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Présentation du Tchad

Présentation

Données générales

Nom officiel : République du Tchad.
Nature du régime : République.
Chef de l’Etat et/ou du gouvernement :
M. Idriss Déby Itno, Président de la République.

Données géographiques

Superficie : 1 284 000 km²
Capitale : Ndjamena.
Villes principales : Ndjamena, Abéché, Moundou, Sahr.
Langue(s) officielle(s) : français, arabe.
Langue(s) courante(s) : français, arabe tchadien.
Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 euro).
Fête nationale : 11 août (proclamation de l’indépendance).

Données démographiques

Population : 12,28 millions d’hab. (INED, 2013)
Densité : 8,9 hab/km²
Croissance démographique : 2,59 % (BM, 2014)
Espérance de vie : 51,6 ans (INED, 2014).
Taux d’alphabétisation des adultes (15 ans et plus) : 34,5 % (PNUD)
Religions :
Islam (55%), christianisme et animisme (45 %).
Indice de développement humain :
184e sur 187 pays (PNUD, 2014).

Données économiques

PIB 2013 : 13,4 MdUSD (DGT, 2014).
PIB par habitant 2013 : 1188 USD (DGT, 2014)
Taux de croissance 2013 : + 3,9 % (DGT, 2014).
Taux d’inflation 2013 : + 0,2 % (DGT, 2014)
Solde budgétaire total : -6,2 % du PIB (DGT, 2014)
Balance commerciale : + 2,6 MdUSD (EIU, 2011)

Principaux clients : Etats-Unis (80,6,8 %), Japon (6,0 %), Inde (4,3 %) (DGT, 2014)
Principaux fournisseurs : Chine (35,8 %), France (14,9 %), Etats-Unis (7,2 %) (DGT, 2014)

Part des secteurs d’activités dans le PIB :

  • primaire : 46 %,
  • secondaire : 14 %,
  • tertiaire : 40 %.

Exportations de la France vers le Tchad, 2013 : 160 MUSD (DGT, 2014)
Importations françaises depuis le Tchad, 2013 : 50 MUSD (DGT, 2014)

Communauté française au Tchad : 1 465 enregistrés (02-2015).
Communauté tchadienne en France : environ 2.000.

Politique intérieure

A la suite de la crise politique provoquée par la révision constitutionnelle de 2005, qui a permis au président Déby de se présenter devant les électeurs pour un troisième mandat en 2006, la communauté internationale (France, UE et OIF) a soutenu le dialogue politique inter-tchadien en application de l’« accord politique en vue du renforcement du processus démocratique au Tchad » conclu le 13 août 2007.

Ce processus a permis la tenue d’élections législatives puis présidentielles en 2011, sous la supervision de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Les élections législatives ont eu lieu le 13 février 2011, donnant la majorité absolue au parti présidentiel (Mouvement patriotique du Salut – MPS), avec 114 sièges sur 188. L’élection s’est globalement tenue dans de bonnes conditions, mais de nombreux problèmes d’organisation, ne remettant pas en cause la crédibilité du scrutin, ont été soulignés par les observateurs internationaux. L’élection présidentielle a eu lieu le 25 avril 2011. Les trois principaux candidats de l’opposition, dénonçant le manque de transparence du scrutin, ont annoncé la « suspension » de leur candidature et ont appelé au boycott. Le président Déby a été élu au 1er tour avec 83 % des voix (taux de participation : 55 %). L’opposition a contesté ces chiffres.

Des élections locales (les premières de l’histoire du pays) se sont tenues le 22 janvier 2012, dans 42 communes (10 arrondissements de Ndjamena, 10 villes de plus de 20 000 habitants et 22 chefs-lieux de région). Remportées par le parti au pouvoir (MPS), elles ont permis à l’opposition de conquérir deux municipalités importantes du sud du pays.

Le Comité de suivi de l’accord politique de 2007 a été remplacé en avril 2013 par une nouvelle structure, le « cadre national de dialogue politique » chargée de préparer les prochaines élections (législatives initialement prévues en 2015, présidentielle en 2016). Ce dernier a été rejoint à la fin du mois de mai 2014 par la principale coalition d’opposition.

L’adoption d’une loi constitutionnelle par l’Assemblée nationale tchadienne le vendredi 27 février 2015 a prorogé le mandat de cette même assemblée, qui devait arriver à échéance le 20 juillet 2015, « jusqu’à la mise en place de la nouvelle assemblée » – les élections législatives sont désormais envisagées pour 2017. Le Président Déby a par ailleurs indiqué devant l’ensemble des partis politiques qu’il souhaitait que la présidentielle se tienne à l’échéance prévue (avril 2016).

Sur le plan de la gouvernance, même si l’image du pays reste négative à l’étranger, l’exercice des libertés fondamentales est réel sur une bonne partie du territoire tchadien. La presse et les associations (de droits de l’Homme ou autres) agissent assez librement. Les « Etats généraux de la presse » de mai 2009 ont abouti au vote d’une nouvelle loi sur la presse le 18 août 2010, qui supprime les peines de prison pour les délits de presse, y compris le délit d’offense au chef de l’Etat, mais autorise une suspension de parution durant six mois.

Toutefois les capacités de l’administration tchadienne restent insuffisantes : les administrations centrales et déconcentrées manquent de cadres bien formés et de moyens. L’administration judiciaire est particulièrement déficiente. L’armée pèse sur le budget de l’Etat (40 000 hommes environ), alors que les secteurs sociaux, la santé et l’éducation, sont à la peine (35 000 étudiants).

Situation économique

Aux trois-quarts rural, supportant de fortes disparités de développement entre villes et campagne, le Tchad est un pays affecté de fragilités structurelles. La faiblesse de son PIB par habitant (1188 USD – source DGT 2014) et de son indice de développement humain (184e sur 187 pays classés par le PNUD – données 2014) illustrent la fragilité de l’économie. Jusqu’au début des années 2000, l’économie nationale reposait principalement sur l’agriculture et le commerce, l’industrie manufacturière n’occupant qu’une part marginale et reposant essentiellement sur la transformation (sucre et coton fibre). Le secteur industriel est néanmoins en cours de renforcement et de diversification avec la réalisation plus ou moins achevée de projets financés par l’Inde (filature, assemblage de tracteurs, tréfilerie, usine de jus de fruits…) et l’impact des deux unités de production livrées par la Chine (cimenterie de Baoré et raffinerie de Djermaya).

En 2002, la mise en valeur de gisements pétroliers à Doba (Sud), sur fond de hausse des prix du brut, a multiplié les ressources budgétaires du Tchad par 8. L’exploitation pétrolière, conduite par Exxon Mobil (Etats-Unis), a induit des recettes représentant 32 % du PIB en 2012. A ce titre, la baisse des cours du pétrole observée depuis le dernier trimestre 2014 fragilise l’économie tchadienne et rend particulièrement délicat l’exercice budgétaire 2015. La production pétrolière et le raffinage qui s’y rattache laissent présager une expansion industrielle (raffinerie de Djermaya, 40 km au nord de Ndjamena, construite par la Chine). Les explorations menées par le consortium pétrolier sino-tchadien (CNPC) et le lancement des travaux d’exploitation (nouveau champ pétrolifère de Mongo et construction d’un pipe-line de 300 km vers la future raffinerie) pourraient inverser la baisse observée de la production, de même que la mise en production des champs de Badila et Mangara, opérés par le canadien Griffiths.

Cependant, l’affectation des recettes pétrolières est à l’origine d’une rupture avec la Banque mondiale (2006-2008), qui a considéré que le gouvernement tchadien ne respectait pas ses engagements en termes de dépenses publiques (notamment quant à l’utilisation des recettes pétrolières, dont les affectations étaient contraires aux objectifs de la Stratégie nationale de réduction de la pauvreté). Ndjamena, de son côté, a expliqué que la menace persistante d’attaques rebelles l’amenait à accroître fortement les dépenses de sécurité. La BM a rétabli ses relations en janvier 2010 et a relancé un programme à hauteur de 180 MUSD.

Les relations avec le FMI ont été difficiles. Le Tchad a été le dernier pays d’Afrique subsaharienne à atteindre (avril 2015) le point d’achèvement, dans le cadre de l’initiative « Pays pauvres très endettés » (PPTE), du fait notamment de ses difficultés récurrentes à respecter les conditions requises. Dans le sillage de cette décision, le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de Développement ont annulé pour 1,1 milliard de dollars de dette tchadienne multilatérale. Le 24 juin, le Club de Paris a fait de même pour un montant de 62,6 millions de dollars. Depuis le 1er août 2014, le pays bénéficie d’une Facilité élargie de crédit (FEC), renouvelée en avril 2015.

Union européenne : le Tchad a bénéficié d’une enveloppe de 299 M€ dans le cadre du 10e FED (2008-2013). En hausse, l’enveloppe du 11e FED (2014-2020) s’élève à 442 M€ et se concentre sur trois priorités : la sécurité alimentaire, la nutrition et le développement rural (1), la gestion des ressources naturelles (2) et la consolidation de l’Etat de droit (3). L’UE met par ailleurs en œuvre un programme d’appui à la gouvernance concentré sur 3 axes : état civil, décentralisation et finances publiques.

Politique extérieure

Le Tchad est préoccupé par les évolutions chez ses voisins : mouvements terroristes au Sahel (attaques d’AQMI au Niger, crise malienne), instabilité dans le sud de la Libye, crise du Darfour non réglée, indépendance tourmentée du Soudan du Sud, menace de Boko Haram sur la sécurité de ses voies d’approvisionnement, lente sortie de crise de la RCA.

Darfour

La crise du Darfour a aujourd’hui beaucoup moins de répercussions sur le Tchad. Après plusieurs attaques de mouvements rebelles (2005-2009) soutenus par Khartoum, qui ont failli prendre Ndjamena (février 2008), l’armée tchadienne a finalement remporté une nette victoire en mai 2009. L’accord signé avec le Soudan le 15 janvier 2010 a mis fin aux soutiens croisés aux rébellions qui menaçaient l’un et l’autre pays. La situation dans l’est du Tchad est stabilisée, mais cette région présente d’autres risques : violences entre groupes arabes et non arabes, présence de bandits ou anciens rebelles non ralliés, camps de réfugiés du Darfour (350 000) et de déplacés tchadiens (90 000).

Cette crise s’est traduite par une importante présence internationale, de 2008 à 2010, dans l’est du Tchad et le nord-est de la RCA (résolution 1778 du CSNU), à travers la MINURCAT, mission des Nations Unies, et EUFOR Tchad-RCA, force militaire fournie initialement par l’Union européenne et relevée par les Nations Unies en mars 2009 (résolution 1861). En 2010, le Tchad a annoncé qu’il s’opposait au renouvellement du mandat de la MINURCAT, qui a pris fin en décembre de la même année.

Une force conjointe mixte soudano-tchadienne de 3000 hommes, renforcée depuis lors à 4 000 hommes, a été mise en place afin de sécuriser la frontière et de mettre fin aux actions des groupes rebelles. Le Tchad et le Soudan ont annoncé des programmes de coopération ambitieux dans le domaine économique et des infrastructures (liaisons routières et ferroviaires). Signe de la consolidation de cette paix, le Président Béchir a assisté à l’investiture du Président Déby en août 2011. Le président Déby participe à la médiation du conflit au Darfour. Il a soutenu l’accord de paix de Doha pour le Darfour de 2011 (DDPD) et accueilli à deux reprises (octobre 2013 et mars 2014) des représentants darfouriens et des leaders politiques soudanais dans son village natal d’Oum Jaras.

Libye

La crise libyenne a eu pour conséquence le retour de milliers de Tchadiens (100 000 en 2011, sur près de 300 000 résidents), qui ont fui les exactions visant les subsahariens, notamment dans la zone contrôlée par les insurgés qui les accusaient de soutenir le régime Kadhafi. Les autorités tchadiennes craignent aujourd’hui que le Sud libyen, devenu une zone de non-droit, ne puisse servir de refuge aux groupes armés terroristes sahéliens.

Sahel

Etat observateur à la CEDEAO, le Tchad considère avec préoccupation les développements de la crise du Sahel. L’expertise militaire tchadienne à évoluer dans l’environnement sahélien a été sollicitée par le Mali pour une intervention militaire au nord du pays (2000 hommes engagés). Les opérations de l’armée tchadienne (FATIM), menées dans l’Adrar des Ifoghas aux côtés des forces françaises, ont conduit le Tchad à payer un lourd tribut. Le Tchad poursuit, au prix de pertes humaines significatives, son engagement au Mali dans le cadre de la MINUSMA.

RCA

Jusqu’en avril 2014, le Tchad a joué un rôle majeur au niveau politique et militaire. Président en exercice de la CEEAC, le président Déby a accueilli à Ndjamena plusieurs sommets consacrés à la sortie de crise en RCA, et avait déployé l’un des contingents les plus importants de la force africaine MISCA.

Toutefois, s’estimant mis en cause à tort et victime d’une campagne de dénigrement, le Tchad a annoncé le 4 avril le retrait de ses troupes (y compris celles de la force tripartite Tchad-Soudan-RCA, déployée au nord-est du pays), puis, le 12 mai, la fermeture de sa frontière commune avec la RCA. Malgré cette attitude de retrait, le président Déby entend toutefois conserver une influence sur l’échiquier politique centrafricain, étant donné les intérêts de sécurité en jeu en RCA pour le Tchad.

Le Tchad est aussi préoccupé par la situation des personnes rapatriées ou réfugiées de RCA, et il sollicite un appui financier de la communauté internationale

La France soutient des projets d’assistance médicale et nutritionnelle dans le camp de Doyaba (sud du Tchad). De son côté, l’Union européenne prévoit d’allouer jusqu’à 15 M€ (3 M€ d’aide humanitaire, jusqu’à 12 M€ au titre de l’Instrument contribuant à la stabilité et à la paix via deux actions : amélioration des conditions d’accueil des retournés/réfugiés, prévention du développement de l’extrémisme aux frontières du Tchad).

Boko Haram

La secte islamiste Boko Haram constitue une menace sécuritaire aiguë pour le nord-est du Nigéria et, au-delà, le sud du bassin du lac Tchad (zones frontalières entre Nigéria et Niger, Cameroun, Tchad). Face à cette menace, le président Déby s’est montré particulièrement actif. Il a ainsi contribué à la réussite du sommet de Paris du 17 mai 2014. Au mois de janvier 2015, devant l’inquiétante expansion de la secte au nord du Cameroun et au Niger, les forces tchadiennes se sont déployées dans ces deux pays, avec l’accord des gouvernements concernés. L’armée tchadienne est aujourd’hui également engagée au Nigéria où elle obtient, malgré des pertes importantes, d’incontestables succès. C’est dans ce contexte que, le 15 juin 2015, deux attentats, les premiers de l’histoire du pays, attribués à Boko Haram ont frappé des édifices publics à Ndjamena, causant la mort de 34 personnes et en blessant une centaine d’autres.

Mise à jour : 06.07.15

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