Données générales

Présentation du pays

(source : Banque mondiale)

Données géographiques

Nom officiel : République du Yémen.
Superficie : 527 970 km².
Population : 26,8 millions d’habitants (estimation 2015).
Capitale : Sanaa.
Villes principales : Sanaa, Aden, Taëz, Hodeïdah, Mukalla.
Langue officielle : arabe.
Monnaie : rial yéménite ; le taux de change est flottant depuis juillet 1996 (1 euro valait 271 rials yéménites le 2 mai2017).
Fêtes nationales : 22 mai (proclamation de la République unifiée du Yémen, en 1990), 26 septembre (anniversaire de la révolution républicaine dans l’ex-Nord Yémen) et 14 octobre (anniversaire de l’indépendance de l’ex-Sud Yémen).

Données démographiques et sociales

Croissance démographique : 2,45 % (2015).
Espérance de vie : 65 ans pour les hommes, 62 ans pour les femmes (2015).
Taux d’alphabétisation : estimé aux alentours de 70,1 %, 85% pour les hommes, 55% pour les femmes (2015)
Religions : 60% à 75% de sunnites de rite chaféite, 25% à 40% de chiites zaïdites (nord du pays).
Indice de développement humain : 0,498 (2014) ; Rang : 160e sur 188 pays (classement du PNUD).
Enfants souffrant de malnutrition aigüe : 2,2 millions

Données économiques

PIB (2015) : 37,7 milliards de dollars
Taux de croissance (2015) : -28.1% (estimation FMI)
Taux de chômage (2014) : 17,4 % ; 40% selon les estimations internationales.
Taux d’inflation (2014) : 10,4%
Dette publique : estimée à 99% du PIB en 2015
Population vivant sous le seuil de pauvreté (2012) : 54,5%

Le secteur pétrolier représentait 86 % des recettes d’exportation et 65% des recettes budgétaires de l’Etat en 2012. En raison de la guerre civile, les exportations de pétrole sont actuellement suspendues.

Consulat de France : chancellerie consulaire de l’ambassade de France à Sanaa (consul honoraire à Aden). En raison de la situation sécuritaire au Yémen, l’ambassade est fermée depuis février 2015.
Communauté française au Yémen : la totalité des Français immatriculés a quitté le pays.

Composition du gouvernement

Président de la République : M. Abd Rabbo Mansour Hadi (vice-président de la République arabe du Yémen depuis le 3 octobre 1994, élu président de la République du Yémen le 21 février 2012 avec 99,6% des suffrages et un taux de participation de 54%).

En octobre 2014, le président Hadi désigne M. Khaled Bahah comme Premier ministre et le charge de former un nouveau gouvernement. Le 1er décembre 2015, le président Hadi décide de remanier le gouvernement, en nommant notamment un nouveau ministre des affaires étrangères.

En avril 2016, le président Hadi nomme un nouveau vice-président, Ali Mohsen al Ahmar, et un nouveau Premier ministre, Ahmad Ben Dagher. Un remaniement partiel a eu lieu le 27 avril 2017.

Vice-président : Ali Mohsen al Ahmar
Premier ministre : Ahmad Ben Dagher

Les ministres
1- Vice-Premier ministre, ministre des affaires étrangères : Abdel Malek Abdel Jalil Al Mikhlafi
2- Vice-Premier ministre, ministre de la fonction publique et de l’assurance : Abdel Aziz Ahmed Jabari
3- Vice-Premier ministre, ministre de l’intérieur : général Hussein Mohammed Arab
4- Ministre de la défense : Général Mahmoud Ahmed Al Sobihi
5- Ministre des finances : Ahmed Obeid Al Fadhli
6- Ministre de l’électricité : Abdallah Mohsen Al Akoua’
7- Ministre de l’administration locale : Abdel Raqib Al Aswadi
8- Ministre de la santé publique et de l’habitat : Nasser Mohsen Ba oum
9- Ministre des droits de l’Homme Mohammed Mohsen Askar
10- Ministre des affaires juridiques : Nahal Ali Al Awlaqi :
11- Ministre des affaires parlementaires : Othman Mujalli
12- Ministre de l’industrie et du commerce : Mohammed Saïd Al Saadi :
13- Ministre des transports : Mourad Al Halimi
14- Ministre de l’information : Moammar Al Eyrani
15- Ministre de la justice : Gamal Mohammed Omar
16- Ministre du plan et de la coopération internationale :Mohammed Abdel Wahed Al Meytami
17- Ministre des affaires sociales et du Travail : Abtahey Kamal
18- Ministre du pétrole et des mines :Seif Mohsen Al Sharif
19- Ministre de la richesse halieutique :Fahad Salem Kafaïn
20- Ministre de l’agriculture : Ahmed bin Ahmed Al Massiri
21- Ministre de la culture :Marwan Ahmed Damaj
22- Ministre de l’éducation :Abdel Latif Hussein Al Hakimi
23- Ministre des affaires des expatriés :Alawi Mohammed Bafqiya
24- Ministre des Awqaf et de l’Orientation :Ahmed Zubayan Attiyah
25- Ministre des travaux publics et des routes :Moeen Abdelmalek Saeed
26- Ministre du tourisme : Mohammed Al Qubaty
27- Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique : Hussein Abdelrahman Basalama
28- Ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle : Abdallah Salam Lamlas
29- Ministre de la communication et des technologies de l’information et de la communication : Lotfi Mohammed Basharif
30- Ministre de l’eau et de l’environnement : Ezzi Habat Allah Shuraym
31- Ministre de la jeunes et des sports : Naif Saleh Al Bakri
32- Ministre chargé des résultats du dialogue national :Yasser Abdallah Al Raini

Présence française

Consulat de France : chancellerie consulaire de l’ambassade de France à Sanaa (consul honoraire à Aden). En raison de la situation sécuritaire au Yémen, l’ambassade est fermée depuis février 2015.
Communauté française au Yémen : la totalité des Français immatriculés a quitté le pays.

Éléments d’actualité

Politique intérieure

Une transition politique inachevée

Débutant en janvier 2011, dans le contexte des bouleversements en Tunisie et en Egypte, la crise yéménite s’est développée sur fond de rejet du président Saleh, à la fois sous l’effet de l’usure du pouvoir (trente-trois ans de présidence, corruption, atteinte aux droits de l’Homme, prééminence de l’appareil sécuritaire) mais aussi à la suite des décisions prises durant la crise (tentative avortée, le 1er janvier, de modifier la constitution pour permettre sa réélection à vie, répression contre l’opposition).

A l’inverse des crises syrienne et libyenne, un consensus s’est dégagé assez rapidement entre les parties, y compris le président, en faveur d’une transition pacifique et ordonnée, sur la base du plan présenté en mars 2011 par le CCEAG (conseil de coopération des Etats arabes du Golfe), qui prévoyait notamment la démission du chef de l’Etat en échange d’immunités. Les discussions se sont toutefois prolongées sur les modalités de mise en œuvre de cet accord, en raison des tergiversations du chef de l’Etat (qui, à trois reprises, s’est refusé à signer) rendant nécessaire la rédaction d’un mécanisme d’application du plan du CCEAG.

Le président Saleh a finalement accepté, sous la pression internationale, de signer, le 23 novembre 2011, à Riyad, le plan du CCEAG, qui a ouvert la voie à un règlement politique et au premier processus de transition pacifique du « printemps arabe ». Les partis au pouvoir et ceux de l’opposition ont ensuite signé le mécanisme d’application, qui prévoyait deux phases de transition :

La première d’une durée de 90 jours devait permettre le transfert immédiat des principales prérogatives constitutionnelles du président au vice-président, M. Hadi. Cette phase s’est achevée avec la convocation en février 2012 d’élections présidentielles qui ont permis l’élection du président Hadi, pour une durée de deux ans.

La deuxième phase qui s’étalait sur deux années, prévoyait le lancement d’une conférence du dialogue national, rassemblant l’ensemble des composantes de la vie politique yéménite, dont les travaux devaient permettre l’élaboration d’une nouvelle constitution et la tenue d’élections législatives et générales (délai de deux ans). Cette phase a débuté le 18 mars 2013 avec quatre mois de retard et s’est conclue le 25 janvier 2014, par la publication d’un document contenant 1800 recommandations. La conférence de dialogue national a pu se clore positivement grâce à la signature préalable, le 8 janvier, d’un accord sur une solution équitable à la question du sud, co-parrainé par le président Hadi et l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Jamal Benomar.

L’échec de la dernière phase de transition politique a plongé le pays dans une guerre civile qui a provoqué l’intervention d’une coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite en mars 2015.

Cette dernière phase devait aboutir dans le délai d’un an. Ce délai, fixé par le rapport final de la conférence de dialogue national, comprenait la rédaction d’une nouvelle constitution, un referendum de validation et la tenue d’élections législatives et présidentielles. Par ailleurs, le comité de détermination des régions, présidé par le chef de l’Etat, avait annoncé, le 10 février 2014, la nouvelle division du pays en 6 régions dont les pouvoirs restaient à déterminer. Ce découpage était loin de faire l’unanimité. La question des sanctions contre l’ancien régime, des compétences attribuées aux nouvelles régions, de la répartition des pouvoirs entre président et parlement, ainsi que les conditions d’accès aux hautes fonctions publiques, étaient la source de fortes divergences. Début 2014, les affrontements entre les autorités légitimes et les milices houthies se sont multipliés et ont interrompu la transition politique. Le président Hadi et son Premier ministre, après avoir été contraints par les Houthis à quitter la capitale, ont dû se réfugier à Aden, puis s’installer provisoirement à Riyad.

Le 25 mars 2015, à la suite de l’appel du président Hadi en faveur d’une opération militaire au Yémen, l’Arabie Saoudite prend la tête d’une coalition de pays arabes sunnites et lance l’opération « Tempête décisive ». L’opération « Restaurer l’espoir » lui succède dans le même objectif, celui d’endiguer les avancées des Houthis.

Deux ans après le lancement de l’opération de la coalition, les bombardements et les combats au sol se poursuivent. L’Arabie Saoudite est désormais visée sur son propre territoire, des affrontements entre soldats saoudiens et rebelles houthis ayant lieu dans les trois provinces méridionales du Royaume.

L’alliance entre les Houthis et l’ex-président Saleh se maintient. L’ancien président, qui bénéficie encore d’un soutien populaire, continue à jouer un rôle clé dans le conflit actuel.

Une situation sécuritaire toujours incertaine

Les groupes terroristes implantés au Yémen sont les premiers bénéficiaires de la dégradation de la situation sécuritaire depuis le début de l’année 2015. A la faveur de l’instabilité qui règne dans le pays, l’organisation Al Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) a progressivement étendu son emprise sur la province orientale du pays, l’Hadramaout. AQPA, bien que déstabilisée par la perte de la ville de Moukalla le 26 avril dernier, continue de consolider son assise territoriale dans la province orientale. Daech poursuit sa stratégie d’attentats ciblés et a revendiqué les deux attentats commis en décembre 2016 à une semaine d’intervalle contre une caserne à Aden, dont le bilan s’élève à 80 victimes.

Déjà récurrents avant le déclenchement de la guerre civile, les enlèvements, tentatives d’enlèvements et assassinats d’étrangers, diplomates et personnel humanitaires demeurent très fréquents.

La menace terroriste s’accroît

Les groupes terroristes implantés au Yémen sont les premiers bénéficiaires de la dégradation de la situation sécuritaire depuis le début de l’année 2015. A la faveur de l’instabilité dans laquelle a sombré le pays, l’organisation d’Al Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) a progressivement étendu son emprise sur la province orientale du pays, l’Hadramaout. AQPA, bien que déstabilisée par la perte de la ville de Moukalla le 26 avril 2016, continue de consolider son assise territoriale dans la province orientale. Daech poursuit sa stratégie d’attentats ciblés, et a revendiqué les deux attentats commis en décembre 2016 à une semaine d’intervalle contre une caserne à Aden, dont le bilan s’élève à 80 victimes.

Déjà récurrents avant le déclenchement de la guerre civile, les enlèvements, tentatives d’enlèvements et assassinats d’étrangers, diplomates et personnel humanitaires demeurent très fréquents.

Une situation humanitaire préoccupante

L’ONU estimait avant le conflit que 13 millions de Yéménites, soit environ la moitié de la population, vivaient en dessous du seuil de pauvreté et que 19 millions étaient en état d’insécurité alimentaire. Près de 80% de la population a aujourd’hui besoin d’assistance humanitaire. Les Nations unies considèrent que le conflit au Yémen constitue une des quatre plus importantes urgences alimentaires dans le monde. La situation est particulièrement critique à Taëz, assiégée par les forces houthies depuis plusieurs mois. L’acheminement de l’aide alimentaire et médicale est difficile, malgré la mise en place du mécanisme d’inspection et de vérification des Nations Unies en mai 2016.

Le bilan des victimes du conflit entre mars 2015 et mars 2017 s’élève à plus de 7000 morts selon l’ONU.

Situation économique

Une situation économique extrêmement fragile aggravée par le conflit actuel

Pays le plus peuplé de la péninsule Arabique (26,8 millions d’habitants) après l’Arabie saoudite, le Yémen est aussi le pays le plus pauvre du Moyen-Orient. C’est le seul pays le moins avancé (PMA) du monde arabe. Le Yémen est marqué par une très grande pauvreté, un faible taux de scolarisation, une malnutrition chronique et une absence d’accès à l’eau potable pour près d’un tiers de la population. Le pays connaît par ailleurs un stress hydrique est très important, la culture intensive du qat mobilisant 40% de la ressource en eau. Avant 2015, le Yémen était déjà dans une situation d’extrême fragilité sur le plan économique, ce qui rendait indispensable un soutien financier de la part de la communauté internationale.

L’économie du Yémen repose historiquement sur trois piliers : l’agriculture (la production de céréales ne couvre qu’un quart des besoins tandis que la culture du qat, arbuste dont la mastication des feuilles fraîches produit un effet euphorisant, représente un tiers de la production agricole et répond à une habitude profondément ancrée dans la population) ; le pétrole (150.000 barils/jour en 2012), dont la production recule depuis 2001 (épuisement des réserves à horizon 2020) ; et les transferts des travailleurs émigrés, notamment en Arabie saoudite. Le gaz naturel est exploité et disposerait d’importantes réserves.

Le conflit actuel a eu pour conséquence un effondrement de l’économie locale. Alors que le pays était un petit exportateur de pétrole, dont provenaient 65% des ressources de l’Etat, celui-ci ne peut plus compter sur les revenus du pétrole, la production ayant été suspendue en raison de la dégradation de la situation sécuritaire. Le transfert de la banque centrale de Sanaa à Aden, à l’initiative du président Hadi, a fragilisé davantage la situation économique du pays.

Politique étrangère

Préserver l’unité du pays

Situé au sud de la péninsule Arabique, le Yémen bénéficie d’une position stratégique qui le place au carrefour de l’Asie et de l’Afrique. Le pays entretient des relations de bon voisinage avec les pays frontaliers, depuis le règlement des contentieux qui l’opposaient au Sultanat d’Oman, à l’Arabie saoudite et à l’Erythrée. Le pays reste attentif à l’évolution de la situation dans la Corne de l’Afrique et dénonce régulièrement l’ingérence iranienne dans les affaires yéménites.

Compte tenu de la fragilité économique du pays, le gouvernement yéménite s’est toujours efforcé de maintenir des liens étroits avec ses principaux bailleurs de fonds, à savoir les pays du CCEAG, l’Union européenne et les Etats-Unis, afin de s’assurer une aide économique et financière indispensable à la stabilité du pays.

La crise que traverse actuellement le pays a renforcé les liens qu’entretiennent les autorités légitimes avec les pays du CCEAG, notamment l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, et a fortement contribué à dégrader la relation bilatérale avec l’Iran, qui se voit reprocher son soutien à la rébellion houthie.

Mise à jour : 03.05.17

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