Alain Joyandet plaide pour une nouvelle gouvernance mondiale, accordant davantage de place aux pays en développement (15 novembre 2008)
Mesdames, Messieurs, les Chefs d’état et de gouvernement, Mesdames, Messieurs, les Ministres, Mesdames, Messieurs, les députés européens et nationaux, Mesdames, Messieurs, les élus des collectivités territoriales, Monsieur le maire de Strasbourg, ville siège du Parlement Européen et des Droits de l’Homme,
Cher Bernard (Kouchner), cher Adrien (Zeller), cher Louis (Michel), Chers amis, de notre vivante et vibrante (heureusement !), société civile dans son sens le plus large, Chers amis de cette belle région de France qui peut être fière d’avoir la générosité au cœur de son action internationale, Chers amis africains,
Enfin chers amis de la coopération, puisque nous partageons tous ici cette même passion du développement,
Une passion mise à rude épreuve ces derniers mois par une longue suite de conflits et de crises, climatique, alimentaire, et aujourd’hui financière.
Le maire que je suis ne peut que se réjouir de la forte présence des collectivités locales et du potentiel énorme pour le développement qu’elles représentent. Je suis ravi que nous lancions demain la Charte d’appui à la gouvernance locale, qui est le fruit d’un travail de plusieurs mois entre tous les acteurs concernés.
2008 est vraiment l’année du développement. Ce dernier n’a jamais été aussi haut sur l’agenda politique. Et c’est une bonne chose.
Je sais que cette conviction nous rassemble tous. C’est pourquoi je suis très heureux d’ouvrir, un peu en famille, cette 3ème édition des Journées européennes du développement.
Nous avons beaucoup de chose à discuter mais aussi et surtout à préparer ensemble. Des défis nous attendent que nous ne pouvons que traiter ensemble.
Répondre à la crise alimentaire est le premier des Objectifs du Millénaire. Cette crise ne doit pas être oubliée. Même si les cours des produits agricoles connaissent des fluctuations, la tendance de long terme est là. Si nous n’agissons pas à temps, nous risquons d’assister dans les années qui viennent de nouveau à des émeutes de la faim.
L’Europe doit se mobiliser. L’Europe se mobilisera. Vous pouvez compter sur mon engagement total sur ce sujet. J’en ai fait le fil vert de la Présidence française de l’Union Européenne, s’agissant du développement. L’Union Européenne a déjà donné plus d’un milliard d’euros. J’ai bon espoir que le milliard d’euros supplémentaire attendu puisse être annoncé dans les prochains jours.
Mais au-delà de la mobilisation des financements, il est essentiel de concevoir de bons projets, de bons programmes, pour remettre l’agriculture au centre des politiques et des investissements. Il nous faut créer les conditions de la relance agricole pour les pays du Sud et les pays africains en particulier, une relance qui soit structurée, organisée, durable. Ce sera l’objet de la réunion que j’organiserai le 8 décembre à Paris.
La réponse à la crise financière est notre seconde urgence du moment. Je reviens d’une réunion à Tunis, qui a permis de mesurer l’ampleur des préoccupations des pays africains face à cette crise et la nécessité de les prendre en compte dans les discussions qui s’engagent au niveau international.
Aujourd’hui même se tient le Sommet du G 20 à Washington, à l’initiative du Président de la République française, Président de l’Union européenne, dans un format inédit au niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement.
J’ai pris l’initiative de réunir l’ensemble de mes collègues européens, et membres du G20 pour avoir un dialogue à ce sujet avec les Chefs d’Etats et de gouvernement et les ministres des pays partenaires présents à Strasbourg.
Il nous faut définir d’urgence les contours d’une nouvelle gouvernance mondiale, qui fasse plus de place aux pays en développement. L’Europe s’est engagée à donner sa place à l’Afrique dans toute refonte du système international.
C’est le message que l’Europe devra porter à Doha à la fin du mois, lors de la Conférence sur le financement du développement.
La communauté des bailleurs devra y réaffirmer sa détermination à tenir ses promesses en matière d’aide au développement. Je suis très heureux que l’Union Européenne ait réussi, il y a quelques jours, en pleine tourmente financière, à réaffirmer ses propres engagements d’APD.
Nous devrons aussi y traiter l’ensemble des facteurs de la crise, qui sont nombreux et intimement liés, et qui vont du commerce au changement climatique, en passant par la dette, les questions migratoires ou la fuite des capitaux.
Nous devons être imaginatifs et donner une vraie dimension de masse aux financements innovants.
L’aide au développement n’est qu’une partie du financement du développement. Elle doit jouer un rôle de catalyseur pour d’autres financements, notamment ceux en provenance du secteur privé, pour que s’allient toutes les forces afin de créer un vrai développement économique, social environnemental et durable.
C’est pourquoi je salue l’association forte pour la première fois du secteur privé aux journées europpennes du developpement. Je salue en particulier la tenue du premier salon de la micro-entreprises féminine pour la symbolique du rôle essentiel des femmes dans l’économie qu’il représente. Cette troisième édition est vraiment Davos qui rencontre Porto Allegre.
Enfin, le développement est surtout une culture, un engagement de l’un à l’autre.
Comme l’a dit Monseigneur Desmond Tutu dans cette enceinte même, c’est l’engagement de « quelqu’un d’oubountou » c’est-à-dire d’ouvert et de disponible pour les autres car il a conscience d’appartenir à quelque chose de plus grand.
Une question de culture par laquelle, comme l’a dit Jean Monnet, il faut sûrement commencer. Ces Journées constituent une formidable occasion de communiquer largement sur les enjeux du développement et de montrer une image positive des pays en développement.
C’est pourquoi, j’ai voulu que la présidence France de l’Union Européenne s’investisse pour compléter cette édition par un grand festival destiné au grand public et que nous avons appelé, par analogie avec Avignon, le festival off.
Je tiens beaucoup à ce volet culturel et de sensibilisation au développement qui accompagne les JED et qui proposera à tous, gratuitement, des concerts, des films, des expositions qui montreront la vitalité de la création africaine.
Je tiens également à remercier la municipalité de Strasbourg pour son appui. J’invite tous les participants des JED à se rendre nombreux à ces événements pour que notre rencontre soit aussi une fête populaire
Le programme de cette édition 2008 est particulièrement riche. Je salue toutes celles et tout ceux qui s’y sont impliqués. Ces journées seront européennes et empruntes de développement.
Je vous souhaite des travaux fructueux .


