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Transferts de fonds des migrants

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Les envois d’argent des migrants dans leurs pays d’origine représentent des flux financiers très importants pour les pays en développement, où ils peuvent atteindre des parts majeures du produit intérieur brut. Flux privés qui bénéficient en premier lieu aux familles restées au pays, les sommes envoyées sont principalement dépensées à des fins de consommation courante (éducation, soins, etc.).

Selon les estimations de la Banque Mondiale (juillet 2009), les transferts de fonds envoyés par les migrants vers les pays en développement ont atteint 328 milliards de dollars en 2008, soit près de trois fois le montant total de l’aide publique au développement mondiale (119,6 milliards $ en 2008). Ce montant, qui correspond par ailleurs à une augmentation de l’ordre de 15% par rapport à 2007 (285 milliards de $), n’inclut pas les envois d’argent par le canal informel qui pourraient toutefois atteindre des sommes importantes.

Selon ces estimations, l’Inde (52 milliards de $), la Chine (40,6 milliards de $) et le Mexique (26,3 milliards de $) ont conservé en 2008 leur position de principaux pays bénéficiaires des envois d’argent parmi les pays en développement. La liste des 10 principaux bénéficiaires en volume inclut également les Philippines, la Pologne, le Nigéria, la Roumanie, l’Égypte, le Bangladesh et le Vietnam. Si l’on prend en considération la part des transferts de fonds des migrants en pourcentage du Produit Intérieur Brut, les principaux bénéficiaires sont des économies de taille plus modeste : Tadjikistan, Tonga, Moldavie, Lesotho et Guyane (plus d’1/4 du PIB).

Alors que les transferts des migrants ont longtemps résisté aux aléas des conjonctures économiques, la crise actuelle semble avoir un impact important sur ces flux. La Banque Mondiale anticipe une baisse d’environ 7,3% des flux d’envois d’argent vers les pays en développement en 2009. Cette baisse anticipée vers tous les pays en développement masque néanmoins certaines disparités régionales. L’Europe et l’Asie centrale expérimenteraient la diminution la plus importante des flux en 2009, de l’ordre de 15%. Les flux de transferts de fonds des migrants vers l’Amérique Latine et les Caraïbes baisseraient de 7%, ceux vers le Moyen Orient et l’Afrique du Nord de 6% et les flux vers l’Afrique sub-saharienne de 8%. Enfin, les flux d’envois d’argent vers l’Asie du Sud baisseraient plus modestement (4%). La Banque Mondiale estime néanmoins que les envois d’argent pourraient augmenter de nouveau en 2010 et 2011.

La France s’est intéressée très tôt à cette thématique, notamment dans le cadre de la mise en place de sa politique de « codéveloppement » définie lors de deux communications successives en Conseil des Ministres (2003 et 2005) comme « toute action d’aide au développement, quelle qu’en soit la nature et quel que soit le secteur dans lequel elle est réalisée, à laquelle participent des migrants vivant en France, quelles que soient les modalités de cette participation ».

La France mène de nombreuses actions selon plusieurs axes :
- connaissance des transferts de fonds des migrants (coût, transparence sur le marché financier etc.) ;
- baisse du coût des transferts ;
- réglementation (en lien avec la transposition de la directive européenne sur les services de paiement) ;
- soutien à l’utilisation de l’épargne à des fins de développement.

Le Royaume-Uni a quant à lui mis l’accent sur la fluidification de l’offre de services en stimulant la concurrence par une réglementation souple et la diversification des modes de transferts rapides, alors que l’Espagne a souligné la bancarisation des migrants avec des coût de transferts très bas.

Compte tenu des sommes en jeu et de leur caractère privé, les transferts de fonds des migrants ont acquis une importance accrue dans les débats internationaux sur le financement du développement. Les travaux menés notamment au sein du G8 - un groupe d’experts G8 a été créé à la suite des conclusions du Sommet du G8 de juillet 2008 - et du Groupe Pilote sur les financements innovants du développement - témoignent de la volonté des États de faciliter ces transferts d’argent privés complémentaires à l’aide publique au développement, de baisser leur coût et de développer des incitations en faveur de leur utilisation à des fins d’investissement productif.

Parmi les engagements récents pris dans le cadre de ces deux enceintes, on peut noter :
- l’engagement pris lors de la sa sixième session plénière du Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement (Paris, 28 et 29 mai 2009) : « les pays membres sont invités à réduire de manière significative et quantifiable le coût des transferts des migrants et à améliorer l’impact de ces transferts sur le développement des pays bénéficiaires, y compris au travers d’institutions de microcrédit »
- l’engagement pris par les Chefs d’État et de Gouvernement du G8 lors du Sommet de l’Aquila dejuillet 2009 : « Given the development impact of remittance flows, we will facilitate a more efficient transfer and improved use of remittances and enhance cooperation between national and international organizations, in order to implement the recommendations of the 2007 Berlin G8 Conference and of the Global Remittances Working Group established in 2009 and coordinated by the World Bank. We will aim to make financial services more accessible to migrants and to those who receive remittances in the developing world. We will work to achieve in particular the objective of a reduction of the global average costs of transferring remittances from the present 10% to 5% in 5 years through enhanced information, transparency, competition and cooperation with partners, generating a significant net increase in income for migrants and their families in the developing world ».

Site internet comparateur de coût :

Banque Mondiale
http://web.worldbank.org/WBSITE/EXTERNAL/NEWS/0(…).html

FIDA
www.ifad.org/ruralfinance/remittance/call.htm

Banque africaine de développement
www.afdb.org/fr/news-events/article/diaspora-remittances-take-centre-stage-in-africas-development-2026/

Banque Asiatique de développement
www.adb.org/PrivateSector/Finance/worker.asp

Banque interaméricaine de développement
www.iadb.org/mif/subtopic.cfm ?language=Englishtopic=smesubtopic=REMS

www.remittances.eu

Mise en ligne : 13.10.09

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