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Communiqué final de la réunion des forces de la révolution et de l’opposition syriennes (10 décembre 2015)

En réponse à l’invitation de l’Arabie saoudite, les forces de la révolution et de l’opposition syriennes se sont réunies à Riyad les 27 et 28 Safar 1437 correspondant aux 9 et 10 décembre 2015 en format élargi.

Ont participé à cette réunion des femmes et des hommes représentant des groupes révolutionnaires armés, des factions de l’opposition de l’intérieur et de l’extérieur du pays, qui appartiennent à l’ensemble des composantes de la société syrienne, arabes, kurdes, turkmènes, assyriens, syriaques, tcherkesses, arméniens, etc. Le but de la réunion était d’unifier les rangs de l’opposition et d’arriver à une vision commune de la solution politique négociée de la crise syrienne sur la base du communiqué de Genève et des résolutions internationales pertinentes qui n’affectent pas les principes inaliénables de la révolution syrienne.

Les participants ont abordé les différents points de l’ordre du jour. L’ambiance était dominée par le respect mutuel et un profond sentiment de responsabilité « historique » à l’égard du peuple syrien résistant. Ils ont procédé à un échange de vues sur les problèmes que rencontre la Syrie pour son avenir et ils ont examiné les documents pertinents, notamment le communiqué issu de la réunion du Groupe international de soutien à la Syrie, publié à Vienne le 14 novembre 2015.

Les participants ont rappelé leur attachement à l’unité territoriale de la Syrie, au caractère « civil » de l’État syrien et à la souveraineté de l’État sur tous les territoires syriens sur la base du principe de décentralisation administrative. Ils ont exprimé leur attachement à un régime démocratique pluraliste, qui représente toutes les composantes du peuple syrien, femmes et hommes, sans discrimination religieuse, confessionnelle ou ethnique, et qui repose sur les principes de citoyenneté, de respect des droits de l’Homme, de transparence, de responsabilité et d’obligation de rendre compte, et d’état de droit pour tous.

Les participants se sont engagés à préserver les institutions de l’État syrien, tout en reconnaissant la nécessité de restructurer les institutions militaires et de sécurité. Ils ont réaffirmé leur refus du terrorisme sous toutes ses formes, quelles qu’en soient les origines, notamment le terrorisme du régime et de ses milices confessionnelles. Ils ont souligné que les institutions légitimes de l’État syrien, choisies par le peuple syrien dans le cadre d’élections libres et régulières, auront le monopole de la détention des armes. Ils ont réaffirmé leur refus de la présence de tous les combattants étrangers en Syrie, y compris les personnes naturalisées pour tuer le peuple syrien, ainsi que les milices et les groupes armés, et les forces armées étrangères sur le territoire syrien, et ils ont exigé leur départ du territoire syrien.

Les participants ont souligné que la solution au conflit syrien était avant tout politique et qu’elle devait être conforme aux résolutions internationales. Ils ont rappelé la nécessité d’apporter des garanties internationales et affirmé que le processus de transition politique relevait de la responsabilité des Syriens, soutenus par la communauté internationale sans toutefois porter atteinte à la souveraineté nationale, dans le cadre d’un gouvernement légitime élu. Les participants ont reconnu que l’objectif du règlement politique est de mettre en place un État reposant sur le principe de la citoyenneté, dans lequel Bachar al-Assad et les personnalités du régime n’auront aucune place, pas plus que dans les prochains arrangements politiques.

Les participants ont indiqué qu’ils étaient prêts à engager des négociations avec des représentants du régime, sur la base du communiqué de Genève du 30 juin 2012 et des résolutions internationales pertinentes, sous les auspices et avec les garanties des Nations Unies, et avec le soutien du Groupe international de soutien à la Syrie, et selon un calendrier agréé avec les Nations Unies. Les participants sont convenus de constituer une délégation pour négocier avec les représentants du régime syrien, étant entendu que les membres de cette délégation ne pourront pas participer à l’autorité transitoire. Les participants ont également demandé aux Nations Unies et à la communauté internationale d’obliger le régime syrien à mettre en œuvre des mesures qui prouvent sa bonne foi avant de commencer le processus de négociations. Il s’agit notamment d’annuler les condamnations à la peine capitale prononcées à l’encontre de Syriens en raison de leur opposition au régime en les considérant comme nulles et non avenues car ne reposant sur aucune base juridique, de libérer les prisonniers et les détenus, de lever de l’état de siège dans les régions concernées, d’autoriser les convois humanitaires à parvenir à ceux qui en ont besoin, de permettre le retour des réfugiés, de cesser immédiatement les déplacements forcés, de mettre un terme aux bombardements des zones habitées par des civils à l’aide de barils d’explosifs ou autres.

Les participants ont souligné leur attachement à la mise en œuvre des dispositions du communiqué de Genève 1 sur la phase de transition. Ils ont exprimé leur volonté de mettre en œuvre un cessez-le-feu sur la base des conditions qui seront arrêtées au moment de la formation des institutions de transition, avec des garanties internationales écrites ayant force juridique au regard du droit international. Les participants ont insisté sur le fait que Bachar al-Assad et sa clique devront quitter le pouvoir au début de la phase de transition.

Ils ont également exprimé qu’ils acceptaient et soutenaient le rôle des Nations Unies et de la communauté internationale dans la supervision du cessez-le-feu, le maintien de la paix, la distribution des aides humanitaires et la coordination des efforts pour reconstruire la Syrie.

À la fin de la réunion, les participants sont convenus de former un haut comité de négociations des forces de la révolution et de l’opposition syrienne dont le siège serait à Riyad, qui aura pour mission de choisir l’équipe de négociation et constituera une référence pour les négociateurs avec les représentants du régime syrien au nom des participants.


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