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XXe Conférence des ambassadeurs - Intervention du ministre délégué chargé du Développement, M. Pascal Canfin, au déjeuner thématique « aide publique au développement » - Paris, 29 août 2012

Monsieur le Président, Brian Atwood,

Messieurs les Directeur Généraux,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Monsieur le Professeur,

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie d’être venus nombreux pour participer à cet échange sur l’aide publique au développement. Pour introduire le débat, je souhaite vous présenter en quelques mots les grandes lignes qui gouverneront mon action au service du développement, dans le cadre de la feuille de route développée lundi devant vous par le président de la République et hier par le Premier ministre, et en pleine cohérence avec l’action menée par Laurent Fabius.

J’entends inscrire mon action dans quatre directions : la soutenabilité, l’efficacité, la transparence et le dialogue.

La soutenabilité, c’est le défi de concilier développement et développement durable. D’inventer les nouveaux modes de production capables de sortir 1,3 milliards d’êtres humains de la pauvreté tout en faisant en sorte que l’humanité puisse vivre à 9 milliards dans les limites de notre planète.

C’est le défi que je rappellerai lors de la conférence environnementale des 14 et 15 septembre prochains, que coordonne Delphine Batho. Je veillerai également à la prise en compte de cet objectif dans les grandes négociations internationales, par exemple lors de la prochaine conférence des parties à la convention sur les changements climatiques, qui se tiendra à Doha en décembre.

J’étais à Rio, aux côtés du président de la République et du ministre des Affaires étrangères. La France y a porté une parole forte en faveur du développement durable. Malheureusement, nous n’avons pas - encore - réussi à convaincre nos partenaires émergents d’adopter un agenda ambitieux.

Mais cela ne doit pas nous décourager d’agir, bien au contraire. À travers nos réalisations concrètes, nous devons démontrer que le développement durable n’est pas une composante complémentaire des politiques de développement ou un luxe pour les pays développés, mais bien une nouvelle façon de penser le développement.

Laurent Fabius a souhaité mettre l’accent lors de cette conférence sur notre diplomatie économique et écologique. Écologique, parce que notre vision du développement s’appuie sur des piliers à la fois économique, écologique et social, mais aussi parce que les entreprises françaises dans le domaine du développement durable sont parmi les meilleures du monde. Le président de la République a évoqué lundi les nouvelles énergies, l’eau, mais aussi l’enjeu industriel que constituera la filière de démantèlement dans le nucléaire civil.

Ma deuxième priorité c’est l’efficacité de notre aide. Dans un contexte budgétaire contraint, notre aide a l’obligation d’être efficace. Cette efficacité, nous la devons aux citoyens français, nous la devons aux citoyens des pays dans lesquels nous intervenons. Cette efficacité nous devons la mesurer. D’autres États ont réussi ce défi de la mesure de l’impact. Je souhaite que la France le relève à son tour. Nous devons cesser de ne mesurer notre aide qu’au regard des moyens mis en oeuvre.

Ce souci de l’efficacité doit d’abord se retrouver sur le terrain. Nous avons besoin d’une équipe France unie. Unie quand il s’agit de travailler avec les pays où nous intervenons. Unie quand il s’agit de travailler avec la délégation de l’Union européenne ou les bailleurs multilatéraux. Notre pays est le second contributeur du Fonds européen de développement. L’effet de levier de notre action sera d’autant plus grand si nous réussissons à mobiliser des fonds européens pour nos projets. De la même manière, la collaboration avec les bailleurs multilatéraux doit encore être améliorée. L’AFD est déjà parvenue à la reconnaissance mutuelle des procédures avec la BEI, la KFW et l’Union européenne. Nous devons voir comment nous pouvons encore avancer dans ce domaine, notamment au-delà de la phase d’instruction des projets.

L’efficacité, c’est aussi aider nos partenaires à renforcer leur État et à consolider leur démocratie. C’est un élément de la « nouvelle donne » que souhaite le président de la République pour notre diplomatie Africaine. C’est le corolaire d’une vigilance accrue quant à l’application des règles démocratiques.

L’effondrement du Mali que nous vivons avec la plus grande tristesse, nous rappelle cet impératif. Nous devons faire plus pour les États aujourd’hui fragiles. Consolider la démocratie, c’est renforcer les parlements, renforcer la société civile, avec ses associations, ses fondations politiques, renforcer une presse et des médias libres et indépendants. C’est enfin assurer l’accès à la justice qui permet aux citoyens l’exercice effectif de leurs droits. Pour mettre en oeuvre ces objectifs, le fonds de solidarité prioritaire doit retrouver sa vocation première au service de la gouvernance démocratique.

Le président de la République a annoncé qu’il se rendra dans quelques semaines au Sommet de la Francophonie à Kinshasa. Il rencontrera à cette occasion l’opposition politique, les militants associatifs, la société civile. C’est le sens de la nouvelle politique africaine de la France.

Cette efficacité nous permettra de ne plus avoir peur d’être transparent en matière d’aide publique au développement. Chacun, ici comme là-bas, doit être en mesure de savoir précisément quels projets nous finançons.

Mais la transparence, ce n’est pas uniquement celle de notre aide publique au développement. C’est aussi celle des flux financiers qui entrent et qui sortent des pays en développement. Comment ignorer qu’à côté de notre aide publique au développement, il y a 10 fois plus d’argent qui quitte les pays en développement, des sommes colossales qui ne génèrent ni consommation, ni emplois ou investissement productif. Des flux qui ne permettent pas aux pays du Sud de consolider les recettes fiscales qui leur permettraient de mener des politiques publiques en matière de santé ou d’éducation. Une directive européenne est en discussion, j’en étais d’ailleurs un des négociateurs avant d’être appelé par le Premier ministre. C’est un dossier que je continue de suivre de près.

Enfin, pour aller à l’essentiel, le dernier fondement de mon action sera le dialogue.

Dialogue, en France, avec l’ensemble des acteurs du développement : ONG, collectivités locales mais aussi entreprises. Le président de la République a indiqué lundi son souhait que notre politique de développement puisse être largement débattue et que nos engagements puissent être inscrits dans le temps. Ce sera l’objet des assises de la solidarité internationale dont le Premier ministre m’a confié la responsabilité. Je souhaite également que nous puissions y associer nos partenaires du Sud, selon des modalités à définir.

Comme le président de la République s’y est engagé pendant la campagne, la part de l’aide bilatérale qui passe par les ONG sera doublée. Ce doublement va permettre de faire plus. Il nous oblige aussi à réfléchir au rôle des ONG dans la politique publique d’aide au développement.

Dialogue avec les collectivités locales qui mènent des actions de coopération décentralisée. La mission confiée par Laurent Fabius au Secrétaire général de l’Association des maires de France, André Laignel, permettra de dégager dans les prochains mois les grandes lignes d’un nouveau partenariat entre l’État et les collectivités locales.

Ce dialogue nous devons aussi l’avoir au Sud. Nous devons écouter les besoins de nos partenaires et échanger avec les différents acteurs.

Je vous remercie./.


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