Positions française et européenne
Positions française et européenne
La politique de coopération dans le domaine de l’eau
La France a développé une politique de coopération très active et diversifiée dans le domaine de l’eau. Elle s’est particulièrement impliquée en promouvant le Plan d’action sur l’eau au G8 d’Évian en 2003, puis en adoptant une Stratégie interministérielle eau et assainissement en 2005, qui reste le cadre de référence de la politique française de coopération dans ce secteur. Cette stratégie est complétée par des Documents d’orientation stratégique sur « La gestion intégrée des ressources en eau transfrontalières » (2007), « L’assainissement des eaux usées » (2008) ou « La gestion de l’eau pour une agriculture durable » (2009).
La France s’est notamment engagée, à Évian puis dans sa Stratégie sectorielle de 2005, a doubler son aide publique u développement pour le secteur de l’eau et de l’assainissement d’ici 2009, en portant son effort principalement vers l’Afrique et en augmentant l’aide transitant par les ONG. Considérant que l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est essentiel pour atteindre les OMD, elle s’est engagée à renforcer sa coopération sur l’assainissement et l’hygiène sans réduire les efforts sur la fourniture de services d’eau potable, tout en portant une attention privilégiée aux populations les plus démunies. Elle entend faire progresser la reconnaissance du droit à l’accès à l’eau et à l’assainissement, fondamental pour la dignité des populations.
La France fait partie des cinq plus importants bailleurs bilatéraux. Ses appuis ont permis de donner accès à l’eau potable et à l’assainissement à plus de 25 millions de personnes dans le monde de 2002 à 2007.
En 2008, 370 millions d’euros ont été engagés sur le secteur, dont plus du tiers pour l’assainissement et l’hygiène, ce qui répond aux objectifs de doublement et de ciblage de notre APD. Grâce à ces interventions, environ 4,4 millions de personnes auront accès à l’eau potable et plus de 4 millions disposeront d’un dispositif d’assainissement. Outre la priorité africaine, la France est également impliquée en Méditerranée où elle participe à plusieurs projets d’assainissement de grande envergure dans le cadre du programme « Horizon 2020 » pour la dépollution de la Méditerranée.
La France intervient au niveau bilatéral principalement via l’Agence Française de Développement (AFD), mais aussi par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) ou les ONG. Elle a également renforcé son implication au sein des principales agences multilatérales qui sont les principaux contributeurs dans le secteur de l’eau (Banque mondiale, Banque Africaine de développement, Fonds européen de développement notamment).
La gouvernance dans le domaine de l’eau
La France soutient différents programmes liés à la gouvernance des services d’eau et d’assainissement mais aussi de professionnalisation des acteurs concernés, tant pour les services essentiels que pour l’irrigation. Le renforcement des capacités des acteurs locaux est une composante imposée des projets, qu’il s’agisse de la formation professionnelle aux métiers de l’eau (un Réseau international des centres de formation aux métiers de l’eau appuyé par le MAE a été lancé en 2008) ou de l’appui à la maîtrise d’ouvrage des autorités locales ou des syndicats chargés de l’irrigation.
Le renforcement des capacités financières des collectivités locales et porteurs de projets de la société civile (ONG) ou des opérateurs du secteur (petit secteur privé, sociétés publiques nationales) passe également par le développement, par l’Agence française de développement (AFD), de mécanismes financiers adaptés aux pays et aux acteurs bénéficiaires. Les collectivités locales françaises mobilisent des ressources, dans le cadre de la loi Oudin-Santini (2005) relative à la coopération internationale des collectivités territoriales et des agences de l’eau dans les domaines de l’alimentation en eau et de l’assainissement, pour développer des partenariats avec leurs homologues du Sud et faire levier sur d’autres bailleurs.
La France est par ailleurs impliquée dans le renforcement des mécanismes de suivi-évaluation des efforts dans le secteur de l’eau. Elle soutient notamment le Programme Conjoint de Surveillance OMS/UNICEF (Joint Monitoring Programme), qui mesure l’avancée des OMD « eau et assainissement », appuie la Banque Africaine de Développement dans la mise en place d’un mécanisme de suivi-évaluation en Afrique et a participé au développement d’un Système d’information sur l’eau en Méditerranée (SEMIDE) aujourd’hui opérationnel.
La France soutient également la coopération transfrontalière pour la gestion des ressources en eau. Ce travail à l’échelle régionale est nécessaire pour l’adaptation au changement climatique, le développement d’ouvrages structurants (barrages), la mobilisation et la valorisation des ressources en veillant aux partages des bénéfices entre États riverains. La France appuie ainsi le renforcement institutionnel de plusieurs organismes de bassins fluviaux ou cadres de coopération considérés comme prioritaires au regard de leurs enjeux de stabilité et développement régionaux : l’Autorité du bassin du Niger, l’Initiative du bassin du Nil, la Commission internationale du bassin Congo-Oubangui-Sangha, l’Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal, l’Autorité du bassin de la Volta et la Commission du Mekong. La France appuie aussi la mise en place de mécanismes de gestion concertée pour les aquifères transfrontaliers (Aquifère du Sahara Septentrional).
Au-delà de la seule alimentation en eau potable, les enjeux sont une gestion plus efficiente de l’eau pour l’agriculture, directement liée à la question de la sécurité alimentaire et la production d’énergie propre par l’hydroélectricité. La France soutient à cet égard différents programmes d’économies d’eau en agriculture (Moyen Orient, Maghreb), ainsi que de valorisation de techniques agro-écologiques adaptées aux climats semi-arides visant à une agriculture plus performante et à la préservation des sols. La France est aussi partenaire d’initiatives pour une relance des investissements agricoles en Afrique, qui inclut des projets d’eau pour une agriculture durable.
Le Partenariat Français pour l’Eau (PFE) a été lancé en mars 2007 pour poursuivre la dynamique engagée pour le Forum de Mexico, avec l’objectif de renforcer la coordination et la visibilité de la présence française dans les grandes manifestations internationales. Cette plate-forme rassemble toutes les catégories d’acteurs engagés pour l’eau à l’international (ministères, établissements publics, collectivités territoriales, organismes de bassin, entreprises, ONG, associations, organisations scientifiques et techniques). L’intérêt de cette démarche collective s’est vérifié au Forum d’Istanbul en mars 2009, avec la promotion de plusieurs messages communs aux membres du PFE dans le débat international.
Mise en ligne : 26.11.09
Liens utiles
- Publications
-
18e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (Doha, 26 novembre - 8 décembre 2012)
-
Conférence sur les forêts tropicales : quelles orientations pour les acteurs français ? (Janvier 2012)
-
L’action extérieure de la France contre la dégradation des terres et la désertification
-
L’action extérieure de la France contre le changement climatique
-
L’action extérieure de la France pour l’eau et l’assainissement
-
La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, 10e conférence des Parties
-
La France et la promotion des financements innovants en faveur du climat
-
La France et l’accès à l’énergie durable (Novembre 2012)
-
Le 6e Forum mondial de l’eau (Marseille, 12-17 mars 2012)
-
Position française sur le concept "One Health/Une seule santé"
-
Protéger la biodiversité






