Présentation

Données générales

Nom officiel : République des Seychelles
Nature du régime : présidentiel
Chef de l’Etat et du gouvernement : Danny Faure (depuis le 16 octobre 2016)

Données géographiques

Superficie : 455 km2, mais 1,3 million de km2 de zone économique exclusive (ZEE)
Capitale : Victoria
Villes principales : Victoria
Langue (s) officielle (s) : créole seychellois, anglais et français
Langue (s) courante (s) : créole seychellois, anglais, français
Monnaie : roupie seychelloise (1 € = 14,36 SCR, le 8 février 2017)
Fête nationale : 29 juin

Données démographiques

Population : 92 900 (Banque mondiale, 2015)
Densité : 201,2 habitants/km2
Croissance démographique : + 1,8% (Banque mondiale, 2014)
Espérance moyenne de vie : 73,2 ans (PNUD, 2014)
Taux d’alphabétisation des adultes (en % des adultes de plus de 15 ans) : 91,8% (PNUD, 2014)
Religion(s) : catholiques (près de 80%), anglicans (5% environ).
Indice de développement humain : 64e (rapport PNUD, 2015)

Données économiques

PIB : 1,438 Md USD (Banque mondiale, 2015)
RNB par habitant : 14 760 $ (Banque mondiale, 2015)
Taux de croissance : 4,3 % en 2015, 4,5% estimés en 2016 (Banque mondiale)
Taux de chômage (2015) : 2,7%
Inflation, prix à la consommation (% annuel) : 4% (Banque mondiale, 2015)
Balance des paiements courants (% du PIB) : - 17,8% (Banque mondiale, 2015).

Principaux clients (2015) : France, Royaume-Uni, Italie, Hong-Kong, Danemark.
Principaux fournisseurs (2015) : Emirats arabes unis, France, Espagne, Afrique du Sud, Chine.

Répartition du PIB par secteurs :
Primaire : 2,4%
Secondaire : 11%
Tertiaire : 86,6%

Exportations de la France vers les Seychelles (en 2016) : 62 M€
Importations françaises depuis les Seychelles (en 2016) : 105 M€

Section consulaire : Victoria, île de Mahé
Communauté française aux Seychelles : 682 Français inscrits au registre (31/12/2016), dont 256 binationaux.
Communauté seychelloise en France : environ 300

Politique intérieure

Après 27 ans de régime de parti unique d’inspiration marxiste, James Michel, devenu président en 2004 à la suite de la démission, pour raison de santé, du président France-Albert René, est parvenu à conforter la transition en douceur des Seychelles vers une démocratie pluraliste et une économie libérale. Son élection en juillet 2006, avec 53,7% des voix au premier tour, a confirmé la bipolarisation de la vie politique autour de deux partis : le SPPF (Seychelles People Progressive Front, devenu Parti Lepep en juin 2009) et le SNP (Seychelles National Party) parti d’opposition de Wavel Ramkalawan.

En mai 2011, James Michel a été réélu, lors d’élections jugées conformes aux standards démocratiques par les observateurs, avec 55,46% des voix dès le premier tour. Le SNP a alors opté pour une tactique d’obstruction du travail parlementaire. Pour sortir de cette impasse des législatives anticipées ont été organisées en septembre 2011, que le SNP a boycottées. Le parti Lepep a emporté la quasi-totalité des sièges (89%).

En décembre 2015, le président Michel s’est présenté pour un troisième et dernier mandat, autorisé par la constitution. Ces élections présidentielles anticipées ont été marquées par une très forte participation (90% de l’électorat). Pour la première fois depuis l’indépendance en 1976, le candidat du parti au pouvoir (47,76%) a été contraint à un second tour contre l’opposant Wavel Ramkalawan (33,93%). Arrivé troisième, Patrick Pillay (parti Lalyans seselwa) a fait chuter le Président au premier tour en obtenant 14,19 % des votes. Né au début de l’année 2015 d’une scission du parti Lepep, ce nouveau parti a mobilisé en dénonçant les pratiques clientélistes du parti au pouvoir.

Le 19 décembre 2015, la commission électorale des Seychelles déclarait une victoire très courte du président sortant, M. James Michel, avec 50,15% des suffrages exprimés. Contestant le résultat de l’élection (193 voix d’écart sur 70 973 électeurs), l’opposant Wavel Ramkalawan a décidé de saisir la Cour suprême. Le 31 mai 2016, la Cour suprême a rejeté les deux recours introduits par l’opposition et confirmé l’élection du président de la République.

Quelques mois plus tard, les élections législatives (8-10 septembre 2016) ont été remportées par l’opposition comprenant quatre partis coalisés sous la bannière de l’Union démocratique des Seychelles (Lynion Demokratik Seselwa, LDS). Le nouveau parlement seychellois compte désormais 33 membres, dont 19 pour le LDS et 14 pour le parti Lepep.

Le 27 septembre 2016, le président de la République, M. James Michel, a annoncé son intention de démissionner. Conformément à l’article 55 de la Constitution, M. Danny Faure, vice-président depuis 2010, lui a succédé. M. Danny Faure a prêté serment le 16 octobre 2016 et mènera au terme le mandat présidentiel de James Michel. M. Vincent Meriton est nommé vice-président.

En avril 2016, la Constitution a été modifiée pour faire passer de trois à deux le nombre de mandats présidentiels.

Situation économique

Les Seychelles figurent parmi les pays les plus prospères (15 410 $/hab), après avoir traversé une grave crise économique et financière en 2008. En avril 2015, elles sont devenues le 161e membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et sont classées parmi les 83 « pays à revenus élevés » par la Banque mondiale (2015). Les Seychelles occupent la 93e place du classement Doing Business 2017 de la Banque mondiale, qui mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 190 économies.

Le résultat des échanges commerciaux des Seychelles en 2015 confirme que l’archipel est structurellement déficitaire au niveau de sa balance commerciale : 0,89 Md € d’importations pour 0,22 Md € d’exportations (hors réexportations), soit un taux de couverture particulièrement faible.
Les exportations des Seychelles sont dirigées quasi-exclusivement vers l’Union européenne (France, Royaume-Uni, Italie, Danemark, Pays-Bas) qui représente à elle seule près de 90% des expéditions. Les exportations se composent principalement de thon en conserve (95% du total), d’aliments pour le poisson et de poissons frais et congelés.

Le financement du déficit courant se fait majoritairement par les flux d’IDE (8,7% du PIB en 2015) ainsi que par l’endettement du secteur privé (5,2% du PIB). Le recours à l’endettement externe par le secteur public est très faible (0,3% du PIB en 2015). Ces flux ont contribué à dégager des excédents de financements au cours des trois dernières années.

Le premier pilier de l’économie seychelloise est le tourisme, qui dont le secteur connaît une forte croissance depuis plusieurs années. En 2016, les Seychelles ont accueilli plus de 304 000 visiteurs contre 275 000 en 2015, soit une progression de 10,5%. La France est le premier pourvoyeur de visiteurs dans l’archipel avec 50 000 entrées en 2016 (dont 6 000 depuis La Réunion), notamment grâce à l’introduction de vols directs à partir de Paris depuis juillet 2015. Depuis 2012, Air Seychelles, la compagnie nationale de l’archipel, est détenue à 40 % par Etihad Airways (Abu Dhabi).

Le second pilier de l’économie seychelloise est la pêche, en particulier la pêche thonière industrielle. Victoria est l’un des ports thoniers les plus actifs au monde et héberge l’une des plus grosses conserveries de la planète (qui appartient au groupe thaïlandais Thaï Union). En octobre 2016, un protocole a été signé entre les Seychelles, Maurice, l’industrie thonière et les sociétés de pêche pour la promotion et la valorisation de la pêche du thon dans l’océan Indien. L’objectif de cet accord est d’inscrire les activités liées à la pêche dans une perspective durable, en particulier concernant la gestion des stocks de poissons, le respect des écosystèmes, la gouvernance des pêcheries. Sa mise en œuvre se fera en étroite collaboration avec la Commission des Thons de l’Océan Indien (CTOI).

En février 2015, les pays du Club de Paris et les représentants des Seychelles se sont réunis à Paris et se sont accordés sur une opération de remboursement par anticipation des dettes rééchelonnées par le Club de Paris en 2009, qui vise à soutenir un projet de conservation de l’environnement marin. Les créanciers du Club de Paris ont accepté un rachat partiel de la dette des Seychelles avec décote. Chacun des pays créanciers décidera s’il prendra part à cette opération. Plusieurs créanciers ont d’ores et déjà annoncé leur intention d’y procéder, avec un taux de participation record de 91% des créances éligibles. Cette opération permettra au gouvernement des Seychelles de financer un projet de conservation de l’environnement marin et d’adaptation au changement climatique des Seychelles, tout en réduisant la part de dette libellée en devise.

En janvier 2017, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé le versement de 4,4 M$ pour les Seychelles à la suite des 4e et 5e revues du programme conclu avec les Seychelles dans le cadre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) pour la période de juin 2014 à juin 2017. En juin 2014, le FMI avait approuvé un prêt de trois ans de 17,6 M$, afin d’appuyer le programme de réforme économique des Seychelles débuté en 2008.

Le gouvernement seychellois a comme objectif de stabiliser la dette publique à 50% du PIB en 2018 (contre 69% en 2015). Dans ce but, il fait en sorte de dégager des excédents budgétaires depuis 2008. Ces excédents ont été obtenus grâce à un contrôle strict des dépenses, et plus particulièrement par une diminution des investissements et du service de la dette (certains postes de dépenses se sont toutefois accrus, comme celui relatif à la masse salariale des fonctionnaires, ces derniers bénéficiant du versement d’un 13e mois depuis 2016).
Parallèlement, les recettes augmentent progressivement, suite à la mise en place de la TVA en 2013 et à la révision à la hausse des prélèvements obligatoires. Le pays est toujours soutenu par les bailleurs de fonds : les dons représentaient 4,5 % des recettes gouvernementales en 2015, d’après le FMI.

Politique extérieure

Les Seychelles sont un membre actif de la Commission de l’océan Indien (COI), du Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA) et de la Southern African Development Community (SADC, réintégrée en 2008) et de l’Indian Ocean Rim Association (IORA). Elles sont aussi membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), du Commonwealth et de la Cour pénale internationale (CPI) : le pays a procédé à la signature du Statut de Rome le 28 décembre 2000 et a déposé son instrument de ratification le 10 août 2010.

La lutte contre la piraterie

L’irruption de la piraterie maritime d’origine somalienne dans l’océan Indien et dans la zone économique exclusive (ZEE) seychelloise en 2009, a menacé les deux principaux secteurs d’activité de l’archipel, le tourisme et la pêche, ainsi que plus généralement les approvisionnements de l’archipel (à 90% par voie maritime).
Depuis janvier 2016 et jusqu’à fin 2017, les Seychelles exercent la présidence du Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes somaliennes (CGPCS). Créée en janvier 2009, cette organisation rassemble 80 pays, organisations et groupes industriels souhaitant lutter contre la piraterie. Victoria a pris toute sa part dans l’opération en cours, non seulement en matière militaire, mais aussi judiciaire et de préparation de l’avenir : renforcement des capacités de la garde-côtes, opérations de reprise de navires et de capture de pirates, jugement de pirates transférés, hébergement de l’Unité anti-piraterie de la Commission de l’océan Indien (COI).

Relations avec l’Union européenne (UE)

Le soutien apporté par l’opération de l’UE « Atalante » (qui doit s’achever en décembre 2018) et la mission de renforcement des capacités maritimes « EUCAP Nestor » ont été appréciés et ont renforcé les relations entre les Seychelles et Bruxelles.
Les Seychelles bénéficient du soutien de l’UE dans le cadre de l’accord de partenariat entre les membres du Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et de l’UE. Pour la période 2014-2020, les Seychelles ont reçu une subvention de 7,8 M$ pour mettre en œuvre l’Accord de partenariat économique intérimaire, qui permet d’exporter sur le marché européen en franchise de droits et de quotas. Le premier dialogue politique UE-Seychelles a eu lieu à Victoria en 2012 et le prochain est prévu en juin 2017.

Dans le domaine de la pêche, les Seychelles et l’UE ont signé un accord de partenariat en novembre 2013. Cet accord d’accès aux eaux de l’UE autour de Mayotte autorise dix navires thoniers seychellois à pêcher dans les eaux de Mayotte et vise à assurer une continuité des activités de pêche seychelloises. Un accord existe déjà entre Mayotte et les Seychelles.

L’UE et les Seychelles entretiennent également des rapports confiants et constructifs dans le cadre du Dialogue politique annuel et de la Revue des droits de l’Homme. La France assure désormais en permanence la présidence locale de l’UE.

La lutte contre le réchauffement climatique

Avec la réduction de la menace liée à la piraterie, le développement durable, la promotion de l’économie bleue et la lutte contre le changement climatique sont revenus au premier rang des priorités des Seychelles, notamment dans l’océan Indien (cyclones, érosion des plages, disparition du corail, diminution des ressources en eau, etc.). Les Seychelles font partie de l’AOSIS, l’alliance des petits États insulaires, particulièrement vulnérables au changement climatique et actifs dans les négociations internationales.
Les Seychelles sont à l’origine d’une initiative originale « échange de dette contre projets d’adaptation » (rachat avec décote de la dette pour la mise en place d’aires marines protégées contribuant à diminuer les effets du dérèglement climatique). Sur cette base, les Seychelles et le Club de Paris ont conclu en février 2015 un accord pour le transfert de 30 M$ de dettes. L’initiative a été présentée en marge de la COP21 à d’autres petits États insulaires et est actuellement mise en œuvre. En décembre 2015, les Seychelles ont signé l’accord de Paris sur le climat (COP21), puis l’ont ratifié en avril 2016.

Mise à jour : 08.02.17

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