Infographie : l’Aide publique au Développement en chiffres
Dans un sondage AFD/IPSOS publié le 19 novembre 2012, près de 3 Français sur 4 déclarent trouver que l’aide publique au développement est insuffisante au vu de la hauteur des enjeux mais utile (74 %) (source sondage AFD/IPSOS). Ainsi, les Français confirment leur attachement à l’aide aux pays en développement, même s’ils restent partagés quant à son efficacité. Les efforts de l’aide publique française doivent, selon eux, se concentrer en priorité sur l’Afrique subsaharienne et sur la lutte contre la pauvreté. Aujourd’hui elle concerne l’Afrique à 55 %, l’Asie à 10 %, les Amériques à 11 %, l’Europe à 5 % et l’Océanie à 2 %, tandis que 14 % de l’aide bilatérale nette française n’est pas ventilée par géographie.
Montant de l’APD française en 2010 : 9,8 Mds €
La France était, en 2010, le quatrième contributeur mondial à l’APD, derrière les USA, le Royaume-Uni et l’Allemagne, et devant le Japon. La France contribue à 10 % de l’APD mondiale, alors que son économie ne pèse que 4 % du PIB mondial.
L’objectif international d’une APD portée d’ici 2015 à 0,7 % du revenu national brut (RNB) n’est pas atteint par la France dont l’effort (estimé à 0,46 % du RNB) se situe cependant au-dessus de la moyenne mondiale (0,32 %).
Quels chiffres pour 2011-2013 ?
L’APD française aurait baissé en 2011 à 9,3Mds€ (0,46 % du RNB) suite à la diminution de l’aide multilatérale (-634M€) et la départementalisation de Mayotte qui sort de la liste des pays déclarables à l’APD (-455M€). Mais elle devrait cependant rester stable en 2012 et 2013 sous l’effet conjugué des allègements de dettes et d’une hausse importante des prêts.
La France conserve une position éminente parmi les bailleurs d’aide et maintient, dans un contexte budgétaire contraint, ses efforts en faveur de l’aide publique au développement.

Structure détaillée de l’APD française
L’APD bilatérale française est composée de 5 blocs
Le financement de projets : Outil le plus classique de la coopération au développement, l’aide projet représente plus du tiers de l’APD bilatérale. En 2011, les financements de projets sous forme de prêts ont été trois fois plus élevés que ceux sous forme de dons. Principal opérateur, l’agence française de développement (AFD) qui dispose d’un grand nombre d’agences locales dans les pays en développement, met en œuvre près de 80 % de ces projets ; le MAEE, moins de 3 %, dans le secteur de la gouvernance ;
L’assistance technique représente 16 % de l’APD bilatérale. Elle se matérialise par l’apport de savoir-faire sous forme de personnel, de formation et d’activités de recherche.
Les allègements de dettes, 15 % de l’APD bilatérale en 2010. Ces allègements permettent aux pays bénéficiaires d’accroître leurs crédits budgétaires disponibles au financement de leur développement.
L’aide budgétaire représentait 7 % de l’APD bilatérale en 2010.
Le quart restant est composé d’un ensemble de dépenses de nature très diverse considérées comme œuvrant pour le développement : l’accueil en France d’étudiants étrangers provenant de pays en développement, l’accueil de réfugiés, l’aide humanitaire et alimentaire, le soutien à des instituts de recherche travaillant sur le développement, le soutien aux ONG, les frais administratifs…
L’aide multilatérale est principalement concentrée sur 6 institutions internationales
Afin de gagner en efficacité, la France a rationalisé l’attribution de ces contributions multilatérales en ciblant son effort sur les institutions les plus pertinentes parmi lesquelles six perçoivent plus de 90 % de l’aide française : Union européenne, Banque mondiale, Fonds mondial pour la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme, Banque africaine de développement, UNITAID et Fonds pour l’Environnement Mondial
L’APD est-elle utile pour les pays en développement ? Et pour la France ?
L’aide a une vocation naturelle à répondre un objectif de solidarité avec les plus pauvres, mais participe également à promouvoir l’influence française dans le monde. Si l’impact de cette politique étrangère s’avère particulièrement complexe à mesurer en matière d’influence, certaines corrélations peuvent être établies entre l’action de solidarité de la France et le développement constaté des pays bénéficiaires.
Ainsi, s’il est difficile de distinguer parmi les facteurs du développement l’effet spécifique de l’aide, et a fortiori celui de l’aide française, sont constatés de grands progrès depuis 20 ans en matière de pauvreté et de développement dans le monde.
A titre d’exemples, 9 enfants sur 10 en Afrique subsaharienne ont aujourd’hui accès à l’école primaire, contre 6 sur 10 en 1990. L’objectif fixé en 2000 de réduire de moitié de la population sans accès à un l’eau potable sera atteinte, voire dépassée d’ici 2015 ; 3,5 millions de personnes sont maintenant sous traitement anti-rétroviral dans les pays à faible revenu, dont 2,3 millions grâce au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP) dont la France est le deuxième contributeur. Ils n’étaient que 300000 en 2001. Les efforts déployés par la communauté internationale ont permis de faire diminuer la mortalité infantile de 3 millions d’enfants morts entre 1990 et 2010.
En outre, l’aide a joué un rôle d’amortisseur de la crise économique et financière internationale qui a durement frappé les pays les plus pauvres. En Afrique, l’aide internationale a compensé une baisse des flux d’investissements et des transferts de migrants.
Elle a également contribué aux progrès enregistrés, notamment dans les secteurs sociaux.
L’Afrique est le principal bénéficiaire de l’APD française
Elle a reçu en 2011 55% de l’aide bilatérale, soit 3,3Mds€ (contre 3,2Mds€ en 2010). L’Afrique subsaharienne bénéficie de 41% de l’aide bilatérale, soit 2,5Mds€.
Pour 2011, l’effort bilatéral français se concentre ensuite sur l’Amérique (0,7 Mds ; 11%), l’Asie (0.6 Mds€, soit 10%), l’Europe (0,3Mds ; 5%), le Moyen-Orient (0,14Mds ;2%), et l’Océanie (0,1Mds ;2%).
Répartition sectorielle
L’action de la France en faveur du secteur de l’éducation relève principalement du canal bilatéral, alors que l’action en faveur du secteur de la santé privilégie le multilatéralisme, notamment à travers les fortes contributions aux fonds verticaux spécialisés tels que le Fonds mondial pour la lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP - pour lequel la France est le deuxième contributeur avec 300M€ par an sur 2008-2010).
Répartition de l’APD française en 2009 par secteurs et canal d’acheminement
| (en % de l’APD totale) | Bilatéral | Europe | Multilatéral | TOTAL |
| Education | 14,3% | 1,4% | 1,1% | 16,8% |
| Dont : éducation de base | 1,9% | 0,3% | 0,3% | 2,5% |
| Santé | 1,2% | 1,5% | 5,5% | 8,2% |
| Dont : santé de base | 0,6% | 1,2% | 2,8% | 4,6% |
| Développement durable | 6,4% | 1,6% | 0,8% | 8,8% |
| Agriculture et sécurité alimentaire | 2,7% | 2,1% | 0,8% | 5,6% |
| Soutien à la croissance | 3,8% | 3,4% | 2,1% | 9,3% |
| Autres secteurs* | 27,6% | 13% | 10,7% | 51,3% |
| * Action se rapportant à la dette, Prévention et règlement des conflits, paix et sécurité, Soutien aux ONG, Aide humanitaire, Aide budgétaire, Aide non ventilable sectorielle ment |
Pour en savoir plus
L’Agence Française de Développement
Le site du Comité d’Aide au Développement (CAD)
Mise à jour : 28.02.13
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