Présentation

Données générales

Carte de la Serbie

Nom officiel : République de Serbie
Nature du régime : république parlementaire
Président de la République : M. Tomislav NIKOLIC (élu le 20 mai 2012)
Langue officielle : serbe (sous forme cyrillique).
Monnaie : dinar
Fête nationale : 15 février

Données géographiques

Superficie : 77 474 km2
Capitale : Belgrade
Autres villes principales : Novi Sad, Niš

Données démographiques et culturelles

Population : 7 131 787 (2014, données du bureau des statistiques serbe)
Croissance démographique : - 0,49 % /an
Espérance de vie : 76,3 ans pour les femmes, 71,1 ans pour les hommes (2008)
Taux d’alphabétisation : 98% (en 2002)
Religion (s) : orthodoxe (majoritaire), catholique, musulmane, juive, protestante

Données économiques

PIB (2013) : 31 980 M€
PIB / hab. (2014) : 4 280 €
Taux de croissance (2014) : - 2 %
Taux de chômage : 21 %
Taux d’inflation (IPC fin de période) : 2,2%
Solde budgétaire : - 7,5 % du PIB
Dette publique (FMI) : 70% du PIB
Balance courante : - 6,1 % du PIB
Balance commerciale (2013) : - 9,1 % du PIB

Principaux clients (2013) : Italie, Allemagne, Bosnie-Herzégovine, Russie.
Principaux fournisseurs (2013) : Italie, Allemagne, Russie, Chine, Hongrie.

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 12,7 %
industrie : 23,4 %
services : 63,8 %

Exportations de la France vers la Serbie (2014) : 284,8 M€
Importations françaises depuis la Serbie (2014) : 341,2 M€

Présence française

Section consulaire de l’Ambassade de France : Belgrade
Consul honoraire : Niš
Communauté française en Serbie (2013) : environ 1 425
Communauté serbe en France : entre 80 000 et 120 000 personnes d’origine serbe (principalement en régions parisienne et lyonnaise).
Le recensement de 2009 a comptabilisé 45 000 personnes de nationalité serbe.

Eléments d’actualité

La France soutient les réformes politiques et économiques entreprises par la Serbie depuis les années 2000 et ses efforts en vue son adhésion à l’Union européenne (UE). La France a salué et soutenu l’ouverture, à ce stade, de huit premiers chapitres des négociations d’adhésion.

Organisation constitutionnelle

La première constitution serbe, plus connue sous le nom de constitution de la Chandeleur, a été adoptée à Kragujevac, le 15 février 1835, et a marqué le début de l’Etat moderne serbe (alors autonome avant de devenir indépendant en 1878).

L’actuelle République de Serbie est l’héritière de la République Fédérale de Yougoslavie (1992-2003) et de la Communauté d’États de Serbie-et-Monténégro (2003-2006). La constitution de la Serbie de 2006, la première depuis 1918 à définir la Serbie comme un pays indépendant, prend donc acte de l’indépendance du Monténégro (3 juin 2006). Le pays est en effet issu de l’éclatement de la Yougoslavie en 1991 et de la séparation avec le Monténégro en 2006. La séparation avec le Monténégro a été approuvée par référendum les 28 et 29 octobre 2006 à une faible majorité (51,4 %).

Le drapeau national de la Serbie est celui du Royaume d’avant 1918 et le pays comprend à nouveau, selon sa constitution, deux « provinces autonomes » : la Voïvodine et le Kosovo. Le Kosovo a déclaré son indépendance le 17 février 2008, qui n’est pas reconnue par la Serbie.

Les principes de base de la constitution de la République de Serbie reprennent des valeurs universelles des démocraties parlementaires en accordant un rôle central à l’assemblée nationale (unique assemblée parlementaire) dont les députés sont élus à la représentation proportionnelle à circonscription unique. Le Président de la république est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois. Chef des armées, il est le garant de la souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale de la Serbie ainsi que du respect des droits de l’homme et de l’ordre juridique.

La constitution serbe va toutefois au-delà du simple régime parlementaire et institue un régime des partis sans équivalent dans d’autres régimes politiques. Le député serbe « dispose du mandat qui lui est confié en faveur du parti politique sur la liste électorale duquel il a été élu député », il s’agit donc d’un mandat parlementaire « impératif » par opposition au « mandat libre » considéré comme la norme dans les autres Etats européens où la discipline de parti relève du seul domaine de la discrétion interne du parti considéré.

Le préambule de la constitution serbe du 8 novembre 2006 affirme que le Kosovo fait partie intégrante de la Serbie (sous la forme d’une « province de Kosovo et Métochie ») bien qu’elle n’exerce plus de contrôle étatique sur ce pays depuis juin 1999 (déploiement de la force militaire de l’OTAN/KFOR et de la mission intérimaire des Nations unies/MINUK, selon la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU). Le Kosovo a déclaré, le 17 février 2008, son indépendance, qui a été reconnue par 114 Etats à ce jour, dont la France dès 2008. La constitution serbe de 2006 rend impossible juridiquement (c’est-à-dire sans modification de la constitution) la reconnaissance par la Serbie de l’indépendance du Kosovo.

Politique intérieure

L’actuel chef de l’Etat est M. Tomislav Nikolić (parti progressiste serbe/SNS), élu Président de la République de Serbie le 20 mai 2012.

L’ouverture des négociations d’adhésion à l’Union européenne (janvier 2014) a été validée par la tenue d’élections législatives anticipées, le 16 mars 2014, qui ont doté le gouvernement d’un mandat clair pour conduire des réformes structurelles.

Le scrutin populaire a ainsi porté au poste de premier ministre l’ancien Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense, M. Aleksandar Vučić (SNS) avec près de 50% des suffrages et une majorité absolue de sièges (158/250) pour le SNS. Ces élections ont également légitimé l’accord du 19 avril 2013 conclu entre Belgrade et Pristina sous l’égide de l’UE, permettant d’entamer la normalisation des relations avec le Kosovo (laissant de côté toutefois la question de la reconnaissance de celui-ci comme Etat indépendant).

Le SNS et le parti socialiste de Serbie (SPS) ayant formé une coalition gouvernementale, le 27 avril 2014, Aleksandar Vučić devient Premier ministre (président du gouvernement de Serbie) et Ivica Dačić (leader du SPS), vice-Premier ministre et Ministre des Affaires Etrangères. Le Parti démocrate (DS), au pouvoir jusqu’en 2012 (gouvernement Vojislav Koštunica) a enregistré une nouvelle défaite aux élections de 2014.

Des élections législatives, à nouveau anticipées à l’initiative du Premier ministre Aleksandar Vučić, ont eu lieu, concurremment aux élections locales, le 24 avril 2016. En convoquant ces nouvelles élections anticipées, M. Vucic cherchait à confirmer la popularité de l’actuel gouvernement et de sa ligne pro-européenne, alors que le processus d’intégration du pays était entré dans une phase plus active (avec l’ouverture de deux premiers chapitres de négociation fin 2015). Cet objectif a été atteint par le Premier ministre sortant car son parti, le SNS a obtenu plus de 48 % des voix et 131 sièges sur 250.

Six autres partis nationaux ont franchi le seuil des 5 % permettant d’être représentés au Parlement unicaméral serbe :

  • le parti Socialiste (29 sièges), qui participe à la coalition gouvernementale avec le SNS
  • le parti radical (nationaliste) (22 sièges)
  • le mouvement « C’en est assez ! » (16 sièges)
  • le parti démocrate (16 sièges)
  • la ligue Social-démocrate de Voïvodine (13 sièges)
  • la coalition nationaliste « les Portes serbes » (13 sièges)
    Parmi les partis représentants les minorités, non soumis à la règle des 5 %
  • l’alliance des Hongrois de Voïvodine remporte 4 sièges
  • l’union démocratique bosniaque, 2 sièges
  • le Parti pour l’Action Démocratique, 2 sièges
  • le mouvement pour l’action démocratique, 1 siège

Titulaire d’une majorité absolue, et d’un mandat renouvelé et clair pour aller de l’avant, Aleksandar Vučić a pourtant attendu près de quatre mois pour former son nouveau gouvernement très proche du précédent (8 nouveaux ministres sur un total de 19). La coalition gouvernementale a rassemblé, le jour du vote de confiance, le 11 Août 2016, 163 parlementaires.

Aleksandar Vučić a annoncé le 15 février 2017 sa candidature à l’élection présidentielle, pour succéder à Tomislav Nikolić qui ne se représente pas. Le premier tour aura lieu le 2 avril 2017 et le second tour, s’il est nécessaire, le 16 avril. Parmi les autres candidats, on peut citer MM. Jeremic (ancien ministre des affaires étrangères) et Jankovic (ancien défenseur des droits), pour l’opposition libérale, et M. Seselj, du parti radical serbe

Situation économique

L’économie serbe se caractérise par son important secteur primaire (11 % du PIB, en diminution toutefois) et un secteur secondaire vieillissant. Certains retards ont toutefois pu être comblés par l’investissement direct étranger (IDE), dont le stock était de 26,5 Md€ en 2015 (en progression depuis 2008), mais les investissements demeurent encore insuffisants. En stock d’investissement, l’Union européenne est le premier partenaire de la Serbie avec 78,4% du total.

La crise économique mondiale de 2008 a eu un impact important sur la Serbie. La reprise enregistrée en 2013 ne s’est pas confirmée en 2014, mais l’activité économique est repartie à la hausse en 2015 (+0,5% de croissance) et surtout en 2016 (+2,7%) de croissance). Les prévisions de croissance pour 2017 se situent autour de 3%.

Le déficit budgétaire est en nette amélioration mais la dette publique continue d’augmenter. Plusieurs réformes ont été lancées depuis 2014 : marché du travail, faillites et successions, privatisation d’entreprises, baisse substantielle du niveau des pensions et de certains des salaires du public. Souvent impopulaires (cf. privatisations), elles ont représenté un risque politique pour la coalition au pouvoir.

Un accord conclu entre la Serbie et le FMI en 2015 prévoit trois grands axes de politique économique :

a) la poursuite de la politique de consolidation budgétaire ;
b) l’amélioration du secteur bancaire par la résorption des prêts non-performants ;
c) la poursuite des réformes structurelles (diminution du poids de l’administration publique dans les dépenses publiques.

Depuis 2007, la part du commerce extérieur dans l’économie serbe ne cesse d’augmenter et le déficit de la balance commerciale tend à se réduire. La diversité des échanges de biens transformés atteste de l’existence d’une base industrielle, notamment dans le secteur automobile en voie de renaissance. Le secteur alimentaire dégage un excédent. L’UE est le principal partenaire commercial de la Serbie avec 64 % des échanges. Hors UE, le pays enregistre un déficit élevé avec la Russie et la Chine, moindre avec la Turquie. Les pays de l’ex-Yougoslavie non membres de l’UE continuent d’assurer le quart des débouchés des exportations de la Serbie.

Politique étrangère

Depuis la transition démocratique d’octobre 2000, les autorités de Belgrade (République fédérale de Yougoslavie, Etat commun de Serbie-et-Monténégro puis République de Serbie) ont fait de leur retour dans la communauté internationale et de leur rapprochement européen des priorités. Aucun voisin de la Serbie n’entretient avec elle une relation totalement immune d’affectivité, mais les efforts en cours, motivés par les perspectives européennes et la volonté d’ouverture, ont permis une relative normalisation, même si des regains de tensions ont lieu régulièrement. A noter toutefois, les relations toujours difficiles avec le Kosovo.

Croatie  : les relations croato-serbes sont désormais stabilisées, mais passent encore par des phases de refroidissement puis de réchauffement, en fonction de l’actualité et des échéances électorales (cf. questions liées au TPIY et à la mémoire des conflits du XXème siècle). Des échanges de visites de haut niveau ont ouvert la voie à d’autres gestes constructifs serbes (aide à la localisation de fosses communes où étaient enterrés des civils croates ; accord signé le 20 juin 2016 par le PM Vucic et la Présidente de Croatie Grabar-Kitarovic).

Albanie : malgré une divergence de fond sur le statut du Kosovo, l’Albanie et la Serbie, déjà en froid durant la période communiste, ont amélioré leurs relations de manière sensible (visites croisées des premiers ministres très remarquées, coopération pour l’établissement de l’office régional de coopération pour la jeunesse - RYCO).

ARYM - ancienne République yougoslave de Macédoine : la Serbie a établi des relations diplomatiques avec Skopje en 1996 et reconnait le pays sous son nom constitutionnel de « République de Macédoine ». Skopje a toutefois reconnu l’indépendance du Kosovo en 2008, ce qui continue de donner lieu à des tensions entre les deux pays.

Bosnie-Herzégovine  : la relation Serbie/Bosnie-Herzégovine a connu une évolution positive depuis l’arrivée au pouvoir de l’équipe actuelle en Serbie. Le discours d’apaisement des responsables serbes a été très apprécié : excuses du Président Nikolic en 2013 pour les crimes commis à Srebrenica, visite historique du Premier ministre Vucic à Srebrenica en juillet 2015. La Serbie joue généralement un rôle modérateur auprès des Serbes de Bosnie-Herzégovine. Par ailleurs, outre la Serbie, la BiH est le seul Etat des Balkans occidentaux à ne pas avoir reconnu le Kosovo.

Monténégro  : des liens culturels et historiques forts unissent le Monténégro à la Serbie, et la forte minorité serbe y est très influente. Toutefois, la politique étrangère du Monténégro est loin d’être alignée sur celle de la Serbie. Le Monténégro a, dès 2008, reconnu le Kosovo. Il est en passe d’adhérer à l’OTAN.

Kosovo  : la relation entre la Serbie et l’Etat voisin du Kosovo (reconnu par la France et la plupart de ses partenaires en 2008) est d’une toute autre nature, tant le choc de la séparation de cette province albanophone est resté fort en Serbie. La Serbie ne reconnait pas l’indépendance du Kosovo (2008), sur lequel elle a perdu le contrôle dès 1999. Un dialogue a toutefois été initié en 2103, sous l’égide de l’UE, pour parvenir à la normalisation des relations entre les deux pays, tout en laissant de côté la question de la reconnaissance par la Serbie de l’indépendance du Kosovo. Des accords techniques ont été conclus, mais beaucoup reste à faire.

La Serbie participe par ailleurs activement aux processus régionaux dits de Brdo-Brijoni et de Berlin, dont la France a accueilli le sommet du 4 juillet 2016, permettant de confirmer la perspective européenne des Balkans occidentaux et de lancer des initiatives sur les infrastructures régionales et la jeunesse.

Affaires multilatérales

ONU : la République fédérale de Yougoslavie (« la troisième Yougoslavie » de Milošević) n’avait pas été reconnue par l’ONU en tant que successeur unique de la République fédérative socialiste de Yougoslavie et a dû présenter sa candidature à l’ONU.

Admise en novembre 2000 avant sa partition entre « Serbie » et « Monténégro » (2006), la Serbie a en revanche conservé le statut d’État membre de l’ONU en tant qu’État successeur reconnu de l’union des deux pays.

Conseil de l’Europe : l’adhésion de la Serbie-et-Monténégro au Conseil de l’Europe en 2003 a constitué un encouragement fort à la poursuite des réformes. La Serbie a assuré la présidence du comité des ministres lors du 2e semestre 2007.

OSCE : la Serbie a exercé la présidence de l’OSCE en 2015, signe de son retour au sein de la communauté internationale.

Partenariat pour la Paix de l’OTAN : la Serbie n’est pas candidate à l’adhésion à l’OTAN, mais ne s’oppose pas aux candidatures de ses voisins (l’adhésion du Monténégro est imminente). Elle est d’ailleurs membre, depuis 2006, du Partenariat pour la paix de l’OTAN (PpP) et coopère avec l’Alliance atlantique dans le cadre d’un plan d’action individuel pour le Partenariat (IPAP) et d’un processus de planification et d’examen (PARP) sur l’interopérabilité des forces armées.

Programme de coopération de l’Europe du Sud-Est (SEECP) : au plan régional, la Serbie participe au programme de coopération de l’Europe du Sud-Est (SEECP), fondé en 1996, qui regroupe tous les pays des Balkans et c’est un Serbe (ancien MAE) qui dirige, à Sarajevo, son conseil régional de coopération (RCC). La Serbie participe à son financement.

La Serbie est également membre de :

  • l’Accord de libre-échange d’Europe centrale et orientale (CEFTA) dont les autres membres sont l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’ARYM, la Moldavie, le Monténégro et le Kosovo depuis 2006 ;
  • l’Organisation de coopération économique de la Mer noire qui comprend 12 membres dont la Russie, l’Ukraine et la Turquie ;
  • l’Organisation internationale de la Francophonie avec le statut d’observateur depuis 2006 ;
  • l’Office régional de coopération pour la jeunesse (Regional youth cooperation office – RYCO), créé lors du sommet de Paris le 4 juillet 2016, sur le modèle de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), et dont l’objectif est de promouvoir la réconciliation dans la région en facilitant les échanges entre les jeunes des six pays des Balkans occidentaux. La Serbie participe à son financement.

Mise à jour : 08.03.17

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