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Présentation

Relations politiques

Les liens culturels entre nos deux pays sont pluriséculaires. La diffusion de la langue française en Roumanie remonte au XVIIIème siècle, alors que les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie se trouvaient encore sous domination ottomane et que les fils des grandes familles roumaines venaient faire leurs études à Paris. La France a, au cours des siècles, accueilli de nombreux intellectuels, chercheurs, artistes d’origine roumaine : Cioran, Brancusi, Eliade, Ionesco, Anna de Noailles, Enesco…

Les relations politiques entre la France et la Roumanie remontent au rôle joué par Napoléon III pour la création de l’Etat roumain sur la scène européenne au XIXème siècle, puis dans l’aide apportée par la France à l’édification de ce nouvel Etat (concurrencée toutefois par l’Allemagne). La Première Guerre mondiale a fait naître une fraternité d’armes durable. Sous le régime communiste, des liens se sont maintenus (visite du Général de Gaulle en Roumanie en mai 1968). La France dispose par ailleurs avec la Roumanie dans les enceintes multilatérales d’un allié dont la proximité nous est précieuse.

Visites récentes

Le président Iohannis, qui avait participé à la marche républicaine du 11 janvier 2015, à la suite des attentats terroristes de Paris, a effectué le 10 février 2015 à Paris l’une de ses premières visites officielles. A cette occasion, il s’est entretenu avec le président de la République, entouré des ministres des affaires étrangères et de l’économie, ainsi qu’avec les présidents des deux chambres du Parlement. Au lendemain de ce déplacement, qui a marqué la volonté des deux pays de donner un nouvel élan à leurs relations bilatérales, le ministre roumain des affaires étrangères, Bogdan Aurescu, s’est rendu le 23 février 2015 à Paris pour travailler avec son homologue Laurent Fabius à l’approfondissement de ces liens, notamment dans le domaine économique, et pour aborder les grands enjeux européens et internationaux.

Le nouveau Premier ministre Dacian Ciolos s’est rendu en visite officielle à Paris les 20 et 21 janvier 2016, accompagné notamment du vice premier ministre en charge de l’Economie et des ministres des affaires étrangères, de la culture et de l’intérieur. Ils ont été reçus à cette occasion par le Président de la République et le Premier ministre, ainsi que par MM. Larcher et Bartolone. M. Ciolos se rend à nouveau à Paris les 9 et 10 juin, en marge du match France-Roumanie qui ouvrira l’Euro 2016. Il s’entretiendra avec le président de la République et le Premier ministre.

Le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Harlem Désir, s’estrendu à Bucarest le 2 septembre 2014 et a reçu à Paris le 28 mai 2015 son homologue d’alors, George Ciamba. Il se rend à nouveau à Bucarest le 16 juin 2016 pour des entretiens avec le ministre des affaires étrangères, Lazar Comanescu, et le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Marius Cristian Badescu.

Le groupe d’amitié France-Roumanie de l’Assemblée nationale est présidé par le député Lionnel Luca et celui du Sénat par le sénateur Bernard Fournier.

Relations économiques

Un commerce bilatéral en croissance

La France reste le quatrième partenaire commercial de la Roumanie.

Après un recul en 2012, le commerce bilatéral franco-roumain a retrouvé une dynamique particulièrement positive en 2013, qui a porté les échanges entre les deux pays à 6,36 Mds € (+ 9,6% par rapport à 2012). Cette tendance s’est maintenue en 2014 (volume d’échanges de 6,63 Mds €) et en 2015 (6,8 Mds €). Elle s’explique par une reprise des exportations roumaines vers la France, combinée à une progression régulière des importations venues de France, qui ont fait de la Roumanie l’un des rares pays d’Europe centrale présentant un excédent commercial pour la France (343 M€ en 2013). Ce dernier a toutefois tendance à se contracter (262 M€ en 2014 et 9 M€ en 2015).

La structure et l’ampleur du commerce bilatéral sont en grande partie déterminées par la nature des investissements français en Roumanie, majoritairement concentrés dans l’industrie. Ceux-ci induisent des importations depuis la France de composants et équipements destinés à la production sur des sites en Roumanie, une partie de cette production étant ensuite réexportée vers la France. Ceci s’applique en particulier au secteur automobile, qui représente 15% des exportations roumaines vers la France (438 M€), grâce à l’apparition de nouveaux modèles et au renouvellement de gamme des différents véhicules de Renault-Dacia (l’entreprise contribuant par ailleurs à 3% du PIB roumain).

Investissements : un positionnement stratégique dans l’économie roumaine

S’agissant des investissements, la présence économique française en Roumanie est importante, variée et dynamique. Le rôle de pionniers des investisseurs français et leur engagement durable en Roumanie leur assurent une place à part dans le paysage local, valorisée par une communauté d’affaires bien organisée et active, qui contribue à environ 15% du PIB roumain.

Le stock d’investissements directs français en Roumanie est stable et représente 3,84 Mds € en 2014, dont 36% dans l’industrie manufacturière (constructeur Dacia racheté par Renault en 1999 ; Airbus Helicopters, implanté depuis 2003 et qui développe actuellement une nouvelle usine d’assemblage à Brasov ; Engie). Depuis une décennie, les investissements français se sont également poursuivis dans une perspective stratégique (investissement d’AXA pour prendre pied sur le marché roumain, entrée de Sofiprotéol et Tereos sur le marché de l’agroalimentaire, projet d’extension des activités de Carrefour, signature en 2012 par AREVA d’un contrat avec le canadien SNC-Lavallin pour la fourniture de systèmes de ventilation dans le cadre de la modernisation des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Cernavoda).

Après les grands groupes, ce sont à présent les PME qui forment la grande majorité de la présence économique française en Roumanie. La plupart de ces PME se sont installées à la demande de leurs donneurs d’ordre (par exemple, les équipementiers automobiles). Les PME sont également très actives dans les domaines de l’ingénierie, des TIC et des jeux vidéo. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises à capitaux français sont de très petites implantations locales détenues par des Français, notamment dans le secteur des services (hôtellerie, restauration, tourisme).

Coopération culturelle, scientifique et technique

La Roumanie, pays francophone et membre actif de la Francophonie

La Roumanie, membre à part entière de la Francophonie depuis le sommet de l’Ile Maurice en 1993, a accueilli le XIème sommet de la Francophonie les 28 et 29 septembre 2006.

Le français est aujourd’hui étudié par plus de la moitié des élèves et parlé par un Roumain sur quatre, mais est menacé par le développement rapide de l’anglais. En réponse aux besoins de la Roumanie de former rapidement des élites administratives, la France poursuit son action de soutien à la formation technique et linguistique des cadres administratifs, cette dernière s’inscrivant dans le plan pluriannuel, de « relance de l’apprentissage du français dans l’administration roumaine », mis en œuvre depuis 2004.

Notre coopération culturelle et linguistique est dans ce contexte intense. Elle s’appuie en Roumanie sur un réseau ramifié d’institutions : l’Institut français de Roumanie, avec trois antennes en province (Cluj-Napoca, Iasi, Timisoara), quatre Alliances françaises (Brasov, Constanta, Pitesti, Ploiesti), le lycée français de Bucarest « Anna de Noailles », dont les nouveaux bâtiments ont été inaugurés par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault le 11 juillet 2013 et enfin 10 lecteurs de français présents dans les universités.

Ce dispositif est complété par des sections bilingues dans l’enseignement secondaire (59), des filières francophones (10), des modules d’enseignement francophone de 3ème cycle (17) et dans le supérieur (70), le tout appuyé par un important programme de bourses d’études.

A noter enfin une nouvelle plateforme francophone pour les sciences humaines et sociales : le Centre Régional Francophone de Recherches Avancées en sciences sociales (CEREFREA). Ce projet, initié par l’ambassade et l’Université de Bucarest, a reçu en 2012 le prix Louis D (Institut de France) d’un montant de 750 000 €. Cette somme a permis d’accueillir de nombreux chercheurs, scientifiques et artistes en résidence et de donner de la visibilité à la Francophonie roumaine. La Villa Noel, qui héberge le CEREFREA, a été inaugurée en 2014.

La France accueille près de 5 000 étudiants roumains (3ème pays d’accueil après le Royaume-Uni et l’Italie pour les jeunes Roumains) et la Roumanie plus de 1 000 étudiants français, notamment dans les filières de médecine. 1.600.000 élèves apprennent le français (langue en 2ème position après l’anglais) : il existe 55 lycées bilingues, dont 29 préparent au baccalauréat à mention francophone.

En matière de recherche, la France participe au volet roumain d’une grande infrastructure de recherche européenne« ELI-NP » (xtreme Light Insfrastructure-Nuclear Physics) dans le domaine des lasers. La France intervient dans trois domaines : la recherche avec la participation actée du CNRS au projet (principalement du transfert de technologie), l’industrie de pointe avec la signature d’un contrat de 60 M € par THALES pour la livraison d’un système lasers, et l’universitaire avec la création de programmes de formations adaptés au projet impliquant THALES Université, des universités roumaines et à terme, des grands établissements d’enseignement supérieur français.

Une coopération dans le secteur de la gouvernance articulée entre Etat, collectivités et ONG

Notre coopération dans le domaine de la gouvernance accompagne la Roumanie dans ses efforts de réforme et de modernisation de l’administration et de son système judiciaire et vise à améliorer la cohésion territoriale ainsi que la cohésion sociale dans le pays d’Europe marqué par les plus fortes disparités interrégionales et sociales.

Dans ce contexte, la coopération bilatérale se poursuit et se concentre sur des thématiques prioritaires pour ce pays européen qui peine à structurer et à territorialiser les politiques publiques indispensables à son développement sur le long terme.

Les projets mis en œuvre visent à développer les coopérations dans le domaine de la réforme administrative, de la décentralisation, de la gestion des fonds européens, du pilotage des politiques sociales (notamment en faveur des droits de l’enfant et de l’insertion des Roms), de l’urbanisme, de l’agriculture et de la santé.

Par ailleurs, il convient de consolider la complémentarité avec les partenariats menés par collectivités sur l’ensemble du territoire roumain. La coopération décentralisée franco-roumaine est dense : on dénombre aujourd’hui plus de 250 partenariats, dont une cinquantaine concerne des projets structurants sur des thématiques au cœur des défis du développement local : éducation et jeunesse, développement économique et emploi, organisation des services sociaux et de santé, intégration sociale des populations défavorisées (dont les Roms), urbanisme, patrimoine et développement rural.

Après Villefranche de Rouergue en 2003, en 2005 à Cluj en 2005 et Nantes en 2007, les 4èmes assises de la coopération décentralisée se sont tenues à Constata en Roumanie les 13 et 14 juin 2013.

Coopération franco-roumaine sur l’intégration des populations roms

Une coopération bilatérale vise à lutter contre la criminalité des réseaux qui exploitent les populations roms, et à favoriser l’insertion et la réinsertion de ces populations en Roumanie. Depuis fin 2011, une quinzaine de policiers roumains est affectée en France pour épauler la police française dans la lutte contre les réseaux criminels qui sévissent entre nos deux pays. D’autres échanges sont prévus dans l’optique de renforcer cette coopération. Le souhait de la France est que cette question soit débattue au niveau européen, afin de créer un cadre permettant aux Etats d’origine des populations roms d’assumer leur responsabilité de les intégrer.

Mise à jour : 07.06.16

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