
L’implication très forte des autorités françaises et de l’ambassade de France à Katmandou a récemment permis de débloquer les adoptions de quelque 80 enfants népalais restées en suspens depuis 2007.
Le très faible nombre d’enfants français adoptables (moins de 1.000 par an) fait peser une forte pression sur l’adoption internationale qui constitue 80 % du nombre total annuel d’adoptions (environ 4.000 pour 8.000 agréments dispensés chaque année par les Conseils généraux). Cette pression est d’autant plus forte que, dans le même temps, la marche vers la généralisation de la ratification de la convention de La Haye (aujourd’hui 75 pays) a rendu les procédures plus complexes pour les adoptants, et le nombre de pays candidats à l’adoption internationale s’est considérablement développé.
L’adoption internationale a fait l’objet d’une première réforme en 2005 avec la création d’un opérateur public, l’Agence Française de l’Adoption (AFA) chargé de l’accueil des familles adoptantes. Cette réforme n’a pas produit les résultats escomptés. Ce contexte nous place face à de nouveaux enjeux pour apporter aux familles françaises l’appui qu’elles attendent légitimement.
M. Bernard Kouchner en a pris très tôt la mesure et a chargé Mme Rama Yade de ce dossier. La rapidité d’évolution du contexte de l’adoption internationale, le professionnalisme avec lequel certains pays l’approchent désormais, ont au contraire eu comme conséquence une lourde baisse des adoptions internationales françaises (-20,6 % entre 2006 et 2007). Cette baisse s’inscrit dans une tendance quasi-généralisée mondialement, mais les mauvais résultats français ont mis en évidence l’inadaptation de notre dispositif aux nouvelles réalités de l’adoption internationale. Le Président de la République a confié à M. Jean-Marie Colombani une mission sur l’adoption. Dans le rapport remis en mars dernier, 10 des 30 propositions visent à mieux adapter le dispositif diplomatique à l’adoption internationale.
Jean-Paul Monchau, ambassadeur pour l’adoption internationale nommé le 27 juin 2008 par décret présidentiel en prendra la responsabilité. Parmi les chantiers qu’il devra ouvrir, on trouve l’élaboration d’une stratégie concertée pour l’adoption internationale applicable à compter de 2009 tout comme la création d’un « métier » adoption internationale au sein du réseau diplomatique.