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La France et la Turquie

Brève

Turquie - Entretien de Harlem Désir avec son homologue turc (Paris, 28 octobre 2014)

A la veille de la visite en France du président turc le 31 octobre, cet entretien a permis faire le point sur le processus de négociation d’adhésion à l’Union européenne et sur le dialogue en matière de visas, engagé avec la Commission à la suite à l’entrée en vigueur le 1er octobre de l’accord de réadmission entre l’Union européenne et la Turquie.

Relations politiques

Relations politiques

Histoire des relations franco-turques : voir le site de l’ambassade de France en Turquie

La relation franco-turque a été marquée ces dernières années par des divergences sur les questions de l’adhésion de la Turquie à l’UE et du génocide arménien. A l’arrivée au pouvoir du Président François Hollande, les autorités turques ont marqué leur volonté d’ouvrir une « nouvelle ère » dans les relations bilatérales avec la France. Le Président de la République a appelé de ses vœux la mise en place d’une relation stable et confiante entre les deux pays, la France considérant la Turquie comme un partenaire important, avec lequel elle souhaite entretenir une relation forte, amicale et pérenne.

De fait, le dialogue bilatéral est étoffé :

  • une convergence sur les grands dossiers d’actualité internationale : nos deux pays ont mené des concertations régulières sur les questions internationales : les crises au Proche et Moyen-Orient, la crise financière, le G20, les questions climatiques. - une coopération en matière de lutte contre le terrorisme : la France a mené plusieurs actions policières et judicaires contre le PKK sur son territoire. Un accord de sécurité franco-turc a été signé le 7 octobre 2011 à Ankara.
  • les contacts de haut niveau sont réguliers : le Président de la République s’est rendu les 27 et 28 janvier en Turquie, pour une visite d’Etat, la première depuis 1992. Dernièrement, il s’est entretenu avec le nouveau Président-élu Recep Tayyip Erdoğan au sommet de l’OTAN au pays de Galles, à Newport.

Relations économiques et commerciales

En 2013, la France est le 8ème fournisseur de la Turquie avec 6,4 Mds € d’exportations et son 6ème client avec 5,9 Mds € d’importations. La Turquie est notre 13ème débouché dans le monde (5ème client hors UE et Suisse), derrière les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon mais devant l’Inde et le Brésil. La Turquie est notre 16ème fournisseur dans le monde. Au total, notre balance est structurellement positive avec un taux de couverture de 106%.

En 2013, la France est le 8ème fournisseur de la Turquie et son 6ème client. La Turquie est notre 13ème débouché (5ème client hors UE et Suisse), derrière les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon mais devant l’Inde et le Brésil. La Turquie est notre 16ème fournisseur dans le monde. Si nos ventes à la Turquie ont été multipliées par 2 ces 10 dernières années, un résultat dû à la forte croissance de la demande turque, notre part de marché recule passant de 6,3% en 2002 à 4,4% en 2011 et à 3,2% en 2013. Si l’UE demeure le 1er partenaire commercial de la Turquie, sa part dans les achats turcs est passée de 48% en 2002 à 36% en 2013. Ce recul s’explique par une réorientation progressive des échanges de la Turquie vers le Proche et Moyen-Orient, les pays du Caucase et l’Asie et par une structure des importations turques moins favorables à l’offre française (augmentation de la part des hydrocarbures notamment).

En termes de stocks, les sociétés françaises ont investi plus de 7 Mds USD en Turquie, ce qui place la France au 7ième rang des pourvoyeurs d’IDE derrière les Pays-Bas (27,9 Mds USD, effet holding), l’Allemagne (12,6 Mds USD), l’Autriche (10,5 Mds USD), le Royaume-Uni (9,1 Mds USD), les Etats-Unis (7,9 Mds USD) et les Emirats Arabes Unis (7,2 Mds USD). Le stock d’investissement français représente 5% du stock global d’IDE en Turquie. Les flux d’IDE français vers la Turquie se sont établis à 985 MUSD en 2011 (contre 593 MUSD en 2009), soit 6,3% du total des IDE à destination de la Turquie (15,7 Mds USD).

L’année 2012 a été marquée par la prise de participation de 38% de ADP dans TAV pour 874 M$. L’investissement français en Turquie concerne tous les secteurs et joue un rôle important dans l’économie turque. 400 implantations françaises sont aujourd’hui recensées en Turquie, concentrant près de 100.000 emplois. Istanbul est la région d’accueil de la majorité des investissements français avec environ 70%. Mais les entreprises françaises sont aussi installées dans les régions suivantes : Ankara (10%), Kocaeli (5%), Izmir (5%) et Bursa (4%).

La présence des entreprises françaises est multiforme :

  • secteur automobile : Renault est la première entreprise exportatrice du pays et exporte près de 85% de sa production, l’entreprise produit en Turquie sa première berline électrique ;
  • secteur bancaire et financier : Axa est la première compagnie d’assurance turque en termes de collecte de primes ;
  • secteur des transports : AdP est devenu le principal actionnaire (38%) de l’opérateur aéroportuaire TAV et la CDC (via le fond InfraMinervois) est actionnaire de la société d’exploitation du port d’Iskanderun ;
  • secteur industriel : Alstom possède à Gebzeson l’usine de transformateurs électriques la plus moderne au monde ;
  • secteur énergétique : GDF Suez a remporté l’appel d’offre pour Izgaz (3ème distributeur turc de gaz naturel pour 232 M$) ; EDF Energies Nouvelles a pris une participation de 50% dans le capital de la société PolatEnerji, l’un des principaux développeurs éoliens en Turquie ;
  • secteur des biens courants : plusieurs marques ou enseignes, dont certaines occupent une position dominante (Carrefour, Darty, Décathlon, Danone, fromageries Bel, L’Oréal, stations de service Total)

La coopération culturelle, scientifique et technique

La Turquie est un partenaire majeur de la France dans ce domaine.

La coopération institutionnelle et technique (dont fonction publique et gestion du territoire) est particulièrement importante. Cette coopération vise au renforcement de l’État de droit, des libertés publiques et à l’accroissement de la capacité administrative par la formation aux affaires européennes pour les hauts fonctionnaires, la formation des préfets et des magistrats, l’appui à la modernisation des forces de police.

La coopération éducative et linguistique vise à promouvoir l’enseignement du français. En effet, malgré une implantation ancienne de la francophonie, seuls 1% des élèves turcs parlent le français. L’objectif est d’augmenter le nombre d’apprenant de français en saisissant l’opportunité offerte par l’instauration d’une deuxième langue obligatoire dans les lycées turcs.

Les instruments de la francophonie sont :

  • Un réseau d’établissements bilingues, essentiel pour notre coopération, qui comprend 10 établissements, et accueille plus de 9 000 élèves : le lycée et l’université de Galatasaray ; six établissements privés congréganistes français ; la fondation laïque privée turque Tevfik Fikret.
    Les six établissements privés et la fondation Tevfik Fikret ont intégré en 2012 le club d’excellence LabelFrancÉducation.
  • La MICEL (Mission de Coopération Éducative et Linguistique), établissement à autonomie financière créé en 1994, qui permet de mettre des enseignants français à la disposition du dispositif intégré Galatasaray (lycée et université).
  • Deux établissements scolaires français (conventionnés avec l’AEFE) : le lycée Charles de Gaulle à Ankara et le lycée Pierre Loti à Istanbul qui totalisent plus de 1800 élèves dont 43% de français.

Dans le domaine de la recherche, en plein essor dans la société turque, la priorité est à la structuration de la coopération autour du Programme Bosphore (Partenariat Hubert Curien) avec le Tübitak (équivalent du CNRS). Dans le domaine des sciences sociales et humaines et de l’archéologie, nous disposons d’un remarquable instrument avec l’Institut français d’études Anatoliennes (IFEA) « Georges Dumézil », fondé à Istanbul en 1930.

En matière de coopération universitaire, l’objectif est le renforcement de l’attractivité de la France et le développement de programmes de bourses cofinancés en direction des élites turques, qu’elles soient francophones ou davantage tournées vers le monde anglo-saxon. Le nombre d’étudiants turcs choisissant la France pour poursuivre leurs études augmente (environ 2000), mais reste insuffisant. La France est le 3ème pays d’accueil (après l’Allemagne et les États-Unis). La promotion de l’enseignement supérieur français s’effectue notamment au travers des agences Campus France. La France occupe une position particulière en Turquie grâce au succès de l’université Galatasaray à Istanbul. Créée en 1992, l’université est composée de 5 facultés (droit, communication, sciences économiques et administratives, sciences et lettres, ingénierie et technologie) qui accueillent plus de 3 000 étudiants répartis sur 5 années d’enseignement

La coopération culturelle et artistique s’appuie sur « l’Institut français de Turquie », un établissement culturel unique disposant de trois implantations à Ankara, Istanbul et Izmir. Une Alliance française est également présente à Adana. Une autre antenne devrait ouvrir prochainement à Bursa.

Mise à jour : 06.10.14

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