Développement économique
Introduction
L’approche du développement des pays du Sud s’est modifiée
La problématique du développement économique se construit sur les bases d’un regard critique des théories et pratiques de l’aide publique au développement que la complexification du Tiers Monde, la montée des pays émergents et les crises du monde développé ont amené à repenser.
Les modèles des institutions multilatérales, régionales et bilatérales ont été vivement critiqués en même temps que de nouveaux acteurs se faisaient entendre (coopération Sud-Sud, société civile, secteur privé).
En interaction avec l’aide au développement, dont il faut repenser les objectifs et les modalités en termes d’efficacité et de cohérence, de nouvelles priorités se sont affirmées, telles que le soutien aux capacités productives, le développement du secteur privé et la mise en place des infrastructures, le tout inscrit dans une approche territoriale qui permet d’intervenir à différentes échelles.
Ainsi, le défi de la croissance a été au cœur des réflexions du dernier comité interministériel pour la coopération internationale et le développement (CICID) de juin 2009, qui s’est penché sur le secteur productif, créateur d’emplois, et les infrastructures, indispensables à toute stratégie de développement. L’Afrique au sud du Sahara, qui attend son décollage économique, et le sort des pays les moins avancés (PMA) qui sont majoritairement africains, sont au centre des préoccupations des acteurs de l’aide.
Le discours du Président de la République au Cap en février 2008 a pris acte des nouveaux modèles en affirmant le soutien de la France à la croissance économique de l’Afrique par une intervention ciblée en faveur de la création d’entreprises africaines génératrices d’emplois.
De nouvelles filières de croissance soutenues par des outils innovants
De nouvelles pistes ont été ouvertes pour des filières de croissance qui prennent en compte les objectifs d’un développement durable et les échelles modestes des activités des populations pauvres :
le commerce équitable, porté par des ONG, est, au niveau microéconomique, un exemple d’organisation de l’échange commercial en réseau ayant pour objectif d’améliorer les conditions des producteurs et artisans du Sud ;
le tourisme, par sa contribution majeure dans la croissance, la création de multiples activités et d’emplois des pays du Sud, est également encouragé dans une perspective de développement durable ;
le rôle des associations, des partenariats et du compagnonnage est aussi au cœur du soutien au secteur agroalimentaire, trop souvent délaissé. Il représente pourtant une source d’emplois importante pour les populations pauvres et déterminera l’équilibre ville-campagne lors de l’explosion démographique des cités africaines.
Dans tous les cas, le partenariat public-privé, l’appel aux associations et à la société civile du Nord comme du Sud permettent une meilleure écoute des demandes et des besoins. Le soutien au secteur privé fait appel à des instruments relativement récents qui reposent au départ sur la notion de solidarité. Ainsi, s’est développé le micro-crédit mis en place par le Prix Nobel de la Paix, Muhammed Yunus, dans les zones rurales pauvres du Bangladesh et qui a pris une extension remarquable à travers la propagation de la finance solidaire dans 85 pays.
Le passage à la méso-finance témoigne des limites de la première approche pour développer un véritable entreprenariat durable chez les pauvres. Les services d’appui aux entreprises (information, formation, conseil), qui visent à améliorer leur gestion et leur productivité, et à mieux connaître leur environnement, constituent un volet complémentaire et indispensable à l’approche financière.
Les richesses du sous-sol devraient être au service du développement
L’articulation entre l’exploitation des ressources minérales et les politiques de développement reste à préciser à travers ses multiples composantes. Laissée à l’initiative privée et aux mains d’États n’ayant pas les capacités nécessaires à une saine gestion des richesses non renouvelables de leur sous-sol, ces ressources se trouvent au centre de conflits géopolitiques dont sont victimes aussi bien les artisans que les populations locales.
Les initiatives de la communauté internationale se développent peu à peu en termes de transparence, traçabilité, formation, conseil. La gouvernance est au centre des interventions mais elle est insuffisante au regard des acteurs de ce secteur dont les très lourds investissements requièrent des plans d’affaires à long terme, qui exige des qualifications peu présentes en Afrique et des approches régionales.
Pour autant, les pays dotés de ces richesses pourraient, en coopération avec les multinationales, les institutions multilatérales et les pays développés, enclencher des processus d’industrialisation dont l’Afrique a tant besoin pour se développer.
Sans infrastructures pas de croissance
L’ensemble des activités économiques à promouvoir en Afrique ne peut pas se développer et prospérer en l’absence d’infrastructures. Ce constat et la nécessité d’une approche territoriale ont finalement été compris par les différents bailleurs de fonds. Néanmoins, les besoins en investissements et les coopérations régionales, si ce n’est à l’échelle du continent, à mettre en place sont autant d’obstacles à la réalisation de projets dans les différents secteurs. C’est un travail urgent et de longue durée.
Mise en ligne : 16.11.10
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