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Une recherche pour le développement durable (30/12/2012) par Laurent VIDAL, directeur du département sociétés de l’IRD

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Il convient de définir des principes, au premier rang desquels la croyance forte dans un continuum entre recherche fondamentale et application : on doit partir de cette idée pour poser un second principe, un objectif, qui est celui de l’interdépendance entre ces deux aspects de la recherche pour le développement (RdP) : à savoir que non seulement l’application n’est possible (et pérenne) que si elle se fonde sur une recherche scientifiquement robuste mais qu’aussi elle irrigue, elle renouvelle, en retour, les questionnements des scientifiques.

L’application de la recherche doit être considérée comme protéiforme et intégrant :

  • La formation des futures élites
  • Le partage et la diffusion des connaissances
  • l’innovation technologique et industrielle

Autrement dit, la valorisation est tout autant économique que scientifique et intellectuelle

A ces conditions l’impact de la RpD sur les politiques publiques sera pertinent et visible : car il aura pour relais des communautés de chercheurs formés aux standards de la recherche internationale et qui sont forces de proposition de questions de recherche (et non plus dans une logique d’accompagnement de thématique définies au/par Nord) et qui ce faisant permettront de porter auprès des pouvoirs publics les résultats de la recherche : le coportage Nord/Sud de la recherche doit intégrer la phase essentiel de valorisation (intellectuelle, politique et économique) au sein des politiques publiques si on veut avoir un impact mesurable. Pour être pérenne, l’impact de la RpD doit aussi tenir compte de la temporalité de la recherche qui n’est pas celle de la décision politique ou de la valorisation économique : la production de connaissances transformables en mesures applicables prend du temps et si l’on veut des impacts pérennes il est essentiel de respecter le temps de la recherche qui n’est pas celui de l’expertise ?

Avec ces principes et suivant cette approche, la RpD est pleinement complémentaire des actions menées par la société civile : il ne peut y avoir concurrence car l’une comme l’autre sont des interlocuteurs de la puissance publique dans la PED. Donc si la RpD développe des méthodes et a des objectifs de connaissance qui ne sont naturellement pas ceux des ONG, pour autant, elles gagnent à collaborer. Le développement de la « recherche communautaire » participe de ce mouvement et la RpD a tout intérêt à accompagner ce mouvement qui voit les acteurs de la société civile s’approprier des thématiques de recherche pour mener ensuite leurs actions et leurs plaidoyer en direction des pouvoirs publics Donc, la RpD doit être moteur dans la construction d’un autre continuum entre son cœur de métier (la recherche fondamentale et finalisée/appliquée), les nouvelles actions et prérogatives des ONG et de la société civile dans son ensemble, et les projets de développement économique stricto sensu ; autrement dit, être central et moteur dans le tryptique recherche/ développement/société civile.


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