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La France et la Slovénie

Brève

Entretien de Laurent Fabius avec le Premier ministre de la République de Slovénie, Alenka Bratusek (Paris, 14 juillet 2014)

Les échanges ont porté notamment sur la conférence des donateurs au profit de la Serbie et de la Bosnie-Herzégovine, co-organisée par l’Union européenne, la France et la Slovénie, à Bruxelles le 16 juillet. Ils ont permis également d’évoquer le renforcement de nos relations bilatérales, notamment sur le plan économique.

Relations politiques

Relations politiques et dernières visites

Les relations bilatérales entre la France et la Slovénie se sont considérablement intensifiées au cours des dernières années. Ces relations bénéficient d’un capital de confiance remontant à l’époque des Provinces Illyriennes (Ilirske province, 1809-1813), où l’Empire napoléonien a introduit le Code civil, développé l’instruction publique et fait du slovène le véhicule de l’enseignement, contribuant ainsi au développement d’une conscience nationale. Les deux pays partagent un attachement commun à la diversité culturelle et à la francophonie. Pour les Slovènes, le partenariat stratégique signé en 2011 a marqué un nouveau départ. Le Président de la République a ainsi été l’invité d’honneur du premier sommet de Brdo, qui s’est tenu en Slovénie le 25 juillet 2013. Le président slovène, M. Borut Pahor, s’est rendu à Paris les 17-18 avril 2014, et le ministre délégué aux Affaires européennes a eu des entretiens en Slovénie le 14 mai 2014. Le 4 décembre 2013, Alenka Bratusek, alors Première ministre, s’est rendue à Paris pour y rencontrer le Président de la République et présider une conférence sur l’investissement en Slovénie dans les locaux du Medef international. Elle a enfin été reçue par le Ministre des Affaires étrangères le 14 juillet 2014 en amont de la conférence des donateurs (suite aux inondations en Bosnie-Herzégovine et en Serbie), co-organisée par la France, la Slovénie et la Commission européenne à Bruxelles le 16 juillet.

Relations économiques

La France est le 5ème pays investisseur étranger en Slovénie. Le noyau de la présence économique française s’est constitué avant l’adhésion de la Slovénie à l’Union européenne en 2004. La filière automobile concentre 50% des échanges. Parmi les 41 filiales françaises, les implantations de Renault, de la Société générale, de Leclerc et d’autres entreprises du secteur de la mécanique témoignent cependant de succès remarquables. La France a récemment remporté quelques contrats (Alstom pour la centrale thermique de Sostanj, Systra pour la mise en œuvre du GSM-R sur le réseau ferré, etc.). Dans le secteur nucléaire, les Slovènes disposent d’une centrale à Krsko. La construction d’une seconde tranche est envisagée.

Les autorités slovènes ont engagé en 2013 un programme de privatisation de 15 entreprises publiques, qui a retenu l’attention de groupes français. Le Représentant spécial pour la diplomatie économique dans les Balkans occidentaux, M. Alain Richard, a effectué une première mission à Ljubljana fin novembre 2013.

Coopération culturelle, scientifique et technique

La Slovénie mise beaucoup sur la culture pour s’ouvrir hors de ses frontières. Le pays compte 141 festivals organisés en 2011. Dans ce contexte, la France a été l’un des partenaires les plus actifs dans la célébration des grands événements qui ont marqué récemment la vie culturelle de la Slovénie, l’année mondiale du Livre à Ljubljana en 2010-2011 et Maribor, capitale européenne de la culture en 2012.

La Slovénie a alloué, en 2011, 2,47 % de son PIB à la recherche. Le budget qui lui est consacré en 2012 a diminué de 10 %. Les acteurs de la recherche slovènes s’efforcent donc de trouver des financements extérieurs en privilégiant les coopérations européennes et internationales. La France était en 2012 le premier partenaire scientifique de la Slovénie au sein de l’UE avec 54 projets bilatéraux et le 3ème partenaire à l’échelle mondiale, après la Croatie (93 projets), entrée dans l’UE depuis le 1er juillet 2013, et les Etats-Unis (81). La France est la 6ème destination des jeunes Slovènes étudiant à l’étranger. Il existe 79 accords bilatéraux entre les universités slovènes et des établissements d’enseignement supérieur français.

La place du français dans le système éducatif s’est trouvée confortée par l’entrée de la Slovénie en 2004 dans l’Union européenne (en raison du statut de langue de travail du français au sein des institutions européennes) et par les recommandations de Barcelone pour l’enseignement d’une deuxième langue vivante étrangère. Environ 140 établissements avec près de 5000 élèves. Au collège, le français comme deuxième langue représente un peu moins de 1% des effectifs, loin derrière l’allemand, mais à égalité avec l’espagnol, devant l’italien, ou le croate. Néanmoins, le français conserve son statut de langue d’élite.

Le mémorandum signé avec l’OIF en 2005, reconduit en 2010, permet la formation au français, langue de la diplomatie, de près de 300 fonctionnaires slovènes. L’IFS assure la formation linguistique sur place. Plus de 120 fonctionnaires ont suivi les cours en 2011. Ce programme, financé à parité par la Slovénie et l’OIF, témoigne de l’engagement politique des autorités slovènes et de l’importance que le pays entend donner à notre langue et à la francophonie, en général, depuis son adhésion en tant que membre observateur à l’Organisation en 1999.

Mise à jour : 05.12.14

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