Présentation de la République démocratique du Congo

Présentation

Données générales

Nom officiel : République démocratique du Congo
Chef de l’Etat : Joseph Kabila Kabange (depuis janvier 2001, élu pour la première fois en décembre 2006, réélu pour un second et dernier mandat en 2011)
Chef du Gouvernement : Samy Badibanga (nommé le 17 novembre 2016)

Données géographiques

Superficie : 2.345.409 km²
Capitale : Kinshasa (10 millions d’habitants)
Villes principales : Lubumbashi (1,8), Mbuji-Mayi (1,7), Goma (1,1), Kananga (1,1), Kisangani (0,9), Bukavu (0,8)
Langue officielle : français
Langues courantes : lingala, kikongo, tshiluba et swahili
Monnaie : franc congolais (1 076 FC = 1 dollar US)
Fête nationale : 30 juin.

Données démographiques

Population : 77 millions d’hab. (estimations 2015 Banque mondiale)
Densité : 32 hab./km²
Croissance démographique : +3,1 % (Banque mondiale, 2015)
Espérance de vie : 49 ans (PNUD, 2014) ; 59 ans en 1990.
Taux d’alphabétisation (15 ans et plus) : 67% (Rapport PNUD, 2014)
Religion(s) : catholiques (40 à 50%), protestants (40 à 50%), musulmans (5 à 10%), kimbanguistes (5 à 10%)
Indice de développement humain : 0,433 – 176e sur 187 (PNUD, 2016)

Données économiques

PIB (2015) : 35 Md USD courants (Banque mondiale)
PIB/habitant (2015) : 442 USD (Banque mondiale)
Taux de croissance (2015) : + 6,9 % (Banque mondiale) ;+2,5% en 2016 (estimation Banque centrale du Congo)
Taux de chômage (estimation du gouvernement congolais, 2014) : 43 %
Taux d’inflation (2015) : 1% (53% en 2009, 13% en 2011). Ce faible taux est lié à la quasi-dollarisation de l’économie (> 85%)
Balance commerciale (2015) : - 1,5 Md USD
Principaux clients (2014, OMC) : Chine (37%), Zambie (19%), Italie (8%), Belgique (4%), Finlande (3%), Etats-Unis (2%)
Principaux fournisseurs (2014, OMC) : Chine (20%), Afrique du sud (18%), Zambie (11%), Belgique (6%), Inde (3%), France (3%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (OMC, 2016) :

  • services : 40%
  • mines : 24%
  • agriculture : 18%
  • industrie manufacturière : 10%
    Production de pétrole brut : 25 000 barils/jour (OMC, 2016)

Exportations de la France vers la RDC : 226 M€ en 2014 (DG Trésor)
Importations françaises depuis la RDC : 12 M€ en 2014 (DG Trésor)
Part de marché de la France : 3,1 % (2015)
Entreprises françaises : 30 filiales, chiffre d’affaires cumulé de 0,6 Md€
Consulats de France : Kinshasa (consulat général), Lubumbashi et Bukavu (consuls honoraires)
Communauté française en RDC : 2 693 inscrits au registre consulaire au 31 décembre 2016
Communauté congolaise en France : 66 492 (2016, ministère de l’Intérieur)

Politique intérieure

Situation politique

Les dernières élections présidentielles et législatives se sont déroulées le 28 novembre 2011 dans un climat tendu, marqué par plusieurs incidents, des difficultés logistiques et des irrégularités relevées par la mission d’observation européenne et le Centre Carter. L’opposition s’est présentée désunie avec les candidatures notamment d’Etienne Tshisekedi (UDPS), Vital Kamerhe (UNC), Kengo Wa Dondo (UFC). Arrêté en 2008 après son inculpation par la cour pénale internationale et détenu depuis lors à La Haye, Jean-Pierre Bemba (MLC) n’a pas participé au scrutin – la CPI l’a reconnu coupable de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, le condamnant le 21 juin 2016 à une peine de 18 ans de prison.

Selon les résultats proclamés par la Cour suprême de Justice, le président Kabila a obtenu 49% des suffrages, Etienne Tshisekedi 32% et Vital Kamerhe 7%. Le président Kabila a prêté serment le 20 décembre 2011. Les élections législatives ont été remportées par les partis proches du président Kabila. L’opposition, dont l’UDPS est la composante principale, a néanmoins plus d’une centaine de sièges sur les cinq cents que compte l’Assemblée nationale.

Confronté à la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est, le président Kabila a convoqué en septembre 2013 des « concertations nationales » ouvertes aux différentes forces politiques, à l’issue desquelles le gouvernement dirigé depuis avril 2012 par Augustin Matata Ponyo a présenté sa démission. Un nouveau gouvernement « de cohésion nationale » a été formé le 7 décembre 2014, puis remanié en octobre 2015, également dirigé par Augustin Matata Ponyo.

Selon la Constitution, le Président Kabila ne pouvait pas se représenter après l’expiration de son mandat en décembre 2016. Le 11 mai 2016, la cour constitutionnelle congolaise a toutefois autorisé J. Kabila à rester en place tant que les élections n’auront pas été organisées.

En mai 2016, l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, qui venait d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle et de fédérer un large groupe de partis dissidents de la majorité présidentielle (le « G7 »), a fait l’objet de poursuites judiciaires et a été amené à quitter le pays.

Le non-respect du délai constitutionnel fixé au 19 septembre 2016 pour la convocation de l’élection présidentielle a entrainé des manifestations les 19 et 20 septembre 2016, qui se sont soldées par une cinquantaine de morts. Des incidents ont également eu lieu les 20 et 21 décembre à l’échéance fixée par la Constitution pour la fin du mandat du Président Kabila, provoquant selon les Nations Unies quarante morts et plus d’une centaine de blessés.

Une médiation de la conférence épiscopale congolaise (CENCO), entamée le 8 décembre, a permis de trouver le 31 décembre un accord politique entre le gouvernement et l’opposition, qui prévoit des mesures de décrispation politique, la tenue des élections au plus tard en décembre 2017 et qui confie à l’opposition la présidence d’un Conseil national de suivi de l’accord ainsi que le poste de Premier ministre.

Les discussions se poursuivent entre les acteurs politiques sous l’égide de la CENCO sur les modalités de mise en œuvre de l’accord. Etienne Tshisekedi, leader historique de l’opposition, est décédé le 1er février 2017 à Bruxelles à l’âge de 84 ans.

Situation sécuritaire

En dépit de la défaite en novembre 2013 du groupe armé M23 (qui avait pris Goma en novembre 2012), l’Est de la RDC reste déstabilisé par l’action d’autres groupes armés, notamment les forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) qui comptent dans leurs rangs certains responsables du génocide rwandais de 1994 ; les Allied Democratic Forces (ADF) rebelles islamistes originaires de l’Ouganda et auteurs présumés de nombreuses attaques dans le Nord-Kivu (plus de 500 morts depuis octobre 2014) ; les « maï-maï » milices locales d’autodéfense constituées au plus fort des hostilités de 1999-2002. Depuis l’échec de leur désarmement volontaire, dont l’échéance avait été fixée au 2 janvier 2015 par la sous-région (SADC), les FDLR font visés par une offensive de l’armée congolaise. Celle-ci mobilise également des moyens importants pour combattre les ADF, avec le soutien logistique de la MONUSCO (cf. infra). L’activité de ces groupes, auteurs d’exactions et souvent impliqués dans l’exploitation illégale de ressources naturelles, continue d’être source d’une grave crise humanitaire dans l’Est de la RDC. S’y ajoutent des affrontements intercommunautaires.

D’autres provinces du pays sont aussi frappées par une forte insécurité, notamment dans les provinces du Kasaï, où un regain de violence est constaté depuis août 2016.

Situation économique

La transition s’était accompagnée d’un redémarrage de l’économie congolaise (6% de croissance depuis 2002). Cette reprise tenait à l’amélioration des conditions de sécurité dans le pays (reprise du commerce intérieur, notamment par voie fluviale), mais surtout à un appui massif des bailleurs de fonds, qui se sont engagés à financer le programme d’actions prioritaires présenté par les autorités congolaises à Paris les 29 et 30 novembre 2007. Les indicateurs macro-économiques se sont toutefois détériorés en 2009, en raison de l’impact de la crise financière internationale sur le prix des matières premières, qui a touché de plein fouet l’industrie minière (cuivre, cobalt, zinc, diamants), un des principaux vecteurs de croissance de la RDC. La situation s’est améliorée en 2010 avec une remontée des cours s’ajoutant à une inflation faible et maîtrisée (moins d’1 % en 2013 et 2014). La rechute des cours et l’instabilité politique ont eu cependant raison de cette amélioration. Le taux de croissance est passé de 9,5 % en 2014 et 6,9% en 2015, à 2,5% pour 2016 selon une projection de la Banque Centrale du Congo.

A long terme, le potentiel économique du pays est considérable. Le barrage d’Inga, sur le fleuve Congo, à 200 km de Kinshasa, reste ainsi le plus gros potentiel hydroélectrique d’Afrique : il fait partie des projets structurants recensés par le G20. Mais l’exploitation de ces opportunités nécessitera de profondes réformes en matière de gouvernance et la mise en place d’un environnement juridique favorable aux investissements. Des améliorations ont été constatées, comme l’adhésion de la RDC au traité de l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) en 2012, mais les progrès restent fragiles.

Politique extérieure

Rôle des Nations Unies

Les Nations Unies sont un acteur majeur de la résolution de la crise des Grands Lacs, présent à la fois en RDC (MONUC à partir de 1999, devenue MONUSCO depuis 2010) et, jusqu’en 2015, au Burundi (BNUB).

Sur le plan militaire, le déploiement de l’ONU en RDC a commencé en mars 2001. La Mission de l’Organisation des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO) est actuellement dirigée par le Nigérien Maman Sidikou, nommé en octobre 2015. Les effectifs déployés sont de 22 498 personnes au total, dont 18 620 membres du personnel en uniforme (16 735 soldats ; 478 observateurs militaires ; 1407 policiers). Les principaux pays contributeurs sont le Pakistan (3 444), l’Inde (3 348), le Bengladesh (1 710), l’Afrique du Sud (1 348), la Tanzanie (1 243) et l’Uruguay (1 020). Plus de 90 % de ces troupes sont déployées dans les provinces de l’Est, où la MONUSCO a pour mandat prioritaire d’assurer la protection de la population civile. Elle dispose d’un budget de 1,3 MdUSD pour la période 2016-2017 (dont 87 M€ pour la France).

La MONUSCO s’est dotée en 2013 d’une brigade d’intervention rapide de 3 000 hommes environ – fournie par l’Afrique du sud, la Tanzanie et le Malawi – capable contre les groupes armés de « conduire des opérations offensives ciblées, de façon autonome ou avec les FARDC, sur un mode robuste, mobile et réversible ». La brigade a été engagée en soutien des FARDC contre le groupe armé M23, contribuant de manière décisive à sa défaite.

Sur le plan politique, le Conseil de sécurité des Nations Unies joue un rôle clef dans le suivi de la situation en RDC. La résolution 2277 adoptée le 30 mars 2016 reconduit le mandat de la MONUSCO et fixe les attentes de la communauté internationale sur le règlement de la crise politique : organisation des élections conformément à la Constitution, respect de l’Etat de droit et des libertés publiques, ouverture rapide d’un dialogue politique inclusif et crédible.

Les Nations Unies se sont par ailleurs intéressées à deux problématiques liées, celle de l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et celle des trafics d’armes dans la région. Un embargo sur les armes à destination des groupes actifs en RDC a été instauré par la résolution 1493 (juillet 2003), sa surveillance étant confiée à un groupe d’experts dont les rapports successifs ont souligné la poursuite des trafics malgré l’embargo. Sur la base des informations rapportées par les experts, le Conseil a imposé, en novembre 2005, des sanctions à une liste de personnes identifiées comme responsables de violations de l’embargo, qui a fait l’objet depuis de compléments.

Les Nations Unies sont impliquées dans la mise en œuvre de l’accord-cadre régional d’Addis-Abeba signé en 2013 (cf. infra). Le Secrétaire général a nommé un Envoyé spécial pour les Grands Lacs Saïd Djinnit – successeur en juillet 2014 de Mary Robinson – dont la mission principale consiste à appuyer, coordonner et évaluer la mise en œuvre de l’accord-cadre.

Relations avec l’Union européenne

L’opération Artémis, menée dans la région de l’Ituri (juin-septembre 2003) à la frontière RDC-Ouganda, a marqué un tournant dans l’implication de l’UE en RDC (première opération militaire de l’UE en Afrique). La France y a joué le rôle de nation cadre. Cette opération a permis de stabiliser une région sous l’emprise de milices locales et d’y préparer le déploiement de la MONUC.

La mission EUFOR-RDC, déployée d’août à décembre 2006, a permis d’apporter un soutien à la MONUC pour la sécurisation du processus électoral (2400 hommes déployés, dont 800 fournis par la France). Son intervention a été décisive pour permettre le retour au calme lors des incidents survenus à Kinshasa en août 2006 entre les hommes de J. Kabila et de ceux de J.P Bemba.

L’UE s’est ensuite impliquée dans la reconstruction des forces armées et de la police congolaises. Deux missions de l’UE, au titre de la PSDC, ont été déployées en RDC :

  • EUPOL-RDC, pour appuyer la mise en œuvre de la réforme de la police (jusque fin 2014) ;
  • EUSEC-RDC, pour soutenir la réforme de l’armée congolaise, notamment via la mise en place d’un système de paiement sécurisé des militaires congolais et d’un recensement biométrique (jusqu’en juin 2016).

Dans le cadre du suivi de la situation politique en RDC, l’Union européenne s’est engagée dans les Conclusions du Conseil du 23 mai, puis du 17 octobre 2016, à adopter des mesures restrictives à l’encontre des responsables de graves violations des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et de ceux qui feraient obstacle à une sortie de crise pacifique et consensuelle. Les violences qui ont causé la mort d’au moins cinquante personnes le 19 et 20 septembre à Kinshasa ont ainsi conduit le Conseil des affaires étrangères de l’UE à adopter le 12 décembre 2016 des sanctions à l’encontre de 7 responsables des forces de l’ordre.

L’Union européenne déploie 640 M€ d’aide au développement en RDC sur la période 2014-2020, au titre du Fonds européen de développement. Elle intervient prioritairement dans les secteurs de la réforme du secteur de sécurité, de la santé, de l’environnement et des infrastructures.

Relations régionales

Dans les Grands Lacs, la situation régionale a été marquée par des évolutions encourageantes à partir de la transition congolaise entamée en 2003. Après un premier sommet historique à Dar-Es-Salam en 2004, le second sommet de la Conférence internationale sur la région des grands Lacs (CIRGL) s’est déroulé en décembre 2006 à Nairobi et a abouti à la signature du Pacte de sécurité, de stabilité et de développement pour la région des Grands Lacs, entré en vigueur en juin 2008. En décembre 2010, le sommet de Lusaka a consacré le rôle de cette conférence dans la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières. A partir de la crise en avril 2012 dans le nord Kivu, la CIRGL a offert un cadre de dialogue régional resserré, sous présidence ougandaise. Avançant des solutions pour éradiquer les groupes armés dans l’est de la RDC et recréer la confiance entre les pays des Grands Lacs (une Force internationale neutre, un mécanisme conjoint de vérification des frontières, un centre de fusionnement du renseignement), elle a encouragé la création de la brigade d’intervention de la MONUSCO. Depuis janvier 2014, la CIRGL est présidée par l’Angola qui a accueilli un Sommet à Luanda en octobre 2016 marqué, en présence du Président Kabila, par des démarches d’appui à la sortie de crise politique en RDC.

Un accord-cadre régional proposé par le Secrétaire général des Nations Unies a, par ailleurs, été signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba entre onze Etats de la région, en présence de quatre garants – les Nations Unies, l’Union africaine, la SADC et la Conférence internationale de la région des Grands Lacs (CIRGL). L’accord engage les autorités de la RDC à réformer leurs forces de sécurité afin de réaffirmer l’autorité de l’Etat à l’est du pays, outre d’autres réformes de fond à conduire. De leur côté, les pays de la région s’engagent à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de leurs voisins, et notamment « à ne pas tolérer ni porter assistance ou soutien à aucune forme de groupe armé ».

La RDC est membre de la CEEAC (dont elle a assuré la Présidence en 2008), de la SADC (dont elle a assuré la présidence en 2009-2010), de la COMESA et de la Communauté économique des pays des Grands Lacs africains (CEPGL).

Le Président Joseph Kabila a effectué plusieurs visites bilatérales en 2016 dans les pays de la région, notamment au Congo (27 juin), en Ouganda (4 août), au Rwanda (12 août) et en Tanzanie (4 octobre).

Mise à jour : 21.02.17

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