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Présentation du Swaziland

Présentation

Données générales

Nom officiel : Royaume du Swaziland
Nature du régime : Monarchie absolue
Chef du gouvernement : Roi Mswati III

Données géographiques

Superficie : 17364 km²
Capitale : Mbabane
Villes principales : Mbabane (62 630), Manzini (97934), Lobama, Siteki.
Langue officielle : Anglais, siswati
Monnaie : Lilangeni/ Emalangeni (en parité avec le rand sud-africain)
Fête nationale : 6 septembre (date de l’indépendance en 1968).

Données démographiques

Population totale (2014) : 1,27 million d’habitants
Croissance démographique (2014) : 1%
Espérance de vie à la naissance (2013) : 49 ans
Taux d’alphabétisation des 15 ans et plus : 87,8 % (Unicef, 2008-2012 )
Religion(s) : christianisme : 78%, croyances traditionnelles : 18%, islam : 4%.
Indice de développement humain (PNUD 2013) : 141ème sur 187 pays classés.

Données économiques

PIB (2015) :4,4Mds USD (BM)
PIB par habitant : 2677 USD (2014)
Taux de croissance (2015) : 1,7%
Taux de chômage (2014) : 28%
Taux d’inflation (2014) : 6%

Principaux clients : Afrique du sud (65 %), Etats-Unis (9%), Kenya (5,4), Royaume-Uni (5%)
Principaux fournisseurs : Afrique du Sud (92 %), Hong Kong, Corée du Sud, Chine.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :

  • agriculture et forêt : 7 %
  • industrie : 48%
  • services : 45 %

Exportations de la France vers le Swaziland (2015) : 3,6 M €
Importations françaises du Swaziland (2015) : 8,5 M€

Consulat (s) de France : Section consulaire de l’ambassade de France à Maputo
Communauté française au Swaziland : 8 personnes en 2015
Alliance française au Swaziland : Mbabane

Politique intérieure

Enclavé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique, le Swaziland est une monarchie absolue que dirige le roi Mswati III depuis avril 1986.

L’opposition est cependant active à travers les partis politiques tolérés (SWADEPO « Swazi Democratic Party », « Ngwane National Liberatory Congress »), les syndicats (SFTU, SFL) et les associations (« Swaziland Coalition of Concerned Civic Organisations », « Sive Siyinqaba Sibahle Sinje »). Le PUDEMO (People’s United Democratic Movement), un temps autorisé, a été interdit en application d’une loi controversée sur le terrorisme.

Une nouvelle constitution est entrée en vigueur en février 2006. Ce texte prévoit la liberté d’association mais n’autorise toujours pas expressément le rétablissement des partis politiques et ne garantit pas l’indépendance de la justice.

Le Roi garde un large contrôle sur les institutions. Il nomme les juges ou les démet, peut dissoudre le Parlement, nomme le gouvernement et une partie des députés (10 sur 65) et des sénateurs (20 sur 30). Le Parlement, bicaméral, emprunte au système britannique et au système traditionnel rural “Tinkundla”.

Tenues pour la première fois dans le cadre de la nouvelle constitution, des élections législatives se sont déroulées le 19 septembre 2008. Le scrutin, sans réel enjeu, s’est déroulé sans incident majeur et a enregistré une participation élevée. Les partis politiques n’étant pas reconnus, les candidats ont dû se présenter à titre individuel. L’Assemblée sortie des urnes a été largement renouvelée. Le roi a nommé un nouveau gouvernement le 16 octobre 2008 et a placé à sa tête Barnabas Sibusido Dlamini, qui avait déjà occupé le poste de Premier ministre jusqu’en 2004. Son mandat antérieur avait été marqué par des rapports tendus entre les pouvoirs exécutif et judiciaire (démission de plusieurs juges de la Cour d’appel et du juge Président du Tribunal suprême). Un remaniement à eu lieu le 17 octobre 2011 avec la nomination de nouveaux titulaires aux Affaires étrangères, à l’Intérieur et à la Justice. Suite à des affaires de corruption de plusieurs juges, le Ministre de la Justice a été de nouveau remplacé en avril 2015.

Les partis politiques n’ont pas été autorisés à participer aux élections législatives et locales qui se sont tenues du 24 Août au 20 Septembre 2013. L’Union européenne a regretté vivement cette absence de progrès, malgré des engagements pris par le Swaziland, dans le cadre de l’examen périodique universel du Conseil des droits de l’Homme et la pression croissante de la société civile. Lors de la dernière « assemblée du peuple », le Sibaya, réunion exceptionnelle permettant un dialogue direct du Roi avec ses sujets, en août 2013, le roi a rejeté la demande de participation des partis politiques aux élections, ceux-ci étant jugés peu représentatifs de la majorité rurale du pays. Il a invité les Européens à la patience, le Swaziland ayant son propre rythme d’évolution.

L’opposition a appelé au boycott des dernières élections, comme en 2008. Cette consigne a été peu suivie dans un pays encore très attaché à l’institution monarchique.

Les résultats ont fait ressortir l’impopularité du gouvernement dirigé par Barnabas DLAMANI : seuls 2 des 9 ministres ont été élus. L’UE a refusé d’envoyer une mission d’observation électorale afin de ne pas cautionner un système au sein duquel il n’existe ni séparation des pouvoirs ni pluralisme.

La situation sociale et sanitaire est critique. A l’insécurité alimentaire chronique et au chômage élevé, (taux de 60% chez les jeunes) s’ajoutent la forte prévalence du virus du Sida et de la tuberculose.

La pandémie de sida évolue dans des proportions catastrophiques : en 2013 le nombre de personnes vivant avec le VIH s’élève à 200 000, (182 800 en 2010), le taux de prévalence dans la population adulte est de 27, 4% (2013 ONUSIDA), le taux le plus élevé au monde. Elle déstabilise le pays. Ainsi, en 2013, 73 000 jeunes de moins de 18 ans sont orphelins du fait de la pandémie.

En conséquence, le nombre d’habitants diminue et l’espérance de vie moyenne recule.

La répartition des revenus reste très inégale : les 2/3 des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, 60 % de la population vit avec moins de 2 USD/jour, alors que le taux de chômage de la population active est au moins de 40 %. 200 000 personnes ont besoin d’aide alimentaire chaque année en raison des sécheresses récurrentes. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a mis en place depuis 2002, en collaboration avec l’ONU, un système de surveillance de l’urgence alimentaire.

Situation économique

Le pays est classé dans la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire. La situation économique et financière du Swaziland poursuit sa lente dégradation. Le taux de croissance est en forte diminution depuis 2000 (2% en 2010 ; 1,9% en 2012 ; 1,7% en 2015).

L’Afrique du Sud, qui influe fortement sur la politique monétaire du Swaziland dans le cadre de la SACU est, de loin, le premier partenaire commercial de Mbabane (elle absorbe 70 % de ses exportations et fournit 89 % de ses importations). Le commerce et les services (45% du PIB) sont largement dominés par les banques sud-africaines.

L’agriculture et la forêt représentent environ 7,5% du PIB (canne à sucre, maïs) et fait vivre 70% de la population. Suite au phénomène El Niño, le pays a subi la pire sécheresse de son histoire depuis 30 ans. Celle-ci a affecté le secteur agricole et agroalimentaire dont les industries représentent 28% du PIB. La production sucrière, l’un des principaux moteurs de l’économie employant 35% de la main d’œuvre et représentant 18% de la richesse nationale, devrait baisser de 25% et celle de maïs de 50%. Elle souffre en outre d’une demande peu dynamique de ses clients, dont l’Afrique du Sud et l’Union européenne.

La fin, le 1er janvier 2015, des quotas préférentiels attribués par les Etats-Unis pour le textile (AGOA) a eu pour conséquence la fermeture de plusieurs unités de production et la perte de plus de 7000 emplois.

Le secteur le plus dynamique est celui du BTP, notamment grâce à la construction d’une autoroute allant de la ville de Manzini au nouvel aéroport et d’un Centre de conférence international.

Le pays recèle des potentialités touristiques indéniables que le gouvernement swazi souhaite développer. Les services contribuent pour près de la moitié du PIB.

La croissance globale du Swaziland pourrait se réduire à 1,3% en 2017 et rebondir légèrement pour atteindre 1,6% en 2018. En matière de politique budgétaire, le principal défi du gouvernement est la compensation de la forte baisse des recettes issues de la SACU (redistribution de recettes de l’Union douanière). Elles ont en effet largement soutenu le budget de l’Etat depuis 2006, mais l’ont aussi rendu très vulnérable à une contraction de cette source de revenus. Les transferts de la SACU au Royaume baisseraient de 25%, passant de 7 Mds ZAR en 2015/16 (49% des recettes globales de l’année), à 5,3 Mds ZAR en 2016/17 (39% des recettes). Le ministère des Finances prévoit une nouvelle dégradation des comptes du pays pour les années à venir (12 % en 2016-17). Alors même que le choc lié à la baisse des recettes reversées par la SACU aurait dû conduire le Royaume à procéder à des efforts de consolidation fiscale, la politique menée par les autorités reste fortement expansionniste. Les dépenses globales devraient ainsi progresser de 17,2% entre 2015/16 et 2016/17 (+31,1% pour les dépenses en capital et +7,3% pour les dépenses courantes).

Politique extérieure

L’Afrique du Sud, qui plaide en faveur d’une démocratisation du régime, suit avec attention l’évolution du pays. L’influent syndicat SFTU est proche de la COSATU sud-africaine proche de l’ANC. Membre de la SACU et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), le Swaziland s’inscrit dans la dynamique d’intégration régionale et favorise une politique de bon voisinage.

Le pays a déclaré vouloir participer à la future brigade régionale d’intervention rapide de la SADC qui sera notamment chargée de missions de maintien de la paix.

Le Royaume a gardé des relations denses avec la Grande-Bretagne, qui accueille plusieurs milliers de ressortissants au Swaziland. Il est membre du Commonwealth.

Les Etats-Unis participent à la distribution d’une aide dans les domaines sociaux, notamment via la Fondation Clinton et le Fonds Mondial Sida.

Le Swaziland fait partie des trois derniers Etats africains à reconnaître Taiwan (Burkina Faso ; Sao Tomé) qui assure quelques investissements à forte visibilité dans le pays.

L’Union européenne est l’un des principaux bailleurs de fonds au Swaziland après la Banque africaine de développement, avec 62 M€ pour le 11 ème FED, qui met l’accent sur la santé, l’agriculture et la sécurité alimentaire.

Un programme d’accompagnement échelonné de 2007 à 2012 (environ 70M€) a été également mis en place par l’Union européenne afin d’atténuer la réforme du Protocole sucre prévoyant un système sans droit de douane à partir de 2015 pour les pays ACP signataires des APE.

Un accord intérimaire de partenariat économique portant uniquement sur l’accès au marché des biens et conformes aux règles de l’OMC a été signé le 4 juillet 2009 par le Swaziland.

La croissance ne devrait guère s’accélérer en 2015, au regard des conséquences de la décision américaine de suspendre le Swaziland des bénéficiaires de l’AGOA (African Growth and Opportunity act) et du fait de l’absence de réformes politiques.

De manière générale, l’activité du royaume a été marquée par un recul de la compétitivité et d’un climat des affaires toujours dégradé.

Mise à jour : 07.07.16

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