Santé
La santé, bien public mondial
La santé a fait une entrée récente mais remarquée, dans la gouvernance mondiale.
Depuis une dizaine d’années, elle est au cœur des grandes questions globales, du fait des ravages et des menaces des grandes pandémies.
Chaque année, le Sida tue plus de 3 millions de personnes, dont 300 000 enfants, essentiellement en Afrique. Plus de 30 millions de personnes dans le monde vivent avec cette maladie, qui fait 5 millions de nouvelles infections chaque année (une toutes les 6 secondes).
Le paludisme fait près d’un million de morts par an. 250 millions de personnes sont infectées et une personne sur deux est exposée.
La tuberculose fait plus de 2 millions de morts par an et près de 9 millions de nouvelles infections chaque année.
Devant l’ampleur des ce constat, l’action internationale s’est organisée dans une double logique de gestion des crises / sécurité sanitaire collective (épidémies SRAS, grippe aviaire…) et de solidarité à l’égard des régions pauvres, de loin les plus touchées.
Cette situation dramatique fait de la santé un secteur offrant une grande visibilité médiatique, porteur de légitimité et par conséquent fortement investi par le politique et la société civile. Au-delà des enjeux sanitaires, c’est une question de politique étrangère à part entière.
La communauté internationale a progressivement affirmé la santé comme un droit pour les populations (Conférence de Rio en 1992, droit à avoir une vie saine et productive). La santé dans le monde prend ainsi une dimension morale et normative.
Désormais, la santé est dans l’agenda de toutes les grandes enceintes internationales : la thématique « santé et développement » est abordée à chaque G8 depuis près de 10 ans (Okinawa 2000 ; Gleneagles 2005 ; Heiligendamm 2007…). Elle est suivie par tous les grands organismes internationaux (ONU, UE, Banque mondiale…), mobilise fortement les sociétés civiles (ONG, fondations privées, entreprises) et lève des sommes considérables. C’est aussi un secteur fécond en initiatives visant à lever des financements innovants ou à fédérer des organisations existantes (initiatives les plus récentes : « Diplomatie et santé » ; « Providing for health » ; « International Health Partnership »… pour ne citer que quelques unes).
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental ou social », et non comme la simple absence de maladie ou d’infirmité. Le concept dépasse ainsi la lutte contre les pandémies pour englober des questions comme l’accès aux médicaments, les changements de comportement (tabagisme) ou les renforcement des systèmes de santé.
La santé est donc un concept vaste, étroitement lié à d’autres domaines tels que l’environnement, la croissance, la sécurité intérieure des États, que la mondialisation complexifie encore. En effet, les risques sanitaires sont renforcés (diffusion plus rapide des maladies) et l’on assiste à l’émergence d’acteurs nouveaux et au déclin relatif de l’importance des Etats face aux défis sanitaires globaux.
Par ailleurs, compte tenu du fait que les menaces sanitaires touchent d’abord, de très loin, les populations les plus pauvres (en particulier africaines), la santé est donc avant tout un enjeu global en tant que condition du développement des sociétés et comme politique d’aide publique pour le développement.
La bonne santé des populations est bien sûr un objectif des politiques de développement, mais c’est aussi une condition, un levier indispensable, pour les processus de développement.
En outre, les insuffisance en matière de santé publique sont des obstacles à tout processus de développement, y compris en terme de croissance économique. À titre d’exemple, le paludisme cause la perte de près d’1 % du PNB africain chaque année ; l’épidémie du SIDA entraîne une crise démographique et économique (pénurie des actifs, non transmission des savoirs, coût des traitements), la mortalité maternelle est à l’origine de ruptures de cohésion sociales et familiales. Sans système de santé publique efficace, les populations dépensent une part considérable de leur revenu dans l’accès aux médicaments et aux soins, et passent par conséquent, sous le seuil de pauvreté.
Accorder une importance à la santé dans les politiques de développement est donc avant tout un investissement indispensable.
La santé est donc partie prenante de toutes les politiques de développement mises en œuvre aujourd’hui et participe au progrès dans les autres domaines puisque les problématiques sont souvent associées : santé et éducation ; santé et égalité des sexes ; santé et lutte contre la pauvreté ; santé et croissance économique. Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) fixés en 2000, constituent le plan d’action et l’agenda, ambitieux, de la communauté internationale pour le développement.
Trois OMD sur 8 concernent ainsi directement la santé :
OMD 4 : réduire les mortalité des enfants de moins de cinq ans,
www.un.org/fr/millenniumgoals/childhealth.shtml
OMD 5 : améliorer la santé maternelle,
www.un.org/fr/millenniumgoals/maternal.shtml
OMD 6 : combattre le SIDA, le paludisme et les autres maladies.
www.un.org/fr/millenniumgoals/aids.shtml
Mise à jour : 9.04.10
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