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Présentation

Données générales

1. Données générales
Nom officiel : République du Soudan du Sud.
Nature du régime : Présidentiel.
Organisation de l’État : République fédérale, dix Etats fédérés.
Chef de l’Etat : Général Salva Kiir (élu en avril 2010).
Vice-président : James Wani Igga (nommé le 23 août 2013)

Données géographiques

Superficie : 644 329 km².
Capitale : Djouba.
Villes principales : Wau, Malakal.
Langue (s) officielle (s) : anglais
Langue (s) courante (s) : anglais, arabe, langues locales (dinka, nuer, shillouk, zande, bari).
Monnaie : livre sud-soudanaise (SSP, depuis le 18 juillet 2011). 1 € = 8 SSP
Fête nationale : 9 juillet.

Données démographiques

Population : 11,56 millions d’habitants (2014).
Densité : 17,94 habitants/km².
Croissance démographique : +4,1 %
Espérance de vie (2013) : 55 ans. (Banque mondiale)
Taux d’alphabétisation : 27 %
Religion (s) : majorité chrétienne, minorités musulmanes et animistes.
Indice de développement humain :

Données économiques

PIB (2013) : 11,8 milliards $ (Banque mondiale)
PIB par habitant (2013) : 1 289 $ (Banque mondiale)
Taux de croissance réel (2014) : -12,3 % (Banque mondiale - FMI)
Taux d’inflation (2013) : -8,8 % (FMI)
Solde budgétaire (2019) : -9,0 % du PIB (FMI)
Dette publique (2014) : 22,7 % du PIB (FMI)
Balance des paiements (2013) : +4,0 % du PIB (FMI).

Principaux clients (2013) : Chine, Inde, Pays-Bas (Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie)
Principaux fournisseurs (2013) : Ouganda, Kenya, Soudan (Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie)

Exportations de la France vers le Soudan du Sud (2014) : 16,4 M€ (pharmaceutique, agro-alimentaire, matériel de transport)

Lien : http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/soudan-du-sud

Consulat de France : section consulaire ouverte à l’Ambassade de France à Djouba en mai 2013.
Communauté française au Soudan du Sud (2015) : 130.

Situation intérieure

Des tensions au sein du MPLS conduisent le Président Kiir à limoger, le 23 juillet 2013, l’ensemble du gouvernement, y compris son vice-président Riek Machar. Il nomme le 31 juillet 2013 un nouveau gouvernement.

La réunion, le 14 décembre 2013, du conseil de libération nationale du MPLS met le feu aux poudres. En marge des débats du 15 décembre, un affrontement armé éclate au sein de la garde présidentielle.

Durant les combats qui dureront à Djouba jusqu’au 17 décembre, de nombreuses exécutions extrajudiciaires et violations des droits de l’homme ont lieu. Onze personnalités politiques sont arrêtées et Riek Machar prend la fuite, avant d’appeler au renversement du Président Salva Kiir le 19 décembre.

Cette situation entraine des défections importantes au sein de l’armée. Les 18, 21, et 25 décembre, les villes de Bor (capitale du Jonglei), Bentiu (Unité), et Malakal (Haut-Nil), tombent entre les mains de chefs militaires entrés en rébellion, avant de changer de main à plusieurs reprises et de connaître, elles aussi, d’importantes exactions. Le 19 décembre, l’armée ougandaises entre en jeu et apporte son soutien au gouvernement sud-soudanais.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies décide, dès le 24 décembre, un renfort temporaire de la MINUSS en portant le plafond de casques bleus à 14 000 hommes pour tenter de faire face à la situation sécuritaire et humanitaire. Le bilan des combats, après un an de conflit, est estimé à au moins 50 000 morts.

Le 27 décembre 2013, les chefs d’Etat de l’IGAD nomment une équipe de médiation dirigée par de l’ambassadeur éthiopien Seyoum Mesfin. Des négociations s’ouvrent le 4 janvier 2014 sous l’égide de l’IGAD, à Addis-Abeba, entre les délégations du gouvernement sud-soudanais et de la rébellion de Riek Machar (MPLS en Opposition), et permettent la signature, le 23 janvier 2014, d’un accord de cessation des hostilités et d’un accord prévoyant la libération des onze détenus politiques. L’ensemble des détenus seront progressivement libérés jusqu’au 25 avril, mais la cessation des hostilités n’est pas respectée.

La Commission d’enquête établie par la Commission de l’Union africaine pour examiner les violations des droits de l’Homme commises depuis le 15 décembre 2013 tient sa première réunion le 12 mars 2014.

Le 27 mai 2014, le Conseil de sécurité des Nations Unis révise en profondeur le mandat de la MINUSS afin de lui donner pour priorité la protection des civils, la facilitation de l’accès humanitaire et la préservation des droits de l’Homme. L’IGAD a par ailleurs déployé début 2014 des observateurs de la cessation des hostilités.

Sous l’égide de l’IGAD, le Président Salva Kiir et Riek Machar signent, le 9 mai 2014 à Addis-Abeba, un accord qui prévoit la mise en place d’un gouvernement transitoire d’union nationale devant mener le pays aux prochaines élections. Néanmoins, en dépit de leurs propres engagements, les parties au conflit échouent à plusieurs reprises à s’entendre sur un accord définitif prévoyant la composition du gouvernement et les combats se poursuivent.

L’IGAD et l’Union africaine menacent de mesures punitives ceux qui feraient obstacle au processus politique. A l’instar de Washington, l’Union européenne impose le 10 juillet 2014 des sanctions à l’encontre du commandant de l’APLS Santino Deng et du chef rebelle Peter Gadet.

Le processus de paix connaît une relance, le 22 janvier 2015, grâce à la signature d’un accord de réunification du MPLSsous l’égide du président tanzanien Jakaya Kikwete. Le 1er février 2015, les parties trouvent un terrain d’entente sur certains éléments d’un futur accord de paix et conviennent que l’IGAD dénoncera toute violation de l’accord de cessation des hostilités.

Pour appuyer la médiation de l’IGAD et maintenir la pression sur les belligérants, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, à l’unanimité le 3 mars 2015, la résolution 2206 établissant un régime de sanctions individuelles à l’encontre de ceux qui feraient obstacle à la paix, à la sécurité et à la stabilité du Soudan du Sud.

En dépit de ces avancées, les affrontements se poursuivent, et le Premier ministre éthiopien constate à l’issue d’une ultime session de négociation, le 6 mars 2015, que les parties au conflit sont incapables de tenir leurs engagements et de parvenir à un accord. Il annonce que l’IGAD soumettra un plan de résolution global de la crise aux parties avec le soutien de ses partenaires africains et internationaux.

Situation humanitaire

Les affrontements observés depuis décembre 2013 sont à l’origine d’une crise humanitaire majeure, déclarée d’urgence de niveau III par l’ONU en février 2014. On compte, fin avril 2015, un million cinq cent mille déplacés internes, principalement dans le Nord-Est du pays, et cinq cent mille réfugiés en Ethiopie, en Ouganda, au Soudan et au Kenya. Depuis le début du conflit, environ 100 000 personnes sont réfugiées au sein des bases de la MINUSS. La situation sanitaire dans les camps est déplorable et une famine menace le pays. Le Soudan du Sud accueille également sur son territoire 260 000 réfugiés des pays limitrophes, notamment du Soudan.

L’accès humanitaire est fortement restreint, tant pour des raisons logistiques (absence d’infrastructures, effets de la saison des pluies) que du fait des combats et des obstacles imposés par les forces armées aux acteurs humanitaires. Tout au long du conflit, des employés de la MINUSS, des agences humanitaires internationales, de l’IGAD, et des organisations non gouvernementales ont été pris pour cibles.

Les deux plans d’urgence de l’ONU pour le Soudan du Sud et les réfugiés sud-soudanais requièrent un financement de 2,5 milliards de dollars pour l’année 2015. Fin avril 2015, ces plans d’urgence étaient financés à hauteur de 16 %.

Situation économique

Le pays dispose d’importantes ressources pétrolières : il produisait plus de 250 000 barils/jour jusqu’à l’interruption de la production en février 2012. Les interruptions du transit pétrolier ont fortement affecté l’économie sud-soudanaise. Du fait du conflit actuel, la production pétrolière s’établit aujourd’hui autour de 160 000 barils/jour. Une part des recettes est reversée au Soudan au titre des frais de transit en application des accords de coopération d’Addis Abeba du 27 septembre 2012. Le financement du budget 2014-2015 de l’Etat repose à 77 % sur les recettes pétrolières, selon le FMI. L’Etat a recours au déficit et à l’emprunt pour financer un effort de guerre qui pèse lourdement sur ses finances.

Malgré l’aide extérieure importante dont il a bénéficié entre 2005 et 2013 par le biais d’un Trust Fund (718 millions de dollars), le Soudan du Sud reste confronté à des handicaps structurels : l’économie du pays ne dispose pas d’industrie ; le potentiel agricole du pays demeure sous-exploité ; les infrastructures sont très limitées (100 km de routes goudronnées pour un pays plus vaste que la France) entrainant une forte inflation ; le Soudan du Sud manque de ressources humaines suffisamment formées.

Le conflit a entrainé l’évacuation de nombreux ressortissants occidentaux, la suspension de plusieurs projets de développement, et une réorientation de l’aide internationale en faveur de l’aide humanitaire.

Politique extérieure

Relations avec le Soudan

Après les combats d’Heglig en avril 2012, les affrontements ont pratiquement cessé sous la pression internationale. Les deux armées se sont retirées partiellement de la zone contestée d’Abyei et les négociations entre les deux Etats, menées à Addis-Abeba sous l’égide du Président Mbeki, ont abouti à une série d’accords le 27 septembre 2012.

Ces accords ne résolvent ni la question des zones revendiquées ni celle de la région disputée d’Abyei, mais prévoient l’activation des mesures de sécurisation de la frontière et un accord sur le partage du pétrole.

Les tensions ont repris le 9 juin 2013, lorsque le Soudan a menacé de se retirer des accords de septembre 2012 dans les soixante jours si le Soudan du Sud ne mettait pas un terme immédiat à son soutien à la rébellion soudanaise du Sud Kordofan et du Nil bleu.

La situation a pris un tour nouveau, le 3 septembre 2013, avec la rencontre des Présidents Kiir et Béchir à Khartoum. Ils se sont engagés à reprendre immédiatement le transit du pétrole, à ouvrir la frontière pour permettre la circulation des marchandises et des personnes et à ne pas accueillir ni soutenir de mouvements rebelles.

Après l’explosion du conflit le 15 décembre 2013 à Djouba, le Président Omar el-Béchir a rencontré son homologue sud-soudanais à Djouba le 6 janvier 2014 pour l’assurer de son soutien. Le Soudan fait partie de l’équipe de médiation de l’IGAD. Khartoum a également accueilli une réunion de médiation conduite sous l’égide de la Chine le 12 janvier 2015. Le Soudan accueille 130 000 réfugiés sud-soudanais.

Cependant, la situation demeure tendue au sein du territoire d’Abyei disputé par les deux pays.

Principaux partenaires

Le Soudan du Sud entretient de bonnes relations avec ses partenaires régionaux. L’Ethiopie, l’Ouganda, le Kenya, et le Soudan sont des interlocuteurs privilégiés dans le cadre de la médiation conduite par l’IGAD et du soutien militaire fourni par Kampala en vertu de l’accord de coopération militaire entre l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Sur le continent africain, l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigéria, le Rwanda et le Tchad devraient prochainement être également impliqués dans les pourparlers de paix conduits par l’IGAD depuis que l’Union africaine les a désignés, le 24 mars 2015, pour composer le comité ad hoc de haut niveau de l’UA pour le Soudan du Sud. La Tanzanie contribue pour sa part aux négociations en vue de la réunification du MPLS. Riverain du Nil, le Soudan du Sud entretient des relations nourries avec l’Egypte.

Les liens avec la Chine sont également étroits. Les relations avec la Troïka constituée des Etats-Unis, de la Norvège et de la Grande-Bretagne, qui ont fortement appuyé les négociations de l’accord de paix de 2005, sont fortes. Les envoyés spéciaux pour le Soudan et le Soudan du Sud de la Troïka, le représentant spécial chinois pour les affaires africaines, et le représentant spécial de l’Union européenne pour la Corne appuient activement les efforts de médiation de l’IGAD.

Le Soudan du Sud développe enfin ses relations avec la Russie et la Ligue arabe.

Relations avec les institutions multilatérales

Le 14 juillet 2011, le Soudan du Sud a été admis aux Nations Unies, devenant le 193e Etat membre. Il a intégré le 15 août l’Union Africaine (54e Etat membre) et le 25 novembre l’IGAD. Le Soudan du Sud a également adhéré à l’Initiative du Bassin du Nil en août 2013. Il a demandé un statut d’observateur au sein de l’EAC (communauté des Etats d’Afrique orientale).

Le Soudan du Sud a adhéré au Fond Monétaire International (FMI) et à la Banque Mondiale le 18 avril 2012. Un fonds multibailleurs de 11M$ sur une période de quatre ans a été mis en place au sein du FMI pour le renforcement des institutions macroéconomiques du Soudan du Sud (administration fiscale et douanière, gestion des finances publiques, banque centrale, politique de change).

Mise à jour : 27.04.15


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