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Présentation

Données générales

Nom officiel : République démocratique de Timor-Est
Nature du régime : démocratie parlementaire
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : Taur Matan Ruak (José Maria de Vasconcelos), Président de la République (depuis le 20 mai 2012)


Données géographiques

Superficie : 15 410 km²
Capitale : Dili
Villes principales : Bacau
Langues officielles : tetum, portugais
Langues courantes : tetum, portugais, indonésien
Monnaie : dollar américain (à partir d’1$) et centavos (en-dessous d’1 $)
Fête nationale : 20 mai


Données démographiques

Population (2012) : 1,12 M
Densité : 78 h/km²
Croissance démographique : 2,4%
Espérance de vie (2011) : 66 ans
Taux d’alphabétisation (2011) : 79 %
Religion (s) : catholique à plus de 90%
Indice de développement humain (2012) : 0,576 (134ème)


Données économiques

PIB (BM 2012) : 1,293 milliards US$ (Papouasie-Nouvelle-Guinée : 17 milliards US$ ; Indonésie : 846 milliards US$)
Taux de croissance (BM 2012) : 10,6% (Papouasie-Nouvelle-Guinée : 7,5% ; Indonésie : 6,2%)
Taux de chômage : 10 %, sous-emploi important
Taux d’inflation (FMI 2012) : 10,9% (Papouasie-Nouvelle-Guinée : 1,4% en 2012 ; Indonésie : 4,3% en 2012)

Balance commerciale : -0,4 Md US$ (2010), -39,1 M US$ (avril-juin 2011) (en 2011 : Papouasie-Nouvelle-Guinée : 2721 millions US$ ; Indonésie : 25,4 milliards US$)

Principaux clients : Australie, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande
Principaux fournisseurs : Indonésie, Singapour, Australie

Part des principaux secteurs d’activité dans le PIB (2011) :

  • agriculture : 31,5 %
  • industrie : 15,9 %
  • services : 52,6%

Exportations de la France vers Timor-Est (2008) : 1 M €
Importations françaises depuis Timor-Est (2008) : 276 000 €

Pour plus d’informations, se reporter au site du service économique : http://www.tresor.economie.gouv.fr/…

Communauté française : environ 40 personnes


Politique intérieure

Timor Oriental est un jeune pays dont l’indépendance fut déclarée en 2002. L’élection présidentielle de 2002 a vu l’élection de Xanana Gusmão, ancien chef de la résistance, avec plus de 82 % des suffrages. La situation politique et sécuritaire est cependant restée fragile. De violents affrontements entre l’armée et la police en mai 2006 ont conduit le président Gusmão à demander l’intervention de la communauté internationale.

Une force militaire de 2 500 hommes, fournis par l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Malaisie et le Portugal, a rétabli l’ordre dans les rues de Dili et sécurisé l’aéroport. Une nouvelle mission de police (la MINUT) a été créée par le Conseil de sécurité des Nations unies (résolution 1704) en août 2006, notamment pour aider l’organisation des élections de 2007. Son mandat s’est achevé à la fin de l’année 2012.

M. José Ramos Horta, prix Nobel de la paix et ancien Premier ministre, est devenu en mai 2007 président de la République, avec 69 % des voix face au candidat du parti « historique » Fretilin, après un scrutin qui s’est déroulé dans de bonnes conditions. Les élections législatives du 30 juin 2007 ont été marquées par un fort taux de participation et le recul du Fretilin. L’ancien président Xanana Gusmão a été nommé Premier ministre à la tête d’un gouvernement de coalition excluant le Fretilin.

Une tentative d’assassinat organisée par des rebelles en fuite depuis les événements de 2006 a été fomentée en février 2008 contre M. Ramos Horta et son Premier ministre. Le président de la République a été grièvement blessé mais le choc causé par cet événement a permis d’accélérer le traitement de la situation des mutins de 2006, qui se sont tous rendus aux autorités. Les forces de police ont progressivement repris, depuis mai 2009, la responsabilité du maintien de l’ordre dans le pays.

La stabilisation politique du pays se confirme avec le bon déroulement de la campagne électorale de 2012. Le scrutin présidentiel des 17 mars et 16 avril 2012 a porté à la présidence de la République Taur Matan Ruak (José Maria de Vasconcelos), chef des forces de libération nationale de Timor-Est (Falintil) pendant la lutte pour l’indépendance, puis ancien chef des forces armées (2001-2011). Des élections législatives ont eu lieu le 7 juillet 2012. Ces différents scrutins se sont déroulés dans des conditions satisfaisantes. Le départ de la MINUT (mission des Nations unies au Timor) a pris effet fin 2012.


Situation économique

Timor-Est est l’un des pays les plus pauvres d’Asie. Il possède des gisements de pétrole et de gaz naturel situés off-shore et dont l’exploitation a débuté en 2000 (cf. politique extérieure). Le gisement de Bayu Undan est relié par gazoduc à Darwin, au nord de l’Australie. Les revenus qui en sont tirés sont principalement placés sur un fonds souverain. Deux cent millions de dollars grossiraient chaque mois ce fonds évalué par le Directeur de la Banque centrale à 16 milliards de dollars. D’après certaines estimations, si aucun nouveau champ n’est découvert, ce fonds souverain atteindra en 2025, date de déplétion des champs actuellement exploités, la valeur de 25 milliards de dollars.

Sur les cinq dernières années, la croissance économique annuelle moyenne du pays a été de 10,9%. La dépense publique, alimentée par les revenus pétroliers, reste de loin le premier facteur de croissance, avec une forte progression des dépenses d’investissement. Conscientes de leur très forte dépendance aux hydrocarbures (93% du budget de l’Etat est alimenté par les revenus tirés de cette exploitation), les autorités cherchent à identifier de nouvelles sources de croissance. Le marbre, à l’est du pays, ainsi que le manganèse, à Oecussi, attendent d’être exploités. Le tourisme compte également parmi les pistes retenues par les autorités timoraises.

Le secteur privé étant faiblement développé, la jeune République dépend pour sa consommation domestique des importations, notamment en provenance d’Indonésie. Le chômage atteint des niveaux très élevés, surtout en ville (17%), tandis que le pays est confronté au manque de personnel qualifié. 65 % de la population active est employée dans le secteur agricole (contre 80% il y a dix ans). Les cultures sont essentiellement vivrières (riz, maïs, manioc), à faible productivité, et l’autosuffisance alimentaire est loin d’être assurée (le pays consomme quatre fois plus de riz qu’il n’en produit). Timor-Est produit du café qui commence à être labellisé et exporté. Les résultats du recensement mené en 2010 montrent un exode rural rapide et des disparités croissantes entre villes et campagnes.

Les autorités timoraises ont défini une stratégie ambitieuse de développement : un « plan stratégique de développement 2011-2030 » a été adopté en juillet 2011. Reposant sur le développement de la filière pétrolière, il doit servir de cadre aux investissements publics et aux politiques de développement. L’un de ses objectifs est notamment d’éradiquer l’extrême pauvreté d’ici 2030 (41% de la population vivait en 2010 sous le seuil de pauvreté) et de faire en sorte que Timor-Est rejoigne le groupe des pays à revenus intermédiaires.

Le plan se décline en trois volets (développement du capital social, des infrastructures et de l’économie non-pétrolière) et fait ainsi une large place au développement humain, à l’inclusion sociale et à la réduction de la pauvreté. Le renforcement des infrastructures est une priorité des autorités timoraises, qui bénéficient du soutien des bailleurs (modernisation de l’aéroport international de Dili, développement d’un nouveau port pour le transport de marchandises à Tibar, modernisation des routes).


Politique extérieure

Timor-Est privilégie ses relations avec ses deux voisins immédiats (Indonésie et Australie notamment), ainsi que son insertion en Asie du Sud-Est (partenaire de l’ASEAN, il a renouvelé en décembre 2012 sa volonté d’intégrer l’ASEAN pour tirer profit de la croissance des échanges intra régionaux). Des liens très forts persistent avec le Portugal. Le portugais est l’une des deux langues officielles et est utilisé pour la rédaction des textes de loi. Depuis son indépendance, le Timor est membre de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (Comunidade dos Países de Língua Portuguesa - CPLP), organisation regroupant les 8 pays lusophones. Timor-Est est le 4e bénéficiaire de l’aide au développement portugaise. Le Timor est par ailleurs devenu membre du FMI, de la Banque mondiale et de la BAsD en 2011. En 2013, Timor a engagé des démarches en vie de devenir membre de la Communauté du Pacifique (CPS).

Les relations avec l’Indonésie se veulent cordiales et sans rancœur. Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono s’est rendu en visite officielle à Timor-Est en avril 2005 tandis que le président Ramos Horta a effectué en Indonésie en juin 2007 son premier voyage officiel. Les deux pays ont une frontière terrestre commune et Timor-Est est souverain sur un territoire enclavé dans la partie occidentale de l’île de Timor (enclave d’Oecussi).

Un accord sur les frontières terrestres a été signé en avril 2005. Une commission de réconciliation « Vérité et Amitié », sans pouvoirs judiciaires, a été établie en décembre 2004 pour faire la lumière sur les événements de 1999. Elle a conclu en juillet 2008 à la responsabilité institutionnelle de l’Indonésie, à propos de laquelle le président indonésien a exprimé ses profonds regrets. Les deux pays ont établi en 2011 des consultations sur les questions stratégiques et de sécurité et la coopération entre leurs forces armées. Des coopérations dans les domaines de l’éducation et de la formation, du tourisme, de l’industrie, du développement des infrastructures se mettent en place.

Les relations avec l’Australie sont contrastées. Les questions liées au tracé de la frontière maritime entre les deux pays et au partage des richesses gazières du Timor avec l’Australie sont sources de nombreuses frictions. Canberra avait reconnu "de facto" l’annexion de Timor-Est par l’Indonésie et avait conclu en 1989, avec l’Indonésie de Suharto, un traité sur le partage des eaux de la mer de Timor qui lui était très favorable (la Cour Internationale de Justice, saisie par le Portugal qui considérait que cet accord était illégal, s’était déclarée incompétente).

Une série d’accords bilatéraux a ensuite été conclue entre l’Australie et le Timor nouvellement indépendant pour régler la question de l’exploitation de gisements d’hydrocarbures dans des zones de la mer de Timor disputées entre les deux pays. Un premier accord signé en 2002, le jour de l’indépendance de Timor, créait une zone conjointe d’exploitation pétrolière (Joint Petroleum Development Area – JPDA) de 61.000 km2 dont 90% des ressources revenaient au Timor. L’accord d’utilisation concernant la zone de « Greater Sunrise » attribuant 82% des revenus à l’Australie a été modifié en 2006par le traité CMATS (Certain Maritime Arrangements in the Timor Sea) qui porte la part des revenus à égalité (50%) pour chaque pays. Le Timor a à présent engagé une procédure arbitrale pour déclarer le traité invalide au motif qu’il n’aurait pas été négocié de bonne foi par l’Australie.

Plusieurs affaires compliquent par ailleurs la relation bilatérale. La compagnie australienne Woodside, opérateur et principal actionnaire de la joint-venture ayant obtenu les droits d’exploration du gisement de Greater Sunrise, est en désaccord avec le gouvernement timorais sur le plan de développement du gisement (construction d’une usine de liquéfaction sur la côte sud du pays ; construction d’une usine flottante, ou utilisation des usines installées à Darwin, en Australie). Plus récemment, le scandale des écoutes, qui a durablement rompu la confiance entre l’Australie et l’Indonésie, a également affecté les relations entre l’Australie et le Timor. Les autorités timoraises ont saisi la Cour internationale de Justice suite à la perquisition, à Canberra en décembre 2013, des locaux d’un de leurs conseillers juridique.

L’Australie a fourni l’essentiel de la force multinationale (Interfet) déployée pour ramener le calme au lendemain de la proclamation des résultats du référendum d’autodétermination en 1999. Aujourd’hui, avec près de 40% du total de l’aide internationale, l’Australie est le premier donateur bilatéral et fournit une aide particulièrement importante (environ 340 M€ entre 1999 et 2007, 123,7 MA$ pour 2011-2012). Les deux pays ont signé, en novembre 2011, un accord de partenariat pour le développement (éducation, santé, infrastructures rurales et gouvernance).

L’Australie a par ailleurs des programmes de coopération militaire et de police avec le Timor et souhaite développer une coopération économique entre le Territoire du Nord, le Timor et les Moluques (triangle Ambon - Darwin - Dili). Une dizaine d’ONG soutenues par le gouvernement australien mènent des activités dans le pays, avec des efforts particuliers dans le secteur de l’agriculture.


Mise à jour : 27.03.14


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