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La France et la Roumanie

Brève

Roumanie - Entretien de Laurent Fabius avec son homologue roumain (Paris, 23 février 2015)

Au lendemain de la visite en France du président Klaus Iohannis, MM. Fabius et Aurescu ont travaillé au renforcement de la relation bilatérale, en particulier dans le domaine économique.

Présentation

Relations politiques

Les liens culturels entre nos deux pays sont pluriséculaires. La diffusion de la langue française en Roumanie remonte au XVIIIème siècle, alors que les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie se trouvaient encore sous domination ottomane et que les fils des grandes familles roumaines venaient faire leurs études à Paris. La France a, au cours des siècles, accueilli de nombreux intellectuels, chercheurs, artistes d’origine roumaine : Cioran, Brancusi, Eliade, Ionesco, Anna de Noailles, Enesco…

Les relations politiques entre la France et la Roumanie sont également anciennes. Elles prennent leur origine dans le rôle joué par Napoléon III pour la création du jeune Etat roumain sur la scène européenne au XIXème siècle, puis dans l’aide apportée par la France à l’édification de ce nouvel Etat (concurrencée toutefois par l’Allemagne). La Première Guerre mondiale a fait naître une fraternité d’armes durable. Sous le régime communiste, des liens se sont maintenus (visite du Général de Gaulle en Roumanie en mai 1968). Le soutien appuyé et constant apporté par la France à la double candidature de la Roumanie à l’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN s’est inscrit dans cette tradition de relations privilégiées unissant nos deux pays. La France dispose par ailleurs avec la Roumanie dans les enceintes multilatérales d’un allié dont la proximité nous est précieuse.

Visites récentes


Le Président Iohannis, qui a participé à la marche républicaine du 11 janvier 2015, à la suite des attentats terroristes de Paris, a décidé d’effectuer le 10 février 2015 à Paris l’une de ses premières visites officielles (celle-ci devait s’inscrire dans une séquence franco-allemande, mais l’étape de Berlin a dû être annulée en raison des obsèques de l’ancien Président fédéral von Weizsäcker). La précédente visite en France d’un président roumain remontait à mai 2009. Elle répondait à la visite à Bucarest du Président Sarkozy en février 2008. Cette dernière avait permis de concrétiser la volonté des deux pays de relancer la relation bilatérale en mettant en place un partenariat stratégique, dont la mise en œuvre est encadrée par une feuille de route, agréée à l’occasion de la visite à Paris du Premier ministre roumain le 22 avril 2008.

Le premier ministre Victor Ponta a été reçu à Paris le 21 février 2013 par le Président de la République ainsi que par le Premier ministre, avec lequel il a signé la nouvelle feuille de route (2013-2018) du partenariat stratégique. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s’est rendu en retour à Bucarest les 11 et 12 juillet 2013 pour des entretiens avec son homologue et le président Basescu. Un mois plus tôt, le ministre roumain des Affaires étrangères Titus Corlatean s’était entretenu le 11 juin 2013 à Paris avec son homologue Laurent Fabius ainsi qu’avec le ministre délégué chargé des Affaires européennes Thierry Repentin.

Les deux secrétaires d’Etat aux affaires européennes, George Ciamba et Harlem Désir, se sont respectivement rendus à Paris et Bucarest les 29 janvier et 2 septembre 2014.

Le groupe d’amitié France-Roumanie de l’Assemblée nationale est présidé par le député Lionnel Luca et celui du Sénat par le sénateur Bernard Fournier.

Relations économiques

Un commerce bilatéral en croissance

La France reste le quatrième partenaire commercial de la Roumanie.

Le commerce bilatéral franco-roumain a connu une dynamique particulièrement positive en 2013, qui a porté nos échanges à 6,33 Mds EUR (+ 9% par rapport à 2012). Cette tendance s’est maintenue en 2014 (volume d’échanges de 6,1 Mds EUR sur les onze premiers mois de l’année) et s’explique par une reprise des exportations roumaines vers la France (après leur recul de 2012), combinée à une progression régulière des importations venues de France.

La structure et l’ampleur du commerce bilatéral sont en grande partie déterminées par la nature des investissements français en Roumanie, majoritairement concentrés dans l’industrie. Ceux-ci induisent des importations depuis la France de composants et équipements destinés à la production sur des sites en Roumanie, une partie de cette production étant ensuite réexportée vers la France. Ceci s’applique en particulier au secteur automobile, qui représente 15% des exportations roumaines vers la France (438 M€), grâce à l’apparition de nouveaux modèles et au renouvellement de gamme des différents véhicules de Renault-Dacia (l’entreprise contribuant par ailleurs à 3% du PIB roumain).

La Roumanie est en outre l’un des rares pays d’Europe centrale présentant un excédent commercial pour la France (363 M€ en 2013, 300 M€ sur les onze premiers mois de 2014).

Investissements : un positionnement stratégique dans l’économie roumaine

S’agissant des investissements, la présence économique française en Roumanie est importante, variée et dynamique. Le rôle de pionniers des investisseurs français et leur engagement durable en Roumanie leur assurent une place à part dans le paysage local, valorisée par une communauté d’affaires bien organisée et active (rachat en 1999 du constructeur Dacia par Renault, implantation d’Eurocopter en 2003). Malgré la crise et la révision à la baisse des fondamentaux de la Roumanie (croissance potentielle, population), les investissements français se sont poursuivis, notamment dans les secteurs porteurs (centre d’essais Renault Technologie Roumanie de Titu pour Dacia Renault) ou dans une perspective stratégique (investissement d’AXA pour prendre pied sur le marché roumain, entrée de Sofiprotéol et Tereos sur le marché de l’agroalimentaire). La France a ainsi nettement amélioré ses positions : avec un stock de 5,04 Mds €, elle occupe une part de 9,1% fin 2011, contre 8,3% un an plus tôt. Elle reste en 4ème position (3ème si on gomme le biais statistique néerlandais) derrière les Pays-Bas (21,7% de parts de marché), l’Autriche (17,5%) et l’Allemagne (11,4%).

AREVA est présent dans la filière nucléaire à travers un contrat de fourniture de systèmes de ventilation, signé en janvier 2012, avec le canadien SNC-Lavallin, qui est chargé de moderniser les réacteurs 1 et 2 de la centrale de Cernavoda. La difficulté à financer la construction des réacteurs 3 et 4 de cette même centrale pourrait donner ses chances au projet de deuxième centrale, qui représenterait alors une véritable opportunité pour le réacteur de moyenne puissance ATMEA1, développé conjointement par AREVA et le japonais MHI.

Après le temps de grands groupes pionniers, ce sont à présent les PME qui forment la grande majorité de la présence française en Roumanie (on recense en tout environ 3500 entreprises françaises en Roumanie). La plupart de ces PME se sont installées à la demande de leurs donneurs d’ordre (par exemple, les équipementiers automobiles dans le sillage des grands constructeurs). Les PME sont également très actives dans les domaines de l’ingénierie, des TIC et des jeux vidéo. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises à capitaux français sont de très petites implantations locales détenues par des Français, notamment dans le secteur des services (hôtellerie, restauration, tourisme).

Coopération culturelle, scientifique et technique

La Roumanie, pays francophone et membre actif de la Francophonie

La Roumanie, membre à part entière de la Francophonie depuis le Sommet de l’Ile Maurice en 1993, a accueilli le XIème Sommet de la Francophonie les 28 et 29 septembre 2006.

Le français est aujourd’hui étudié par plus de la moitié des élèves et parlé par un Roumain sur cinq, mais est menacé par la montée rapide de l’anglais. En réponse aux besoins de la Roumanie de former rapidement des élites administratives, la France poursuit son action de soutien à la formation technique et linguistique des cadres administratifs, cette dernière s’inscrivant dans le plan pluriannuel, de « relance de l’apprentissage du français dans l’administration roumaine », mis en œuvre depuis 2004.

Notre coopération culturelle et linguistique est dans ce contexte intense. Elle s’appuie en Roumanie sur un réseau ramifié d’institutions : l’Institut français de Roumanie, avec trois antennes en province (Cluj-Napoca, Iasi, Timisoara), quatre Alliances françaises (Brasov, Constanta, Pitesti, Ploiesti), le Lycée français de Bucarest « Anna de Noailles », dont les nouveaux bâtiments ont été inaugurés par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault le 11 juillet 2013 et enfin 10 lecteurs de français présents dans les universités.

Ce dispositif est complété par des sections bilingues dans l’enseignement secondaire (59), des filières francophones (10), des modules d’enseignement francophone de 3ème cycle (17) et dans le supérieur (70), le tout appuyé par un important programme de bourses d’études.

A noter enfin une nouvelle plateforme francophone pour les sciences humaines et sociales : le Centre Régional Francophone de Recherches Avancées en sciences sociales (CEREFREA). Ce projet, initié par l’ambassade et l’Université de Bucarest, a reçu en 2012 le prix Louis D (Institut de France) d’un montant de 750 000 €. Cette somme a permis d’accueillir de nombreux chercheurs, scientifiques et artistes en résidence et de donner de la visibilité à la Francophonie roumaine. La Villa Noel, qui héberge le CEREFREA, a été inaugurée en 2014.

La France accueille près de 5.000 étudiants roumains (2ème pays d’accueil après l’Italie pour les jeunes Roumains) et la Roumanie plus de 1.000 étudiants français, notamment dans les filières de médecine. 1.600.000 élèves apprennent le français (langue en 2ème position après l’anglais) : il existe 55 lycées bilingues, dont 29 préparent au baccalauréat à mention francophone.

Il convient en outre de souligner l’implication de la France dans le projet ELI-NP : le volet roumain ELI-NP (Extreme Light Insfrastructure-Nuclear Physics) du projet européen de recherche dans le domaine des lasers (ELI) participe à l’influence française dans 3 domaines : la recherche avec la participation actée du CNRS au projet (principalement du transfert de technologie), l’industrie de pointe avec la signature d’un contrat de 60 M € par THALES pour la livraison d’un système lasers, et l’universitaire avec la création de programmes de formations adaptés au projet impliquant THALES Université, des universités roumaines et à terme, des grands établissements d’enseignement supérieur français.

Une coopération dans le secteur de la gouvernance articulée entre Etat, collectivités et ONG

Notre coopération dans le domaine de la gouvernance accompagne la Roumanie dans ses efforts de réforme et de modernisation de l’administration et de son système judiciaire et vise à améliorer la cohésion territoriale ainsi que la cohésion sociale dans le pays d’Europe marqué par les plus fortes disparités interrégionales et sociales.

Dans ce contexte, la coopération bilatérale se poursuit et se concentre sur des thématiques prioritaires pour ce pays européen qui peine à structurer et à territorialiser les politiques publiques indispensables à son développement sur le long terme.

Les projets mis en œuvre visent à développer les coopérations dans le domaine de la réforme administrative, de la décentralisation, de la gestion des fonds européens, du pilotage des politiques sociales (notamment en faveur des droits de l’enfant et de l’insertion des Roms), de l’urbanisme, de l’agriculture et de la santé.

Par ailleurs, il convient de consolider la complémentarité avec les partenariats menés par collectivités sur l’ensemble du territoire roumain. La coopération décentralisée franco-roumaine est dense : on dénombre aujourd’hui plus de 250 partenariats, dont une cinquantaine concerne des projets structurants sur des thématiques au cœur des défis du développement local : éducation et jeunesse, développement économique et emploi, organisation des services sociaux et de santé, intégration sociale des populations défavorisées (dont les Roms), urbanisme, patrimoine et développement rural.

Après Villefranche de Rouergue en 2003, en 2005 à Cluj en 2005 et Nantes en 2007, les 4èmes assises de la coopération décentralisée se sont tenues à Constata en Roumanie les 13 et 14 juin 2013.

Coopération franco-roumaine sur la problématique de l’intégration des populations roms

Une coopération bilatérale a été mise en place dans le but de lutter contre la criminalité des réseaux qui exploitent les populations roms, et de favoriser l’insertion et la réinsertion de ces populations en Roumanie. Depuis fin 2011, une quinzaine de policiers roumains est affectée en France pour épauler la police française dans la lutte contre les réseaux criminels qui sévissent entre nos deux pays. D’autres échanges sont prévus dans l’optique de renforcer cette coopération. Le souhait de la France est que cette question soit débattue au niveau européen, afin de créer un cadre permettant aux Etats d’origine des populations roms d’assumer leur responsabilité de les intégrer.

Mise à jour : 05.02.15

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