Conférence internationale sur le climat de Doha : Questions-Réponses
Sommaire
- Quel est l’objectif principal de la prochaine conférence internationale sur le climat ?
- Où en sont les négociations ?
- Quels sont les résultats des dernières négociations ?
- Quels sont les enjeux de la prochaine conférence ?
- Quelle est l’ambition de la France pour Doha ?
- Les événements parallèles français aux négociations climat

Quel est l’objectif principal de la prochaine conférence internationale sur le climat ?
La 18ème Conférence des Parties (COP) à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et la 8ème Réunion des Parties au Protocole de Kyoto (CMP) se tiendront du 26 novembre au 7 décembre 2012 à Doha, au Qatar. L’urgence d’agir contre le changement climatique est de plus en plus évidente. L’objectif de limiter l’augmentation des températures mondiales d’ici 2100 à 2° C par rapport à la période pré-industrielle a été retenu à la conférence de Copenhague en 2009. Le consensus des scientifiques est clair sur un point : si cet objectif n’est pas atteint, des conséquences graves et imprévisibles sont à prévoir. Or il semble de plus en plus difficile à atteindre. C’est pourquoi la mission des délégués des 195 Parties à la Convention réunis à Doha sera de lancer l’élaboration d’un nouveau régime climatique international débouchant en 2015.
Serge Lepeltier, ambassadeur en charge des négociations sur le changement climatique : "La France a un rôle très important à Doha" par Ministère chargé du Développement durable
Où en sont les négociations ?
Depuis 2009, la négociation internationale sur le climat a connu de réels progrès : les principes énoncés par l’Accord politique de Copenhague ont été intégrés au régime juridique international existant grâce à des décisions de la conférence de Cancun, en 2010. La conférence a aussi décidé de créer de nouvelles institutions qui se mettent actuellement en place (Fonds vert pour le climat, Mécanisme technologique, Comité d’adaptation au changement climatique) afin de lutter plus efficacement contre le changement climatique.
Quels sont les résultats des dernières négociations ?
A Durban (2011), l’Union européenne et ses principaux partenaires (Norvège, Suisse) ont décidé de s’engager dès 2013 pour une deuxième période de limitation des émissions dans le cadre du Protocole de Kyoto. Les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre retenus au niveau international sont en accord avec les objectifs que s’est fixé l’Union européenne dans le cadre du paquet énergie-climat : réduire les émissions de 20% par rapport à 1990. Ce volontarisme européen a permis de lancer un nouveau cycle de négociations internationales. La conférence des parties a créé un groupe de travail de la plateforme de Durban pour une action renforcée. Les travaux de ce groupe ont débuté en 2012. Ils doivent se conclure au plus tard fin 2015 sur un accord juridiquement contraignant liant tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, et entrant en vigueur en 2020 au plus tard.
Quels sont les enjeux de la prochaine conférence ?
L’un de ses objectifs sera d’abord l’adoption d’amendements au Protocole de Kyoto, qui reste à ce jour le seul instrument international juridiquement contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ces amendements devront notamment définir la durée de la deuxième période d’engagement du protocole. La France et ses partenaires européens militent pour une période de 8 ans (2013-2020) pour assurer une continuité avec l’entrée en vigueur du nouvel accord en 2020. Parallèlement, le renforcement de l’ambition des actions de lutte contre le changement climatique d’ici 2020 sera également à l’ordre du jour de Doha, afin de travailler à atteindre l’objectif des 2°C sans attendre l’accord en 2015. L’atténuation des émissions, l’adaptation au changement climatique, le financement de ces efforts, les transferts de technologies bas carbone ou encore la lutte contre la déforestation figurent parmi les nombreux sujets qui feront l’objet de négociations à Doha.
Quelle est l’ambition de la France pour Doha ?
Paul Watkinson, chef de l’équipe de négociation climat, fait le point sur les enjeux de la conférence de Doha par le ministère chargé du Développement durable
Consciente des nombreux défis posés par le changement climatique, la France s’engage dans une transition écologique et énergétique sur le plan national. Elle mène dans le même temps une diplomatie environnementale ambitieuse pour parvenir d’ici 2015 à un nouvel accord international sur le climat. Avec ses partenaires européens, la France sera pleinement mobilisée pour contribuer à la réussite des négociations à Doha et apportera tout son soutien à la présidence qatarie afin de faire de Doha un succès.
En effet, les défis climatiques et énergétiques sont sans précédents.
Afin de répondre aux alertes données par les scientifiques, la France accorde un soutien prioritaire aux politiques sur le climat et aux deux instruments juridiques adoptés par la communauté internationale (la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et le protocole de Kyoto).
En phase avec les négociations internationales sur le climat en cours et principalement les derniers accords de Durban qui ont décidé de la poursuite du protocole de Kyoto dans le contexte de la préparation d’ici 2015 d’un accord international universel contraignant pour l’ensemble des parties à partir de 2020, la France s’investit pleinement dans ces négociations et se déclare disponible pour accueillir la conférence des parties à la convention climat fin 2015.
Elle souhaite à terme la signature d’un accord international ambitieux
et juridiquement contraignant. Les actions de la France pour la relève du défi du changement climatique impliquent de nombreux acteurs :
gouvernement, établissements publics, institutions multilatérales, agences bilatérales, collectivités territoriales, organisations non gouvernementales, secteur privé. Tous ces acteurs français sont présents à Doha afin de pouvoir aider à la préparation du futur accord, que la France souhaite ambitieux.
Les événements parallèles français aux négociations climat
:
Alors que s’approchait le terme de la première période d’engagement du protocole de Kyoto, la conférence de Durban, fin 2011, a permis de réserver ce qui constitue jusqu’à présent le seul cadre multilatéral juridiquement contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de
serre. Le compromis final a été inspiré par l’Union européenne, qui a lié la prolongation de son engagement au titre de Kyoto à l’adoption d’une feuille de route pour un accord global. La France, avec l’Union européenne, s’est ainsi engagée à participer à la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto à partir du 1er janvier 2013. L’Union européenne, et ce malgré la faible part de ses émissions au niveau mondial (à peine plus de 10 %), a été la première à avoir communiqué en avril 2012 son objectif de réduction (objectif quantifié de limitation et de réduction des émissions de 20 %) pour la seconde période d’engagement. Lors de la conférence de Doha, la France et l’Union européenne travailleront à des solutions opérationnelles afin que les Parties s’entendent pour rendre applicables immédiatement les amendements au protocole dans l’attente de leur entrée en vigueur
formelle, et ainsi assurer la continuité des engagements et des mécanismes au cours de cette période de transition vers un cadre global pour l’après-2020.
"Baissons la chaleur : pourquoi il faut absolument éviter une élévation de 4°C de la température de la planète" : Rapport au format PDF, sur le site de la Banque Mondiale.
Liens utiles
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