L’état de la science sur le climat
Le GIEC a rendu son 4ème rapport d’évaluation en 2007. Ce rapport pose les fondements scientifiques nécessaires aux négociations internationales portant sur le futur régime post 2012 de lutte contre le changement climatique qui se sont ouvertes à la conférence de Bali du 3 au 14 décembre derniers. Les conclusions scientifiques du GIEC sont sans appel : « le réchauffement du système climatique est sans équivoque » et le GIEC qualifie de « très probable » (+90% de chance, alors qu’on était à 66% de chance en 2001) le rôle des activités humaines dans l’augmentation des températures moyennes depuis le milieu du XXème siècle.
Les principaux points du 4ème rapport :
Changements observés
L’élévation de la températures e poursuit : 0,74°C depuis un siècle ; changements dans la répartition des vents et des précipitations sur le globe. Les régions affectées par des sécheresses se sont notamment étendues. Pour la première fois, le rapport du GIEC attire l’attention sur l’acidification de l’océan
Causes des changements
Les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines ont augmenté de 70% de 1970 à 2004 ; l’effet net global des activités humaines depuis 1750 a été un réchauffement (très grande confiance).
En 2005 le niveau de concentration total des 6 gaz à effet de serre (GES) [1] du panier de Kyoto dans l’atmosphère était de 455 ppm éq.CO2. Ce chiffre peut se ramener toutefois à 375 ppm éq.CO2 si on tient compte de tous les agents de changement d’origine humaine.
Changements et impacts attendus
Le réchauffement global attendu sur le XXIème siècle se situe entre 1,1 et 6,4 °C par rapport à l’année 2000 (i.e. entre 1,7 et 7,0 par rapport à l’époque préindustrielle).
Confirmation de l’augmentation probable de la force des cyclones tropicaux, avec des dommages pour les récoltes, la végétation, coraux et leurs écosystèmes, et des conséquences pour les populations pouvant provoquer des migrations.
Il est probable que le changement climatique aura certaines conséquences irréversibles. 20 à 30% des espèces étudiées seront probablement confrontées à des menaces croissantes d’extinction si le réchauffement global dépasse 1,5 à 2,5 °C par rapport à la moyenne sur 1980-1999 (degré de confiance moyen) ; si la température dépasse de plus de 4°C celle de l’époque préindustrielle, les simulations suggèrent des extinctions importantes (40-70% des espèces).
De nombreuses régions, dont le bassin méditerranéen, subiront un déclin de leurs ressources en eau en raison du changement climatique (grande confiance) ; on s’attend à des baisses de productivité de récoltes dans certains pays d’Afrique, pouvant aller jusqu’à 50% en 2020.
Le niveau de la mer continuera à monter pendant des siècles même si on stabilise les concentrations de gaz à effet de serre (degré de confiance élevé).
Les impacts varieront de manière importante selon les régions, notamment sur l’alimentation et l’eau, les inondations des deltas géants…
Le réchauffement anthropique pourrait mener à des impacts abrupts ou irréversibles, en fonction du rythme et de l’ampleur du changement du climat.
Adaptation et atténuation sont, toutes deux, nécessaires.
La stabilisation des concentrations en gaz à effet de serre est réalisable avec les technologies disponibles ou sur le point de l’être, pourvu que des incitations appropriées soient en place.
Le coût économique de l’atténuation serait faible : en 2030, entre 20 et 80 US$ par tonne de CO2 évitée (100 $ équivalent à une taxe de 20 centimes d’euro par litre d’essence) pour arriver à un niveau de stabilisation de 550 ppm éq.CO2. Le coût global pour rester entre 710 et 445 ppm se situerait entre -1% et 5,5% du PIB en 2050, soit en moyenne une diminution de 0,12% du PIB annuel mondial au maximum.
Il est confirmé que certains secteurs, notamment celui du bâtiment, peuvent réduire fortement leurs émissions en gagnant de l’argent ou pour un coût très faible.
Une stabilisation de la température globale à 2°C au-dessus de celle de l’époque préindustrielle correspondrait à des profils d’émissions situés à l’extrémité inférieure de la fourchette des prévisions ; pour tenir cet objectif, les émissions mondiales devraient plafonner dès 2015 avant de commencer à chuter ; il s’agit de la notion de « pic » des émissions mondiales dans les 10-15 ans à venir qui constitue l’un des enjeux des objectifs d’atténuation à court et moyen terme.
Les 5 raisons de préoccupation majeure
Risques pour les écosystèmes uniques et menacés
Risques liés aux événements météorologiques extrêmes
Distribution des impacts et des vulnérabilités
Les impacts agrégés sont plus importants que ce qui était évalué en 2001
Risques liés à la fonte accélérée des glaciers groenlandais.
Mise à jour : 27.07.10
[1] Dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), Oxyde nitreux (N2O), hydrofluorocarbones (HFC), hydrocarbures perfluorés (PFC), hexafluorure de soufre (SF6)
Liens utiles
- Liens utiles
-
Agence française pour le Développement
-
Fonds français pour l’environnement mondial
-
Financements innovants et changement climatique
-
Phénomènes migratoires et changements climatiques
-
Agriculture et changement climatique
- Publications
-
L’action extérieure de la France contre le changement climatique
-
la 17e conférence sur les changements climatiques (Durban, 28 novembre – 9 décembre 2011)
-
La France et l’Afrique du Sud ensemble dans la lutte contre le changement climatique
- Textes de référence
-
La conférence de Durban au Conseil des ministres du 23 novembre 2011 (extrait)
-
"Quelle coopération internationale pour faire face au défi climatique ?" (PDF, 691 Ko)
-
Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique
-
Protocole de Kyoto
-
Plan d’action de Bali
-
Accord de Copenhague
-
Conclusions du conseil européen du 10 octobre 2011 sur la conférence de Durban (PDF, 52,4 Ko)
-
Extraits climat des conclusions des G8 Deauville et G20 Cannes (PDF, 21,2 Ko)






