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Gouvernance de l’économie mondiale

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À Pittsburgh, les Chefs d’État et de Gouvernement ont décidé l’institutionnalisation du G20, dont les membres représentent 85% du PIB mondial et qui a montré son efficacité, comme « principal forum de coopération économique internationale ». La réponse à la crise économique et financière doit continuer à s’appuyer sur une coordination au niveau multilatéral, et sur une réforme ambitieuse de la gouvernance économique internationale. Elle doit être mondiale, coordonnée et solidaire.

Quatre principes paraissent structurer la nouvelle architecture qui se met en place. Ils constituent autant de pistes d’actions pour le Département :

- Une gouvernance internationale plus représentative des nouvelles réalités économiques. La crise accélère le rééquilibrage entre les acteurs sur la scène internationale. Pour la première fois, dans un contexte où tous les pays industrialisés sont simultanément en récession, les pays en développement, qui contribuent désormais à façonner la mondialisation, apparaissent comme une des clés de la sortie de crise. Par ailleurs, les premiers sommets du G20 ont acté un rééquilibrage correspondant au sein des Institutions Financières Internationales (IFI), le mouvement au profit des pays émergents, qui verront leur poids s’accroître, au FMI (transfert d’au moins 5% des droits de vote des pays sur-représentés vers les pays émergents sous-représentés), à la Banque Mondiale (d’au moins 3%).

- Une gouvernance internationale plus inclusive. Alors que nous voyons se mettre en place un multilatéralisme à plusieurs vitesses, avec une coexistence de « clubs » de différents formats, se pose la question des enceintes pertinentes de gouvernance de la mondialisation, la mise en cohérence de l’action des États et des enceintes internationales, est à ce titre nécessaire, et une articulation entre les enceintes G8 et G20 devra de ce point de vue être trouvée. La France, qui assurera à la fois la présidence du G8 et du G20 en 2011 sera au cœur de ce processus de réforme. C’est une nécessité politique comme éthique : une éventuelle césure entre un groupe d’une vingtaine de pays membres de tous les clubs et le reste des pays, qui se penserait comme le Tiers État international, serait très dommageable.

- Une gouvernance internationale plus sociale. La prise en compte de la dimension sociale de la mondialisation a été trop longtemps négligée et la France souhaite désormais que cette dimension soit prise en compte par l’ensemble des organisations internationales, qu’il s’agisse des institutions financières ou de l’OMC.

- Une gouvernance économique internationale plus efficace. Il est désormais nécessaire, pour progresser et dépasser des clivages traditionnels entre les pays développés et les pays en développement, de partir de chacun des sujets concrets pour lesquels des régimes de gouvernance restent à définir ou à compléter, et de combiner efficacité et légitimité. Par leur composition universelle, par leur capacité à croiser tous les sujets de la mondialisation, les Nations Unies ont à cet égard un rôle irremplaçable à jouer, en partenariat avec les institutions de Bretton Woods, en contribuant à la définition d’une approche équilibrée entre les dimensions économique, sociale et environnementale du développement.

Il faut enfin répondre au sentiment d’exclusion des pays non représentés au G20 (en particulier les Pays les Moins Avancés (PMA). La France soutient pour sa part une participation accrue des pays les plus pauvres, en particulier en Afrique, à la gouvernance internationale : elle a plaidé, dès la Conférence de Doha sur le financement du développement en décembre 2008, pour une présence africaine accrue au sein des instances de gouvernance, obtenu la création d’une troisième chaise africaine au Conseil d’administration de la Banque mondiale. La France soutient également la réforme de l’action et des instruments des institutions financières internationales pour les pays les plus pauvres.

Mise en ligne : 16.11.10

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