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Présentation de la Russie

Présentation

Données générales

Nom officiel : Fédération de Russie
Chef de l’Etat : Vladimir POUTINE, Président de la Fédération (depuis le 07/05/2012)
Chef du Gouvernement : Dmitri MEDVEDEV, Premier Ministre

Données géographiques

Superficie : 17 millions de km²
Capitale : Moscou (11,5 millions d’habitants)
Villes principales : Saint-Pétersbourg (4,8 M), Novossibirsk (1,5 M), Ekaterinbourg (1,3 M), Nijni Novgorod (1,2 M)
Langue officielle : russe
Monnaie : rouble (1 € : environ 55 roubles, avril 2015)
Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Population : 143,7 millions d’habitants (RosStat, 2014)
Densité : 8.6 habitants/km2
Croissance démographique : 0,06% (RosStat, 2014)
Espérance de vie : 70,7 ans (RosStat, 2013)
Taux d’alphabétisation : 100% (Banque mondiale)
Indice de développement humain : 0.778/57ème place (PNUD, 2014)

180 groupes ethnolinguistiques, dont Russes 80.8%, Tatars 3.8%, Ukrainiens 2.9%, Bachkirs 1.1%, Tchouvaches 1.1%, Tchétchènes 0.9%, Arméniens 0.76% (RosStat, 2010)
Principales confessions religieuses : Orthodoxes 41%, Musulmans 6.9%, Chrétiens 4.1%, Bouddhistes 0.5%, Hindouistes 0.5% (Centre Sreda, 2012)

Données économiques

RNB : 2097 Mds USD (Banque Mondiale, 2013)
RNB par habitant : 13 860 USD (Banque Mondiale, 2014)
Classement ‘Doing Business’ (Banque Mondiale, 2015) : 62ème rang sur 189
Taux de croissance 2014 : 0,6 % (FMI) (2013 : 1,3% ; prévisions 2015 : - 3 %)
Taux de chômage : 5,2% (OCDE, 2014)
Taux d’inflation : 11,5% (Ministère des finances russe, 2014)
Emissions de CO2 : 12,2 tonnes/habitant (Banque Mondiale, 2014)

Principaux clients (% des exportations, 2013) : Pays-Bas (13,3%), Italie (7,5%), Allemagne (7%), Chine (6,8%), Turquie (4,8%)
Principaux fournisseurs (% des importations, 2013) : Chine (16,7%), Allemagne (11,2%), Etats-Unis (5,2%), Ukraine (4,9%), Japon (4,2%) (source : DG Trésor)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2013) :

  • agriculture : 3,4 %,
  • secondaire industrie, mines) : 31,2%,
  • tertiaire (services) : 65,4%

La France est en 2014 le 8ème fournisseur mondial de la Russie (3,76 % des parts de marché russe) (source : Douanes françaises).

Voir également le site de la mission économique de l’ambassade de France à Moscou : http://www.ambafrance-ru.org/Le-Service-economique-regional-de

Consulats de France en Russie : Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg
Communauté française en Russie : 5921 Français inscrits au registre en octobre 2014 (5421 à Moscou, 44 à Ekaterinbourg, 456 à Saint-Pétersbourg).

Situation intérieure

Vladimir Poutine a été élu pour un troisième mandat à la Présidence de la Fédération de Russie le 4 mars 2012 (avec 63.6% des voix au premier tour). Il avait déjà été Président de Russie de 2000 à 2008 (deux mandats de quatre ans), puis Premier Ministre, lors de la présidence de Dimitri Medvedev, de 2008 à 2012. Vladimir Poutine a pris ses fonctions le 7 mai 2012, D. Medvedev lui succédant au poste de Premier Ministre ainsi qu’à la présidence du parti Russie Unie. Le mandat du Président russe a été porté à six ans par une révision constitutionnelle en 2008, et court donc jusqu’en 2018. La Constitution russe autorise V. Poutine à briguer un quatrième mandat, jusqu’en 2024.

Le parti du Président jouit d’une majorité significative au Parlement depuis les élections législatives de décembre 2011 qui ont reconduit une majorité de députés issus du parti Russie Unie, avec 238 sièges sur les 450 que compte la Douma d’Etat. Le parti a perdu la majorité constitutionnelle (2/3 des sièges) qu’il avait dans la législature précédente au profit des partis communiste et Russie Juste qui ont connu un progrès marquant. Les fraudes qui ont entaché le scrutin ont été à l’origine d’une contestation sans précédent de l’hiver 2011 aux élections présidentielles du printemps 2012, certains rassemblements à Moscou comptant plus de 100 000 personnes. Les prochaines élections législatives se tiendront en décembre 2016.

Des élections municipales se sont tenues le 8 septembre 2013. A Moscou, le maire sortant et membre du parti Russie Unie Sergueï Sobianine a été réélu avec 51.4% des voix, suivi par le candidat du Parti Républicain, Alexeï Navalny (27.2% des voix). Deux autres personnalités de l’opposition ont été élues lors de ce scrutin : Evgueni Roïzman à Iekaterinbourg, quatrième ville du pays et Galina Chirchina, candidate du parti Iabloko, à Petrozavodsk. L’élection directe des gouverneurs, rétablie en avril 2012, a été de nouveau retirée en avril 2013. Les parlements locaux des sujets de la Fédération sont désormais libres de modifier le mode d’élection des gouverneurs et de préférer un vote parlementaire avec approbation du Président russe à une élection au suffrage universel. Le 14 septembre 2014, des élections pour renouveler les gouverneurs se sont tenues selon ces nouvelles modalités dans trente régions de Russie, et des élections des parlements régionaux ont eu lieu dans douze régions. Ces élections ont largement donné la victoire au parti Russie Unie. Ce même jour, les autorités russes ont aussi organisé le renouvellement des parlements locaux de Crimée (annexée par la Russie en mars 2014) et de la ville fédérale de Sébastopol, par des élections non reconnues par la communauté internationale.

Nord-Caucase

L’instabilité au Nord Caucase perdure, malgré les tentatives de stabilisation de la République de Tchétchénie, notamment au moyen d’importants investissements économiques russes. Une attaque terroriste a eu lieu dans la nuit du 3 au 4 décembre 2014 au centre de Grozny, la capitale de la Tchétchénie, causant la mort de plus d’une dizaine de représentants des forces de l’ordre et de terroristes. La violence s’est largement répandue au Daghestan et dans les autres républiques du Caucase (Kabardino-Balkarie, Karachaévo-Tcherkessie) ainsi qu’au-delà (en particulier dans la région de la Volga, où un double-attentat dans la ville de Volgograd les 29 et 30 décembre 2013 avait causé la mort de plus de trente personnes).

Droits de l’homme

Le mouvement de contestation de l’hiver 2011-2012 avait conduit à l’adoption de certaines mesures libérales : retour à l’élection des gouverneurs (de nouveau annulée en 2013), simplification de l’enregistrement des partis politiques. Depuis, les autorités russes ont mis en place de nouveaux instruments de contrôle de la société civile : loi obligeant les ONG recevant des financements étrangers et pratiquant une « activité politique » à se déclarer « agents de l’étranger », loi pénalisant la « promotion de l’homosexualité » auprès des mineurs, loi condamnant « les offenses au sentiment religieux », renforcement des aspects répressifs de la législation sur les manifestations publiques et loi sur la « trahison d’Etat » et l’espionnage.

Un assouplissement relatif avait été constaté dans le contexte des Jeux olympiques de Sotchi : le texte d’amnistie adopté par la Douma le 18 décembre 2013 avait permis la libération de nombreux prisonniers, parmi lesquels les chanteuses du groupe Pussy Riot et les militants de Greenpeace. La grâce présidentielle accordée à l’oligarque Mikhaïl Khodorkovski le 20 décembre 2013 a également permis sa libération anticipée. Toutefois, les procédures judiciaires visant des opposants sont maintenues, notamment celle de l’opposant Alexeï Navalny, condamné à trois ans et demi de prison avec sursis le 30 décembre 2014. La loi sur les « troubles massifs à l’ordre public » dans le cadre des manifestations a entraîné des peines d’emprisonnement fermes de manifestants arrêtés sur la place Bolotnaïa en mai 2012, parmi lesquels l’activiste Sergueï Oudaltsov. De nouvelles enquêtes continuent d’être ouvertes dans le cadre de l’affaire « Bolotnaïa ». Depuis le début de la crise ukrainienne, la situation s’est à nouveau durcie. Les principales ONG russes ont été inscrites d’office par le ministère de la Justice au registre des « agents de l’étranger », ce qui empêche de facto leur activité. Des pressions sont constatées sur la liberté d’utilisation d’internet ; fermeture administrative de certains blogs dont celui d’Alexeï Navalny, loi contraignant les blogs recevant plus de 3000 visites par jour à s’enregistrer auprès de l’agence de supervision des communications et des médias (Roskomnadzor). La législation « anti-extrêmisme » est renforcée : depuis juillet 2014, la contestation publique de l’annexion de la Crimée est passible de cinq ans de prison ferme. Après l’assassinat de l’opposant Boris Nemtsov le 27 février 2014, dont les commanditaires n’ont pas été identifiés, l’opposition politique, qui cherche à former une coalition dans la perspective des élections législatives de décembre 2016, se trouve encore affaiblie.

Le Conseil présidentiel des Droits de l’homme et la Chambre sociale constituent des relais entre les autorités et la société civile, et complètent un dispositif qui comportait déjà un médiateur des droits de l’Homme (Ella Pamfilova). Certaines avancées ont ainsi été enregistrées ces dernières années : annonces officielles concernant la lutte contre la corruption et les mauvaises conditions d’incarcération ; annonce par la Cour constitutionnelle russe du prolongement du moratoire sur la peine de mort ; signature de la loi fédérale sur la ratification par Moscou du Protocole 14 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Toutefois, la liberté d’action de ces institutions est limitée.

Situation économique

Le pays constitue, avec 143,7 millions d’habitants (selon les chiffres officiels russes), le 9e marché national au monde. L’économie russe se caractérise par l’importance des ressources en hydrocarbures (deuxième producteur mondial de gaz et de pétrole en 2013) et des richesses minières et naturelles du pays (charbon, or, nickel, cobalt, diamants, bois…). L’exportation de ces ressources naturelles représente plus des deux tiers des exportations russes. La métallurgie, l’armement, le nucléaire et le spatial sont également des spécialisations industrielles russes. Les secteurs des services (télécommunications, finance, distribution) ont connu un essor important au cours de la dernière décennie.

La Russie a connu de 2000 à 2008 une croissance moyenne de 7% par an. Elle a été durement touchée par la crise économique et financière de 2008, avec une récession de près de -8% en 2009. Le pays a renoué avec la croissance (autour de 4% par an) en 2010 et 2011 grâce à la bonne tenue des prix du pétrole et à l’augmentation de la demande interne. Un ralentissement entamé en 2012 s’est confirmé en 2013 (croissance de seulement 1,3%) et amplifié en 2014 (croissance de 0,6%). Cette tendance révèle les principales faiblesses de l’économie russe, qui sont l’épuisement des facteurs internes d’une croissance axée sur la demande (la décélération de la hausse des salaires réels et du portefeuille de crédits aux particuliers ont freiné la consommation des ménages), la faible productivité du travail (effort d’investissement insuffisant) et le manque de compétitivité des exportations, hors hydrocarbures. Alors que les hydrocarbures représentent environ 30% du PIB, 50% des recettes budgétaires et 70% des exportations, la baisse récente des cours du baril (environ 55 USD/baril en avril 2015 contre un maximum de 115 USD/baril en juin 2014) pèse fortement sur l’économie russe.

La chute des cours pétroliers, les incertitudes géopolitiques engendrées par la crise en Ukraine et les sanctions occidentales à l’encontre de la Russie se sont traduites par une forte contraction des investissements domestiques et étrangers, une fuite massive des capitaux (flux sortants nets de capitaux d’environ 130 Mds USD en 2014 contre 62 Mds USD en 2013), une forte augmentation de l’inflation (qui atteint 11%), et une très forte dépréciation du rouble, qui a perdu 40% de sa valeur depuis janvier 2014. Les entreprises russes peinent à trouver des sources de financement alternatives et réclament des recapitalisations qui pèsent sur les réserves fédérales. Le Fonds monétaire international prévoit ainsi -3% de croissance en 2015 et -0,3% en 2016. La Russie dispose d’une balance commerciale structurellement excédentaire (8,7% du PIB en 2013), mais la tendance de long terme est à la baisse de l’excédent. La situation budgétaire est restée globalement équilibrée en 2014, la dépréciation du rouble surcompensant à ce stade la baisse des recettes pétro-gazières. La dette publique reste modérée (13,9% du PIB fin 2013) mais les réserves de change (454 Mds USD en octobre 2014) ont diminué d’environ 120 Mds USD.

La reprise de la croissance à long terme dépend de la mise en œuvre de réformes structurelles. Ces dernières années, les priorités économiques des autorités russes ont été la diversification du tissu économique, l’accroissement de l’investissement, la restructuration de l’industrie lourde et le renforcement de l’attractivité du pays (la Russie est 62ème sur 185 pays au classement Ease of Doing Business 2014 de la Banque mondiale). La stimulation de l’investissement privé (qui passe notamment par un renforcement de l’Etat de droit) et l’amélioration du climat des affaires sont considérablement mis en difficulté depuis la crise en Ukraine. La présence de l’Etat dans l’économie, déjà très forte (le secteur public représente entre 40 et 50 % du PIB), s’accroît dans le contexte de sanctions : le vaste plan de privatisation lancé en 2009 par les autorités n’est plus à l’ordre du jour.

Les infrastructures de transport (route, rail, aéroports) nécessitent, dans un pays aussi vaste, d’importants investissements, à l’instar des efforts réalisés pour la préparation des Jeux olympiques de Sotchi (2014), ou de ceux prévus pour la Coupe du monde de football (2018), dont le budget est toutefois adapté à la baisse. Parmi les projets prioritaires, qui bénéficient de financements publics importants figurent la ligne ferroviaire à grande vitesse Baïkal-Amour, et la modernisation de réseau de transports de l’agglomération de Moscou.

Voir aussi : http://www.tresor.economie.gouv.fr/pays/russie

Politique extérieure

Les grands principes de la politique étrangère russe

L’arrivée de V. Poutine au début des années 2000 a été marquée par la volonté de rendre à la Russie son rang de grande puissance et de renouer avec sa vocation mondiale, tout en renforçant l’influence russe dans les pays issus de l’URSS. La politique étrangère russe tend ainsi prioritairement à l’affirmation de la Russie sur la scène régionale et internationale, la défense de ses intérêts nationaux et la protection des populations russophones. Le contexte de la crise ukrainienne a attisé la posture de confrontation avec l’Occident, en particulier l’OTAN et les Etats-Unis, ainsi que le rapprochement avec les grands émergents. De manière paradoxale, compte tenu de la violation du droit international que constitue l’annexion de la Crimée, la Russie adopte systématiquement une posture très légaliste. Elle défend un certain nombre de principes : multipolarité et respect du droit international, affirmation du rôle central des Nations Unies, principe de non-ingérence.

L’ « étranger proche » demeure la zone d’intérêt privilégiée

Très attentive à l’évolution politique des pays de l’ancienne Union soviétique, encore perçus aujourd’hui comme appartenant à sa zone d’intérêt privilégiée, Moscou analyse les changements intervenus (révolutions de couleur, Maïdan) comme un facteur de déstabilisation pour la région, attisée par les Etats-Unis, et une atteinte potentielle à ses intérêts. La Russie n’hésite pas à exploiter les conflits dits gelés (région séparatiste de Transnistrie en Moldavie, Ossétie du Sud et Abkhazie en Géorgie, Haut-Karakakh opposant l’Arménie et l’Azerbaïdjan). La crise ukrainienne participe d’une stratégie destinée à compléter ce glacis et a montré que la Russie n’excluait pas l’usage de la force pour défendre ce qu’elle considère comme ses intérêts nationaux dans la région.

La mise en place par l’Union européenne du Partenariat oriental a été vécue par la Russie comme une incursion dans sa « sphère d’influence ». Dans les mois qui ont précédé le Sommet du Partenariat oriental de Vilnius (novembre 2013), qui a vu le paraphe des accords d’association de l’Union européenne avec la Géorgie et la Moldavie, la Russie a fait usage de leviers de pression pour contrarier ce rapprochement (embargo sur les vins moldaves et le chocolat ukrainien, annonces d’une augmentation des prix de l’énergie, menaces sur les travailleurs émigrés). Kiev puis Erevan ont ainsi respectivement renoncé à signer et parapher les accords d’association avec l’UE. A la suite de la signature de l’accord d’association entre l’Union européenne et la Moldavie, le 27 juin 2014, d’autres restrictions aux exportations moldaves ont été mises en place par la Russie (sur certaines viandes et fruits depuis juillet, imposition d’un tarif douanier sur dix-neuf produits moldaves depuis le 31 août, embargo sur la viande et les produits carnés depuis le 27 octobre). Le refus du président ukrainien Ianoukovitch de signer l’accord d’association (novembre 2013) a déclenché un vaste mouvement de protestation (novembre 2013-février 2014) qui s’est conclu par le départ du pays du chef de l’Etat et par l’accession au pouvoir des anciens partis de l’opposition (21-22 février 2014). L’accord d’association UE-Ukraine a finalement été signé le 27 juin 2014. Le report de l’application provisoire du volet commercial de l’ALEAC UE-Ukraine (accord de libre-échange) au 1er janvier 2016 permet de poursuivre le dialogue trilatéral UE-Russie-Ukraine afin de rechercher une solution politique à la mise en cause de l’accord par la partie russe.

Dans le Sud Caucase et en Asie centrale, qui font partie de ce qu’elle appelle son « étranger proche » la politique de la Russie est marquée par la problématique énergétique (volonté de garder un contrôle sur les voies d’évacuation des hydrocarbures), la coopération économique et les questions sécuritaires, la Russie disposant de bases militaires au Tadjikistan, au Kirghizstan et en Arménie. Plusieurs millions de migrants centrasiatiques et caucasiens travaillent en Russie et leurs transferts représentent une part importante du PIB de ces pays. La diplomatie russe vis-à-vis des pays de la CEI s’appuie également sur les initiatives régionales lancées sous son égide depuis l’effondrement de l’URSS : Organisation du Traité de Sécurité collective (dont Moscou voudrait faire une authentique alliance politico-militaire), Organisation de coopération de Shanghai (conjointement avec la Chine) et surtout l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan devenue l’Union économique eurasiatique (UEE) au 1er janvier 2015, projet phare de la diplomatie du président V. Poutine pour les années à venir. L’Arménie a adhéré à l’Union économique eurasiatique le 2 janvier dernier. L’adhésion du Kirghizstan, signée le 23 décembre 2014, devrait être effective en mai 2015 (en cours de ratification). Le Tadjikistan pourrait également être amené à rejoindre l’UEE. De nombreuses incertitudes pèsent sur la réussite de ce projet d’intégration, notamment depuis la signature par l’Ukraine de l’accord d’association avec l’UE.

La crise ukrainienne impose un tournant dans la relation entre la Russie et l’Occident

L’Union européenne a adopté trois types de mesures restrictives à l’encontre de la Russie, eu égard aux actions compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale, la souveraineté et l’indépendance de l’Ukraine :

  • Mesures dites de phase 1  : suspension des discussions sur les visas (tant sur l’accord de facilitation, qui était en voie de finalisation, que sur le processus de libéralisation), et des négociations en vue d’un nouvel accord global UE-Russie ; annulation du sommet UE-Russie de Sotchi (3 juin 2014) et des sommets bilatéraux périodiques entre Etats membres et Russie ; soutien à l’annulation du sommet du G7 à Sotchi (4-5 juin 2014) ; soutien à la suspension des négociations relatives à l’adhésion de la Russie à l’OCDE et à l’AIE ;
  • Mesures dites de phase 2 : mesures ciblées à l’encontre de 37 entités et 150 individus (interdictions de visas et gel d’avoirs ; dernier ajout entré en vigueur le 16 février 2014) ;
  • Mesures dites de phase 3  : deux trains de sanctions économiques sectorielles, entrées en vigueur respectivement le 1er août (à la suite du crash du vol MH17) et le 12 septembre 2014 (eu égard à la dégradation de la situation dans l’Est de l’Ukraine). Ces sanctions comprennent : des restrictions à l’accès d’entités publiques russes aux marchés européens de capitaux, un embargo sur le commerce d’armes (importations et exportations), des restrictions sur les exportations de biens à double usage et sur les technologies sensibles, y compris dans le secteur pétrolier.

L’Union européenne a également adopté des sanctions à l’encontre de la Crimée : en plus des mesures ciblées à l’encontre des individus et entités compromettant ou menaçant l’intégrité territoriale de l’Ukraine au titre de leur action en Crimée (cf. phase 2 supra), l’Union européenne a suspendu des programmes de coopération sur financements européens (hors projets destinés à soutenir les droits de l’homme et la société civile), interdit l’importation dans l’UE des produits originaires de Crimée, de l’ensemble des nouveaux investissements européens en Crimée, de l‘exportation de certains biens et technologies à destination d’entreprises en Crimée ou en vue d’une utilisation en Crimée, et interdit la fourniture de services liés aux investissements prohibés ou destinés au secteur du tourisme.

Voir aussi pour le détail des sanctions (mis à jour) : http://www.tresor.economie.gouv.fr/8983_ukraine.
A destination des entreprises, pour avis faisant foi sur la conformité aux sanctions de projets en Russie, écrire à : sanctions-gel-avoirs [at] dgtresor.gouv.fr

• La France et l’Allemagne se sont engagées dans le processus de dialogue politique en format « Normandie » (France, Allemagne, Ukraine, Russie), en vue de la résolution de la crise ukrainienne, depuis la première rencontre dans ce format lors des cérémonies du Débarquement en juin 2014 en Normandie. Ces négociations ont permis la signature de deux plans de sortie de crise : le Protocole de Minsk du 5 septembre 2014 et le Mémorandum de Minsk du 19 septembre 2014. Le 12 février 2012, les signataires du Groupe de contact trilatéral (OSCE, Russie, Ukraine et les représentants des séparatistes) ont agréé un « Paquet de mesures en vue de l’application des accords de Minsk », dont le calendrier court jusqu’à la fin décembre 2015. Des réunions de suivi sont organisées régulièrement au niveau des Ministres des affaires étrangères des quatre pays, ou des Vice-Ministres / Directeurs politiques, afin de veiller à la mise en œuvre de ces mesures.

• La crise russo-ukrainienne affecte en profondeur les relations entre l’OTAN et la Russie. La coopération pratique avec la Russie est suspendue depuis avril 2014 et le Conseil OTAN-Russie ne s’est pas réuni depuis juin 2014. Le sommet du pays de Galles (3-4 septembre 2014) a donné lieu à une condamnation sans ambiguïté des actions illégales de la Russie en Ukraine et des conséquences de son attitude sur la sécurité de l’espace euro-atlantique. Le sommet a également mis en évidence le consensus entre Alliés pour constater la violation par la Russie de ses engagements au titre de l’Acte fondateur de 1997, sans pour autant renoncer à ce texte qui a posé les principes d’une coopération renforcée, afin de préserver une base pour pouvoir reconstruire, le cas échéant, la relation OTAN-Russie.

• Le reset russo-américain est définitivement compromis. Ce dernier s’était traduit par une coopération russo-américaine accrue sur les sujets internationaux d’intérêt mutuel (non-prolifération des armes nucléaires, lutte contre le terrorisme, Afghanistan) et avait enregistré quelques résultats concrets (ratification du traité Start 2 sur la réduction des armes stratégiques). Il pâtissait cependant d’un désaccord fondamental sur la défense anti-missile et de la multiplication des irritants bilatéraux (loi interdisant l’adoption d’enfants russes par des couples américains, fermeture du bureau USAID en Russie, affaire Snowden etc). Toutefois, Moscou continue de rechercher un dialogue d’égal à égal avec les Etats-Unis dans le règlement des grandes crises internationales (nucléaire iranien, crise syrienne, Ukraine), tout en intensifiant la propagande anti-américaine.

Un retour de la Russie au Moyen-Orient et en Asie

Face aux bouleversements que connaît le monde arabe depuis décembre 2010, la Russie, inquiète d’une montée de l’islamisme radical et de ses possibles répercussions sur la rébellion nord-caucasienne, a multiplié les appels à la prudence et à la non-ingérence. Un nombre croissant de combattants tchétchènes ont rejoint le théâtre syro-irakien. Concernant la Syrie, Moscou campe depuis le début de la crise sur une position intransigeante et continue d’apporter un soutien infaillible à son allié syrien (appui financier, matériel et tactique). Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la Russie a utilisé son veto à cinq reprises pour barrer la route à des projets de résolution contre le régime syrien. Elle a également cherché à construire avec les Etats-Unis les modalités d’un règlement de la crise qui lui soit favorable tout en s’imposant comme un acteur incontournable du dossier. Elle a ainsi co-parrainé le processus de Genève et conclu avec Washington l’accord sur le désarmement chimique. Si Moscou appelle avec constance à la mise en œuvre du communiqué de Genève de juin 2012 sur les modalités d’une transition politique en Syrie, elle refuse toujours de faire du départ de Bachar al Assad un préalable. La Russie a dernièrement repris l’initiative sur le plan politique en organisant deux réunions de l’opposition et du régime en janvier et en avril. Celles-ci n’ont abouti à aucun résultat et se sont apparentées à un simulacre de discussions entre le régime et une opposition représentée par des faux-nez du régime dans leur majorité. Bien que les Russes s’irritent de l’intransigeance du régime de Bachar al-Assad, insensible aux pressions intermédiaires de Moscou, ils n’ont pas infléchi les fondamentaux de leurs positions pour autant : soutien au régime de Bachar au nom du primat de la lutte contre le terrorisme, habillage légal d’un processus de négociations inter-syrien excluant toute ingérence étrangère. Toutefois, le coût financier croissant de leur soutien au régime et leur éviction graduelle de Syrie au profit de l’Iran pourrait éventuellement les amener à reconsidérer leurs positions sur le dossier syrien.

L’Asie revêt une importance croissante pour Moscou, qui cherche à tirer parti du potentiel de développement économique de la zone et à approfondir ses relations avec les grands acteurs tels que la Chine, le Japon et l’Inde, tout en prenant part aux organisations régionales (sommet de l’APEC à Pékin les 11-12 novembre 2014). Avec la Chine à qui elle est liée depuis quinze ans par un partenariat stratégique, la Russie affiche une relation bilatérale dynamique. La Chine est le premier fournisseur de la Russie, et le voisin chinois cherche à augmenter son approvisionnement en hydrocarbures, dont sont particulièrement riches les régions orientales de la Russie. La crise ukrainienne a pour effet d’accélérer le pivotement de la Russie vers la Chine (signature d’un important contrat gazier en mai 2014). Toutefois, les obstacles à l’intensification des échanges demeurent nombreux : les autorités chinoises adoptent une attitude d’attentisme s’agissant du financement des grands projets.

Par ailleurs, la volonté russe de jouer un rôle plus actif dans le maintien de la paix et de la sécurité, en particulier en Afrique, s’est traduite par certaines initiatives concrètes (contribution à la mission EUFOR au Tchad, participation à la lutte contre la piraterie en Somalie) et un soutien politique à l’action de la France au Mali et en République centrafricaine.

Mise à jour : 22.04.15

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