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Rendre l’aide au développement plus transparente et plus efficace (11/12/2012) - Par Marine ROY de la CFDT

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La solidarité internationale est consubstantielle du mouvement syndical. Cette solidarité s’est concrétisée par la coopération au développement qui vise à renforcer le syndicalisme au Sud et asseoir la solidarité syndicale internationale.

L’efficacité de l’aide

Renforcer l’efficacité de l’aide est une préoccupation de la coopération syndicale au développement. Les critères de mesure essentiellement quantitatifs (nombre de formations, stagiaires touchés par des programmes, etc.) ne rendent pas compte de la réussite ou non des actions engagées. Ces critères sont d’ailleurs peu universalisables.
Face à ce constat partagé par la plupart des organisations syndicales se sont attelés dans le cadre du réseau de la Confédération syndicale internationale (CSI) à la définition de critères en se basant sur une série de principes à partir desquels se construisent les coopérations, leur réalisation et leur évaluation. La CFDT s’est particulièrement impliquée et assure des responsabilités dans la gouvernance de ce réseau.

Huit principes ont ainsi été identifiés qui balisent et cadrent les objectifs visés. Leur usage simplifie les procédures d’évaluation et servent de code de conduite au cours de la réalisation des actions. Ces principes visent également une gestion efficace et transparente des ressources (qu’elles soient propres aux organisations ou qu’elles soient externes) dans le cadre d’une stratégie globale cohérente.

Les Principes, dans leur contenu, font référence explicitement aux valeurs et à la vision des partenariats syndicaux pour le développement dans le cadre de relations Nord-Sud et Sud-Sud, voire Nord-Nord. Ces principes doivent pouvoir être mis en œuvre quelle que soit la situation, que les syndicats aient recours à des ressources internes ou externe (gouvernementales, d’agences de développement ou d’institutions multilatérales).

Afin d’assurer un suivi en direct des principes d’efficacité de la coopération syndicale au développement, le réseau syndical de la CSI a mis au point un outil : Profil de l’efficacité du développement (TUDEP) pour évaluer le respect des principes des projets.

Par ailleurs, le réseau a mis en place une base de données interactive qui recense qui les opérations de coopération du mouvement syndical dont l’objectif est de favoriser la coordination, la cohérence et l’impact de la coopération syndicale au développement.

Les principes élaborés par le mouvement syndical sont les suivants  :

Appropriation démocratique. Il s’agit du respect et de la prise en compte des objectifs et priorités des partenaires syndicaux, afin de renforcer leur indépendance dans le cadre de la mission du mouvement syndical international. Concrètement l’intervention se fonde sur un document commun de planification stratégique. Les analyses des besoins sont effectuées conjointement et tiennent compte des contextes nationaux et reprennent les besoins des travailleurs.

Autonomie. Les organisations syndicales partenaires prennent leurs propres décisions, adoptent leurs priorités et respectent les choix stratégiques les unes des autres, sans aucune ingérence politique. Le syndicalisme défendu est celui du syndicalisme indépendant, autonome, capable de se développer du point de vue politique, intellectuel, organisationnel et financier sans ingérence externe.

Partenariat. Le partenariat a pour vocation d’être une relation d’égal à égal, fondée sur le respect, la confiance et la compréhension mutuelle, reconnaissant et respectant la diversité et les différences. Les partenariats basés sur une approche solidaire et un processus d’apprentissage mutuel sont au cœur de la coopération syndicale inter-organisationnelle.

Transparence. La transparence est définie par les syndicats comme un niveau élevé d’ouverture et d’accès à l’information, nécessaire pour que les relations entre partenaires syndicaux soient équitables. La transparence concerne à la fois la réalisation d’une coopération syndicale multilatérale efficace entre les organisations participant aux initiatives de développement au niveau régional, ainsi que la coopération bilatérale entre organisations partenaires.

Redevabilité / Responsabilité. Les organisations syndicales partenaires s’engagent dans un système de responsabilité mutuel sur le plan politique, opérationnel et financier, qui doit être soutenu par des outils appropriés d’évaluation conjointe et par des processus d’apprentissage afin d’accroître l’efficacité des initiatives futures.
On peut parler de recevabilité mutuelle entre partenaires bailleurs de fonds et récipiendaires à la source du contrat qui les unit.

Cohérence. La cohérence, pour les syndicats, signifie qu’à tous les niveaux, il convient de parvenir au degré le plus haut d’affinité dans les approches relatives à toute la gamme d’initiatives de coopération au développement, grâce à laquelle aucune activité n’est en conflit avec les autres, et toutes contribuent aux autres.

Inclusion et égalité. Le mouvement syndical estime que l’inclusion et l’égalité signifient que tous les travailleurs et travailleuses ont le droit à l’égalité des chances et de traitement dans l’emploi et la profession.

Pérennité. Les syndicats conçoivent la pérennité comme la viabilité à long terme des résultats des projets de développement, s’ajoutant au renforcement des organisations syndicales coopérantes. Tous les principes énoncés précédemment contribuent à promouvoir la pérennité. La pérennité englobe l’autonomie, l’appropriation, l’indépendance à la fois politique et économique, ainsi que la sauvegarde de l’environnement pour les générations futures.


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