La coopération entre les Nations Unies et les autres organisations internationales et régionales dans les domaines de la gestion des crises et de la sécurité
Le Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies encourage la coopération des organisations régionales avec les Nations Unies, dans le respect des buts et principes de la Charte, en particulier de la prééminence du Conseil de sécurité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales. Cette coopération s’est notamment développée avec l’Union européenne, qui entend jouer un rôle international à la mesure de son poids politique et économique et est davantage qu’une organisation régionale stricto sensu. Une coopération étroite se met également en place entre les Nations Unies et l’Union africaine dans la gestion des crises du continent africain.
La coopération entre les Nations Unies et l’Union européenne
La coopération entre les Nations Unies et l’Union européenne en matière de gestion des crises et de sécurité s’est fortement développée en quelques années avec le lancement d’une vingtaine d’opérations, militaires et civiles, de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’UE sur tous les continents. L’Union a toujours cherché à agir en coopération avec les Nations Unies (mandat du Conseil de sécurité ; soutien aux opérations de maintien de la paix (OMP) des Nations Unies). Cette coopération constitue un des principaux axes de développement de la PSDC.
La coopération entre les Nations Unies et l’UE en matière de gestion de crise, dont les principes, pour les Européens, avaient été fixés par le Conseil européen de Nice en 2000, a été formalisée dans des déclarations conjointes du 24 septembre 2003 et du 7 juin 2007.
Après les opérations Artemis en 2003 et EUFOR RDC en 2006, lancées à l’appel du Secrétaire général des Nations Unies et destinées à appuyer l’action de la Mission des Nations Unies en RDC (MONUC), l’Union européenne a déployé de mars 2008 à mars 2009, conformément à la résolution 1778 du Conseil de sécurité, l’opération EUFOR Tchad/RCA à l’est du Tchad et au nord-est de la RCA. Cette opération a contribué à la protection des civils en danger (réfugiés et déplacés), facilité l’action humanitaire et assuré la protection de la Mission des Nations Unies en RCA et au Tchad (MINURCAT). L’opération militaire européenne a été relevée par une composante militaire de la mission des Nations Unies (MINURCAT 2) en mars 2009.
Plusieurs missions de l’Union européenne et des Nations Unies sont par ailleurs déployées aujourd’hui sur les mêmes théâtres d’opération : en Afghanistan, l’opération EUPOL de réforme de la police et la MANUA (Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan) ; en RDC, les missions EUSEC RDC et EUPOL RDC de réforme des secteurs de sécurité et de la police et la MONUC ; en Guinée Bissao, la mission de soutien à la réforme du secteur de la sécurité (EU RSS) et le BINUGBIS (Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée Bissao) par exemple.
Conformément aux résolutions adoptées par le Conseil de sécurité, l’opération navale de l’UE Atalante assure aujourd’hui par ailleurs la protection des navires du Programme alimentaire mondial (PAM) acheminant de l’aide humanitaire en Somalie et contribue à la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes. Une nouvelle forme de coopération opérationnelle s’est ainsi mise en place entre les Nations Unies et l’Union européenne dans le domaine maritime.
Cette coopération croissante entre les Nations Unies et l’Union européenne est facilitée par la conception très proche qu’ont les deux organisations de l’action de la communauté internationale en matière de gestion des crises (en particulier, la nécessité de mobiliser l’ensemble des instruments disponibles, qu’ils soient politiques, civils ou militaires).
Cette coopération est une source de légitimité renforcée pour les deux organisations : les opérations de l’UE bénéficient de la légitimité politique conférée par les mandats donnés par le Conseil de sécurité des Nations Unies ; les Nations Unies bénéficient de la crédibilité et des moyens opérationnels apportés par l’UE pour conduire des opérations complexes sur des terrains difficiles. Les échanges entre les deux Secrétariats sont désormais quotidiens à New York comme à Bruxelles.
Au-delà de la coopération en matière de gestion des crises, le partenariat entre les Nations Unies et l’Union européenne est en train de se développer sur les questions de sécurité au sens large, en amont des crises (formation de personnels déployés dans les OMP des Nations Unies, renforcement des capacités africaines de gestion des crises) comme en aval (réforme des systèmes de sécurité (RSS) ; processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) ; appui à la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies par exemple).
Avec l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne le 1er décembre 2009, qui renforce la cohérence de ses interventions extérieures, l’Union européenne devrait être en mesure de développer davantage encore sa coopération avec les Nations Unies. Le Président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy, et le Haut Représentant pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, sont amenés à intervenir régulièrement à New York (Assemblée générale, Conseil de sécurité).
La coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine
L’Union africaine s’est également affirmée au cours des dernières années comme un partenaire majeur des Nations Unies sur le continent africain.
Le partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine se développe aujourd’hui dans le domaine de la paix et de la sécurité à deux niveaux :
au niveau politique, par un dialogue régulier entre le Conseil de sécurité des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) ;
au niveau opérationnel, par le déploiement d’opérations de maintien de la paix de l’Union africaine ou des organisations sous-régionales sous mandat des Nations Unies. Celles-ci ont parfois été relayées par une OMP des Nations Unies (Burundi, Côte d’Ivoire). Une mission conjointe dite hybride (MINUAD) est déployée depuis le 1er janvier 2008 au Darfour (Soudan).
Les Nations Unies, en coordination avec les autres partenaires internationaux (Union européenne notamment), s’emploient à aider la montée en puissance de l’Union africaine dans le domaine du maintien de la paix dans deux domaines notamment :
le déficit actuel de capacité de l’UA à conduire dans la durée des opérations lourdes et complexes. La solution passe par un renforcement des capacités africaines de maintien de la paix : gestion, planification et conduite des opérations ; renforcement de contingents africains de maintien de la paix répondant aux standards des Nations Unies ;
le financement des opérations de maintien de la paix africaines.
Les Nations Unies ont lancé une réflexion en juillet 2008 pour améliorer les modalités de financement des opérations africaines en dehors du budget des Nations Unies.
Mise à jour : juillet 2010
Liens utiles
- Liens utiles
-
Mission des fonctionnaires internationaux (MFI)
-
Mission permanente de la France auprès des Nations-Unies (New-York)
-
Mission permanente de la France auprès des Nations-Unies (Genève)
-
Mission permanente de la France auprès des Nations-Unies (Vienne)
-
Guide des Nations unies
-
La mission permanente de la France auprès des Nations unies sur Twitter
-
ONU
-
Charte des Nations unies
-
UNESCO
-
OIT
-
OACI
-
Centre régional d’information des Nations unies
- Soutenir l’action des organisations internationales
-
Fond d’éradication de la polio (administré par l’OMS)
-
Donations de riz (administré par le Programme Alimentaire Mondial)
-
Le Programme alimentaire mondial
-
Réfugiés (HCR)
-
Réfugiés palestiniens (UNRWA)






