Présentation de la République centrafricaine

Présentation

Données générales

Nom officiel : République centrafricaine
Nature du régime : République
Président de la République : M. Faustin Archange Touadéra
Premier ministre : M. Simplice Sarandji

Données géographiques

Superficie : 623 000 km²
Capitale : Bangui.
Villes principales : Bangui (600 000 hab.), Berbérati, Carnot, Bouar.
Langues officielles : français, sango.
Langues courantes : français, sango.
Monnaie : Franc CFA (100 FCFA = 0,15 euro).
Fête nationale : 1er décembre (date de la proclamation de la République en 1958).

Données démographiques

Population : 5,1 millions d’habitants (source INED)
Densité : 8,2 hab/km² (source INED)
Croissance démographique : 19,9/1000 (INED).
Espérance de vie : 52,9 ans (INED).
Taux d’alphabétisation des adultes (15 ans et plus) : 56,6 % (PNUD).
Religions : animisme, christianisme, islam.
Indice de développement humain : 187e sur 188 pays (PNUD –la RCA était au 159e rang en 2013).

Données économiques

PIB par habitant (2015) : 335 USD (DGT)
Agriculture (vivriers, café, coton, palmier à huile) : 58% du PIB en 2014
Industries extractives (or et diamant) et industries de transformation (boissons, sucre, cigarettes, tôle) : 12% du PIB
Services (banques, commerces, h^tellerie, télécommunications) : 29,8% du PIB

Taux de croissance : -36,7 % en 2013 / 1 % en 2014 / 4,8 % en 2015 / 5,7% prévus pour 2016
Taux de chômage (au sens du BIT) : absence de données
Taux d’inflation : 6,6 % en 2013 / 11,6 % en 2014 / 4,5% en 2015 / 4,9% prévus pour 2016 (FMI)

Balance commerciale : - 610 MUSD (FMI, prévisions 2015)
Principaux clients (2014) : Chine (29 %), Indonésie (15 %), RDC (15%) – FMI.
Principaux fournisseurs (2014) : Norvège (13%), France (8 %), Etats-Unis (8 %) – FMI.

Exportations de la France vers la RCA : 44,7 millions € (DGT, 2015)
Importations françaises depuis la RCA : 5,9 millions € (DGT, 2015)

Consulat de France : Bangui.
Communauté française en RCA : 767 ressortissants sur place dont 60% de binationaux
Communauté centrafricaine en France : 6.613 ressortissants centrafricains.

Situation politique

La période de transition s’est achevée le 30 mars 2016 avec la prestation de serment du président élu. Au même moment entrait en vigueur la constitution, approuvée par référendum, qui instaure un régime semi-présidentiel (limitant à deux le nombre de mandats consécutifs, disposition non révisable), avec une décentralisation renforcée.

Installée début mai, l’Assemblée nationale a élu son président, deuxième personnage de l’Etat, en la personne de Karim Meckassoua, ancien ministre musulman, qui a réuni 52% des voix – ce qui est apparu comme un signal positif pour la réconciliation.

Situation sécuritaire

Dès avant son investiture, le président Touadéra a exprimé clairement la priorité mise sur le désarmement des ex-combattants, le rétablissement de la sécurité et la réconciliation. Les groupes armés restent en effet présents sur une grande partie du territoire, sont à l’origine de nombreuses violences et constituent un obstacle au redéploiement de l’Etat.

Dispositif militaire international

L’opération de l’ONU, la Mission multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA), a été créée en avril 2014 (résolution 2149) par le Conseil de sécurité. Elle a pour mandat la protection des populations et l’appui au processus politique (appui aux efforts de réconciliation, au processus de démobilisation des groupes armés, à la réforme des forces de sécurité, à la lutte contre l’impunité…). Elle a pris le relai de la force de l’Union africaine, déployée depuis décembre 2013, qui s’appuyait elle-même sur les efforts déjà engagés par la CEEAC. Le passage sous casque bleu de la plupart des contingents de la MISCA ainsi que la nomination du commandant de la MISCA comme premier commandant de la force ont contribué à assurer une transition harmonieuse de l’UA vers l’ONU.

L’effectif maximal autorisé de la MINUSCA est actuellement fixé à 10 750 militaires, dont 480 observateurs militaires et officiers d’état-major, 2 080 policiers, dont 400 agents de police, et 108 responsables des questions pénitentiaires. Au 31 décembre 2016, les effectifs déployés s’élevaient à 13 098 personnels, dont 12 135 en uniforme (10 032 militaires, 1 705 policiers et 398 observateurs militaires), 518 membres du personnel civil international, 242 membres du personnel civil local et 203 volontaires des Nations Unies. 25 casques bleus ont perdu la vie en RCA.

La mission européenne de conseil et de formation opérationnelle des forces armées centrafricaines (EUTM RCA) a pour mandat d’accompagner les nouvelles autorités dans la restructuration de leur outil de défense. Elle a été déployée en juillet 2016 pour une durée initiale de 24 mois. La composition (par nationalité) de la mission au 1er février 2017, est la suivante : France : 50, Géorgie : 35, Belgique : 27 (dont le commandant de la mission), Espagne : 20, Portugal : 10, Suède : 8, Serbie : 6, Roumanie : 4, Autriche : 3, Pologne : 2 -total : 165.
Cette mission a été précédée par les opérations EUFOR (avril 2014 à mars 2015), qui a appuyé militairement la force africaine (MISCA) dans les quartiers sensibles de Bangui, et EUMAM (mars 2015 à juillet 2016), qui a accompli une mission de conseil et de formation non opérationnelle.

Situation économique

La crise politique et sécuritaire que le pays a traversée a amplifié les difficultés économiques habituelles de la RCA. Enclavée et tributaire de la voie fluviale Oubangui-Congo et des routes vers le Tchad et le Cameroun, la RCA figure parmi les plus pauvres des pays les moins avancés, avec un indice de développement humain la plaçant au 187e rang sur 188 (PNUD, 2015) et un PIB par habitant de 335 USD. Après une année 2013 désastreuse (récession évaluée à -36,7%), une année 2014 marquée par une faible reprise de l’activité (+1% de croissance), et une année 2015 plus dynamique (+4,8% selon le FMI), les perspectives macroéconomiques s’annoncent plus favorables pour 2016 (+5,7% ).

L’agriculture et la sylviculture contribuaient, en 2014, à 58% du PIB, et l’industrie, extractive (or et diamants) et de transformation (boissons, sucre, cigarettes, tôles), à 12% du PIB. Les services (banques, commerce, hôtellerie, télécommunications) représentent 30% du PIB. La crise a fortement affecté l’ensemble des secteurs, notamment en zone rurale, où l’insécurité a désorganisé ou anéanti les activités.

L’activité économique reprend lentement, mais le PIB est loin d’avoir retrouvé son niveau d’avant crise. La production vivrière a connu une reprise, mais celles de café, de palmier à huile et de coton ont atteint un niveau dérisoire. L’activité dans l’agroalimentaire, le commerce et le BTP croît, grâce, notamment, à la présence étrangère. L’inflation est passée de 11,6%, en 2014, à 4,5%, en 2015, grâce à l’amélioration des circuits d’approvisionnement depuis le Cameroun, et à la reprise de la production vivrière. La levée partielle de l’embargo sur les diamants et la relance de l’exploitation forestière ouvrent également de nouvelles perspectives. La suspension du processus de Kimberley a été levée partiellement, et sous conditions, au mois de juin 2015, ce qui va permettre à l’Etat de reprendre la commercialisation du diamant provenant des régions Ouest et Sud-Ouest et d’écouler les stocks (70 000 carats), dès que toutes les conditions seront satisfaites. La production de grumes a augmenté de près d’un tiers en 2015, grâce au rétablissement de la sécurité en zone forestière. Des concessions forestières en sommeil pourraient aussi être relancées, sous réserve de conditions propices. Des investissements dans la transformation sont nécessaires pour améliorer la rentabilité de la filière, pénalisée par la faiblesse des cours du bois brut.

Les finances publiques ont été gravement désorganisées par la crise passée. Avant qu’elle ne survienne, elles se caractérisaient par une trésorerie structurellement déficitaire, une capacité d’investissement très faible, une forte dépendance à l’aide budgétaire extérieure (un tiers des recettes) et des difficultés à assurer le service de la dette. La RCA a bénéficié d’annulations de dettes importantes, dont celle de la France (5,5 M€), après avoir atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en juin 2009 (réduction de 578,3 MUSD). A partir de mars 2013, l’effondrement des recettes douanières et fiscales du pays a rendu d’autant plus importants les appuis de ses partenaires africains et internationaux. Les recettes budgétaires ont crû sensiblement en 2015, mais elles ne couvrent que les salaires. Les dépenses sont globalement maîtrisées. Le FMI a approuvé en 2016 un nouveau programme (trois ans) basé sur le rétablissement progressif de l’économie,

Politique extérieure

La région a joué un rôle très positif dans la sortie de crise. La CEEAC a fourni l’essentiel des contingents (Cameroun, Congo, Gabon, RDC, Tchad, Guinée équatoriale) de la MISCA, opération de l’Union africaine, dont les troupes sont la colonne vertébrale de la MINUSCA (force des Nations Unies). La CEEAC a porté le processus de transition, à travers la médiation régionale confiée au Congo. Financièrement, enfin, la plupart des pays de la région ont apporté leur aide, en prenant en charge une partie des salaires des fonctionnaires, et en contribuant au budget des élections.
Dès après la prestation de serment du président Touadéra, la République centrafricaine a réintégré les instances de l’Union africaine, puis celles de la Francophonie, desquelles elle avait été suspendue après la prise du pouvoir par la Séléka en mars 2013.

Aide internationale et besoins financiers

Si des progrès substantiels ont été accomplis depuis trois ans, beaucoup reste à faire. La situation en RCA reste fragile et la mobilisation des partenaires est indispensable pour relever les multiples défis auxquels reste confronté le pays : désarmement des groupes armés, réforme des forces de sécurité, retour de l’Etat sur tout le territoire, redressement économique et social du pays, réconciliation nationale. Plus de 2,2 millions de personnes, soit près de la moitié de la population, ont toujours besoin d’assistance humanitaire. On compte plus de 461 000 réfugiés centrafricains dans les pays voisins (plus de la moitié au Cameroun) et encore environ 420 000 déplacés internes dont environ 45 000 à Bangui.

Un « plan national de relèvement et consolidation de la paix en RCA 2017-2021 » (RCPCA) a été élaboré par la Banque mondiale, en concertation avec les autorités centrafricaines, les Nations Unies et l’Union européenne, pour recenser les besoins et servir de base à une conférence des donateurs.

Organisée à Bruxelles le 17 novembre dernier, la conférence des donateurs pour la RCA a été un succès en permettant de réunir un peu plus de 2,28 Mds USD (plus de 1,14 Mds d’euros) de promesses de dons pour les années 2017 à 2021.
Parmi les multilatéraux, la Banque mondiale a annoncé 500 MUSD de nouveaux financements. L’Union européenne a annoncé 416 M€ pour les années 2016 à 2020, la BAD 400 MUSD.

Mise à jour : 08.02.17

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