Déclaration transatlantique avec les États-Unis dans le but d’intensifier entre eux la collaboration et le dialogue. Elle instituait aussi l’architecture nécessaire au dialogue institutionnel transatlantique.

Le Nouvel agenda transatlantique

La Déclaration transatlantique est un document de référence. Sur le long terme, ce document succinct de trois pages a été étoffé. À l’occasion du Sommet UE - Etats-Unis du 3 décembre 1995 à Madrid, une Nouvelle déclaration transatlantique destiné à fournir un nouveau cadre au partenariat transatlantique a été adoptée par le président de la Commission européenne Jacques Santer, le Premier ministre espagnol Felipe González, alors président du Conseil, et le président américain Bill Clinton. La Nouvelle déclaration transatlantique doit permettre de passer d’une relation basée sur la consultation à un partenariat défini par des actions communes.

Pierre angulaire de cette déclaration, le Nouvel agenda transatlantique (NAT) articule dans le cadre d’un vaste plan d’action commun à l’UE et aux Etats-Unis pas moins de 150 actions concrètes portant sur la réalisation des objectifs communs.

Le NAT est destiné à fournir un cadre politique à la mise en place d’une nouvelle collaboration de qualité, plus pratique. L’Agenda envisageait quatre domaines de collaboration :
- la promotion de la paix et de la stabilité, de la démocratie et du développement dans le monde,
- la réponse aux défis mondiaux,
- la participation à l’extension du commerce mondial et à la consolidation des relations économiques,
- la construction de « ponts » transatlantiques (« Building Bridges »)

Le NAT et le plan d’action commun se sont avérés des bases solides permettant une intensification des relations UE - Etats-Unis. Dans le souci de promouvoir la construction de « ponts » transatlantiques, plusieurs forums de discussion ont été créés (le TABD, Dialogue transatlantique des entreprises, 1995 ; le TLD, Dialogue transatlantique des législateurs, 1995 ; le TACD, Dialogue transatlantique des consommateurs, 1998 ; le TAED, Dialogue transatlantique sur l’environnement, 1999-2001).

Le Partenariat économique transatlantique

Lors du sommet UE - Etats-Unis du 18 mai 1998, une nouvelle initiative a été lancée dans le domaine de l’économie : le Partenariat économique transatlantique. À partir du plan d’action transatlantique, les deux parties se sont attachées à intensifier la coopération bilatérale et multilatérale, ainsi que les mesures conjointes dans les domaines du commerce et des investissements. Le Partenariat économique transatlantique s’intéresse donc tout autant au développement du système commercial mondial qu’à l’intensification des relations économiques entre l’UE et les États-Unis.

Après une année 2003 marquée par la guerre en Irak et le refroidissement de la relation transtlantique, l’année 2005 a connu une relance de la coopération et du dialogue entre les Etats-Unis et l’Union européenne.

Lors de sa visite à Bruxelles, les 21 et 22 février 2005 - la première depuis sa réélection et la première visite d’un chef d’État américain au siège des institutions européennes -, le président américain George Bush a souligné qu’une Europe forte constituerait le meilleur des alliés pour les Etats-Unis : « Il est dans notre intérêt que l’Europe […] devienne un partenaire durable, viable et solide ».

Lors du sommet suivant, en juin 2005, le programme « d’initiative économique », destiné à favoriser une plus grande intégration économique entre les deux puissances, a été lancé. Cette initiative vise à intégrer et à ouvrir les marchés de capitaux, à stimuler l’innovation et le développement technologique dans tous les domaines, à coopérer pour le développement des énergies renouvelables, à assurer la protection des droits de propriété intellectuelle contre la piraterie et la contrefaçon, à faciliter les investissements transatlantiques, à renforcer la coopération dans le domaine des services et à lutter contre le blanchissement d’argent et le terrorisme grâce à la mise en place de forums multilatéraux.

Outre l’initiative économique, sept déclarations communes ont été adoptées lors du sommet du 20 juin 2005 : le renforcement de la coopération dans la non-prolifération des armes de destruction massive et la lutte contre le terrorisme, la promotion de la paix, de la stabilité, de la prospérité et de la bonne gouvernance en Afrique, la lutte contre la piraterie globale et la contrefaçon, la promotion de la démocratie et de la liberté, de l’État de droit et des droits de l’homme dans le monde entier, le soixantième anniversaire de la signature de la charte de San Francisco (Organisation des Nations unies), le Moyen-Orient, la non-prolifération des armes de destruction massive.

Le sommet de Vienne (21 juin 2006) : de nouvelles avancées

Le sommet, qui s’est tenu dans la capitale autrichienne, a confirmé la convergence des vues sur certaines questions et a également permis la concrétisation de projets, pas supplémentaires vers une coopération plus étroite entre les deux puissances mondiales.

1/ Le sommet a été l’occasion de réaffirmer la solidarité transatlantique sur de nombreux dossiers :
- Les grandes questions régionales. « Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme dans le monde » avec une attention particulière portée à l’Iran, au Proche et Moyen-Orient ;
- « Les défis globaux, incluant la sécurité » incluant la lutte contre la prolifération nucléaire, la lutte contre le financement du terrorisme et la prolifération ;
- l’économie et les échanges commerciaux : l’objectif était de progresser vers la conclusion du cycle de négociations engagées à Doha dans le cadre de l’OMC, de préserver des régimes d’investissement ouverts et d’adopter une stratégie visant à faire appliquer les droits de propriété intellectuelle dans les pays tiers. L’Union européenne a évoqué également la nécessité d’étendre à tous ses citoyens le bénéfice du programme américain d’exemption de visa ;
- la promotion de la prospérité, des opportunités et la sécurité énergétique : il s’agit de renforcer la coopération stratégique entre l’Union européenne et les États-unis dans ce domaine et de promouvoir l’instauration de bonnes pratiques sur les marchés de l’énergie. L’Union européenne a aussi cherché à promouvoir des manières plus efficaces de faire face au changement climatique.

2/ Le sommet a également permis la signature de plusieurs documents :
- Une stratégie d’action en faveur de la protection des droits de propriété intellectuelle a été annexée au rapport de progrès traitant des questions économiques.
- En marge du sommet, Mmes Ferrero-Waldner, Plassnik (pour l’Union européenne) et Rice (pour les Etats-Unis) ont signé un accord sur l’enseignement supérieur et la formation professionnelle, visant à promouvoir les échanges entre l’Union européenne et les États-Unis et à améliorer la qualité du développement des ressources humaines.

Le succès de la relation transatlantique, à moyen terme, passe par l’émergence d’un consensus autour de valeurs communes qu’Européens et Américains accepteraient de défendre ensemble. Il s’agit là d’une condition nécessaire au rapprochement des opinions publiques de part et d’autre de l’Atlantique. Ce socle de valeurs partagées inclut
- la promotion de la démocratie, des droits de l’homme ;
- la promotion du multilatéralisme efficace en faveur du développement et la régulation de la mondialisation ;
- la lutte contre les dangers communs (corruption, blanchiment et financement du terrorisme) ;
- la nécessaire préservation des libertés individuelles.

Cette recherche d’un socle commun doit aussi autoriser des différences d’approche et de fond qui reflètent des sensibilités sociales et sociétales différentes mais fondamentales. Ces sujets importants pour les Européens concernent notamment la promotion de la paix, l’abolition de la peine de mort, la lutte contre le réchauffement climatique, la défense du principe de précaution ou la diversité culturelle. Ils doivent à ce titre être pris en compte et respectés par notre partenaire américain.

Pour de plus amples informations :

- site de la direction générale des relations extérieures (disponible en anglais seulement)
- sur le sommet de Vienne (juin 2006)
- Enquête annuelle de la German Marshall Fund of the United States sur les relations transatlantiques (disponible en anglais)

Mise à jour : 26.10.06

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